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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 11:43

L'aliénation politique a conduit les peuples à être gouvernés par des régimes politiques avec quelques nuances de modes de gouvernance : royauté, dictature, république, théocratie (Iran), des mixtes de république et de royauté, de république et de dictature, etc. De quels moyens disposent les gouvernés pour juger les gouvernants ? Notre humeur n'est pas une unité de mesure de la politique d'une nation. Nous pouvons nous satisfaire du mécontentement populaire mais c'est une base insuffisante pour juger la conduite d'une politique. Il y a certes la satisfaction des besoins collectifs mais il y a ce qui relève de l'action du peuple lui-même et ce qui est imputable à la sphère politique qui agit en menant des actions et des projets. Nous jugerons donc une politique sur la base de ces deux variables - même si on aurait pu ajouter tout ce qui est du ressort des libertés primaires : liberté d'expression, liberté de circulation, liberté d'entreprendre, c'est-à-dire, tout ce qu'un régime non démocratique vous enlève.

Y a-t-il une différence entre action politique et projet politique ? Nous répondons par l'affirmative et ajoutons que l'action politique parcellaire fait partie ou non du projet politique qui lui est par contre global. Le projet politique se reconnaît à son étendue et à sa couverture de tout un territoire national, le reste est caprice, partialité, tribalisme, régionalisme, calcul politicien, etc. L'action politique est le fait des hommes du pouvoir qui agissent souvent pour s'attirer la sympathie d'une catégorie de la population ou d'une catégorie d'électeurs - alors que le projet politique qui peut durer des années se projette de couvrir toute l'étendue nationale et d'atteindre tous les citoyens ou tout l'environnement national. Par sa globalité visant toute l'étendue d'un pays et tous ses habitants, le projet politique revêt un intérêt qui dépasse toute sorte de clivage politique puisque c'est la nation tout entière qui est visée par sa vocation transformatrice.

Nous allons mieux nous expliquer par des exemples pour que tout le monde comprenne notre approche et notre vision  du projet politique global. Il s'agira évidemment de comparer entre ce qui peut illustrer le projet politique et ce qui ne l'est pas.

Lorsque Denis Sassou Nguesso construit le barrage d'Imboulou pour fournir de l'électricité à la bourgade de pêcheurs Oyo - ce qui ne peut qu'être apprécié par les populations de cette ville artificielle, il fait une action politique solitaire qui n'entre pas dans un projet politique, celui-ci étant l'électrification générale du Congo dans l'esprit d'une indépendance énergétique. Sassou veut s'attirer les bonnes grâces des populations du nord plus favorables à Yhombi. Par ailleurs, Imboulou n'a pas résolu les problèmes liés au délestage répétitif que connaît le Congo.

Si le Congo était gouverné par de vrais hommes politiques, peu importe le mode de gouvernance et le biais par lequel ils sont parvenus au pouvoir, l'action politique serait incluse dans des projets politiques globaux - quitte à l'étaler sur des années. Si depuis son retour aux affaires louches de la république Denis Sassou Nguesso avait décidé de conduire le projet politique de l'électrification générale du Congo, nous en aurions déjà terminé avec les délestages et la dépendance auprès de la RDC. Etendue sur une quinzaine d'années, tout le Congo aurait connu les joies de la fée électricité en 2012 en partant de 1997. Et nous savons que l'électricité rend tous les autres projets possibles. Or, que fait Sassou ? Il s'amuse en jouant à la fausse municipalisation accélérée chaque année en choisissant un coin du Congo au hasard pour réaliser deux ou trois bricoles comme des villas du roi qu'il est...

Les écoles de l'excellence à Oyo, Mbounda (Dolisie), etc., c'est bien mais l'excellence de l'école aurait constitué un projet global plus intéressant : bâtir des écoles modernes sur toute l'étendue du territoire national aurait remotivé tout le corps enseignant. Il est évident qu'en quinze ans, nous aurions déjà atteint l'objectif car il ne nous manque pas de moyens financiers. En quinze ans, combien de milliards a produit le Congo en réalité ? Des centaines de milliers de milliards de francs cfa ! Hélas, nous trouvons encore le moyen de nous endetter auprès des yeux bridés. L'excellence de toutes les écoles nationales aurait servi les écoles de l'excellence comme une sorte de tri  de l'intelligence à partir de l'excellence de l'école.

Avoir une seule université n'est pas un projet politique même si une vaut mieux que rien par contre doter toutes les régions et toutes les grandes villes d'universités et d'instituts est un projet politique et ce n'est pas en créant une deuxième université au nord de la ville de Brazzaville que le problème de la couverture universitaire de tout le pays sera résolu. En effet, est-il normal qu'une grande ville comme Pointe-Noire ne possède pas ses propres universités et instituts ? Nous avons déjà évoqué la question des pôles universitaires dans un article. Nous en avons déjà parlé en détail ; il vous suffira de faire une recherche sur ce que nous avons écrit sur l'UPIERAD.

Vous l'aurez remarqué, le projet politique prend du temps, nécessite des moyens et permet à tous d'avoir par exemple de l'eau potable, de l'électiricité, des soins, une école viable et performante, des infrastructures. En France, il n'y a pas que Paris et les grandes villes qui ont de l'eau potable ; tous les Français peuvent en boire et ce n'est pas au Congo avec ses innombrables rivières, lacs, fleuves que ce projet serait irréalisable - surtout si nous avions commencé par l'électrification globale du pays. Et nous ne vous parlons pas de l'électrification globale de la France, de l'existence de plusieurs universités et instituts dans toutes les villes qui possèdent leur propre académie, etc.

