Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 18:41

Depuis que la nouvelle est tombée, mon téléphone n'a pas arrêté de sonner. Tous ceux qui m'appelaient voulaient savoir si la nouvelle de l'interpellation et non de l'arrestation du général Norbert Dabira était vraie. Oui, le général Norbert Dabira a été interpellé par la police de Torcy en région parisienne où sa mise en examen lui a été signifiée dans la plainte déposée concernant l'affaire des disparus du Beach pour crimes contre l'humanité, tortures, entre entres mais vous serez déçus d'apprendre qu'il a été relâché. L'interpellation n'est qu'une arrestation de courte durée qui intervient dans le cas d'une instruction - notamment quand un prévenu ne s'est pas présenté à une convocation du juge d'instruction qui instruit l'affaire et la mise en examen permet à l'accusé d'accéder aux éléments qui sont dans son dossier judiciaire.

On ne peut pas mettre quelqu'un en prison sans le juger sauf dans certains cas particuliers. Dabira est tout de même relâché sous contrôle judiciaire. Encore faille-t-il que l'on juge demain en France l'affaire des disparus du Beach et que tous les prévenus se présentent à la barre.

L'avant-dernière fois que le général Dabira est venu en France, il accompagnait le chef de l'Etat Denis Sassou Nguesso dans une délégation officielle venue rencontrer le président François Hollande ; il ne pouvait donc pas être inquiété : il bénéficiait d'une immunité implicite de groupe et de mission d'Etat. Seul cette fois-ci, il a pu être interpellé mais la présomption d'innocence a fait qu'on le relâche. C'est la justice. Elle passe pour tout le monde - même si certains auraient souhaité qu'il croupisse en prison le reste de sa vie. Il faudra d'abord que sa culpabilité dans l'affaire soit avérée et prouvée. La justice est lente comme la vérité mais l'essentiel est qu'elle passe, sans acception de personne, pour tous. La France étant un pays de droit, la loi a été appliquée et Dabira a pu s'en aller...

L'affaire des disparus du Beach, ces réfugiés qui avaient fui le Congo pour la RDC lors du coup d'Etat de 1997 qui revenaient à Brazzaville de Kinshasa, se classe dans la catégorie des crimes contre l'humanité et est à ce titre imprescriptible. Comme une épée de Damoclès, cette affaire planera toujours sur tous ceux qui y sont de près ou de loin impliqués. La dernière fois, le général Jean-François Ndenguet venu assister à un mariage en France l'a échappé bel mais dame chance ne sera pas toujours au rendez-vous...

Dabira_Interpelle.jpg

 

                          Source : http://www.jeuneafrique.com

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 09:46

Mr_JACQUES.jpg

Il y a des hommes qui ne sortent de l'ombre que si bien répus de la crasse morale du monde. Avant la satiété et l'overdose financières, la discrétion. C'est au travers d'une interview de Caroline Mangez, journaliste de Paris Match, que l'on découvre le truculent Jean-Yves Ollivier : de la cupidité à la place des yeux, malicieuse cupidité qui transperce ses lunettes, un groin à la place du nez, expression de son barbotage dans tous les dépotoirs financiers du monde où il "pifouille" parmi les bouseux qui s'en mettent plein les poches, notamment en Afrique où les affaires louches sont de règle - parce qu'il y a de l'argent à soustraire à des peuples affamés, une bonhomie qui traduit un homme qui s'est gavé à l'insouciance des hommes politiques africains comme Denis Sassou Nguesso dont il se prend pour le "frère". Frère de quoi ? De noirceur morale aux moeurs inavouables et inavouées ? De cupidité insouciante qui profite des largesses de dictateurs dont il remue dans la merde les plus bas instincts ? Il s'est arrondi comme une patate ou comme un "O" à force de recevoir des milliards ronds de dictateurs (l'argent facile arrondit les formes et finit par l'obésité du compte bancaire comme de l'apparence physique).

Celui que les services secrets français nomment "Monsieur Jacques", peut-être à cause de ses amitiés avec l'ancien président Jacques Chirac, sort de l'ombre comme le sanglier sort du bois, toujours après une bonne sieste pour avoir festoyé dans les fanges du monde entier. Un cigare au bec comme tous les riches qui s'en suprennent eux-mêmes. Il détonne, étonne par ses propos - surtout quand il confirme un trait de caractère de son dictateur de frère Denis Sassou Nguesso, les deux hommes appliquant par ailleurs la dictature de l'argent sur les esprits. Jean-Yves Ollivier est une espèce d'arbre avec une excroissance comme un L de plus qui n'apparaît que lorsque le tronc est bien répu de l'argent arraché de la bouche des pauvres parce que certaines politiques sucidaires pour les peuples ont servi des cupidités discrètes comme la sienne. Il a raison de dire que ce sont les autres qui mentent : on ne ment jamais la bouche pleine, surtout lorsqu'on n'est pas pris, le groin dans le sac, euh, dans la mallette.

A présent, lisons l'essentiel de son interview qui concerne son "frère" de noirceur morale Denis Sassou Nguesso dont il a épousé les idées au point de les traduire de façon si lapidaire :

JY_OllivierTexte.jpg

Source : http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Ce-mysterieux-Monsieur-Jacques-524830

C'est facile de traiter Robert Bourgi de "menteur" parce qu'il affirme que les mallettes remplies de pétrodollars de Sassou ont arrosé les hommes politiques français mais il ne peut éviter à la vérité d'apparaître à côté de son mensonge comme de l'huile qui surnage lorsqu'il déclare :" Il (Sassou) se moque de l'argent, il en use comme d'un moyen politique". Ah, la vérité, cette soeur siamoise du mensonge ! Toujours très accrochée à sa soeurette ! Il y a à peine quelques jours que les Copé, Dati, entre autres se déplaçaient au Congo pour s'en mettre plein les poches et, entre nous, il y a l'argent que l'on reconnaît avoir reçu et l'autre qui passe par des mallettes même si ceux qui les transportent ont la main ferme mais la mémoire qui flanche comme Monsieur Jacques. Et surtout, pour Denis Sassou Nguesso, il est facile de se moquer de l'argent, quand ce n'est pas le sien, quand il n'est pas le produit de votre sueur, quand il vous suffit d'attendre pour l'amasser et le ramasser, quand c'est l'argent du peuple et nous savons que la fin des fins politiques pour un "gouverneur noir" comme Sassou est de corrompre la classe politique française qui nomme les gouverneurs noirs. Feu Omar Bongo qui arrosait tous les partis de France en a fait l'illustration en mourant au pouvoir. Donc, dans quelque sens que l'on retourne l'affaire, on finit par comprendre qu'il y a de l'argent noir sous des mallettes blanches portées par des groins qui mentent comme des arracheurs de dents.

Aux Congolais, vous avez l'aveu d'un frère de Sassou qui vous dit que Sassou se moque de l'argent, c'est-à-dire, qu'il n'en accorde de l'importance que lorsqu'il sert ses intérêts, ses fins politiques. Ailleurs, l'argent de l'Etat permet de développer le pays, de permettre aux enfants de grandir de façon vigoureuse et en bonne santé, dans un bon système éducatif mais pour le big nzokou, c'est d'abord pour se maintenir au pouvoir qu'il doit servir car c'est la seule fin politique qui importe à ses yeux.

En conclusion, Denis Sassou Nguesso aurait pu faire plus si son maintien au pouvoir l'exigeait. Aussi, toutes les petites réalisations qui font illusion ici et là dans le pays prennent tout leur sens : servir la gloire du crocodile de l'Alima qui utilise l'argent de tous pour son propre intérêt, à des fins politiques. Et avant 2016, il va corrompre, l'argent va couler à flots parce que c'est le seul moyen d'acheter les consciences de nos "porcs" politiques locaux....

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 20:59

Nous avons porté à la connaissance de nos 390 abonnés et de nos lecteurs que ce matin, des jeunes de Pointe-Noire avaient organisé une manifestation spontanée en essayant de barrer une route à l'aide de deux pneus et en brandissant des pancartes. Ils ont vite été arrêtés par la police aux ordres de Jean-François Ndenguet, le molosse de Denis Sassou Nguesso. A ceux qui viennent de prendre connaissance de cette affaire, il vous suffira de visionner la vidéo dans l'article qui vient après celui-ci.

Nous savions que le pouvoir de l'éléphant de l'Alima, comme de coutume, allait user de violences contre les jeunes patriotes qui ont osé manifester ce matin vers 9 heures, à Pointe-Noire pour exiger un nouveau gouvernement et dénoncer des conditions cruelles pour une jeunesse sacrifiée sans avenir, au chômage et criant famine - alors que Denis Sassou Nguesso distribue l'argent du Congo pour sa gloire personnelle à l'emporte-pièce à qui veut bien le glorifier - sans s'occuper le moins du monde de la souffrance du peuple.

Le pouvoir a jugé que ces jeunes ne pouvaient pas manifester de leur propre initiative, de leur propre chef et a violenté l'un des manifestants en la personne de Marcus NZOLALAKANDA (un nom chargé de symbolisme puisqu'il signifie "amour du kanda" ou amour du clan) transporté d'urgence à l'hôpital pour une hémorragie interne : les policiers voulaient savoir qui était derrière cette manifestation comme si le ras-le-bol ne suffisait pas à expliquer la lassitude d'une jeunesse désabusée. Il n'est pas exclu que le reste des manifestants aient subi les mêmes sévices, les mêmes tortures afin d'extorquer des aveux à ces jeunes sous la douleur.

Il y va de la responsabilité de monsieur Denis Sassou Nguesso s'il arrivait quoi que ce soit d'irréparable à nos jeunes compatriotes. Ces jeunes n'ont fait que manifester pacifiquement et ne méritaient nullement d'être torturés ou violentés. Nous plaçons le régime de Brazzaville face à ses responsabilités. Nous suivons de très très près cette affaire comme nous l'avons dit tantôt et invitons les organisations des droits de l'homme à se pencher sur cette situation.

A la jeunesse du Congo : c'est l'occasion de te réveiller car si rien n'est fait contre ce régime cynique, c'est d'abord ton avenir qui est compromis avant même la ruine de tout un pays...

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 16:45

Nous tenons à féliciter les jeunes du Kouilou qui sans mot dire, ont tenté, ce mercredi 21 août 2013,  de barrer une route avec deux pneus et ont brandi des pancartes pour dénoncer l'actuel gouvernement en appelant à un gouvernement d'union nationale (c'est Boukadia qui doit être content) - même si leur demande d'un gouvernement d'union nationale ne changera pas nécessairement les choses dans notre pays mais dans une des pancartes on a pu lire :

Famine

Chômage

C'est un courage inédit et nous allons suivre de près le sort que le pouvoir réservera à ces jeunes qui n'ont rien fait de mal puisque le droit à manifester est garanti par la constitution de 2002. Le courage politique a fait irruption pour la première fois dans la rue - même s'il ne s'agit que d'un groupuscule encore peu organisé et facile à maîtriser par la police.

