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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 08:45

SASSOU_UN_REGARD_INQUIET.jpgCinquante ans, un demi-siècle, je connais des pays qui n'ont eu besoin que du cinquième de cette quantité en années pour transformer le paysage national. Des villes détruites pendant la seconde guerre mondiale ont été reconstruites en moins de deux ans. Un demi-siècle d'âge, c'est un âge important sur le plan humain - même si sur le registre de l'existence des sociétés humaines, cela peut paraître dérisoire. Ajoutons la richesse aux cinquante ans. La donne change du tout au tout : la richesse n'a aucun sens si elle ne déploie, ne démultiplie les possibilités de développement, de progrès car la jeunesse d'un pays est un paramètre qui ne joue plus lorsqu'on introduit la richesse dans l'équation du développement ou du progrès. Le Congo a connu cinquante ans de soi-disant indépendance mais nous n'y faisons que la lecture de la dépendance, Denis Sassou Nguesso lui-même ayant reconnu que l'économie congolaise étant extravertie (encore faut-il qu'il comprenne ce que ce vocable veuille dire) car les nombreuses richesses du Congo sont pillées au détriment du peuple congolais. Il y a même tout un quartier dans un pays de l'Afrique de l'ouest dénommé : "CONGO ZOBA".

Quand l'on scrute le paysage politique du Congo, on y perçoit tout de suite la centralité d'un personnage : Denis Sassou Nguesso comme un baobab au milieu de petites herbes - de sorte qu'on aperçoit sa présence de très loin. Qui était le lieutenant qui tenait la porte pour qu'Opango  rencontre Youlou et qui lui conseilla de prendre le pouvoir ? Sassou. Certains ne voient que les 25 ans de pouvoir - alors qu'il était déjà au sommet de la décision politique traînant sa médiocrité politique sous Ngouabi et il était la deuxième personnalité sous Yhombi dans le Comité Militaire du Parti (CMP).  C'est l'homme qui est au parfum de tous les assassinats politiques et de tous les détournements financiers les plus rocambolesques du Congo-Brazzaville pour les avoir ordonnés dans la plupart des cas. Tirer une leçon de ces 50 ans de  la pseudo-indépendance revient à tirer les leçons de la carrière intriguante de Denis Sassou Nguesso qui a à son actif l'assassinat de deux présidents de la république (Ngouabi Marien, Massambat-Débat) et de nombreuses autres personnalités. Il est possible qu'il fut le conseiller le plus proche de Marien Ngouabi mais il n'hésita pas à dire : "Mieux vaut perdre un Kouyou que de perdre le pouvoir". Le pouvoir est vécu comme une sorte de chose que possède un camp représenté par une région entière et au Congo, l'opposition a toujours été sociologiquement celle du nord contre le sud. Le pouvoir ayant échu à Youlou, la conservation régionale du pouvoir fit que Massambat-Débat, un autre fils du Pool lui succéda. Ensuite Ngouabi (nord), Yhombi (nord), Sassou (nord) se succédèrent dans le respect de logique qui voulait conserver le pouvoir au nord de la république. Pascal Lissouba est une exception car dans l'histoire congolaise la démocratie est une petite exception de cinq ans. En cinquante ans, un dixième du temps politique, une parenthèse vite effacée par tous les méfaits de 13 ans de règne d'un Denis Sassou Nguesso qui respire la haine du "mukongo" car il a  fait assassiner de pauvres innocents en 1999 dans le Pool - juste par haine sociale dans une opération punitive dénommée "MAMA MOUEBARA".  Certains ont été brûlés vifs. Un crime qui le rend passible du Tribunal Pénal International mais il ne s'est pas arrêté là puisqu'il a encore fait assassiner 350 personnes au BEACH de Brazzaville - tous des ressortissants du sud.

Nous nous attendons à ce que le clan Sassou perpétue la logique de la conservation du pouvoir au nord car c'est la seule façon de dribbler la démocratie en s'appuyant sur une force idéologique qui n'est autre que la "région" qui autorise qu'un ressortissant d'une région dise : "nous sommes au pouvoir". C'est le phénomène de la parcellisation du pouvoir - alors qu'en fait il n'est détenu que par une minorité. Lors des événements de 1997, voici comment on envoya les "gazelliens", des jeunes vendeurs de viande de brousse du  Niari- sans expérience militaire se faire massacrer : "Vous allez les laisser vous voler VOTRE pouvoir ? - Il vous faut défendre VOTRE pouvoir ! " Ces jeunes qui survivaient par un petit commerce de détail, l'orgueil piqué au vif, prirent la kalachnikov et livrèrent leur poitrail aux balles des cobras qui eux étaient encadrés par des militaires d'expérience. La conspiration de la conservation régionale du pouvoir n'est pas le propre du Congo - même si ailleurs on peut envisager une conservation ethnique du pouvoir comme au Rwanda (Hutus, Tutsis).

