POESIE

Samedi 22 avril 2006 6 22 /04 /2006 15:06

 

                                                                 GUERRES !

Quand coûte que coûte s'imposer volonté(s) sur volonté(s),

Quand la parole vêtue de mots ne plus suffire pour convaincre

Et que coûte que vaille posséder la terre de toutes les convoitises,

Les hommes, les biens, les vies, l'air, l'eau, les pierres qui brillent,

Et guerre de germer, et glaive de se lever et frapper à mort.

Ils se haïssent et deviennent ennemis sur commande - sans se connaître,

Ils se combattent de toute leur vigueur sans se détester

Avec pour unique loi :"Vaincre ou mourir, tuer pour survivre"

Lève l'oeil, mon fils, et vois myriades sur myriades s'entre-tuer !

L'homme tue pour une idée ; la bête tue pour survivre,

L'homme tue pour assujettir les vivants ; la bête tue pour se nourrir,

L'homme tue pour tuer, la bête tue par nécessité vitale.

J'ai vu le bras long et musclé de l'injustice, un bras de feu,

Lever le drapeau blanc de l'innocence, dans la main gauche,

Une kalachnikov et un livre saint dans la main droite, en riant.

L'obéissance ou la mort, telle est leur devise miroir

Inscrite au frontispice de l'histoire depuis le premier chef.

La force de la raison est aussi la raison de la force.

Que reste-t-il à ceux qui n'ont que la force de leurs idées,

La force de leur liberté, la force de leur raison ?

Ils combattent armés de la terreur de leur mort

Quand ils ne veulent pas obéir à la volonté armée.

Cette guerre d'un genre nouveau est celle du faible en armes,

Celle du terrorisme par-delà sainteté et folie.

On s'est battu et on se bat encore pour la terre du bon Dieu silencieux,

Dessinant des parcelles d'autorité selon la force et l'argent, l'argent et la force.

Folles passions d'une poignée de maîtres incendient la terre

Car la gourmandise est de tout posséder de gré ou de force.

Ils ont instrumentalisé la mort pour le triomphe de leur volonté

Et le sceptre de l'Apocalypse est brandi pour domestiquer

Par la peur du feu ceux que l'on veut maintenir dans la servitude.

L'appétit des rois et la folie des saints nous promettent des guerres

Qui saigneront encor et encor ceux qui auront tort d'exister pour obéir.

J'entends crier le sang des innocents le long des âges,

J'entends pleurer les victimes du glaive et du canon.

Guerre ! Terreur !  C'est l'invention de l'homme

Fatigué de mourir de mort naturelle dans son lit douillet...

Quand la violence des volontés opposées par autrui

Se fait violence des chairs et des os par l'outil qui tue,

Quand le triomphe des passions guerroie à feu et à  sang,

La main du laboureur romain s'arme de mort et abat le coeur qui bat.

Vivre ou mourir ! Tuer pour tuer ! Vaincre, c'est tuer pour vivre;

Le sang des forts en art martial fait couler celui des faibles :

L'autre doit périr au nom du roi, l'autre, la volonté ennemie.

Guerre ! Mort ! Mon meurtre ne m'appartient pas :

Je suis un soldat et je prête ma main au souverain

Qui dispose de ma vie et de main, lui qui absout mon crime.

Ils sont morts pour la patrie ; l'héroïsme du guerrier est sacrifice.

Ils sont morts pour le souverain. vive le roi, qu'il règne  jamais !

L'holocauste n'est pas pour Dieu mais pour l'homme.

J'ai tué mon ennemi qui ne m'a rien fait au nom de mon roi

Et mon âme est soulagée de rester en vie. victoire !

Ordonne, ô roi, que ma main soûle devienne mort !

La patrie est née du sang mis en commun pour la gloire du roi.

Oubliées nos vindictes de tous les jours et la monotonie

Des jours tournés vers la quête du pain quotidien et d'un peu de joie;

Seul compte l'étendard coloré qui est l'emblème de la nation.

Ne pleure pas, fils de la nation, la vie te pourvoira un autre père !

Ne pleure pas, fille de la nation, le pays te donnera un autre époux!

La terre a bu le sang de ses enfants sans sourciller, la bouche cousue,

La mort passe en rires et en pleurs, la vie continue, les guerres reviendront.

Ainsi naît un monde nouveau, un monde qui tue et qui oublie.

Mouvimat IBOUANGA LOUNDOU, in "L'amertume du vin doux de l'exil", 2004

Par Mouvimat - Publié dans : POESIE
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 13:41

Pour célébrer à ma façon le printemps des poètes, je mettrai progressivement quelques-uns de mes poèmes...