Vous me direz qu'il s'agit de pays développés ; moi je vous répondrai que le développement en question résulte de projets globaux qui ont duré des années voire des décennies pour se mettre en place et prendre forme. En somme, on ne devient pas un pays développé ou émergent en un jour ; on s'en donne les moyens tout le long de son histoire politique. Si nous le décidons, nous pouvons y arriver - d'autant qu nous avons d'importantes ressources. J'ai par exemple écouté avec beaucoup d'attention la campagne du vieux président Robert Mugabé qui veut donner 51% de toutes les entreprises de son pays le Zimbabwé aux Zimbabwéens. Il s'est même permis de se moquer du Congo en disant que notre pétrole ne nous appartenait pas et il a raison : si nous possédions 51% de notre pétrole et qu'il était géré par des personnes vertueuses, le Congo aurait toutes les infrastructures modernes dont rêvent les Congolais. Il n'y a qu'à voir ce que sont devenus certains émirats du Golfe en quelques années !

Et il est possible de continuer ainsi. Nous vous signalons que la Constitution garantit l'école, l'eau potable et une vie décente à tous les Congolais ; ce qui veut dire que juste doter Oyo de l'eau potable et de l'électricité est une violation de la Constitution qui n'est d'ailleurs jamais respectée. Le fait de garantir la santé à tous par exemple implique des hôpitaux et des dispensaires sur toute l'étendue nationale de sorte à ce que personne ne soit à plus de 30 minutes  d'un grand centre hospitalier. Actuellement, à Lyon, j'habite un quartier entouré par des hôpitaux : Edouard Herriot, Léon Bérard, Mère et enfant, etc.

Vous aurez tout compris : au Congo, il n'y a aucun projet politique. Aucun et vous pouvez facilement sur cette base faire le bilan du règne de monsieur Denis Sassou Nguesso en manipulant deux variables : les moyens et les projets politiques globaux achevés- d'autant plus qu'il est aux affaires depuis plus de Trente-cinq ans... Beaucoup de moyens pour pas un seul vrai projet politique global achevé, voilà le bilan de monsieur Denis Sassou Nguesso ! Et des dettes en plus malgré le passage à l'ardoise magique de l'accession au PPTE...

En France, Lionel Jospin mena à bout le projet de la numérisation globale du pays en installant des pylones de télécommunication sur toute l'étendue du territoire français de sorte que le téléphone portable puisse fonctionner partout. Toute la France fut aussi connectée à internet et aujourd'hui, tous les Français reçoivent la télévision numérique. Toutes les nouvelles constructions comportent l'accès au téléphone fixe. Avant lui, De Gaulle oeuvra à l'indépendance énergétique de toute la France, Pompidou à son industrialisation globale, etc. Même Lénine le communiste procéda à l'électrification générale de toute la Russie en faisant intervenir des ingénieurs occidentaux payés rubis sur l'ongle. Sur le plan des infrastructures, sur route, sur mer et dans les airs, toute la Métropole est connectée avec métros, tramways, trains, avions low cost, etc. Toute la France comporte des routes bitumées permettant de se rendre d'un point à l'autre. Si de tels projets avaient été lancés depuis l'indépendance, ils auraient déjà abouti depuis longtemps : en effet, il ne fallut que quelques années pour reconstruire toute l'Europe détruite au cours de la seconde guerre mondiale.

Le projet politique global ne dépend pas du régime politique mais avant tout d'une certaine vision de la dignité humaine, de la volonté politique, de l'amour de la nation et tous les régimes sucessifs doivent avoir à coeur de les poursuivre. Quel que soit l'homme qui préside aux destinées du Congo, il devrait avoir à coeur de poursuivre les projets politiques commencés par son prédecesseur - parce qu'il y va de l'intérêt national. Or, ce n'est pas ceà quoi on assiste. Sassou agit en ce moment comme s'il se disait qu'il faut qu'il finisse ses petites actions politiques concernant Oyo, Ollombo et ses environs parce que si quelqu'un d'autre prenait le pouvoir, il sait qu'il ne les mènerait pas à terme. Ngouabi aurait dû poursuivre l'oeuvre de Massamba-Débat ainsi de suite. En cinquante ans, le Congo aurait un tout autre visage. Il suffit de parcourir un pays comme la France en bus ou en train pour se rendre compte qu'il n'existe pas un seul centimètre carré que l'homme n'a pas inspecté, n'a pas mis en valeur.

En conclusion, nous affirmons haut et fort que Denis Sassou Nguesso et son régime ont échoué, les actions qu'ils ont menées ne réflètant pas les moyens dont ils ont disposé pendant toutes ces années avec des budgets culminant à plusieurs milliers de milliards de francs cfa au point où Sassou se permet de payer les mensualités des fonctionnaires centrafricains, de prêter des milliards à Issoufou et à Alpha Condé, tout en reconstruisant une école chinoise à hauteur d'un milliard de francs cfa ou en organisant des anniversaires à un million d'euros voire plus - alors que cet argent aurait pu permettre de commencer un projet politique global de rénovation des écoles du Congo, par exemple...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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