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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 18:43

Du pétrole à la place de la potasse à Makola et des millions de dollars pour Kiki Nguesso !

 

Des plaisantins se moquaient parfois des Arabes qui foraient dans le désert pour essayer de trouver de l’eau et inopportunément faisaient jaillir du pétrole. Sur des tas de sable qu’étaient Doha, Sarja, Koweit City et autres Bahreïn se sont construites, en quelques décennies, des métropoles modernes à faire pâlir d’envie des pays gorgés d’eau et gavés de richesses. De vieilles nations en crise n’ont plus d’autres choix que de se vendre, en partie, à eux. Dans les pays arabes, le pétrole a été indéniablement un facteur d’enrichissement,  de développement et d’amélioration considérable des conditions de vie des populations toutes entières.

Cela n’a pas été le cas de pays africains producteurs, eux aussi, de pétrole alors que leur continent compte de plus en plus dans la production mondiale. La République du Congo en est le pire exemple. La richesse pétrolière y a été confisquée par quelques-uns !

ExploitationPotasse1.jpg

Mpili Kouilou exploration potasse (photo congo-dechaine.info)

Curieusement, dans ce pays au début de son exploitation, la divine manne pétrolière semblait avoir été stoppée à ses frontières. « L’éponge cabindaise », au Sud,  dégueulait son pétrole par centaines de milliers de barils/jour dès le milieu des années  70 en pleine guerre civile. Au Nord, Port-Gentil  hissait le Gabon au niveau d’un Emirat pétrolier. Albert Bernard Bongo s’en convertit à l’Islam.

Marien N’Gouabi , peu satisfait des conditions que lui proposaient les partenaires obligés d’ELF, n’était pas très emballé par la recherche et l’exploitation des hydrocarbures. Il réfléchissait sérieusement à laisser  le pétrole congolais en réserve pour les générations futures. Cela n’était pas pour plaire aux occupants des bureaux modestes  qu’ELF Congo louait Avenue Foch à Brazzaville. Sous le regard de leur belle secrétaire, Angélique Bongo-Nouara, André Tarallo, déjà Monsieur Afrique de la petite compagnie pétrolière qu’ELF était alors, s’y retrouvait avec Jack Sigolet patron de la FIBA (Banque Française Intercontinentale) qui appartenait à la famille d’Omar Bongo et au pétrolier français.

La légende prétend que le 18 mars 1977, Rodolphe Adada, jeune ministre des Hydrocarbures de Marien N’Gouabi était dans les bureaux d’ELF pour modifier certains articles de la convention qui liait le Congo et ELF. Juste avant la signature, sa contrepartie (André Tarallo ?) serait venue lui annoncer l’annulation de la modification du fait de la mort du Président N’Gouabi et que le ministre devrait rentrer chez lui prendre de nouvelles instructions. Cette disparation tombait à point pour le pétrolier car il a fallu attendre près de 20 années supplémentaires avant que la moindre virgule soit déplacée.

La production pétrolière au Congo, libérée de l’incorruptible Marien, pouvait alors s’emballer accompagnée par un long cortège de morts et d’assassinats ; des militaires, des Présidents et des ecclésiastiques sans oublier les femmes et les enfants au gré des guerres civiles. Dans les enquêtes policières l’on se demande d’abord  « à qui profite le crime ? ». Pour ce qui est du désastre généralisé congolais la réponse est facile à donner ! Au début des années 2000, une émission de M6, Capital, dénonça en vrac les milliards détournés, les financements de la vie politique française au travers de « l’affaire ELF » et le Congo était bien entendu au cœur de tout cela. La magie d’internet permet de revoir cette émission et il ne faut surtout pas s’en priver ! A voir et à revoir ! http://www.dailymotion.com/video/x7eglr#.Ub3Ov_k8B8E 

La richesse congolaise avait été détournée par tous les moyens possibles, comptables comme ils l’ont avoué eux-mêmes (voir Capital) mais également grâce aux compteurs mal-réglés, très mal-réglés, les préfinancements à des coûts exorbitants,  etc., etc.. Un passage à ne pas manquer également, celui où le défunt Moungounga témoigne que le pétrole exploité par  ELF rapportait parfois 7000 FF par mois (700 000 FCFA ou à peine plus de 1000 euros). Des ministres de cette période encore vivants, comme Monsieur Clément Mouamba, pourraient confirmer cette affirmation.