Nous insistons auprès des policiers sur le fait qu'ils doivent être libérés car leur incarcération injustifiée pourrait avoir des conséquences insoupçonnées, les petites gouttes de pluie entraînant parfois des grosses inondations...

VIVE LA JEUNESSE PROTESTATAIRE DU KOUILOU, REGION ABANDONNEE - ALORS MEME QU'ELLE PRODUIT L'ESSENTIEL DES RICHESSES DU PAYS QUI ECHOUENT A OYO, UNE PETITE BOURGADE DE PECHEURS POUR LAQUELLE ON VA CONSTRUIRE UN LONG GAZODUC DE PLUS DE 1500 KILOMETRES - ALORS QU'IL MANQUE DES ROUTES, DES ECOLES, DES HOPITAUX DE QUALITE ICI OU LA.

Nous suivrons cette affaire de très très près car toutes les luttes sociales commencent souvent par des événements anodins...

A  TOUTE LA JEUNESSE DU CONGO,

NOUS DISONS :

"N'AYEZ PAS PEUR ! VOUS N'AVEZ RIEN A PERDRE MAIS TOUT A GAGNER".

LE POUVOIR N'EST PAS FORCEMENT AU BOUT DU FUSIL ; IL PEUT SE CONQUERIR PAR UNE MARCHE PACIFIQUE DE MASSES DECHAINEES DANS LA RUE". GARDEZ FOI ET COURAGE !  TOUT SYSTEME,  AUSSI PUISSANT SOIT-IL, EST CONDAMNE A MOURIR.

NOUS SOMMES LE PEUPLE.

NOUS SOMMES LE CONGO.

ILS NE PEUVENT TOUS NOUS TUER...

 

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 10:23

TSOUROU_JDO_4_03_2012_JUGT.jpgVoici un texte trouvé sur Facebook (Diaspora des Tékés) qui relate le passage de Jean-Dominique Okemba et  du Général Norbert Dabira à la barre des témoins dans le jugement inquisitoire du drame du 4 mars 2012. Les raisons de l'arrestation du colonel Marcel Ntsourou commencent à prendre forme sans que cela soit suffisant à tout expliquer : nous vous dirons enfin pourquoi il a été arrêté car à partir des propos de Jean-Dominique Okemba, vous comprendrez que c'est en fait le colonel Marcel Ntsourou qui s'occupait vraiment de la sécurité, JDO étant comme cul et pantalon avec Sassou qu'il accompagne partout, faisant de lui plus un conseiller "spécial" qu'un patron de la sécurité nationale, rôle qu'il avait délaissé à son adjoint. C'est en fait à ce titre que l'on s'est tourné vers Marcel Tsourou pour avoir des réponses et non en direction de Jean-Dominique Okemba, pourtant le vrai chef du Conseil National de Sécurité. D'ailleurs, vous avez la preuve que c'est Jean Dominique Okemba qui pose des questions à Marcel Ntsourou et non l'inverse. Dans une affaire de cette ampleur, c'est d'abord à Okemba de répondre avant son second mais c'est le Congo...

Posez-vous les bonnes questions : Si Jean-Dominique Okemba est toujours à côté de son chef pigeon voyageur planétaire, à quel moment exerce-t-il son travail au Conseil National de Sécurité ? Pouvait-il l'exercer à distance ? Au téléphone ? Peut-on se contenter d'exercer la sécurité si complexe d'un Etat juste au téléphone ? Il s'agit de problèmes de terrain tout de même - donc qu'on le veuille ou non, il faut être sur place et l'homme qui ne bougeait pas, qui faisait le job à la place du "spécial" sans spécialité, c'était le colonel Marcel Ntsourou et cela, Jean Dominique Okemba a omis de le dire mais quand il s'est agi de suspecter, Ntsourou était le premier des suspects parce que c'est lui qui gardait le pays quand le big nzokou et son neveu par alliance écumaient les continents.

Le pouvoir a estimé que le colonel Marcel Ntsourou, au centre de la sécurité du pays, pouvait être celui qui avait intérêt à fomenter quelque chose car il connaissait toutes les failles du système. Il était pratiquement au courant de tout comme du fait que la famille présidentielle distillait les faux billets qu'on lui reproche d'avoir gardé aujourd'hui - alors que personne n'a été poursuivi à ce propos.

Jean-Dominique Okemba va jusqu'à trouver suspect le fait que Ntsourou ne l'ait pas invité à son anniversaire - comme si lui l'invitait à chacun des siens ! Des éléments de la vie privée qui se mêlent pour créer des suspicions publiques ! Et pour couronner la tentative de coup d'Etat, on accuse le colonel Marcel Ntsourou d'avoir détenu des armes chez lui - alors qu'on ne le lui avait pas reproché jusque-là. Question armes, depuis 1997, a-t-on récupéré les armes des cobras ? Qui les suspecte de vouloir fomenter un coup d'Etat parce qu'ils détiennent sans le moindre droit un arsenal militaire ? Personne ! Pourquoi parce que c'est à dessein qu'on leur demande de garder les kalachnikovs sous le matelas... Nous voyons sur les réseaux sociaux  des photos de gamins qui possèdent des kalachnikovs chez eux, à Brazzaville, et qui n'ont pas peur de prendre la pose avec ! Le fait de ramasser les armes sans avoir le temps de les envoyer à qui de droit ne constitue pas une preuve de la préparation d'un coup d'Etat car si on lit entre les lignes des propos de Jean Dominique Okemba, c'est de cela que le pouvoir suspecte le colonel Ntsourou en sa qualité de véritable gardien de la sécurité nationale.

Le 4 mars 2012, Marcel Ntsourou s'est au moins déplacé sur les lieux du drame - ce que Jean Dominique Okemba aurait pu aussi faire mais vous aurez compris, il était avec Sassou. Certainement dans un bunker ou sur la route du nord le 4 mars 2012...

Pour ce qui est des véritables responsables, nous en avons déjà parlé et les faits démontrent en suffisance la pertinence de notre analyse. D'ailleurs, le général Dabira aussi le dit. C'est donc bel et bien d'une inquisition avec une affaire dans l'affaire : l'affaire Ntsourou à l'intérieur de l'affaire des responsables du drame du 4 mars 2012. Par ailleurs, qu'on ait téléphoné à Ntsourou pour lui en donner moult détails ne fait pas de lui le responsable des explosions : il est bien membre du Conseil National de Sécurité, non ? A l'image des oeufs ou des poupées russes, Sassou adore mettre des affaires dans des affaires, des oeufs plus pourris dans des oeufs pourris...

 

Congo – Explosions du 4 mars 2012: Cités comme témoins Okemba et Dabira sont passés à la barre
Explosions du 4 mars 2012: Cités comme témoins Okemba et Dabira sont passés à la barre
Les deux généraux, Jean-Dominique Okemba et Norbert Dabira, cités comme témoins dans le procès sur l’affaire des explosions du 4 mars 2012, ont fait leurs témoignages à l’audience du samedi 17 août 2013, au palais de justice de Brazzaville. Le premier à passer à la barre est le vice-amiral Jean-Dominique Okemba, conseiller spécial du chef de l’Etat et secrétaire général du C.N.S (Conseil national de sécurité). Lorsqu’il est entré dans la salle d’audience, il a eu la courtoisie de saluer son ex-adjoint, le colonel Ntsourou, rapporte la semaine africaine.

A la barre, il a affirmé que son ex-adjoint avait rendu compte de son déplacement à l’Ecrrramu (Etablissement central des rechanges, des réparations, des réserves en armements et munitions), qui gérait le dépôt de munitions de l’ex-camp militaire de Mpila, sur l’avenue de l’Intendance, après les explosions du 4 mars, à la commission spéciale d’enquête qui avait été mise en place. «Mais, il s’était rendu sur les lieux (Ecrrramu), sans m’informer, sans me signaler.

En fait, selon Jean-Dominique Okemba, Marcel Ntsourou ne peut rien faire s'en l'en informer - même quand il n'est pas là et qu'il y a la panique au sein des instances politiques nationales qui croyaient toutes à ce moment-là, à  un coup d'Etat. Où se trouvait Okemba le 4 mars 2012 ? Les téléphones fonctionnaient-ils correctement ? Etaient-ils ensemble au Conseil National de Sécurité ? Pourquoi Jean-Dominique Okemba n'a-t-il pas ordonné à son second d'aller voir ce qui se passe ? N'est-ce pas là un comportement suspect ?


Il aurait pu instruire le directeur de la sécurité intérieure et extérieure. Mais, tel n’a pas été le cas», a-t-il précisé. Le colonel Ntsourou a-t-il eu un manquement à son devoir? «Oui, puisqu’il n’a pas avisé sa hiérarchie», a répondu Jean-Dominique Okemba. Mais d’où vient que votre adjoint soit arrêté dans cette affaire, sans que vous interveniez? Le secrétaire général du C.n.s a relevé que quand le drame s’est produit, son ex-adjoint n’a même pas songé à l’appeler. «Au cours des réunions, il devenait frileux et ne voulait plus répondre à mes questions. Alors que j’avais la mission de faire un éclairage sur ce drame. Bref, la communication était, en quelque sorte, coupée entre lui et moi», a-t-il dit. Le secrétaire général du C.N.S a-t-il toujours confiance en lui et de quoi la commission le suspectait-il? «A partir du moment où il bénéficie de la présomption d’innocence, il bénéficie encore de ma confiance. D’ailleurs, nous avons de très bons rapports», a fait savoir le vice-amiral Okemba.

 

Pour répondre aux questions, encore faille-t-il avoir des réponses qui correspondent à celles-ci. Marcel Ntsourou est donc bel bien celui qui doit fournir des réponses parce que c'est lui qui abat le travail de terrain en qualité de véritable chef de la sécurité nationale sinon, c'est Ntsourou qui poserait des questions à son supérieur qui est censé avoir plus d'informations que lui...

Et de poursuivre: «La commission a commencé à le suspecter, lorsqu’elle a reçu des informations pointilleuses sur ce qui s’était passé à l’Ecrrramu, à travers un élément qui travaille au sein de cet établissement. C’est ainsi que lorsqu’on a perquisitionné son domicile, on a retrouvé des armes chez lui, les armes qu’on lui avait demandé de collecter et de transférer dans les services spécialisés, mais qu’il a préféré garder illégalement chez lui». Le secrétaire général du C.N.S a reconnu que le colonel Ntsourou avait reçu mission de racheter les armes détenues encore par les ex-miliciens dans le département du Pool. Cependant, non seulement il n’a pas rendu compte à la hiérarchie de la fin de sa mission, mais encore il l’a poursuivie au-delà du temps prescrit, en gardant les armes chez lui. A ce niveau, le colonel Ntsourou a demandé la parole et a dit: «Le chef n’a peut-être plus bonne mémoire, mais l’opération de rachat des armes n’était pas arrêtée, puisqu’elle continuait avec l’Onu».