Sassou est entré dans le giron du pouvoir au nom de quoi ? De la régionalisation du pouvoir. S'il était un Lumbu, jamais, il n'aurait été proche de Marien Ngouabi qui le fit passer de maître d'école, profession qu'il n'exerça pas -  à ministre de la défense. A ses dépens car cela lui coûta la vie ! On sacrifia le Kouyou Marien Ngouabi qui voulait redonner le pouvoir à Massambat-Débat, le sudiste. Pourquoi ? Pour que le pouvoir reste dans la région nord. C'est une logique agissante mais non expressive qui se voit à l'oeuvre sans être proclamée : tous les postes de direction sont régionalisés ; on y met de temps à autre une petite coloration géopolitique pour masquer la logique sous-jacente mais le Congolais n'est pas dupe. Il sait que le pouvoir est régionalisé.  On embauche en regardant à l'origine régional mais on ne le crie pas sous tous les toits. Ce processus de la régionalisation du pouvoir, au temps de Marien Ngouabi, profita à un jeune homme de Pointe-Noire qui avait pour surnom DABEK et qui avait pour son bonheur un nom à consonnance nordiste commençant par une voyelle. On le prit pour un nordiste, on l'enrôla de force dans le PCT, le parti unique, on lui trouva un poste de direction (chef de personnel) au CFCO, on lui apprit comment voler en mettant un surplus dans le bulletin des salariés dont il avait la charge. "Petit, ce mois, tu verras un surplus dans ton salaire ; tu me l'amènes et on s'arrangera...". DABEK prenait l'essentiel et donnait une commission au salarié qui se taisait. Il finit par apprendre à créer des salariés fictifs et à empocher leurs salaires. Cependant, on s'étonnait que ce nordiste n'était jamais aperçu à Owando.

"DABEK, comment chela che fait-t-il qu'on ne ne te voit jamais à Owando ?

- Camarade membre, je viendrai l'année prochaine ! J'étais trop occupé..."

Après deux ans, on enquêta et on se rendit compte que DABEK n'était ni un Kouyou, ni un Mbochi mais seul son nom était à consonnance nordiste. On l'arrêta et on le jeta en prison. C'est dire que cette logique date et que cette conspiration qui est revenue aux affaires louches de la république ne va pas s'en aller si on ne crée pas un rapport de force qui replace la démocratie en orbite.

Aussi court qu'ait été le règne de Massambat-Débat, il fit beaucoup en peu de temps. Sassou qui a le règne le plus long n'a à son actif que la paupérisation du pays qui se meurt doucement. Par défaut d'éthique car l'éthique ne fait pas bon ménage avec le réseau régional ou clanique : le contrôleur, le juge, le policier, tous répondent à la même logique de la régionalisation du pouvoir et personne ne peut arrêter ou juger un parent qui possède lui aussi une parcelle de pouvoir comme vous car "NOUS SOMMES  TOUS AU POUVOIR AU NOM DE LA REGION" et seuls les autres trinquent comme ce pauvre sudiste qui conduisait le train qui a déraillé à Yanga parce que la voie ferrée était mauvaise - sans qu'un seul responsable ne soit inquiété.

Sassou savait en 1992 que si Kolélas se rangeait du côté de Pascal Lissouba, il n'avait plus de capacité de nuisance. Aussi, s'employa-t-il  dès le début du processus démocratique, à prendre Bernard Kolélas sous ses ailes manipulatrices et à agir au travers de ce leader politique (barricades, manifestations, etc). L'alliance de Pascal Lissouba et de Kolélas en 1997 finit par convaincre Sassou que le sud s'était retrouvé et qu'il fallait désormais éviter que les leaders du sud fassent un front commun si le nord voulait demeurer au pouvoir. Kolélas a payé de sa vie son alliance avec Pascal Lissouba. Ntumi est entre ses mains. Moungounga tant redouté est mort. Reste Pascal Lissouba car les autres lui mangent dans les mains comme des moineaux et comme il a su bien le dire, il a cassé l'UPADS.

Sassou résume à lui seul les déboires et les malheurs du pays car c'est l'ambition politique la plus noire, la plus carnassière qui a dévasté le pays qu'il a par ailleurs vendu aux étrangers. Partout, même au Gabon, on parle de Gabon émergent et la priorité est donnée aux Gabonais en terme d'emplois, de créations d'entreprises, etc. Le Congo sous Sassou Nguesso a sombré comme un navire ivre sans timonier car pendant près de quarante ans qu'il squatte les hauteurs du pouvoir, l'enfant terrible d'Edou a intrigué pour tirer le pays vers le bas : pas d'eau, pas d'électricité, une éducation à l'agonie, une poste privatisée, la santé mouroir, des criminels impunis qui sont des gangsters économiques en liberté, crimes à tous les étages, décadence morale de la nation, amateurisme politique au quotidien, bref un pays sans perspective qui s'encrasse, s'enlaidit et se tasse dans une castification  politique nord-sud. La politique n'est pour Sassou que l'art de la survie politique et il nous le prouve car c'est le politicien qui a la survie la plus longue mais pour le malheur de tout un pays. N'a-t-il pas dit lors d'un meeting à Pointe-Noire : "L'essentiel n'est pas de prendre le pouvoir mais de le conserver" (entre ses mains ou dans son camp) ? Dans les pays dits de vieille démocratie, on se bat pour que le pouvoir reste dans son bord politique (gauche, droite, centre, rarement extrême-droite). Aux naïfs qui refusent l'analyse de la conservation politique en terme de régionalisation, vous savez bien comme moi que les courants "gauche", "droite" ne signifient rien mais nord, sud veulent dire quelque chose.

Sassou va instaurer un règne à vie en modifiant sa Constitution car l'appétit du personnage a pris une épaisseur qui veut qu'il demeure aux affaires car le chaos économique n'est pas encore arrivé puisque Sassou vient d'inscrire le Congo dans la locomotive arrière des pays pauvres ; ce qui lui vaut des remises de dettes.

Sassou Nguesso a déjà commencé à mettre un peu de mic-mac en changeant quelques têtes. Après le 15 août 2010, il va remanier le gouvernement et peut-être y faire entrer quelques proches de la famille Lissouba comme il le fit pour le fils de Kolélas. Nous savons qu'il ne pourra que prononcer un discours de paix avec peut-être une amnistie générale et dans la foulée changer sa Constitution moribonde qui ne lui sied plus...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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