Un jour prochain cette émission sera diffusée dans les salles de classe congolaises. En cours d’histoire les jeunes congolais apprendront comment les générations de leurs parents et grands parents ont été sacrifiées pour l’enrichissement de quelques-uns. Ils auront alors des écoles et des bancs dignes de ce nom, qu’ils ne devront pas au « bâtisseur infatigable » ni à la fausse charité  forcée de quelques opérateurs pétroliers !

André Tarallo n’aura fait que quelques semaines de prison au quartier VIP de la Santé. Son ami Chirac Président, et ses amitiés socialistes, le libérèrent pour des raisons de santé. Rassurez-vous, il va pour le mieux depuis longtemps. Jack Sigolet, que ceux qui le connaissaient bien surnommaient « Jack Teflon » (rien ne peut s’accrocher au Teflon), n’a pas eu la moindre condamnation alors que la Fiba était au cœur de toutes les transactions sales de la compagnie pétrolière. Jack Sigolet vit en Suisse tranquillement au bord du Lac Léman. Du fait d’une très mauvaise circulation sanguine, ses artères lui ont été remplacées par des « artères en Teflon »…. Décidément… !

Le Congo, disaient ces partenaires d’alors, était d’un intérêt négligeable sur le plan pétrolier. Pour mieux en profiter sûrement. Depuis l’on prédit que la production en 2016 atteindra près de 600.000 barils/jour. Quelques faits remarquables attestent d’un étonnant potentiel dans ce domaine :

- Sur un permis rendu par Total, (un champ marginal celui de MBoundi, trop petit pour intéresser le grand opérateur), Maurel et Prom révéla une des plus grandes découvertes on shore de pétrole en Afrique soit 1,4 milliards de barils en réserve.

- Il y a quelques semaines, un opérateur chinois disposant d’un permis d’exploration de « potasse » dans le Kouilou a foré avec un matériel très rudimentaire, comme les Arabes le faisaient pour rechercher de l’eau. Manque de chance, à cet endroit de Makola sur la RN1, près de Hinda, les malheureux travailleurs sont tombés sur du pétrole. Outre le fait qu’ils n’avaient pas les équipements pour colmater, aucune des compagnies présentes à Pointe Noire n’a voulu les assister. Le pétrole appartient à la SNPC et, dans ce cas, c’était à la SNPC que le paiement incombait. Maintenant, c’est bien connu que la SNPC ne paye seulement que ceux qu’ elle accepte de payer, c’est à dire : « les parents, les amis ! »  Mais pas les véritables fournisseurs ni ses employés ! Les Chinois sur place ont alors bricolé une solution au préjudice de l’environnement du site.

MpiliKouilouDécouvertePétrole2

Mpili Kouilou – Malheureuse découverte de pétrole (photo congo-dechaine.info)

Mais ce n’est pas tout : lorsque vous avez un permis d’exploration de potasse, vous ne disposez évidemment pas d’un « permis d’exploration de pétrole ». Votre découverte n’oblige pas l’Etat congolais à vous en délivrer un. Un permis pétrolier nécessite aussi  le paiement d’un « Bonus » qui se chiffre pour certains permis en dizaines de millions de dollars, sans garantie de trouver du pétrole.

Pour « ces malheureux explorateurs de potasse » il  serait même possible de demander directement un « permis d’exploitation ». Bien évidemment le « Bonus » serait alors plus élevé… !

Rassurons-nous, si les vieux « tontons flingueurs » d’ELF ont disparu de la scène pétrolière congolaise, ils ont été brillamment remplacés par des dignes membres du clan, « du Clan des Mapapa » (ils en ont formé certains) ou par leurs nervis.  Deux de ces derniers sont partis dans la plus grande discrétion en Chine en début de semaine dernière pour rentrer le 15 juin 2013. 

Le tour de passe-passe qui transforme « un permis d’exploration de potasse » en « un permis d’exploitation pétrolière » est une formalité qui aurait pu rapporter gros à l’Etat congolais. Beaucoup d’argent ! On peut parier aisément que rien n’entrera à ce motif dans les caisses du Trésor Public ni même de la SNPC.

Ces envoyés spéciaux aux ordres du Clan auront encore une fois bradé les intérêts du pays pour des raisons d’enrichissement personnel .

Le Congo Brazzaville aurait pu facilement être un petit Qatar verdoyant dans lequel sa  population se serait épanouie.

Du fait de quelques-uns, guidés par un criminel instinct de pillage et de prédation, notre pays sombre chaque jour davantage dans un abyme infernal duquel il ne pourra jamais se relever…..

 

                                    Romuald Rigobert OSSEBI

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Published by Romuald Rigobert OSSEBI - dans demain le congo brazzaville
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