 

Soit, le téléphone de Marcel Ntsourou est sur écoutes, soit celui qui a fourni des détails sur ce qui s'est passé à l'Ecrrramu est un traître mais cela ne fait pas de Ntsourou un suspect pour autant car recevoir des détails d'un supposé "accident" ne change pas la nature du phénomène et de ses causes. Et cette information n'a aucune relation avec la seconde concernant la détention d'armes car il n'y a aucun lien entre l'opération de ramassage des armes distribuées lors du coup d'Etat de 1997 - juste dans le camp du président Pascal Lissouba et l'accident qui a déclenché les explosions du 4 mars 2012. Surtout si l'opération se poursuivait par le biais de l'ONU comme l'indique Marcel Ntsourou.


S’agissant des faux billets, le secrétaire général du C.N.S a reconnu que, là aussi, la mission lui avait été confiée de mener une enquête, pour démasquer le réseau de ceux qui en fabriquent. Mais, il n’a jamais rendu compte de sa mission et a gardé les faux billets chez lui.

 

Question faux billets, c'est encore le colonel Marcel Ntsourou qui fait le boulot puisque Jean Dominique Okemba n'a pas le temps de s'en occuper lui-même, sa place étant derrière le grand éléphant pour protéger mystiquement le pouvoir. En somme, Ntsourou s'occupait de la protection physique, matérielle du pouvoir et Jean Dominique de sa protection occulte...

Quant au motif de son arrestation, Jean-Dominique Okemba a indiqué qu’il laisse le soin à la commission d’enquête d’y répondre. Car pour lui, le colonel Ntsourou était arrêté pour des besoins d’enquête sur l’affaire du 4 mars 2012. Enfin, il a révélé que le colonel Ntsourou ne l’avait pas invité à son anniversaire, le samedi 3 mars 2012, le soir qui précédait le drame du dimanche 4 mars. Pourtant, à son niveau, il considère qu’il avait de bons rapports avec son ex-adjoint, quand il était encore en fonction.

 

Il peut vous sembler que le fait de ne pas avoir été invité le 3 mars 2012 à l'anniversaire de son adjoint est une information qui n'a rien à voir dans cette affaire mais si vous suivez bien les sous-entendus de la pensée de Jean-Dominique Okemba qui en fait suspecte le colonel Marcel Ntsourou, véritable gardien de la sécurité matérielle du pouvoir, de "coup d'Etat", vous comprendrez qu'il faut voir dans cet anniversaire plus qu'un événement civil ordinaire : c'était la phase de lancement de l'opération "ACCIDENT PAR EXPLOSIDS CIVILS" pour lancer le coup d'Etat fictif sans avoir pris le temps de distribuer les armes aux exécuteurs militaires entre autres de l'opération ! Sans blague, il faut du génie de romancier pour relier des faits qui sont à des années-lumières les uns des autres ! Et dans ce domaine, Jean-Dominique Okemba semble vraiment "SPECIAL" ! Et c'est peut-être sa seule vraie spécialité à ce contre-amiral qui n'a jamais pris la mer !

Le général Norbert Dabira a témoigné en sa qualité d’inspecteur général des F.A.C (Forces armées congolaises) et de la gendarmerie nationale, à l’époque des faits. Son témoignage est accablant pour le ministre en charge de la défense et le chef d’Etat-major général des F.a.c, à cette époque. En effet, il a évoqué la dégradation des conditions au dépôt de munitions de l’Ecrrramu. Il y avait donc urgence à agir, car un drame pouvait subvenir.

«La situation de l’Ecrrramu était grave et alarmante. Je l’avais déjà dit dans les rapports que j’envoyais au Ministère de la défense, au chef d’Etat-major général, pour les porter à la connaissance du haut-commandement. C’était en 2008, 2009 et 2010. Mais, tous ces rapports sont restés vains», a-t-il indiqué. Cette situation témoigne, indiscutablement, de l’inaction, de l’indifférence, de la négligence, de la lenteur ou de la léthargie qui caractérisent, souvent, l’attitude de ceux qui ont en charge les responsabilités publiques, au niveau administratif. Les dossiers traînent, les rapports pourrissent dans les tiroirs.

Le général Dabira a conclu son témoignage par une prémonition pertinente : «Si on m’avait écouté, le drame du 4 mars serait évité». Après une telle déposition, le peuple peut alors, légitimement, se poser la question : qui est alors véritablement responsable du drame du 4 mars ?

Evidemment, chacun de vous peut répondre à cette question puisqu'on connaît l'origine des explosions : les explosifs civils. C'est donc celui qui a autorisé leur stockage sans respect des normes de sécurité qui est en cause. Le chef d'Etat-Major et le ministre de la défense de l'époque sont responsables pour ne pas avoir écouté les préconisations du général Norbert Dabira, inspecteur général des Forces Armées Congolaises...

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 14:07

Ledger-de-Plaza.jpgSur la toile, on adore le sensationnel, et on en rajoute quand il n’y a pas assez de piquant quitte à perdre son sens cartésien. Et ça plaît au public, des personnes qui se battent, qui se chamaillent, qui se rivalisent. C’est assez spectaculaire et divertissant. Surtout lorsqu’il s’agit – même simplement sous forme de supposition - de chefs d’Etat.

Denis Sassou Nguesso et Idriss Déby ont été invités à la prestation de serment du président Michel Djotodia à Bangui en ce mois d'août 2013. Et il a bien fallu loger ces deux personnalités, une affaire qui relève du protocole présidentiel qui doit s’y prendre à l’avance, pas en simplement deux jours...

Ce qui s’est passé en république centrafricaine à l’hôtel Ledger De Plaza entre le protocole tchadien, le personnel de l’hôtel et le protocole  de la présidence de la république congolaise -  ne relève que de l’incompétence des équipes tchadiennes à réserver en due et bonne forme une suite à leur président dans un timing parfait. Cette affaire aurait pu se jouer à l’identique même si l’occupant de la suite que voulait Idriss Déby était un autre président ou un simple homme d'affaires...

Oui, il y a une lutte de leadership sous-régional  entre Sassou et Déby, nous avons écrit à ce propos mais tout ne doit pas renvoyer à cette lutte de préséance politique, somme toute naturelle entre deux egos surdimensionnés de cette nature. En fait, les deux dictateurs veulent tous deux se montrer incontournables au niveau sous-régional et au niveau continental comme un bon prétexte pour se maintenir au pouvoir dans leurs pays respectifs mais au-delà, entre les deux fils de la veuve, il y a entente sur l’essentiel. Comme lorsqu’il s’est agi d’évincer le président François Bozizé. Beaucoup ignorent que Denis Sassou Nguesso a beaucoup d’affaires au Tchad et Déby a aussi investi au Congo, les dictateurs utilisant désormais la stratégie d’investissements croisés : « Tu investis chez moi, moi, j’investis chez toi car on ne sait jamais ». Kadhafi a laissé d’importantes affaires au Congo - notamment dans le domaine hotelier…

Dans cette histoire, on ne peut pas dire que Denis Sassou Nguesso a fait exprès de convoiter la même suite qu’Idrisse Déby en connaissance de cause. Le code hôtelier s’en tient à la primauté de la réservation et du paiement : le premier qui réserve et qui paye est le premier servi. Il y a d’un côté le Général Léonard Essongo qui s’y prend bien en réservant et en payant une suite présidentielle à son chef d’Etat au Ledger De Plaza et de l’autre, le Général Brahim Séïd Mahamat, chef d’Etat-Major de l’Armée Nationale Tchadienne  qui s’y prend mal et essaie de masquer ses lacunes par la violence verbale auprès du personnel de l’hôtel Ledger de Plaza, cinq étoiles. Dans une ville de Bangui exsangue, Déby et Sassou ont voulu être logés à bonne enseigne et c’est tout à fait normal pour des hommes de leurs rangs. Le reste est une affaire de compétence des équipes protocolaires et sécuritaires. J’y veux pour preuve que l’hôtel n’a pas délogé Denis Sassou Nguesso pour lui préférer Idriss Déby et surtout, le Général Brahim Seïd Mahamat a accepté que l’on loge Déby ailleurs – peut-être une façon de reconnaître qu’il avait tort.

En conclusion, cette affaire d’une chambre pour deux n’a rien d’une affaire d’Etat, Déby et Sassou ayant soutenu la rébellion Séléka. Sinon pourquoi ont-ils été invités à l’investiture du président de transition Michel Djotodia ? N’exagérons que ce qui l’est et mettons toujours l’amplitude au bon niveau et ne crions pas à la crise entre présidents et entre pays quand ce n’est pas le cas. Il est aussi possible que DDP, un groupe opposé à Michel Djotodia ait voulu amplifier l’affaire auprès de la presse pour nuire au nouveau président de transition centrafricain. Une chambre d’hôtel n’est pas un niveau de lecture suffisant de la rivalité qui existe entre Sassou et Déby : il faut la rechercher au niveau des colonies notamment tchadiennes au Congo et surtout au niveau du plus grand impact que Déby a auprès de la France qui a semble-t-il encore son mot à dire pour ce qui est du choix du « gouverneur noir » à la tête des ex-toujours colonies françaises. Néanmoins, le fait que le Général Brahim refuse la suite présidentielle du troisième étage au Ledger De Plaza est un signe que les deux hommes n’ont pas envie de résider dans le même espace, peut-être simplement pour des questions de sécurité…

Centrafrique : Suite présidentielle de Déby, l'incident diplomatique qui a failli dégénérer avec le Congo

Dimanche 18 août. 20h35 heure de Bangui. L'aéroport International de Bangui Mpoko accueille sur son tarmac le gros porteur Hierochine de l'Armée Nationale Tchadienne qui transporte le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby, un véhicule Toyota, une quinzaine de véhicules militaires ainsi que du matériel. Tous les soldats tchadiens de la FOMAC (La Force Multinationale des Etats d'Afrique Centrale) sont mobilisés.

Vendredi 16 août, 48 heures à l'avance. Deux présidents pour une seule suite présidentielle. Rien ne se passe comme prévu à l'hôtel Ledger Plaza de Bangui où devrait être réservée la suite présidentielle qui logera Déby mais également celle du Président congolais qui honore de sa présence.

