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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 22:31

 

Excellence, Monsieur le Président,

 

En vous adressant cette correspondance, le peuple voudrait faire appel - à défaut de pouvoir s'adresser à la conscience de l'homme d'Etat - à votre conscience d'homme.
Cela fait bientôt quatorze ans que vous présidez officiellement aux destinées du Congo.

Cela fait bientôt trente trois ans que vous êtes aux affaires (dans la gestion du pays), puisque votre apparition sur la scène politique Congolaise comme chef de l’État date de 1979.

Quatorze ans ! Malgré les termes très flatteurs de vos discours et peut-être aussi de votre volonté qui sait, tout va de mal en pis ?

Quatorze ans pendant lesquels nous n’avons connu ni la prospérité, ni une vie digne d'un simple humain. Aussi bien sur le plan politique, qu'économique, culturel, éducatif, sportif, bref, de tout ce qui concourt à l'épanouissement de l'être humain, notre pays et nous, nous sommes largement en retard comparés à l'évolution des autres pays du monde durant la même période. Nous sommes aussi démunis et peut-être même plus, que le jour de votre arrivée au pouvoir.
L'aggravation de cette situation, le chaos dans lequel nous vivons aujourd'hui : la plupart de nos concitoyens ne peuvent même plus avoir accès aux soins les plus élémentaires : sanitaires, alimentation.

Que font-ils ?

Pour survivre, ils hypothèquent dangereusement l'existence d'un pays que vous prétendez "aimer".

Cela nécessite que vous vous posiez enfin la question de ce qui pourrait être réellement bon pour nous. Le temps où vos collaborateurs et vous-même, vous hurliez haut et fort " heureux le peuple qui chante et qui danse " semble aujourd'hui définitivement révolu : il urge de regarder la réalité de notre misère en face.

Dès lors, les questions suivantes s'imposent.

Après vingt-huit ans de pouvoir, votre parti aurait-il encore la capacité de nous apporter ce qu'il n'a pas pu nous apporter durant tout ce temps ?

Vos collaborateurs et vous-même pouvez encore changer quelque chose à notre situation dramatique? A ces diverses questions, il n'y a malheureusement que des réponses négatives.

Si tel est le cas, faut-il encore continuer d'enfoncer le pays et nous avec lui, dans le chaos ou convient-il de lui permettre de connaître enfin une ère de bonheur ?

Depuis trente-deux ans, nous avons fait du "sur place" ou pire encore, nous avons reculé. Plutôt que de continuer à nous promettre le bonheur impossible avec vous, votre régime et votre pouvoir, ne serait-il pas venu le moment d'organiser, en votre qualité de dirigeant du pays, l'alternance politique, ne serait-ce que pour que nous vous soyons enfin redevables de quelque chose : la liberté retrouvée, le bonheur revenu, l'amélioration des conditions des familles ...

Certes, cela est difficile et nous en convenons. Surtout que la fin de votre dernier mandat se rapproche. Vous n'avez pas su réaliser ne serait-ce qu'un seul des objectifs que vous vous étiez fixé.

Il devient inutile de s'accrocher au pouvoir en imaginant que l'on finira par réaliser quelque chose ; par changer quelque chose ; que l'on finira par y arriver.

Malheureusement à votre niveau, ce ce ne sont plus que des rêves. Plus vous vous accrochez au pouvoir, plus les choses se dégradent.

Face à cette décision qui s'impose, celle de quitter le pouvoir en organisant une alternance ou en favorisant l'organisation d'une transition démocratique, vos proches et même vos lointains collaborateurs ne sont d'aucune aide ou assistance.

Ils ne font que profiter de votre pouvoir pour satisfaire leurs intérêts personnels.

Ils ne cherchent qu'une chose, c'est de vous maintenir au pouvoir pour pérenniser leurs petits intérêts. Jamais ils ne vous conseilleront de partir.

La fin du règne sonnera comme un glas, pour leurs poches et leur avidité maladive. Plus ils les remplissent, plus ils ont soif. Ils vous décourageront le jour où l'idée d'un départ vous effleurera, en vous faisant croire que sans vous ce sera le chaos, que vous êtes l'homme providentiel et qu'il vaut mieux rester encore un peu, quitte à briguer un troisième mandat, inconstitutionnel aujourd'hui.

