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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 13:47

COMMENTAIRE : Face à la désolation, à la rancoeur et au désastre provoqués par les explosions du 4 mars 2012, Denis Sassou Nguesso qui avait pourtant affirmé publiquement qu'il s'agissait d'un accident, a décidé de trouver des coupables pour détourner le ressentiment qui montait à son encontre en direction d'autres personnes dont de pauvres innocents qui n'avaient rien à voir avec cette affaire devenue opportunité pour solder certaines animosités au sein de l'armée. En fait, en cas de problèmes, de troubles, de crimes, le grand nzokou a toujours pratiqué le transfert de responsabilité sur autrui, cela depuis l'assassinat du président Marien ngouabi. En sa qualité de ministre de la défense ayant autorisé le stockage des explosifs civils dans un site militaire, il est, si la thèse de l'accident est avéré, le seul coupable.

Il n'est donc pas étonnant que tous les prévenus plaident non coupables face aux juges inquisiteurs : ils le sont ! Ce qui est en cause ce sont les conditions de stockage d'explosifs civils au sein d'un site militaire. Force est de se demander ce qui s'est vraiment passé ce jour-là et celui qui semble le mieux placé pour nous le dire est bien sûr l'accusé principal, le caporal-chef Blood Kakom,ainsi que tous ceux qui ont survécu qui sont pour certains à la barre aujourd'hui. Pour information, voilà un texte trouvé sur Facebook qui rapporte les propos du caporal-chef Blood Kakom à la barre, entre autres  :


PROCÈS SUR LE 4 MARS

Les auditions des accusés se poursuivent. Sept accusés ont déjà comparu depuis l’ouverture du procès, le 6 août à Brazzaville. Toutes ces auditions, comme celles des 9 et 10 août, ne donnent pour le moment aucune précision sur l’origine de l’incendie du 4 mars 2012 qui a ravagé la zone militaire de Mpila ainsi que les maisons d’habitation.

Le vendredi 9 août, le caporal-chef Blood Kakom est appelé à se présenter à la barre. Il est l’un des principaux accusés attendus. L’atmosphère, ce jour-là, est détendue. D’un ton décisif, le caporal-chef a débuté sa déposition. Il a déclaré qu’il était dans sa chambre (à l’Ecramu) la journée du 4 mars en train de se restaurer. En vain, il a tenté d’allumer son foyer de charbon pour réchauffer ses aliments car, a-t-il dit, le charbon était humide. Après s’être restauré, il a opté pour un repos. C’est en ce moment-là qu’il a entendu un bruit sem- blable à un grondement de tonnerre. Une fois sorti de sa chambre pour observer si le ciel était nuageux, et ne voyant aucun signe d’orage, il vit le sergent Eyengolo qui cria devant lui : « Ancien Kakom ! Regarde le feu derrière toi. Ce feu provient d’où ? ». Dès qu’il se retourna, il vit le feu et se mit a courir. «Je vis une grande flamme à environ 10 mètres de ma position car ma chambre était à la huitième porte du lieu de l’incendie », a déclaré Blood Kakom. Se retrouvant avec les autres à l’extérieur de la caserne, il donna son téléphone à Mafoua afin d’appeler les secours au moment qu’il y eut la première détonation.

 Arrêtons-nous un instant sur cette partie du texte. Nous avons tous entendu le ministre de l'injustice Aimé Emmanuel Yoka, sûr de son fait, accuser le caporal Blood Kakom en affirmant : " ...Laissez Ntsourou tranquille, le responsable (de l'incendie), c'est Kakom !" comme si Blood Kakom avait délibérément mis du feu sur un dépôt de nitrate. Une vidéo existe à ce propos et empêcherait tout quiproquo sur cette déclaration publique devant la presse. Or, les choses ne sont pas aussi simples : pour accuser quelqu'un, il faut des faits établis. En effet, le feu peut découler d'une réaction chimique et prendre tout seul ; il n'y a pas nécessairement intervention de l'homme pour qu'il y ait feu (la foudre en est un exemple)...

Il y a dans ce récit trois personnes citées comme témoins directs de la scène : Kakom, Eyengolo et Mafoua, tous vivants puisque le texte dit qu'ils se sont tous retrouvés hors de la caserne. Ce texte est si riche d'enseignement que je ne sais par où commencer mais je vais d'abord considérer la dimension topographique : le feu est parti à  environ dix mètres de la position de Kakom. Or, on note, que sa chambre est la huitième. Ce qui signifie que la première était très proche du lieu de l'incendie. Techniquement, il n'y a pas respect de la distance de sécurité entre les lieux d'habitation et ceux où les explosifs sont entreposés.

Nous avons déjà noté dans un autre article que la proximité des habitations civiles d'un camp militaire entreposant des explosifs et des armes de destruction massive ne respectait pas une certaines déontologie militaire face à de telles risques. Secondo, il n'y a pas à l'intérieur d'un tel camp militaire une compagnie de pompiers ! Je doute même que le caporal-chef Kakom, Eyengolo et Mafoua aient reçu quelque formation à ce sujet. On peut même douter du fait qu'il y avait des extincteurs dans ce camp.