Le général Brahim Seïd Mahamat, chef d’Etat-Major de l’ANT (Armée Nationale Tchadienne)  -arrivé plusieurs jours à l'avance à Bangui- se rend aux environs de 19 heures au Ledger Plaza. Dans le hall de l'hôtel, de nombreux aller-retour des soldats congolais de la FOMAC, "venus pour prendre des dispositions pratiques par rapport à l’arrivé de leur Président", attirent l'attention du CEMGA tchadien.

Tout d'un coup, le chef d'Etat-Major tchadien, s'exprimant en arabe, demande des explications à son entourage sur la nature de ces soldats ainsi que de leur présence au Plaza hôtel. On lui répond que c'est un détachement du contingent congolais de la FOMAC, également affecté pour préparer l'arrivée de leur président. Côté congolais, le général Essongo qui est le représentant Spécial de Sassou à Bangui a réservé et payé à l'avance la facture de l'hôtel.

Le CEMGA tchadien reste ferme, c'est la suite qui logera Déby. Il retourne au véhicule qui l'escorte "puis revient avec des autocollants qui seront collés tout au long de la marche qui mène à la Suite présidentielle" afin de marquer "le territoire". "Le drapeau tchadien est par la suite brandi dans la chambre". Le Directeur de l'hôtel Plaza intervient pour signifier qu’il est interdit de coller des affiches sur les murs de l’hôtel et informe les Tchadiens qu'une autre suite présidentielle est disponible au troisième étage, s'il la désirent.

Informés, les Congolais se déplacent pour en savoir plus sur cet incident diplomatique qui se produit. "Ça a failli tourner au vinaigre entre les Tchadiens et les Congolais. Le général Essongo qui gérait cette affaire a eu la sagesse de demander aux Congolais de rentrer", précise DDP, un groupe hostile à Djotodia.  En effet, selon DDP, des menaces de mort verbales ont également été proférées côté tchadien lors de l'incident. Essongo appelle aussitôt le président congolais pour lui faire part de l'incident, ce dernier appel Djotodia et lui informe que «si cette histoire n’est pas réglée au plus tard demain-midi, il ne viendra pas »

Samedi 17 août. 8h30. Michel Djotodia débarque au Ledger Plaza et tente de désamorcer la situation en négociant avec le chef d'Etat-Major tchadien. Ce dernier est catégorique. Djotodia propose de loger Déby dans une nouvelle résidence. Le CEMGA, qui, au préalable demande une inspection de la résidence à Ouango finit par accepter.

Du côté de la présidence tchadienne, on note que "la prestation de serment du Président centrafricain de transition s’est déroulée devant un parterre d’invités de marque dans une ambiance des grandes fêtes".

 

Source: http://m.alwihdainfo.com/Centrafrique-Suite-presidentielle-de-Deby-l-incident-diplomatique-qui-a-failli-degenerer-avec-le-Congo_a7977.html?com#comments

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 09:06

COMMENTAIRE : Sous l'impulsion de la Grande Bretagne et des Américains, Denis Sassou Nguesso a décidé de jouer son théâtre Muhirika entre la RDC, le Rwanda et l'Ouganda dans un nouveau ballet de médiation bananière - pour faire semblant de solder le conflit du pillage organisé de la RDC sur arrière-plan de remplacement des populations congolaises par celles du Rwanda afin d'occuper habilement une partie très riche de notre vaste voisin (le travail en est déjà à six millions de morts). Cet article de Boniface Musavuli met en lumière des interrogations sur monsieur Denis Sassou Nguesso face à Paul Kagamé et ses donneurs d'ordre anglais et américains qui sont les grands gagnants de la déconfiture frontalière de la RDC. Au lieu d'aider nos frères d'en-face cernés et infiltrés par les Rwandais, Denis Sassou Nguesso va jouer le médiateur paillasson qui ne maîtrise même pas l'affaire dans laquelle on lui demande des lumières. Pourtant, tous les observateurs ne cessent de l'avertir qu'après la colonisation de la république démocratique du Congo, le Rwanda a en ligne de mire les richesses pétrolifères de la rive droite du fleuve Congo et le 4 mars 2012  n'est qu'un coup d'essai pour eux.

En mettant en place une ligne aérienne Kigali-Brazzaville, en fait, Kagamé se prépare à rapatrier les Hutus qui ont trouvé réfuge au Congo : en effet, comment comprendre que le Rwanda, petit pays qui gratte ses montagnes pour produire des légumes puisse exporter en direction du Congo des produits agricoles ? Tout cela ne tient pas. Si les Anglais et les Américains le voulaient, ils arrêteraient les Rwandais. Ce n'est donc pas Denis Sassou Nguesso qui trouvera des solutions à la crise qui a coûté plus de six millions d'âmes à nos voisins d'en-face.

Kigali a des vélléités expansionniste. Nous sommes les prochains sur la liste mais Sassou en est-il conscient ? Honoré Ngbanda ne cesse de crier au loup rwandais qui salive sur l'hippocampe bourré de pétrole mais Denis ne sert que Sassou et personne d'autre.

Nous incitons nos frères de la RDC de prendre le problème rwandais à bras le corps s'ils ne veulent pas disparaître en tant que nation. Quant aux Hutus qui vivent au Congo et qui n'ont pas voulu rentrer au Rwanda, il ne restera à Sassou que d'inventer un mobile pour que les avions de Kagamé les rapatrient de force comme cela s'est observé avec les Tchadiens. Paul Kagamé veut éviter que le Congo devienne le bastion de la résistance à sa dictature. C'est aussi une façon habile pour le big nzokou de se débarrasser d'alliés encombrants qui l'ont aidé à conquérir le pouvoir en 1997 mais qui pourraient demain freiner l'ascension politique de "mwana ndéya" en choisissant le camp adverse de la restauration de la démocratie au Congo...

En qualité de médiateur, Denis Sassou Nguesso a échoué partout. Pour preuve, son  récent échec cuisant en RCA aujourd'hui livrée au pillage d'autant plus que ce pays, asphyxié financièrement, est au bord de la ruine. Sans se soucier de ses échecss successifs, le vieux crocodile de la politique africaine continue son oeuvre de médiateur pour rien du tout. Pourtant Sassou a qualifié Hyppolite Kanambé de cheval de Troie du président sur échasses. Donc, il sera assis en face de deux complices. Peut-être trois si Museveni, un autre Tutsi, est sur la table des négociations.

Hélas, pour ses propres intérêts dont le but est de se forger une image de nouveau "sage" de l'Afrique - surtout depuis la mort du président feu Omar Bongo Ondimba - afin d'apparaître indispensable sur le trône du Congo en 2016, Denis Sassou Nguesso est sur le point de trahir une nation soeur pour servir sa propre gloire car il faut bien qu'il gagne quelque part et si ce n'est sur le plan international, c'est donc sur le tatami national qu'il attend des rétombées positives. Entre nous, qui peut se passer d'un sage qui n'arrive même pas à donner de l'eau à ses propres administrés au Congo ? Denis travaille pour Sassou et Sassou pour Nguesso. Le reste n'a pas d'importance...

                                         ___________________________________________________

Congo-Brazza – RD Congo – Rwanda : A quoi joue Sassou-Nguesso ?

Lorsque se produit un malheur dans la maison d’un être cher, et qu’on aurait pu le prévenir, on s’en veut pour longtemps de ne pas l’avoir fait. Le Congo-Brazza et ses chaleureux habitants ont toujours été pour les Congolais de la RDC une seconde patrie, une terre de répit durant les moments difficiles, trop fréquents au Congo de Lumumba. Mais tout ceci risque de devenir du passé en mesure que se renforcent les relations entre Denis Sassou-Nguesso, Président du Congo-Brazza et Paul Kagamé, Président du Rwanda. Pour tous ceux qui ont été témoins de la succession des événements dans l’Est du Congo au cours des deux dernières décennies, où un havre de paix, le Kivu, a été transformé en gigantesque abattoir, il n’y a rigoureusement rien de rassurant dans le rapprochement entre Brazzaville et Kigali. On est peut-être à la veille d’une nouvelle catastrophe en Afrique centrale, et l’analyse des premiers indices n’est guère rassurante.

Une ligne aérienne Kigali-Brazzaville

Un accord de coopération entre Kigali et Brazzaville a été conclu, et un premier vol, un cargo, a décollé de l’aéroport rwandais vers Brazzaville le 06 mai 2013 avec à bord 30 tonnes de marchandises[1]. Selon le ministre rwandais du commerce et de l’industrie, François Kanimba, l’avion transportait essentiellement des produits agricoles comme la viande, le haricot et de petits poissons séchés.

Il est prévu qu’un appareil effectue chaque semaine un vol avec à bord des produits agricoles comme les farines de manioc et de maïs, le haricot, la viande, les fruits, et les légumes. Une information officielle qui devrait mettre la puce à l’oreille.

Mobiliser un avion pour transporter 30 tonnes de légumes, de fruits, de farine de manioc,… d’un pays comme le Rwanda qui manque d’espace agricole (419 hab./km²) vers un pays comme le Congo-Brazza disposant de vastes terres inexploitées (13 hab./km²)

Par ailleurs, on voit mal une compagnie aérienne rester longtemps rentable en convoyant des légumes vers un pays couvert au 2/3 de forêt équatoriale, et qui en produit déjà presqu’en excès. Et des petits poissons séchés du Rwanda vers un Congo-Brazza qui dispose de 169 km de littoral sur l’Océan Atlantique[2], où il suffit de jeter les filets dans l’eau pour « ramasser » du poisson en abondance. 

On peine à croire qu’une telle information officielle a pu passer sans susciter des interrogations. On comprendrait plutôt que des denrées alimentaires partent du Congo vers un Rwanda surpeuplé et privé de terres agricoles.

Qui croit toujours que des avions vont amener, chaque semaine, à Brazzaville, trente tonnes de légumes, de farines de manioc et de petits poissons,… ?

Menace sur les réfugiés hutus

Une petite communauté des Hutus rwandais est installée au Congo Brazzaville depuis 1997. On leur a demandé de rentrer au Rwanda avant le 30 juin dernier sous peine de perdre leur statut de réfugiés[3]. Les 8.000 Rwandais ont fait la sourde oreille et ont donc, officiellement, perdu leur statut, un choix difficile mais assumé, et il y a lieu d’éprouver de la compréhension à leur égard.

En effet, ces hommes et ces femmes sont les survivants, voire les rescapés de la Première Guerre du Congo (1996-97)[4]. Nombreux ont quitté le Rwanda à pied pour se réfugier dans l’Est de la République Démocratique du Congo en juillet 1994, après la prise du pouvoir par les rebelles tutsis du FPR, le mouvement de l’actuel Président rwandais Paul Kagamé.