CES DIVINS MONSTRES HUMAINS (poème en vers)

 

 

Chaque peuple, petit ou grand, produit des monstres Nés de sa chair, nourris d'amour, inoffensifs

Quand, enfants, ils sourient aux adultes pensifs Admirant ces destins pleins de passions rustres

Que personne ne voit tant ils sont innocents

 

Et vivent parmi nous comme de petits anges

Opérant des larcins, proférant des mensonges

Qu'on fustige en public par des gestes puissants, Disant des vérités qui bien souvent nous étonnent Mais restent enfants malgré leur vif esprit

 

Qui sait se distinguer dans la foule qui rit

 

Et qui sent dans leurs voix mille démons qui tonnent.

Ces monstres désormais tout-puissants ont pleuré, Ont eu peur de la nuit, se sont sentis fragiles,

 

Se sont vite blottis dans de grands bras agiles,

Ont crié sous la faim, ont même déliré,

Demandant si te soleil était œil ou lampe,

 

Si le vent et la pluie étaient de puissants dieux,

Fils de Zeus traversant la terre d'un air odieux,

 

A cette heure du soir où la couleur rampe.

 

Un jour, ces cœurs grandis par toutes ces passions Ont réclamé leur dû : la couronne de gloire,

 

La seule attention qui marque la mémoire

 

Par l'extrémité de toutes émotions.

Nos vices plus que nos vertus germent, terribles

Divins et absolus dans mille souverains.

 

Les démons et les dieux sont en nous souterrains;

 

Ils viennent au grand jour dans des hommes horribles. Cette soif de pouvoir qui trop grandit un jour

 

Comme une fleur voulant de toute la lumière,

Oubliant qu'elle fut aussi vulgaire terre,

 

Fleur qui va réclamer du peuple tout l'amour,

 

Droit de vie et de mort sur toutes les personnes,

 

Sur tous les végétaux, sur tous les animaux,

 

Voulant tout régir, les biens comme les maux,

 

Va prendre esprit et corps dans des âmes sans bornes.

Ces maîtres du destin ont toujours tout détruit

 

S'ils voient sur leur chemin la moindre résistance

 

A leur projet: celui de vêtir la puissance,

 

Cette sensation que le peuple construit

 

Quand il s'assujettit de sa volonté propre

 

A subir des tyrans malheur et déshonneur,

 

En espérant pourtant qu'ils feront leur bonheur.

L'espoir d'un lendemain gai rend le sort moins âpre.

Les dieux sont tous humains; les démons le sont plus. Quand en nous le mal a germé, le bien nous quitte;

Un rêve d'absolu désormais nous habite.

 

Toutes nos bonnes mœurs jamais ne seront plus.

Les monstres, désormais humains, hantent l'Afrique; Contemplez la folie à l'œuvre, mes amis!

 

Nations de tribus, de frères ennemis,

 

Les peuples africains aiment le chaotique.

 

Pour peu qu'ils recevront du monde occidental,

 

Les nouveaux Présidents de nations fictives,

 

Chefs d'Etat corrompus aux valeurs répressives,

 

En prendront la moitié pour leur plaisir mental:

Celui de posséder la gloire et la richesse.

 

Etre Dieu sans l'argent, qui peut vous admirer?

 

Le pouvoir sans les sous ne pourrait pas durer:

Etre fort, c'est ignorer la délicatesse.

 

Le monstre vit en nous; tous les Noirs sont pareils: Tous rêvent de pouvoir, tous rêvent d'être riches;

 Oui, hors du palais, on se bat pour des miches.

 

A bas la pauvreté! Vive les sous vermeils!

 

Tant pis qu'ils soient entachés du sang comminatoire, Du sang vindicatif des saints prédicateurs

 

Ou du sang innocent de nos cultivateurs.

 

Pour nos grands rois, ce sont des détails de l'histoire. Quand la maturité de la soif d'absolu

 

Atteint son apogée, on redevient esclaves

 

De toujours obéir aux divines voix graves.

 

Chaque peuple a son dieu, chaque peuple a son élu.

 

Lyon, 1998.

LECON DE CHOSES

 

 

Chercher Dieu dans le tout, oser lire son œuvre, Dépasser notre foi, comprendre sa manœuvre Qui parfois semblerait parfaite, sans erreur, Saisir son action, pénétrer sa terreur

 

 

80

 

 


 

 

Sans prêcher dans l'horreur, cerner l'abominable, Voir dans l'indésiré l'envers de l'adorable,

 

 

La semi-liberté car tout n'est pas parfait,

 

 

La contradiction délivrant son forfait.

 

 

Voir la création toujours inachevée

 

 

Comme si l'Esprit cherchait l'image rêvée

 

 

Mais jamais retrouvée au milieu des destins Toujours plus nombreux qui vivent en clandestins, Telle est la passion de ma courte existence.