Quelques jours, quelques mois, quelques années de plus pour que leurs poches continuent à se remplir, pour qu'ils digèrent ce qu'ils ingurgitent depuis et qui ne les rassasiera jamais. Ces collaborateurs ne vous feront voir que les inconvénients de votre départ du pouvoir.

Ils sont même prêts à pleurer toutes les larmes de leur corps pour vous convaincre de rester. Mais tout cela n'est qu'une mise en scène destinée à faire de vous celui qui fera fructifier encore un peu plus leur richesse et leur prospérité.

En fait, toute cette cour est constituée de parasites qui profitent de vous et pour lesquels vous n'êtes en réalité qu'un vecteur pour accéder aux intérêts bassement matériels.

Devant une pareille situation, vous ne devez pas oublier que, d'abord et avant tout, vous êtes le premier et le seul responsable.

Vous êtes celui à qui, à un moment donné, nous avons, volontairement ou de manière forcée, confié notre destin. Et il est évident que nous avons cru, à tort ou à raison, à une certaine période, qu'avec vous, nous réussirons à réaliser notre bonheur. Nous vous avons donc, en ce moment là, confié notre destin. Non pas pour le pire car aucun peuple ne cherche à vivre le malheur. Mais pour le meilleur.

Monsieur le Président, aujourd'hui, nous souffrons, énormément. Nous sommes privés de tout et vous êtes celui qui, malheureusement, est désigné comme la source de nos malheurs.

Paradoxalement, vous apparaissez, en même temps et dans une certaine mesure, comme celui par qui peut s'ouvrir pour lui une nouvelle ère, si vous acceptez d'organiser cette alternance politique qui redonnera un souffle nouveau au pays et qui insufflera une nouvelle dynamique à son développement.

Mais lorsque nous parlons d'alternance, ce n'est pas n'importe quelle alternance. Il s'agit d'une alternance juste et honnête, une alternance démocratique effective : anticipée ou au plus tard, à la fin de votre dernier mandat.

L'organisation de cette alternance démocratique, c'est ce qui vous reste à faire pour redorer un blason qui ne peut plus, hélas, l'être autrement. C'est donc une chance de réhabilitation de votre pouvoir, de votre régime et de l'œuvre que vous avez, sans nul doute, voulu réaliser mais qui n'a pas pu l'être.

Si nous pouvions dire un jour, malgré tout, il a au moins su organiser une alternance politique démocratique et pacifique pour le pays, alors seulement votre passage au pouvoir n'aura pas été simplement un temps de malheur pour nous qui souffrons énormément aujourd'hui.

Pour aboutir à ce résultat, il faudra réhabiliter la Commission Electorale Nationale, permettre l'organisation d'élections législatives libres, démocratiques et transparentes. Vous présiderez à ce qui constituera ainsi une transition vers des élections présidentielles libres, démocratiques et transparentes, en respectant votre parole donnée devant la communauté internationale.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire et une bonne action qui termine un mauvais parcours ou un parcours peu glorieux pourra encore sauver la situation.

A défaut de le faire, le pays et nous, nous sombrerons un peu plus dans le chaos. Vous et votre régime vous sortirez de là définitivement noircis et sans aucune possibilité de sauver quoi que ce soit.

Monsieur le Président, si vous le voulez, vous le pouvez encore.

Certes, ce n'est pas facile de se dessaisir du pouvoir, de le quitter. Surtout lorsque c'est un pouvoir exercé dans les conditions dans lesquelles vous l'avez exercé, sans partage et de façon très personnelle.

Mais est-il nécessaire de vous rappeler que si vous ne quittez pas le pouvoir, lui vous quittera un jour ?

Soit parce que quelqu'un vous en écartera ! Ce que vous considérerez comme un affront, soit parce que la mort vous emportera, ce qui ne vous réhabilitera pas.

Nous vous invitons donc à prendre vos responsabilités, à réagir pendant qu'il est encore temps et à faire enfin quelque chose pour que Le Congo ne franchisse pas les derniers centimètres qui le sépare du désastre total, du chaos définitif.

Espérant pouvoir toucher par ces mots la corde sensible qui, en chaque être humain, doit se réveiller devant des situations extrêmes, et dans l'espoir que vos responsabilités de chef d'Etat vous aideront à prendre en compte la dignité du Peuple Congolais, ce Peuple vous prie de croire, Excellence, Monsieur le Président, en l'assurance de sa haute considération !!

Collectif Sauvons le Congo

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Published by Collectif Sauvons Le Congo - dans demain le congo brazzaville
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