Devoir de mémoire

Certains Hutus seraient même originaires du Nord du Rwanda qu’ils ont dû quitter, poussés vers Kigali par les combattants du FPR, Kigali qu’ils vont devoir quitter, à nouveau pour se réfugier dans l’Est du Zaïre, l’actuelle RDC, en 1994. Mais en 1996, l’armée rwandaise envahit l’Est du Congo et bombarde les camps du HCR où étaient massés les réfugiés hutus.

C’est le début d’un massacre à grande échelle que vont subir les Hutus qui tentent de fuir dans la forêt, à l’Ouest. Ils vont devoir traverser toute la République Démocratique du Congo, à pied, sur une distance quasiment entre Moscou et Paris (plus de 2.710 km). Le rapport du Projet Mapping d’août 2010 doit être lu et relu avec attention dans les familles des survivants hutus du Congo-Brazzaville. Difficile pour ces rescapés des massacres dans les forêts du Congo, de percevoir avec sérénité le rapprochement entre Brazzaville et Kigali.

Les autorités de Kigali, qui commencent à perdre du prestige sur le plan international, suite à l’affaire du M23, craignent, manifestement, que Brazzaville puisse éventuellement servir de point de concertation des opposants rwandais en exil. Kinshasa est trop infiltré par les agents du régime de Paul Kagamé. En effet, à la suite de négociations secrètes entre Joseph Kabila et Paul Kagamé, de nombreux agents rwandais ont été placés dans les hautes instances des institutions de la RDC. Cela transparait, par exemple, dans l’affaire Bosco Ntaganda, telle qu’elle a été commentée par le général rwandais en exil Patrick Karegeya[5].

Pour les opposants à Paul Kagamé, la RDC n’est pas un pays sûr. Le Congo-Brazza, en revanche, proche de Paris, aurait pu être un point d’ancrage dans la lutte contre la dictature rwandaise. Nous sommes donc plus proches d’une coopération destinée à démanteler la résistance rwandaise que d’une coopération économique entre le Rwanda de Paul Kagamé et le Congo de Sassou-Nguesso.

L’affaire de trente tonnes de légumes et de petits poissons rwandais devient dès lors un habillage assez grotesque.

L’ambassadrice britannique à Brazzaville

Et dans ce contexte où se mêlent intrigues et fausses apparences, on entend parler un haut diplomate britannique. La nouvelle ambassadrice de la Grande Bretagne à Brazzaville a consacré sa première déclaration à un sujet assez curieux, lorsqu’on se situe du côté du Congo-Brazza. En effet, le 07 août dernier, Madame Diane Corner a déclaré que son pays va travailler avec le Président Sassou-Nguesso « dans la recherche des solutions pour la stabilité et la paix durable dans la région des Grands Lacs »[6]. On s’attend à ce qu’un diplomate étranger à Brazzaville parle de la Centrafrique, du Gabon, ou de tout autre pays avec lequel le Président congolais a des affinités « naturelles » du fait de la proximité culturelle des peuples du Golfe de Guinée. Le Congo-Brazzaville n’a pas d’expertise dans les conflits de la Région des Grands-Lacs.

Si les Britanniques parviennent à convaincre Denis Sassou-Nguesso de s’impliquer dans la crise de la région des Grands-Lacs, il faut s’attendre à ce que le Président congolais devienne essentiellement un simple « pion » des Anglo-Saxons qui lui dicteront ce qu’il aura à faire, parce qu’il ne maitrise pas le sujet.

Sachant que ce sont les Britanniques et les Américains qui parrainent Paul Kagamé dans sa sanglante campagne visant à détruire la Patrie de Lumumba, depuis près de deux décennies, Denis Sassou-Nguesso deviendrait un des leurs. Il s’afficherait officiellement comme un médiateur de bonne foi, mais, officieusement, il jouerait, malgré lui, le jeu de Londres et Washington à l’origine de l’interminable tragédie de l’Est du Congo : plus de six millions de morts[7].

Les Congolais du Congo-Brazza ont une histoire millénaire de fraternité sans tâche avec leurs cousins de l’autre rive du fleuve Congo. Ils devraient rappeler à leur Président qu’il est au point de mettre le doigt dans un engrenage qui risque de broyer son peuple comme les Congolais du Kivu sont aujourd’hui en train d’être broyés.

Gouverner, c’est prévoir, et pour prévoir, il faut savoir méditer les expériences du passé, surtout les plus douloureuses.

Boniface MUSAVULI

 [1] http://fr.igihe.com/l-investisseur/...

 

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 22:01

COLLECTIF DES PARTIS DE L’OPPOSITION CONGOLAISE, SIGNATAIRES DE LA DECLARATION DU 17 AOÜT

 SUR LES ELECTIONS LEGISLATIVES DE 2012

 

            ²

 

 

 

DECLARATION

(A L’OCCASION DE L’AN 1 DU COLLECTIF)

 

Le 17 août 2012, soit deux jours après la célébration du 52ème anniversaire de l’indépendance nationale, et suite à la publication des résultats des élections législatives de cette année, les plus fâcheuses et obscures de notre histoire politique contemporaine, une dizaine de Partis politiques, à savoir : le CAR, le MVC, la CNDD, le Mouvement MIKALE, le PSRD, le PSDC, le PPC, le RDR, l’UDR-MWINDA, l’UPADS, l’UPRN, rejoints plus tard par le MLC, se penchaient sur l’avenir de notre pays, du fait de la mise à mal, par le pouvoir actuel, des fondements politiques et institutionnels consacrés par l’historique Conférence Nationale Souveraine tenue du 25 février au 10 juin 1991.

Au terme d’une analyse affinée de la situation politique, économique, sociale et culturelle de notre pays, en général, du processus électoral en particulier, une déclaration dite du 17 août sur les élections législatives de 2012 était adoptée. Cette déclaration avait pour point culminant l’appel lancé au président de la République de convoquer, en tant que garant de la cohésion nationale, des « Etats Généraux de la Nation », aux fins d’un partage sur la situation nationale et de la recherche des solutions idoines à la crise multidimensionnelle qui sévit dans notre pays.

Un an après l’appel aux Etats Généraux de la Nation, que pouvons-nous dire sur cette lancinante question du dialogue ?

De la question du Dialogue

Faut-il le rappeler, le 17 août 2012, les partis de l’Opposition congolaise faisaient le constat du désastre auquel courait, et court encore, notre pays.

A ce sujet, les partis de l’opposition congolaise épinglaient  des phénomènes tels : le taux encore élevé de 70% du chômage notamment chez les jeunes,  les taux mêmement élevés de la pauvreté et de la mortalité, le raccourcissement de l’espérance de vie, l’assombrissement de l’école congolaise, l’appropriation du bien public par un clan et la transformation en biens familiaux des ressources nationales issues du pétrole, de l’exploitation forestière et minière, du trésor public et des régies financières, les marchés publics devenus l’exclusivité des gens du pouvoir et de ses affidés, la corruption devenue endémique, la prévalence d’une misère extrême, une situation de sécurité du pays gravissime, confortée non seulement par l’importation abusive et continue des armes de destruction massive sans qu’en soit défini l’ennemi extérieur mais encore par l’incompétence de ceux qui sont chargés de leur bonne gestion, ce qui a eu pour conséquence les désastres comme celui du 04 mars 2012.

Et, s’appesantissant sur les élections qui venaient de se dérouler, le Collectif des Partis de l’Opposition congolaise fustigeait, dans la suite logique des 14 exigences électorales issues des Etats Généraux de l’Opposition congolaise tenue en février 2009, les nombreux dysfonctionnements constatés le long du processus électoral en cours dans notre pays. Nous pouvons citer, entre autres, l’échec des opérations de révision et de mise à jour des listes électorales organisées dans notre pays, qui attestent le manque de maîtrise du corps électoral, un découpage électoral injuste et inique ne tenant pas compte du poids démographique de chaque circonscription électorale, l’établissement des cartes d’électeurs aux personnes n’ayant atteint l’âge de voter, aux personnes décédées, aux étrangers et, la distribution de plusieurs cartes d’électeurs au même nom, la modification des résultats issus des urnes dans certaines circonscriptions, l’implication de l’administration territoriale dans les actes préparatoires des élections. Etc.

Pour rappel, les Etats généraux de l’opposition congolaise tenus à Brazzaville, du 21 au 22 février 2009, avaient adopté en matière électorale un cahier de charges en quatorze points dont voici les principaux :

La dissolution de la CONEL actuelle, tout acquise au pouvoir, et la mise en place d’une commission paritaire d’organisation de l’élection présidentielle, chargée de réaliser toutes les opérations préélectorales et électorales ;

La réalisation de façon paritaire d’un recensement administratif spécial pour déterminer un corps électoral fiable ;

L’égal accès de toutes les sensibilités politiques aux médias d’Etat ;

L’ouverture par le gouvernement d’un site Internet sur les élections au Congo depuis 1992 ;

Le respect du principe de la libre circulation des acteurs politiques et du libre exercice des activités des partis politiques ;

La liberté de l’exercice de la profession de journaliste ;

La neutralité de la force publique ;

Etc.

Ces exigences demeurent d’une brulante actualité. Elles constituent des préalables à toute élection libre, transparente et crédible. C’est pour ces motifs que le Collectif a dit non à la concertation de Dolisie, n’en déplaise au président de la République, et a appelé le peuple congolais à boycotter le recensement administratif spécial organisé sous la tutelle du ministère de l’intérieur et ses affidés.

L’appel aux Etats généraux de la Nation a connu un écho négatif dans les milieux du pouvoir, en dépit de l’envoi, le 26 octobre 2012, au président de la République d’une lettre ouverte contenant une analyse sur la situation nationale dans tous ses compartiments, d’une part, et la publication, le 23 novembre 2012, de la vision que le Collectif des Partis de l’Opposition congolaise a des Etats Généraux de la Nation, d’autre part.

Pour étayer son refus, le pouvoir continue de se réfugier derrière la lecture insuffisante et controversée que ses chantres ont de l’histoire des Etats Généraux de France de 1789, oubliant que la France a connu plusieurs Etats généraux initiés à partir de 1492 et que, comme ceux de la France, les Etats généraux, lorsqu’ils sont minutieusement préparés, sont toujours des occasions de réflexions positives et constructives et d’avancées significatives dans la consolidation de l’unité nationale.

Le président Denis SASSOU-NGUESSO reste fidèle à lui-même, en refusant de conférer

avec l’opposition politique dans son pays, préférant donner des leçons de dialogue ailleurs. En

effet, dans son message à la nation du 31 décembre 2012, il déclare, nous citons : « Notre

peuple ne croit pas aux grandes messes politiciennes qui tournent en foire d’empoigne où

sont démolis, sans recul, dans la passion et même dans l’irresponsabilité, les acquis

obtenus patiemment au prix de la sueur et, parfois, du sang. »

Le 12 août dernier, abordant la question de démocratie et de dialogue, le président de la République, comme à son habitude, a une fois jeté l’anathème sur l’opposition congolaise qui rejetterait systématiquement tout, et le compromis et le consensus. Fondamentalement, il a feint d’oublier que c’est l’opposition qui, propositions concrètes et de bon sens à l’appui, a toujours été à l’initiative du dialogue, le pouvoir, quant à lui, excellant dans le non-respect des engagements pris.

