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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 11:45

Hellot MampouyaJe vous entends d'ici : "Le Lion De Makanda ne voit jamais le bien comme si son oeil avait une sélectivité orientée sur les dysfonctionnements. Il a toujours tout critiqué ; rien n'est bon pour lui,  c'est un extrémiste, etc." Laissez-moi vous dire que le travail d'un critique social est comme celui d'un perfectionniste qui traque la moindre hachure, la moindre tache, la plus petite imperfection et qui n'est jamais satisfait parce qu'il vise toujours plus haut et se dit qu'on peut mieux faire. D'ailleurs, il est rare que l'oeuvre humaine soit parfaite mais elle peut frôler la perfection. En politique, je le redis encore une fois, les projets sont jugés à l'aune de leur couverture nationale avant même que l'on ne regarde l'aspect qualitatif. La qualité s'apprécie au mode comparatif par rapport à ce qui existe ailleurs en regardant du côté des moyens, des ressources humaines et des infrastructures. Le taux de scolarité du Congo est passé de 99 à 59% et en matière de qualité, même l'école du Burkina Faso dépasse largement la nôtre.

Nous sommes au XXI ième siècle. Qui parmi vous peut dire que notre système éducatif est celui du XXI ième siècle avec son informatisation, ses écoles dignes de ce nom, ses supports mis à jour parce que la connaissance et les savoir-faire évoluent ? Certes, l'éducation est composée de trois couches : les infrastructures matérielles (salles équipées recelant des conditions d'hygiène aux normes), supports techniques (livres, documents divers, ordinateurs, projecteurs, photocopieuses, imprimantes, machines-outils, etc) et les enseignants et formateurs dont les savoirs doivent toujours être renouvelés mais elle ne va pas sans tenir compte du tissu social lui-même dans lequel vivent les élèves et même les professeurs, les enseignants et les formateurs. Tout se tient : la santé, les conditions d'alimentation qui déterminent le bon ou le mauvais développement du cerveau, l'environnement, l'habitat et le rendement scolaire. Nous avons besoin de psychologues dans nos écoles et, d'ailleurs, rien n'empêche de prévoir un internat dans chaque collège et même dans certaines écoles pour héberger certains élèves qui viennent de loin. Nous en avons les moyens mais seule manque la volonté politique.

Les enseignants ne parviennent même pas à obtenir leur passage à l'indice 300 qu'ils appellent de leurs voeux pour mieux survivre au pays de la vie chère qu'est devenu le Congo ; ce qui peut devenir un facteur démotivant - alors qu'on augmente le salaire des ministres et des officiers militaires. Nombreux sont les enseignants qui doivent acheter eux-mêmes leurs craies, leurs outils de travail, leurs livres - alors que tout le matériel dont ils ont besoin devrait leur être donné par le gouvernement - notamment le ministère de l'éducation nationale et je ne vous parle même pas des enseignants qui gèrent tous seuls tout un établissement scolaire dans nos campagnes.

Il faut harmoniser l'éducation et empêcher la prolifération d'écoles privées dont plusieurs ne sont pas aux normes. Il y a un tel challenge que nous avons besoin d'au moins dix ans pour résoudre les seuls problèmes relatifs à l'éducation nationale. Ceux qui ont lu notre projet savent que nous avons évoqué l'idée de pôles universitaires. D'ailleurs, nous ne comprenons pas pourquoi Pointe-Noire, deuxième ville du pays, n'a pas au moins une université pendant que Brazzaville projette d'en avoir deux. Cette discrimination perpétrée par l'Etat est ce que l'on appelle un APARTHEID. En effet, je défie Denis Sassou Nguesso de donner une seule raison qui empêche la ville océane d'avoir sa propre université ou ses propres instituts. 

Le chômage bat son plein au sein des familles qui ne peuvent nourrir correctement leurs enfants dont les neurones ne connaissent pas un bon développement et cela complique les processus d'apprentissage : "ventre affamé n'a point de cerveau".

Nos écoles ne sont pas électrifiées encore moins connectées à internet. Ce retard est le symbole d'une école du XIX ième siècle et non du XXI ième siècle. Les connaissances évoluent vite et nécessitent une actualisation permanente quand nos professeurs recyclent le même savoir qui date des années 50-60. L'école est comme une suite algébrique : le premier cycle qui entre dans l'arène détermine tous les autres. On charrie au collège les lacunes de l'école primaire et au lycée les écueils du collège tandis que l'université recevra toutes les insuffisances du cycle éducatif. Pas étonnant que les personnes fortunées préfèrent envoyer leurs enfants étudier à l'étranger. 

