REFLEXIONS SUR LE TEXTE INTITULE :
« LES MIGRANTS, acteurs du développement solidaire Soutenir les initiatives des migrants en faveur du développement de leur pays d’origine », un document du Secrétariat d’Etat chargé de la prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économique numérique, ERIC BESSON, de septembre 2008
Par MOUVIMAT IBOUANGA LOUNDOU, CONSULTANT EN RESSOURCES HUMAINES ET EN INFORMATIQUE
Dans ce document porté sur la cible dénommée « migrants » - pour éviter le terme péjoratif d’ « immigrés », car le terme migrants ne précise pas s’il s’agit d’une immigration qui est une dynamique de téléportation d’un individu vers un autre pays ou d’une émigration qui en constitue le retour au pays ou mouvement inverse, il est question de réfléchir et de fournir des propositions sur les moyens de booster les flux de transfert que lesdits migrants envoient vers leur pays d’origine en vue d’en faire une force de développement. Les migrants peuvent renvoyer à une population qui se déplace à l’intérieur d’une même circonvolution territoriale mais ici les objectifs cachés visent l’évitement de flux migratoires du sud (Afrique) vers le nord (Occident) et espèrent stimuler le retour volontaire desdits migrants vers leurs pays d’origine en tant que capital humain renforcé d’un capital d’investissement sous quelque forme que ce soit. Le secrétaire d’Etat Eric Besson (désormais ministre de l'immigration) répond dans un document de 36 pages au premier ministre français, Français Fillon sur la manière d’amplifier l’impact desdits migrants sur le développement économique de leur pays d'origine, eu égard à la fonction peu économique que revêtent les transferts de fonds pourtant si substantiels pour la survie de nombreuses familles ayant un membre à l'étranger.
Le constat de la supériorité des transferts de fonds sur l’Aide Publique au Développement ou A.P.D., 224 milliards de dollars contre 104 milliards de dollars pour l’A.P.D. en 2006 conduit à la recherche de solutions pouvant transformer ce « capital de consommation » en « capital d’investissement » en renforcement de dispositifs comme l’Aide Publique au Développement, le compte épargne codéveloppement ou le livret épargne pour le codéveloppement ou le Programme « migrations et initiatives économiques » ou PMIE destiné à financer des initiatives d'investissement de retour dans le pays d'origine.
En substance, les flux de transfert sont des flux privés individuels ; l'Etat peut agir sur eux en baissant le taux des charges mais cela ne garantit en rien que le surplus dégagé ou même lesdites sommes seront investies dans le développement sous forme de projets d’entreprise ou de développement. L’Etat français peut agir sur l’APD ou sur le PMIE ou sur tout autre dispositif qui est de son ressort. Il s’agit pour lui de motiver les retours volontaires ou d’empêcher l’immigration en rendant attractif le fait de rester sur place pour gérer ou développer des projets de développement. A ce propos, il est regrettable que le compte épargne codéveloppement ou le livret épargne pour le codéveloppement ne soient pas encore entrés en vigueur. Quant au site internet permettant de comparer les surcoûts liés aux transferts d’argent, il est peu probable que cela augmente substantiellement les montants de ceux-ci parce que l’attractivité des marges pêche dans la satisfaction des migrants : il faut souvent beaucoup d’heures pour envoyer de l’argent en Afrique par un autre opérateur que Western Union car les guichets sont peu fournis comparés à la poste qui travaille pour Western Union.
-de faire financer par les migrants eux-mêmes leurs projets (si le smic est d’environ 1000 euros et si le prélèvement à la source conserve environ 500 euros par mois dans la Banque Française des Migrants, en deux ans, cela reviendrait à économiser 12000 euros sur 2 ans ; ce qui est une somme non négligeable qui permettrait le démarrage d’un projet conséquent en Afrique où de nombreuses sociétés ne démarrent même pas avec un capital de 750 euros !
-de mieux contrôler l’immigration au lieu d’avoir des sans-papiers qui sont exploités ici et là ; l’Etat français y perd aussi puisque l’URSSAF ne perçoit rien entre autres organismes qui dépendent des revenus du travail comme l’ASSEDIC. En rendant une certaine visibilité à l’immigration clandestine et en motivant mieux le retour, on verrait les volontaires au retour passer à une frange assez conséquente car si un clandestin trouvait un employeur qui accepterait de régulariser sa situation pour qu’il reste en France, l’Etat français prendrait les 12000 euros pour financer des projets de codéveloppement là où besoin se fait sentir - une sorte de prix payé pour demeurer sur place qui irait à l'Etat français qui pourrait alors le déposer auprès de la Banque des Migrants de France (B.M.F.).
En créant chez les migrants des structures qui sont autant d’appels de compétences et en développant celles-ci en France, on augmente le taux de retour des migrants – quels qu’ils soient car l’optique de rentrer chez soi pour y mettre ses compétences en exergue est très valorisant - surtout si les structures existent déjà sur place. On doit savoir qu’il est très difficile de trouver du travail en Afrique où les réseaux de gestion du travail (demande/offre) ne sont pas très structurés comme l’est l’ANPE par exemple. Tous les réseaux sont souvent assez opaques et là, on y développerait la possibilité d’un réseau plus compétitif et plus juste puisqu’il ne dépendrait ni de son accointance avec les politiciens locaux ni d’une cooptation obscure qui ne tiendrait pas compte des compétences ou du curriculum vitae d’un individu. Des Français retraités ou non ayant des compétences à partager pourraient aller aider à la formation des gens sur place comme dans des projets concernant l’environnement (l’eau, l’hygiène, l’énergie, la conservation des forêts, l’aménagement des espaces, la construction des écoles, des hôpitaux, etc.)
En conclusion, les migrations s’expliquent souvent par une recherche de mieux-être que l’on ne trouve pas dans son espace national. Si l’on tient compte que nul n’est mieux que chez soi et que les flux de transfert d’argent ne visent que l’amélioration des conditions de vie des ressources humaines locales (familles, parents, enfants, amis) en dehors des siennes propres (construction d’une maison, etc.), on peut par ces deux propositions qui sont liées par ailleurs, permettre une meilleure gestion des ressources (finances, compétences) des migrants orientées vers leur pays d’origine.
Il est à noter qu'en cas de projet retenu dans un pays, il sera vivement tenu compte de la situation politique ; ce qui impliquerait en cas de doute, un investissement par palliers successifs - avec la possibilité de stopper le projet en cas de trouble politique puisque la maison-mère est en France ou à l'étranger. De toute façon, il faudra un jour qu'on nous apporte la démocratie car nous le valons bien...






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