Si telle n’était pas la situation, le processus électoral ne serait pas resté vicié jusqu’à ce jour, en dépit des conclusions issues des brèves concertations organisées dans notre pays. L’organisation, cinq ans plus tard après avoir été requis par l’opposition congolaise en 2009, du semblant de recensement administratif spécial, est cette autre illustration qui démontre l’option clairement indiquée par le chef de l’Etat, nous le citons : « d’avancer selon son rythme, son génie et ses intuitions ». N’est-ce pas là l’illustration du retour à la pensée unique, à la volonté d’un homme et de son régime ?

Du message sur l’état de la nation du président de la République

A l’occasion du 53ème anniversaire de l’indépendance du Congo dont la situation est marquée par une gravissime crise multidimensionnelle (crise de confiance, crise de transparence, crise morale, crise  politique, crise électorale, crise  sociale, crise économique), le peuple attendait du chef de l’Etat un signal très fort dans les domaines politique, économique et social.

Il attendait tout particulièrement que le président de la République dise haut et fort qu’à la fin de son deuxième et dernier mandat, le 14 aout 2016, il ne briguera pas de troisième mandat, il ne modifiera pas ou ne changera pas la Constitution du 20 janvier 2002, et qu’il promouvra les conditions permissives d’une alternance pacifique, ainsi que les conditions d’élections libres, transparentes, équitables et crédibles en 2013 et en 2016.

Au lieu de cela, il a, comme à son habitude, fait dans l’autosatisfaction et la glorification du bilan calamiteux de sa gestion. Son discours a été porté de bout en bout par un déni de réalités et de contre-vérités indignes de sa fonction, comme nous le montrons dans les lignes qui suivent.

2.1 A propos de la croissance et des performances économiques du Congo 

Le président de la République a affirmé que la Banque Mondiale a placé le Congo dans les 10 pays à économies performantes et parmi les 10 pays africains appelés à l’émergence. S’il est vrai que depuis 2003, du fait de la bonne tenue du cours du baril de pétrole sur le marché international et de l’accroissement de la production pétrolière, le Congo a connu un taux de croissance moyen annuel de 5%, il importe cependant de souligner avec force que la croissance congolaise est une croissance creuse et que le taux de croissance flatteur brandi par le président de la République n’a aucun impact sur la vie quotidienne du Congolais, en même temps qu’il reste inférieur aux 8% minimum de taux exigé pour atteindre par les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)  et entamer la réduction de la pauvreté.

En effet, les  énormes revenus générés par le pétrole congolais ne ruissellent pas dans toute la société. Ils vont plutôt dans les poches des tenants du pouvoir et tout particulièrement dans les poches des membres la famille régnante, devenus du jour au lendemain immensément riches et mènent un train de vie scandaleux au regard de la misère sans nom des 70% des Congolais qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 1.000 FCFA par jour. De même, cette croissance n’a pas d’impact sur le développement des secteurs économiques hors pétrole et ne génère pas d’emplois pour les Congolais en général, les jeunes en particulier dont le taux de chômage est évalué à 70%, contrairement aux affirmations du président de la République selon lesquelles le chômage a décru de 19,4% en 2005 à 6,9% en 2011.

2.2.  A Propos de l’émergence en 2025 

Rappelons d’abord que la notion d’émergence est un concept forgé en 1981 par Antoine van AGTMAEL, un spécialiste des marchés financiers qui cherchait à attirer les investissements sur les marchés des pays en voie de développement à travers, notamment la création d’un fonds dénommé « Third Word Equity ». Le concept a été par la suite consacré par le groupe de la Banque Mondiale pour désigner des pays qui comme le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du sud (BRICS) sont sortis de façon accélérée de la pauvreté et sont entrés en transition rapide vers le développement, bref des pays qui sont en cours d’industrialisation rapide, enregistrant des taux de croissance élevés et présentant des opportunités de placement.

Les critères pour atteindre l’émergence sont très variés. À titre illustratif on peut retenir entre autres :

La rapidité du processus d’industrialisation ;

La croissance des agrégats macro-économiques, la taille du marché et de ses entreprises ;

L’identification de l’origine nationale des 100 plus grandes entreprises (le BCG100) qui ne sont pas des filiales des multinationales des pays développés et dont le chiffre d’affaires (CA) dépasse un milliard de dollars (1 milliard de $)  dont au moins 10% à l’exportation ;

La part des exportations et leur diversification sur les marchés des pays industrialisés, notamment pour les produits à haute technologie ;

Le montant des réserves en devises ;

Un taux de PIB/Hab. supérieur à la moyenne mondiale et à celle des pays les plus riches, voisin de 8% ;

Le degré de liquidité de l’économie ;

Le niveau de la corruption ;

La capitalisation boursière, etc.

A partir de ces critères, on peut se poser la question de savoir comment un pays comme le Congo qui n’a pas d’industrie et qui est aujourd’hui incapable de fournir à sa population de l’eau potable, de l’électricité, des emplois, une éducation et des soins de santé de qualité, des logements décents, bref une vie digne,  peut-il se  targuer de prétendre à l’émergence en 2025 ?

Comment peut-il accéder à l’émergence en 2025 alors qu’il est incapable aujourd’hui d’atteindre les OMD qu’il s’est engagé à honorer et dont la date butoir de réalisation est fixée à 2015, c'est-à-dire dans deux ans?

Comme on peut le constater, en faisant du battage médiatique sur le concept d’émergence, le pouvoir cherche à masquer son incapacité à résoudre les problèmes du quotidien des Congolais, par une fuite en avant dans un futur lointain. A moins qu’il ne s’agisse d’une méconnaissance des conditions d’émergence d’une nation, pourtant au cours du dernier forum du magazine Forbes, tenu à Brazzaville le 23 juillet 2013, d’éminentes personnalités internationales ont rappelé ces conditions. Ce qui aurait pu inspirer le président de la République dans son propos, lui qui a pris part à ce forum.

2.3. A propos de la transparence dans la gestion des revenus pétroliers 

Ici, le président de la République a indiqué que « les revenus pétroliers du Congo étaient gérés dans une totale transparence. » A l’appui de sa démonstration, il a évoqué la conformité de la gestion des revenus pétroliers du Congo aux normes de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE). Les faits apportent un cinglant démenti à ces affirmations du chef de l’Etat.

Pour rappel, en 2010, la SNPC a vendu à la société de négoce pétrolier, GUNVOR dont le siège est installé à Genève en Suisse, 18 cargaisons soit 18 000 000 de barils de pétrole de l’Etat congolais, pour un montant de plus de 1 000 milliards de francs CFA. La transaction a donné lieu à des opérations financières jugées suspectes par l’Etat helvétique qui a bloqué les comptes privés appartenant à des proches du pouvoir congolais, comptes dans lesquels le produit de la vente des 18 cargaisons ainsi que les commissions subséquentes ont été versées.  L’Etat suisse a par ailleurs porté plainte contre X pour blanchiment d’argent. Or, depuis 2010, les 1000 milliards de FCFA, produit par la vente des 18 cargaisons, n’apparaissent pas dans les comptes budgétaires exercices 2010, 2011, 2012 ni dans ceux de l’exercice 2013. Où est donc la transparence dans cette affaire ? Que sont devenus aujourd’hui les 1000 milliards de  FCFA, propriété de l’Etat congolais ? Rappelons encore que les deux cargaisons, réputées disparues en 2005, n’ont jamais été retrouvées. Là encore, où est la transparence ?

Par ailleurs, le contrat signé entre l’Etat et la SNPC dispose que cette dernière a l’obligation de reverser au trésor public congolais trois jours après leur encaissement, les fonds générés par la vente de la part de pétrole revenant à l’Etat congolais, au titre du contrat de partage de production. Or, la SNPC ne respecte pas les termes de cet accord et ne verse pas les encaissements au trésor public et, l’argent est gardé dans des banques étrangères en Chine, à Singapour, à Hong-Kong, au Brésil, à l’île Maurice, en Autriche, à Beyrouth, aux Iles vierges, etc. Les intérêts de ces placements ne sont jamais reversés au trésor public congolais. Où est donc la transparence « totale » dans la gestion des revenus pétroliers ?

Dans le même ordre d’idées, depuis 2002, il avait été décidé que les excédents budgétaires devraient être logés dans un compte de stabilisation ouvert dans les écritures de la BEAC. En 2006, le président de la République a pris l’engagement de faire auditer chaque année ce compte de stabilisation par la Cour des comptes et de discipline budgétaire. Depuis 2003, le budget de l’Etat dégage des excédents dont la moyenne annuelle est de 1200 milliards de FCFA. De 2003 à ce jour, le solde de ce compte devrait s’élever à 1200 x 10, soit 12 000 milliards de FCFA d’excédents, somme qui devrait être reportée chaque année pour mémoire dans le cadre budgétaire et non les 500 milliards annoncés par le président de la République dans son message sur l’état de la Nation. Or, 12 000 milliards – 500 milliards font 11.500 milliards que « la transparence totale » du chef de l’Etat ne fait pas apparaître dans les comptes de l’Etat. 

En 2012, la position de ce compte à la Banque Centrale était à moins de 1 000 milliards de FCFA. Où est le reliquat de 11 000 milliards de FCFA ? D’ailleurs, à la date du vendredi 16 août 2013, nous avons constaté que l’ensemble des comptes de l’Etat à la Banque Centrale présentent un solde cumulé inférieur à 1400 milliards de FCFA.

De plus, le solde de ce compte  n’a jamais fait l’objet d’une communication au parlement lors des débats budgétaires, malgré les demandes insistantes des parlementaires. De même, l’audit du compte de stabilisation des excédents budgétaires promis par le président de la République n’a jamais été réalisé une seule fois.

Plus grave, au mois de juillet 2013, les comptes de l’Etat ont fait apparaître un décaissement de l’ordre de 400 milliards de FCFA au titre des investissements. Une question grave se pose : quels sont les investissements qui ont été réalisés au cours du seul mois de juillet dernier avec cette somme colossale ? Sur quelle ligne budgétaire a-t-on défalqué ces 400 milliards de FCFA ? Ceci n’est pas pour nous surprendre car les énormes sommes décaissées pour les municipalisations accélérées de 2004 à 2013 n’ont jamais fait l’objet d’inscription budgétaire à hauteur des décaissements effectués (525 milliards de FCFA pour le Pool, 455 milliards pour les Plateaux, etc.).