Si au moins le cadre était agréable ! Si au moins le visage de nos écoles avait une prestance, des commodités, en dépit du manque d'électricité et d'informatisation. Il y a donc une école à construire sur toute l'étendue du territoire - en tenant compte de l'évolution démographique ; or, à ce propos, depuis 1997, très peu d'écoles, de collèges et de lycées ont été construits - alors que la population s'accroît. On ne peut se contenter de moderniser l'école où monsieur Denis Sassou Nguesso est entré en primaire en la dotant d'ordinateurs pour faire croire que l'école change car ailleurs l'école de la république a les fesses par terre - ce qui est symbolisé par des enfants qui sont assis à même le sol - dans un pays producteur de bois comme le Congo. Ce n'est pas en une petite année que nous pouvons résoudre tous ces problèmes. A moins de mettre le paquet. D'ailleurs, je me demande pourquoi, on ne demande pas aux Chinois qui ont tous les marchés de retaper notre système éducatif. C'est tout le système éducatif qui doit entrer dans le cheminement de l'excellence.

L'école doit être gratuite, les élèves doivent recevoir cahiers et livres de l'Etat, les livres étant rendus à la fin de l'année. L'école de la république doit permettre à l'enfant du plus pauvre d'entre-nous de recevoir la même éducation que l'enfant du riche et cela ne peut se faire si l'Etat ne biffe les déséquilibres conséquences de la différence des niveaux sociaux. Sur le plan du support scolaire, tout est à faire car nos écoles ne disposent pas de bibliothèques, l'accompagnement scolaire est nul et ce n'est pas en une petite année que l'on peut corriger ce déficit.

Il faut y mettre les moyens car il ne suffit pas de décréter "2014, année de l'éducation" pour que les choses se fassent toutes seules ! Nous avons toujours dit  que rien ne se ferait sans une électrisation générale du Congo. L'émergence est à ce prix. De même qu'une maison se construit dans un certain ordre, de même une nation se modernise d'une certaine façon et les nations développées sont là pour nous montrer l'exemple à suivre - même si nous pouvons adapter certains contenus de notre enseignement à notre identité : rien ne nous empêche d'enseigner notre histoire et notre culture au lieu de se contenter d'enseigner celle d'autrui. Certes, la science est universelle mais rien ne nous empêche de produire une certaine connaissance scientifique. En effet, tant que nous consommerons de la connaissance importée comme on consomme de la tomate d'importation, aucun développement ne sera possible. Les Chinois s'inspirent de la science occidentale mais ont fini par produire leurs propres connaissances scientifiques. Je ne nous vois pas en prendre le chemin.

Quant aux professeurs, enseignants, formateurs, ils doivent être mieux formés et être soumis à une veille technologique. L'enseignant a besoin parfois d'être formé pour qu'il se mette au pas du niveau d'avancement de la connaissance et des compétences dans son domaine. Il ne s'agit pas de piocher dans le cheptel des étudiants ayant échoué à l'université dès la première année pour en faire des professeurs qui recycleront leurs propres lacunes auprès de petits écoliers innocents. Non, il faut trois ou quatre grands centres de formation des professeurs et des enseignants avec des stages obligatoires pour se mettre à jour quand les connaissances et les techniques évoluent dans leur domaine. Les enseignants devraient être évalués tous les six mois. Il s'agit de revoir les émoluments pour mieux les motiver et faire preuve de reconnaissance à leur égard mais il faut aussi mieux les former, mieux les encadrer en introduisant les équipes pédagogiques au sein des écoles, des collèges et des lycées. Chaque école, collège, lycée devrait avoir une camp qui loge les enseignants dans de bonnes conditions à proximité des écoles pour que les enseignants puissent consulter les documents des bibliothèques. Il faut rajouter dans les établissements des salles de professeurs, des salles d'études, des dispensaires. Tout ceci demande un peu plus d'ambition.

C'est parce que les responsables politiques savent pertinemment que notre système éducatif ne vaut plus rien que l'admissibilité au baccalauréat est à 8,5/20 et ensuite pour obtenir le bac, il suffira de corrompre les professeurs ; je le sais car je l'ai vu en 2008 au Congo quand j'y étais en vacances. A l'oral du bac, un enseignant disait ouvertement : "Oyo a za na élokoté a kota té na salle. A kolékissa tango pamba..." J'ai honte traduire de tels propos dont le sens  pourra être aisément imaginé par mes lecteurs non congolais.

Hélas, comment expliquer que rien ne marche jusqu'à présent ? Faut-il changer de ministre(s) ? De politique ? Faut-il revoir l'ingénierie de notre éducation nationale ? Faut-il plus de moyens financiers ? Faut-il des états généraux de l'enseignement (ici, les états généraux sont justifiés) ? La question de l'éducation doit être une préoccupation permanente pour que les résultats deviennent patents, probants au bout de dix ans. L'homme est la première ressource d'une nation qui conditionne l'existence de toutes les autres ; il faut donc prendre très au sérieux la question de l'éducation. Hélas, si à l'inverse, un dictateur veut détruire une nation, il commencera forcément par détruire le tissu éducatif pour le reste s'écroule comme un château de cartes.

En conclusion, je ne peux que dire que 2014 sera encore une fois, en matière d'éducation, un échec. Mais cela, vous le savez déjà...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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