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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 11:05

Toute société humaine, quelle qu'en soit l'époque, est confrontée aux déchets dûs à l'activité humaine car la nature n'a pas de déchets, elle qui recycle ce qu'elle produit, le vivant recyclant le vivant car au final, l'inventivité naturelle s'arrête à la biodiversité et on peut dire sans craindre de se tromper que le vivant recycle le vivant en l'assimilant et elle a tout prévu pour : bactéries, champignons, végétaux, animaux.

Le pétrole que le travail des éléments naturels avait enfoui dans les profondeurs de la terre ressemble à une forme terminale de la décomposition du biologique jusqu'à le ramener à la forme organique, presque minérale. Et puis vint l'homme avec sa science, sa technologie, son savoir-faire industriel qui produit des substances difficilement assimilables par le vivant comme le plastique, le verre, l'aluminium, etc. Certaines sociétés n'ont pas été confrontées à ce genre de pollution, c'est-à-dire, une accumulation de produits humains non recyclables, non transformables par la nature et qui finissent par ruiner et l'environnement et la vie de l'homme lui-même.

C'est une question difficile que la gestion des résidus de l'activité humaine au XXI ème siècle. Nos ancêtres qui vivaient dans des sociétés non industrialisés n'ont pas connu les mêmes problèmes que nous qui sommes confrontés à ce que l'on appelle les déchets industriels produits en quantité pour emballer, contenir, transporter, etc. Et la plupart de ces déchets proviennent du pétrole qui certes permet au monde d'avoir une énergie abondante pour faire fonctionner les sociétés modernes mais comme toute violation des lois de la nature a son revers de la médaille : les déchets chimiques sont non dégradables, lentement ou difficilement dégradables.

 

En occident, les sociétés modernes ne sont pas du reste même si elles ont une politique de gestion du déchet qui paraît plus efficace avec des déchetteries et une politique de tout à l'égoût qui a fini par polluer les mers et les océans. Les océans sont devenus la plus grosse poubelle du monde au point où des déchets occupant la superficie de tout un continent dérivent. Il faut se dire qu'un jour, avec le changement climatique, si le niveau de la mer remonte, ces rejets humains risquent de nous revenir comme un boomerang. Aujourd'hui, certains fleuves d'Europe sont si pollués que la pêche et la baignade y sont interdites. C'est l'autre face de l'industrialisation, cette production effrénée de produits manufacturés à des rythmes effrayants - parfois même si une demande n'existe pas. En matière industrielle, il faudra doucement se diriger vers le système zéro stock.


On dissimule le déchet, on le rejette dans l'océan avec des conséquences incalculables sur la chaîne alimentaire qui finit par affecter l'homme lui-même. La logique capitaliste ne réfléchit d'abord qu'à une chose : comment se faire du profit, beaucoup de profit et vite ? Aujourd'hui, des sociétés industrielles traitent le déchet et se font encore des gros bénéfices sur le dos des populations qui sont gratuitement utilisées comme des agents trieurs. On peut citer l'exemple de Véolia en France. L'Europe au moins essaie de traiter ses déchets, d'y réfléchir, de les réutiliser quand ils ne peuvent être détruits ; on va jusqu'à produire de l'électricité à partir des ordures voire du gaz.


Au Congo, confrontée aux déchets industriels, notre politique urbaine a reculé : avant il y avait des décharges publiques parce que l'Etat avait la gestion de la terre, de l'espace, un droit perdu depuis que les mfumu toto ont recouvré leurs droits. Aussi, on voit se développer des décharges sauvages. Il existait aussi une voirie publique qui a disparu laissant les populations en proie à leurs ordures. Il est toujours de bon ton d'évoquer l'éducation du peuple : "il ne faut pas jeter vos ordure n'importe où, etc." Néanmoins, il faut les jeter sinon la conséquence est de vivre avec et ce n'est pas envisageable. Alors, où les jeter quand la ville fait des kilomètres ? Quand partout l'on ne voit que des habitations ?


La politique signifie que l'on ne laisse pas les populations se débrouiller seules face à des tonnes d'immondices qu'elles ne savent où jeter. C'est pour cela que le ministère de l'environnement, de l'aménagement du territoire, les mairies ont un sens : ils doivent proposer une politique, c'est-à-dire, des solutions au peuple. On peut privatiser la gestion des déchets en demandant aux populations de contribuer à moindre frais, l'Etat se chargeant du reste. Pourquoi ne pas collaborer avec des sociétés comme Véolia qui pourraient nous aider à recycler nos ordures ménagères ou nos déchets industriels ? En la matière, nous n'avons pas d'expérience. Et il y a les sociétés pétrolières que l'on peut aussi mettre à contribution pour le recyclage de tous les produits industriels qui sont des dérivés du pétrole.