Qu’en est-il du compte PPTE que le président de la République a brillamment omis d’évoquer, compte pour lequel les créanciers internationaux du Congo ont abandonné leurs créances pour booster le développement et la lutte contre la pauvreté au Congo. La « transparence » dont parle le président de la République, en se référant aux normes de l’ITIE, relève du mirage et de la mystification.

Le Collectif des partis de l’opposition exige non seulement la réalisation d’un audit sur l’utilisation des 400 milliards de FCFA décaissés en juillet 2013 mais encore et surtout plus de transparence sur toutes ces évocations à caractère sulfureux.

2.4. A propos du social

Le président de la République a égrené une longue liste de ce qu’il a appelé « les avancées sociales substantielles » et a affirmé que « la pauvreté et le chômage avaient reculé ». Par quel miracle la pauvreté aurait-elle reculé quand on sait que le pouvoir d’achat des populations en général, des fonctionnaires en particulier, n’a fait que baisser au regard de la modicité des revenus et du coût élevé de la vie ?

Dans les marchés, les prix des biens de première nécessité ont augmenté à un rythme vertigineux et ce ne sont pas les ménagères qui le démentiront.  Les salaires des fonctionnaires, les bourses des étudiants, les pensions des retraités n’ont pas été revalorisés. Le président de la République ne confond-il pas la situation sociale de la majorité des Congolais avec celle des dignitaires de son régime ? Rappelons que les ministres d’Etat ont vu leur salaire mensuel porté à 15 000 000 de FCFA et les ministres simples à 11 000 000 de FCFA, sans compter les multiples et divers avantages en nature.

Le président de la République a aussi parlé des gratuités dont jouiraient les Congolais en matière d’éducation et de santé. Dans quelle école publique au Congo y a-t-il gratuité de manuels scolaires, comme le donne à entendre le président de la République ? Dans quelle formation sanitaire publique y a-t-il gratuité des soins pour les enfants âgés de 0 à 15 ans et les femmes enceintes, malades du paludisme ou bien accouchant par césarienne ?

Le président de la République ne parle-t-il pas d’un pays autre que le Congo ? Vit-il dans le même pays que les Congolais d’en bas ? Quelles entreprises ont été créées en 2013 et qui auraient embauché les Congolais pour faire baisser le chômage à 6% ? S’est-il soucié de savoir comment les nombreux diplômés sans emploi, les nombreux jeunes oisifs ont reçu son message selon lequel le chômage aurait baissé ?

S’agissant de l’enseignement, l’année 2013 a été déclarée année de l’enseignement : qu’est-ce qui a été fait pour l’enseignement en 2013 ? Rien, absolument rien comme du reste pour la santé en 2012. La grève des enseignants, qui a paralysé l’école publique pendant deux mois, en est une éclatante illustration.

2.5. A propos de la jouissance totale des libertés et de la séparation des pouvoirs 

Le président de la République a proclamé que « le Congo est un pays des libertés et de toutes les libertés ». Il a ajouté que « la jouissance totale des libertés, la séparation des pouvoirs et l’organisation des élections à échéances régulières, sont la preuve que la démocratie est bien en marche au Congo ». De quelle liberté le président de la République parle-t-il, lorsque l’accès aux médias publics est fermé aux partis politiques de la vraie opposition, lorsque les activités de cette dernière sont constamment interdites, lorsque certains de ses dirigeants sont arrêtés et emprisonnés arbitrairement ou interdits de sortir du territoire, lorsque l’accès aux espaces publics des réunions est refusé aux partis de la vraie opposition, lorsque la presse indépendante est muselée ? 

De quelle liberté le président de la République parle-t-il lorsque les arrestations et les emprisonnements arbitraires sont monnaie courante, lorsque les lois de la République en matière de garde à vue et de détention préventive sont allègrement violées ? De quelle liberté parle-t-il lorsque la torture physique, morale et psychologique est érigée en méthode de gouvernement et est pratiquée de façon inhumaine et cruelle dans les geôles de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST), les commissariats de police et les prisons du Congo ? Ceci est inacceptable. Dans tous les cas, l’opposition congolaise se propose de se constituer partie civile auprès des juridictions internationales pour tous les cas de torture, pour que cette pratique prenne fin dans notre pays.

De quelle séparation des pouvoirs le président parle-t-il lorsque  les magistrats du parquet dépendent du pouvoir exécutif ? En effet, au Congo les magistrats du parquet sont nommés en Conseil des ministres et placés sous l’autorité hiérarchique du Garde des Sceaux, alors que le pouvoir judiciaire est censé être un pouvoir indépendant du pouvoir exécutif. De quelle séparation des pouvoirs le président de la République parle-t-il lorsque lui-même, chef du pouvoir exécutif, est en même temps, président du Conseil supérieur de la magistrature et que le ministre de la justice, Garde des Sceaux en est membre de droit ?

sur la question du dialogue, point nodal du combat actuel de l’opposition congolaise, le Collectif des Partis de l’Opposition congolaise réitère ici son attachement au dialogue, au vrai dialogue et dit non aux simulacres de concertations imposées par le pouvoir, concertations par lesquelles le président de la République s’ingénie à imposer ses points de vue dans le sinistre dessein de perpétuer le système mafieux qui gangrène toutes les sphères de la vie de la nation.

Depuis sa création, le Collectif ne cesse d’inviter le président de la République à convoquer un véritable dialogue citoyen, avec les forces vives de la nation.

Si, comme il l’a déclaré dans son discours du 12 août dernier, le président de la République est pour un vrai dialogue citoyen, alors le Collectif l’invite une fois encore à convoquer les Etats Généraux de la Nation, unique instance capable de définir de façon consensuelle, les nouvelles règles de la gouvernance politique, électorale, économique, sociale et culturelle. Ceci crédibiliserait le président de la République qui sollicite avec insistance la possibilité d’être médiateur dans la crise politique en RDC et ailleurs en Afrique, alors qu’il refuse systématiquement le dialogue avec la vraie opposition dans son propre pays. Le Collectif rappelle au président de la République qu’il est toujours bon de voler au secours d’un voisin quand sa maison brûle mais qu’il est tout aussi impératif de balayer devant sa porte et d’éteindre le feu qui brûle le toit de sa propre maison. 

Vive la Démocratie !

Vive le Congo !

En avant pour un dialogue inclusif et constructif au Congo.

 

Fait à Brazzaville le 17 aout 2013

 

Le Collège des Présidents du Collectif des Partis de l’Opposition Congolaise

Repost 0
Published by Le Collège des Présidents du Collectif des Partis de l’Opposition Congolaise - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 12:44

Merci, cher ami S. d'avoir pensé à m'envoyer le discours du président Ali Bongo Ondimba à la nation à l'occasion du cinquante-troisième anniversaire de l'indépendance du Gabon (17 août). Nous le mettons en ligne et invitons les Congolais à le comparer avec celui de Denis Sassou Nguesso que nous n'avons même pas pris la peine d'analyser  car trop déçu et notre déception vient du fait que nous n'avons rien vu de nouveau qui pourrait modifier le contexte macroéconomique national dans les années qui viennent au point de permettre l'émergence, ce slogan tant proclamé par le grand éléphant sans que rien ne démontre qu'on y prend le chemin, l'avenir s'annonçant souvent sombre et à certains sujets sans issue. C'est pour cela d'ailleurs que je vous mets le discours du président Ali Bongo Ondimba à titre de comparaison car lui au moins ne veut pas passer sa vie à distribuer l'argent du Gabon à tous les vents et à se mêler des affaires des autres sur le continent comme le fait Denis Sassou Nguesso ou comme le faisait son père Omar Bongo avant lui.

Il y a d'un côté un homme qui veut changer le Gabon comme s'il voulait corriger les erreurs de son père dont il a hérité le fauteuil présidentiel et de l'autre un ancien crocodile de la politique africaine qui se complait dans une auto-satisfaction alors que tout part à la dérive autour de lui dans son pays et qu'il mène une politique sans véritable Politique depuis près de 30 ans, sans aucun schéma directeur, privilégiant un Congo contre un autre - au lieu d'unir tous les fils du Congo par l'égalité constitutionnelle autour des mêmes droits et des mêmes devoirs : droit à tous à l'eau, à la santé, à l'éducation, au travail, à la justice, à l'emploi public, etc, et si on interrogeait les Congolais à ce propos, sans nul doute, ils diraient qu'ils n'ont pas les mêmes droits et les mêmes devoirs selon la proximité sanguine, amicale, occulte, géographique, culturelle, linguistique au chef de l'Etat.

Au Gabon, on parle de "gabonisation" parce que l'on veut privilégier les fils du Gabon, alors qu'au Congo, on privilégie les étrangers au détriment des autochtones. Le Congo a besoin d'une politique de "congolisation" qui donne la primauté et même parfois l'exclusivité aux fils du Tsi à certains postes surtout de cadres et dans certains projets au lieu de laisser les étrangers venir faire la loi chez nous - alors qu'on devrait D'ABORD privilégier LES CONGOLAIS. Il faut une "congolisation" du commerce et des enseignes commerciales sur toute l'étendue du pays pour que l'argent du Congo profite d'abord aux nationaux au lieu d'aller enrichir les pays étrangers. Nous incitons le Congo à constituer un fonds à ce propos.

Vous allez vous rendre compte que c'est comme si cet homme me lisait car au lieu que ce soit mon pays qui applique mes idées, c'est le Gabon qui en prend le chemin - même si certaines commencent à être prises au sérieux. Au moment où j'écris ce texte, j'écoute Ali Bongo sur mon smartphone. Il parle de sa volonté de conduire le Gabon vers l'émergence et pourrait y arriver - même si je me demande pourquoi 2025 et pas 2020, par exemple. L'émergence est avant tout question de ressources, de volonté et d'objectifs ; cinq ans peuvent suffire à l'atteindre si on y met suffisamment de ressources (financières, humaines, matérielles, procédurales, etc).