 

 

Ils jettent l'Ouvrier, préférant la substance;

 

 

Ils ignorent l'Artiste, admirant le tableau;

 

 

Ils s'émeuvent de tout, du soleil et de l'eau

 

 

Mais n'ont pas peur de lui pour saccager le monde. Chaque jour, chaque nuit, ils versent dans l'immonde. Ils parlent de hasard et d'évolution,

 

 

Ne respectent rien, font la révolution,

 

 

Se voient eux-mêmes dieux, se comportent en maîtres, Se croient intelligents et, sur des kilomètres,

 

 

Etablissent des lois pour bâtir l'avenir

 

 

Mais ignorent souvent comment les maintenir.

 

 

La douleur fait douter même l'esprit de l'ange Et dans la pauvreté, la souffrance mélange L'œuvre et le Créateur au mépris du Second Oubliant qu'II a fait un univers fécond,

 

 

Ne voyant qu'après coup qu'il était à détruire Car l'œuvre n'était faite que pour instruire.

 

 

Dieu finit son brouillon chargé d'émotions,

 

 

Le contempla mais vit trop de pulsations Parcourir toute vie et toute créature

 

 

Ivre de liberté, hélas trop immature.

 

 

Il vit l'éternité des êtres audacieux,

 

 

Dispersa son génie aux quatre coins des cieux Et cacha ses secrets dans la voix du silence, Exposant les reliefs tapissés d'insolence.

 

 

Tous ses dix doigts furtifs furent insatisfaits

 

 

Car Il ne put changer et corriger les faits.

 

 

Toute créature naît pour engendrer un ordre Du désordre mental, d'une idée à retordre. S'II veut perfectionner sans bouleversement, Il doit gommer l'erreur à chaque mouvement, Non pas la forme mais l'émotion fissile,

 

 

La pâte à modeler se montre difficile.

 

 

L'on comprend le pourquoi d'un Univers mouvant

 

 

Qui tient le chic cuisant d'un ouvrage émouvant.

 

&nb

Par Mouvimat - Publié dans : POESIE
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /2009 02:09
A ceux qui ont en partage
Dans leur chair et leur sang
Cette terre de feu, Ce Congo,
Ce pays ancien qui nous donna nos ancêtres,
Cette alchimie de couleurs qui font nos forêts,
Tous ces effluves qui font les senteurs du temps,
A ce peuple meurtri, à mes frères de couleur et de douleur,
Une année s'achève sans une illusion de liberté,
Une année où l'injustice a pris un an de plus en âge,
Une année longue qui a vu tant des nôtres mourir
Mais aussi tant d'âmes nouvelles naître dans ce paradis au masque d'enfer.
Il passe si vite, ce fleuve du temps qui charrie vos malheurs. Trop vite.
Cependant, une année commençante ressuscite notre espérance
Dans l'accomplissement des rêves de nos pères
Qui dressèrent leurs épidermes noirs en face de la blanche cupidité.
As-tu entendu ma voix, ô peuple du tsi aux mille sagesses ?
As-tu soupçonné mon coeur pleurant au petit matin ?
Je me meurs d'amour pour un pays qui m'habite
Et tel Christ qui porta les péchés du monde,
Je me drape de toute la peine qu'on te fait, mon peuple.
Tu vis assis, les yeux tournés vers tes fers,
Tu ignores ta force parce que tu as peur d'oser combattre le léviathan.
Moi, petit David, eux puissants Goliaths
Mais je suis venu, j'ai parlé et j'ai vaincu dans l'arène blanche de la justice française.
Semé est désormais l'espoir que le petit, drapé de candeur, peut vaincre Ces géants,
Ceux qui ont haï leurs propres frères pour servir les puissances venues d'ailleurs.
Nous n'avons que l'amour mais l'amour ne crée-t-il pas des mondes ?
Nous n'avons que nos mots mais ne soignent-ils pas certains maux ?
Nous n'avons que notre passion mais n'est-elle pas l'encre dans laquelle s'écrit l'Eternité ?
Nous n'avons que l'espoir mais l'espoir n'est-il pas père de tous les miracles ?
Nous avons des larmes pour arroser et la passion et l'espoir,
Nous avons la détermination pour toujours combattre même terrassés.
Qu'elle soit passage de l'espoir à la matière du changement concrétisé,
Cette année 2010 qui arrive à grands pas.
Peuple de mon père, peuple de ma mère, peuple du Congo,
Voici des années que je me fais griot pour te donner une voix
Et comme nous sommes à l'heure du souhait,
Que les mânes des ancêtres t'inspirent le COURAGE de redevenir LIBRE.
Mon peuple, toutes les chaînes se brisent d'abord par la force de la volonté.

          Mouvimat IBOUANGA LOUNDOU, LION DE MAKANDA
Par Le Lion de Makanda (LDM) - Publié dans : POESIE - Communauté : Liberté et démocratie
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