Nous affrontons plusieurs types de pollution : des sols, de l'air, de l'eau, de l'environnement et les conséquences sont payées cash en matière de santé publique et de qualité de vie. Vous me direz que l'on peut éduquer le peuple. Oui, c'est facile pour les déchets d'origine biologique ou végétale mais c'est une autre de résorber les déchets industriels non dégradables et que va faire l'individu avec ses déchets qu'il produit au quotidien ? S'il n'existe aucune poubelle en face de sa maison ou à moins de 500 mètres pour qu'il puisse les jeter, il les jettera là où il le pourra. A l'échelle des villes, la gestion des déchets implique des infrastructures adaptées, une vraie politique. On pourrait éduquer les enfants à l'école, créer des équipes mobiles pour conscientiser les populations mais les bennes d'ordures doivent refaire leur apparition si l'on ne veut pas que les populations continuent à payer des pousse-pousseurs pour qu'ils les débarrassent de leurs ordures dans les décharges sauvages.


La question n'est pas seulement d'interdire le sachet mais de se dire : "qu'est-ce qu'on fait du sachet puisque le monde n'a pas fini d'en produire ?" Le sachet est avant tout une forme d'emballage avant d'être un conteneur ou un transporteur. Comment empêcher dans ces conditions les sachets d'entrer au Congo ? Quels sont les produits de substitution aux sachets ? Dans quoi emballer les courses ? Autant de questions pratico-pratiques qu'il faut résoudre si l'on veut atténuer l'impact du déchet et nous savons que plus la ville est grande, plus la production du déchet est importante.


L'impulsion doivent venir du gouvernement : aménagement des décharges publiques avec possibilité d'enfouissement de certaines ordures, de tri, de recyclage dans des usines qui pourraient produire de l'électricité à partir du déchet, partenariat avec des sociétés spécialisées dans la gestion des ordures, installation des bennes à ordures publiques, installation de poubelles individuelles qu'on pourrait rendre obligatoire par la loi, l'Etat les achetant et les vendant aux individus.


Une fois qu'on rétablirait des bennes publiques et des poubelles individuelles, il faudra verbaliser  toute personne prise en flagrant délit de jet ou de rejet d'ordure dans l'espace public. Mais avant cela, il faut éviter d'entendre la réponse suivante : "mais où dois-je jeter mes ordures ? Dois-je parcourir dix kilomètres pour jeter mes ordures ?" en lui proposant des alternatives.


On pourrait brûler certaines ordures végétales ou biologiques voire les enfouir sous terre. Le gouvernment pourrait réserver certains espaces dans les nouveaux quartiers aux bennes et poubelles publiques ; il faudrait alors que les mfumu toto ne transforment pas tout l'espace en espace d'habitation car il faut des places pour les marchés, les écoles, les hôpitaux, les poubelles publiques en dehors de grosses déchetteries avec des systèmes de tri. Le ministre du domaine public et des affaires foncières doit restaurer le domaine public pour y mettre des poubelles et bennes publiques avec un tri entre produit biologiques et végétaux et le reste (déchets industriels) pour que les éleveurs, les agriculteurs puissent recycler ce qui peut l'être dans l'immédiat.


Je rigole souvent en entendant le préfet d'Oyo dire : "Oyo, ville propre". Il peut encore se le permettre avec une bourgade à taille humaine de deux à trois mille habitants car si Oyo avait cent mille ou deux cents mille habitants, la production des déchets serait beaucoup plus importante et là, se poserait un vrai problème de gestion des déchets.


En conclusion, le Congo a besoin d'une vraie politique de gestion des déchets. En a-t-elle les moyens ? Oui. C'est un secteur qui peut produire de l'emploi et les bénéfices pourraient vite se mesurer en termes de santé, qualité de vie, qualité de l'environnement. Il faut rétablir les voiries publiques et le BTP public pour gérer et aménager  les infrastructures publiques. La gestion des ordures conduit à impliquer les industriels (partenariats), les populations, les ministères de l'environnement, du domaine public et des affaires foncières, de la santé, de  l'industries, des Grands et Petits travaux.


Monsieur Denis Sassou Nguesso et même ses ministres n'ont plus que des courtisans qui n'osent pas leur dire la vérité car ils ne fonctionnent plus qu'en terme de flatterie. L'homme politique est celui qui est payé par le contribuable pour trouver des solutions à ses problèmes. Les émoluments des ministres ont même augmenté sans que cela amène une amélioration de la qualité de leur façon de penser, de travailler, de fonctionner. Bref, constatant que  Sassou et ses ministres ont les mêmes cerveaux, la question que l'on doit se poser est : "DOIT-ON LEUR GREFFER DES CERVEAUX PLUS PERFORMANTS ?"

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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énergic 11/10/2016 11:05

Bonjour,
comment pourrai-je être en contact avec vous?
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