Pour Ali Bongo Ondimba, d'abord, la santé en premier en modernisant les hôpitaux, en construisant quatre centre hospitaliers universitaires avec une structure spécialisée concernant la mère et l'enfant. Il y parle d'accès de TOUS aux nouvelles technologies (au Congo, tous - ou du moins la grande majorité - n'auront pas accès à internet), de constructions de barrages hydroélectriques qui permettent de doubler la production d'électricité (et pas tous au nord du Gabon, s'il vous plaît !). Plus aucune matière première n'est exporté du Gabon sans y avoir subi une transformation. Il ne manquera plus à Ali Bongo que d'appliquer cette décision au pétrole puisqu'il a commencé à transformer le manganèse au Gabon - ce qui fournit du travail aux Gabonais, sans oublier la transformation du bois, une idée que nous avons suggérée depuis longtemps à notre gouvernement (mes 387 abonnés peuvent en témoigner). Il parle d'adaptation et de modernisation du système scolaire pour éradiquer la surpopulation scolaire avec 400 salles de classes nouvelles construites proposant vingt mille places. Il y va aussi de la délocalisation des grandes écoles - alors que nous demandons au Congo de constuire des pôles universitaires sur toute l'étendue nationale depuis des années. Pointe-Noire, deuxième ville du Congo et de surcroît capitale économique, mérite d'avoir une à plusieurs unversités et instituts. Le gouvernement congolais aurait déjà fini le barrage de Sounda si Sassou avait engagé les moyens dès 1998 : quinze ans, c'est beaucoup - même pour un projet de cette envergure.

Ali Bongo demande à sa jeunesse de se lancer dans le monde des affaires et nous savons qu'il l'encouragera dans cette direction alors qu'au Congo, l'enthousiasme des volontés à entreprendre est freiné, bloqué sciemment et cela a été confirmé par un  très proche parent de Sassou  lors d'un entretien au téléphone, d'où la création à Lyon de la Chambre de Commerce France-Congo qui ne profite au plus qu'aux étrangers.

Bongo parle de logements sociaux à des prix abordables - alors qu'au Congo, personne ne peut les acheter ou les louer de sorte qu'ils sont vides et à ce sujet, il n'y a qu'à prendre exemple sur les logements de Bacongo trop chers à l'achat !

  Depuis 2009,  Ali Bongo Ondimba a construit autant de kilomètres de routes qu'en dix ans. Il parle de "changement d'époque", de retards accumulés et le Congo en a largement besoin car Ali Bongo dénonce le favoritisme clanisme qui énumère les maux qui entravent le progrès de son pays. Il parle de changement de valeurs, de révolution de conscience. Il dit : "Ne manquez pas le train de l'émergence car il ne restera pas longtemps en gare".

Il parle de l'emploi des jeunes et de l'assistance et, à ce propos, j'avais proposé la création du Revenu Minimum Vital pour les familles les plus démunis du Congo afin que les enfants de ces familles aient un cadre qui permettent qu'ils aillent à l'école au lieu de mendier. Ali crée un fonds d'investissement pour les affaires et pense aux plus démunis en créant un fonds national d'aide sociale. "Chaque franc dépensé doit aller vers ceux qui en ont besoin", dit-il.

Sans appliquer toutes les idées de l'UPIERAD, Ali Bongo Ondimba s'en rapproche énormément surtout quand il prône la transformation de toutes les matières premières au Gabon car cela implique 1) des investissements au Gabon 2) un transfert de technologie 3) une création d'emplois 4) une mise à disposition d'une partie des produits finis sur le marché local gabonais. 

Ali crée une liste électorale biométrique afin d'éviter tout oubli de citoyen - même si nous y émettons un bémol car les données informatiques sont facilement manipulables et c'est un informaticien qui parle : il faut limiter cette liste à la vérification des inscriptions sur les listes électorales et à l'assurance faite aux citoyens qu'ils ne seront pas oubliés et surtout, il faut aussi informatiser l'Etat civil et les morgues pour mettre toutes ces données en réseau afin que les personnes décédées soient retirées des listes électorales tandis que ceux qui atteindraient dix-huit ans seraient invités à s'inscrire sur les listes électorales et ceci, nous l'avons déjà proposé au Congo et un jour, c'est le Gabon qui l'appliquera.

Nous ne nous confondons pas en critiques stériles car nous proposons des tas d'options positives à notre gouvernement mais c'est au Gabon, semble-t-il que nous sommes un peu écoutés...


Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article
15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 14:38

Oui, il faut que les sociétés comme les individus se réjouissent. Cependant, il faut le faire à bon escient car on ne se réjouit pas du malheur, de l'échec, de la dépendance à son voisin en électricité, que l'on vient à peine de mettre en place sa première politique "l'eau pour tous" - même si c'est juste pour donner de l'eau de forage au peuple. Se réjouir quand les pauvres victimes des explosions du 4 mars 2012 sont dans la rue est une injure : il eût fallu annuler cette réjouissance injustifiée pour utiliser tous ces milliards à l'amélioration du quotidien de nos compatriotes démunis.

J'ai suffisamment écrit sur l'indépendance ou mieux notre pseudo-indépendance mais l'art de la pédagogie n'est-il pas dans la répétition ?

Qu'est-ce donc une indépendance ou être indépendant d'une manière générale ? C'est le fait de ne dépendre de personne, de compter avant tout sur soi-même dans la résolution de ses problèmes et la satisfaction de ses besoins - sans oublier la capacité de décider soi-même de ses ressources, de ses richesses à son propre profit. Certes, à l'échelle d'une nation, dans un monde connecté et globalisé, nul ne peut se passer d'autrui mais il s'agit de garder, tout en collaborant avec les autres, la plénitude de la défense de ses intérêts, la latitude de décider soi-même du destin de son pays en se donnant comme politique l'objectif de tendre vers moins de dépendance à autrui dans tous les domaines : alimentation, santé, éducation, emploi, énergie, défense, sécurité nationale, etc.

Quand en 1958, l'abbé Fulbert Youlou à qui on a promis le trône de premier gouverneur noir du Congo signe des accords qui octroient à la France des prérogatives sur nos ressources naturelles et le fait que le Congo indépendant ne devait jamais voter contre la France mais toujours comme la France à l'ONU, nul ne peut croire qu'il s'agisse d'indépendance car la vraie ne s'octroie pas mais s'arrache de longue lutte, par le sang versé, par de nombreux sacrifices consentis et non parce que la puissance coloniale veut se débarrasser du poids des compagnies concessionnaires déficitaires et veut éviter que des nègres à qui on allait être obligés de donner la nationalité française, des nègres de tant de peuples, envahissent la métropole. Tandis que Fulbert Youlou qui n'a aucune autorité à signer des accords au nom du peuple congolais le fait parce qu'il sait qu'il va accéder à la gloire personnelle, De Gaulle évite l'invasion nègre de la France tout en gardant la mainmise sur les colonies en donnant aux autochtones une impression d'"indépendance" parce qu'un fils du tsi remplace un Blanc sur le fauteuil de la colonie Congo maquillée en république dont tous les textes ont été préparés par la France. Si nous étions vraiment sortis de ce schéma insidieux, il y aurait peut-être des raisons de se réjouir mais nous sommes pieds et poings liés au travers du franc cfa et par l'emprise que la France a sur nos ressources stratégiques, la France qui nous exploite depuis plus d'un demi-siècle pour son ... indépendance énergétique conçue par De Gaulle qui ne voulait pas que son pays dépende des Etats-Unis en matière d'énergie et pour son enrichissement dans le concert des nations qui gouvernent ce monde.

Cinquante-trois ans de 1960  à 2013. Plus d'un demi-siècle pour quels résultats d'ensemble ? Nous n'avons pas notre propre monnaie et notre ministre des finances prend ses ordres à Bercy. Nous ne parvenons même pas à nourrir nos propres enfants de nos propres produits - alors que la nature nous a doté d'une terre fertile et d'une pluviométrie enviable, sans oublier, lacs, rivières et fleuves. Nous n'avons même pas d'eau potable en sufffisance pour à peine 4 millions d'âmes (nos voisins d'en-face et les étrangers entrent dans ce décompte certainement à hauteur d'un demi-million ou plus). Nous n'avons pas une indépendance énergétique et il vous faut ne pas perdre à l'esprit qu'il y a plus de cinquante ans que nous sommes soi-disant indépendants ! Nous ne jouissons pas nous-mêmes de nos richesses que nous laissons à autrui le soin de venir exploiter, emporter et ce n'est même pas nous qui rédigeons les contrats mais l'étranger. Nous avons régressé en matière d'éducation, de santé, d'hygiène, de salubrité. Bref, nous avons cumulé pendant plus d'un demi-siècle les échecs successifs de tous les règnes dont le plus long est celui de Denis Sassou Nguesso avec près de 30 ans sur les 53 de pseudo-indépendance.

Oui, la véritable indépendance se mesure à la dimunition progressive de la dépendance à autrui jusqu'à créer des rapports horizontaux gagnants-gagnants quand on entre dans des rapports collaboratifs avec d'autres nations. Nos politiques sont toujours convaincus que pour gouverner le Congo, il faut l'accord de la France. Dzon l'a dit à Paris, des propos qui m'ont été rapportés par une personne proche qui était présente à la réunion ce jour-là. 

Au lieu de se réjouir et dépenser des milliards pour des festivités qui ne se justifient pas, chaque 15 août, le peuple congolais devrait réfléchir aux moyens de plus d'autonomie nationale dans tous les domaines : comment exploiter nous-mêmes notre pétrole, notre bois, notre fer, nos minérais ? Comment atteindre l'indépendance énergétique ? Comment améliorer nos infrastructures ? Comment atteindre l'autonomie alimentaire et ne plus laisser les Chinois venir piller nos côtes poissoneuses ? Comment booster notre système éducatif ? Universitaire ? Pourquoi avons-nous échoué ici ou là ? Si nous avions dès le départ décidé qu'il nous fallait atteindre une certaine autonomie dans tous ces domaines, le Congo aurait un autre visage aujourd'hui et il y aurait de quoi se réjouir du chemin parcouru mais quand on se réveille et que l'on constate que l'on vit à l'intérieur de villes-poubelles, sans eau potable, sans électricité, sans emploi, dans la maladie et endurant la faim, il n'y a pas de quoi se réjouir une seconde...

                                 LION DE MAKANDA MWAN MINZOUMB'

.

Repost 0
Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article

Présentation

  • : JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
  • JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
  • : Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
  • Contact

STATISTIQUES

 

D.N.C.B. : PLUS DE 15.000.000 DE PAGES LUES ***, PLUS DE 10.000.000 VISITEURS DE UNIQUES, *** PLUS DE 3000 ARTICLES, *** 517 ABONNES A LA NEWSLETTER, *** PLUS DE 2500 COMMENTAIRES... 

Recherche

MESSAGE&RADIO&TV DU JOUR

LDM_SWING.gif

                                               

VIDEO DU JOUR

 

 



Articles Récents

IMAGES

SassouKadhafi.jpgBonobo-copie-1.jpgBedieOuattara.jpg4lions-drinking.jpgBernard-Kouchner-Nicolas-Sarkozy-Mouammar-Kadhafi-1.jpgchemindefer-1-.jpgbrazza_la_poubelle.jpgChristel-Sassou.JPGchiracsassou3.jpgedouoyo1.jpglisb1-1.jpgbrazza-la-poubelle-1.jpgplissouba3.jpgdebrazza.jpg