Tout ceci montre l'incompétence du ... ministre de la défense ! Qui est-ce donc ? Denis Sassou Nguesso himself ! Il faut se dire que ce n'est pas la taille de la flamme qui aurait effrayé des pompiers professionnels qui auraient vite fait d'éteindre le feu à sa base. Absence de moyens, ressources humaines défaillantes, distances de sécurité non respectées, tout ceci montre l'incompétence de la chaîne de commandement militaire en partant du ministre de la défense Denis Sassou Nguesso qui dans sa soif de pouvoir et se rappelant tout le mal qu'il fait à feu le président Marien Ngouabi, n'a jamais voulu que nulle autre personne que lui soit ministre de la défense depuis qu'il est revenu aux affaires louches de la république - même si la pratique le pousse à déléguer jusqu'à Mondjo qui autorisait le stockage d'exposifs militaires dans un camp militaire- sans en respecter les règles de sécurité...


D’où vient-il, ce feu ?
Kakom a affirmé à la Cour que le dépôt de nitrate des sociétés de construction telles que : Socofran, SGEC, CGC, Escom et autres, renfermait environ 25.000 cartons de nitrates qui aurait causé, selon lui, l’ex-plosion.

 

Posons-nous une question essentielle : Qu'est-ce qui justifie le stockage d'explosifs civils dans un camp militaire ? N'est-ce pas la peur de monsieur Denis Sassou Nguesso de voir des explosifs entre les mains de quelqu'un d'autre que sa milice qui lui sert d'armée ? A-t-il au moins pris la peine de consulter des experts pour créer des conditions de sécurité adéquates à leur conservation ? Evidemment, non ! Ailleurs, Socofran et compagnies garderaient eux-mêmes leurs explosifs - même si nous savons que toutes ces sociétés appartiennent en fait à Sassou et à sa famille. Celui qui a permis que l'on entrepose ces produits inflammables à quelques mètres d'armes de destruction massive, c'est encore Denis Sassou Nguesso ! C'est donc lui le responsable !


Le sergent Eyengolo a, quant à lui, avoué avoir vu le caporal-chef Kakom à cinq mètres du dépôt de nitrates : « J’ai vu Kakom, qui marchait normalement, tournant le dos au feu. J’ai crié : « Kakom le feu qui s’allume derrière toi provient d’où ? Qui a mis ce feu ?» Je me situais en ce moment au fond de la caserne ». Le sergent Eyengolo a déclaré avoir fait le mur pour se retrouver à l’extérieur du camp militaire. L’incendie provenait de l’Ecramu...


À son tour, le colonel Atipo Kaba, responsable du régiment blindé, a affirmé être victime dans cette affaire. Selon lui, l’incendie ne provenait pas du régiment blindé, mais de l’Écramu. Au moment des faits, il s’est rendu sur les lieux pour faire un constat. Il a déclaré avoir organisé, le 5 mars, des équipes de relais pour sécuriser les lieux. C’est le 31 mars qu’il fut interpellé par la DGST avant d’être incarcéré.

 

Deux témoignages qui vont dans le même sens en désignant le même lieu de l'incendie : l'ECRAMU, le lieu de stockage des nitrates. Or, les nitrates et autres explosifs sont très inflammables. Leur conservation obéit à un code minier très strict. Il n'est donc pas prudent de les entreposer sans les respecter. L'évaluation de visu des distances peut justifier l'écart entre les dix mètres de Kakom et les cinq mètres d'Eyengolo. En dernière analyse, le feu est passé de l'ECRAMU au camp blindé - ce qui me fait dire que si les dispositions adéquates avaient été prises, on aurait pu éviter le pire ou en tout cas minimiser les conséquences de celui-ci...


Le samedi 10 août, l’officier de per-manence, Ngolali Missié, répondant aux questions de la partie civile sur l’extinction du feu, a déclaré : « le militaire ne combat pas le feu mais combat contre un ennemi militaire ». Faisant la ronde des services de garde, il s’était rendu compte de l’absence de Gana et du caporal-chef Rodrigue Oba. Il a affirmé à la Cour avoir vu un camion remorque plein de nitrate dans l’enceinte de la caserne (à l’Écramu), dans la nuit du 3 au 4 mars 2012. 

 

Franchement, les déclarations de Ngolali Missié sont des inepties de première. Bien sûr que le militaire combat le feu ! Que fait-il si son ennemi utilise le feu comme arme ? N'a-t-il donc que la fuite comme solution ? Et c'est ça, les soldats de la république ? Le feu est une conséquence de l'utilisation de certaines armes militaires. Il faut donc que les soldats sachent riposter face au feu : au sein de toutes les armées des pays dits civilisés, il y a des unités de lutte contre le feu car le feu est la première conséquence des bombardements de l'ennemi surtout si celui-ci possède des armes puissantes de destruction massive. Si c'est la conception que  la milice de monsieur Denis Sassou Nguesso a du rôle du soldat, cela ne m'étonne pas qu'ils aient tous pris la fuite au lieu d'essayer d'enrayer ce début d'incendie - à mon avis le seul grief qu'on saurait leur imputer...

La dernière audition était celle du lieutenant à la retraite, Wilfried Ndebeka, parachutiste de carrière. Se trouvant à Pointe-Noire au moment des faits, il a déclaré ne pas connaître le motif de son incarcération. Il a été rappelé d’urgence à Brazzaville alors qu’il séjournait depuis le 27 février dans la ville océane avec son fils de 12 ans. Selon lui, son arrestation était arbitraire vu qu’il se trouvait à Pointe- Noire pour des raisons d’affaires. 

 

Et il n'est pas le seul a avoir été arrêté arbitrairement, le sieur Wilfried Ndebeka. C'est vrai qu'arrêter un retraité, ce n'est pas très malin mais ça prouve le désarroi du pouvoir de Sassou face aux événements du 4 mars 2012. Au Congo, on t'arrête d'abord puis on se demande ce qu'il faut inventer comme accusation pour justifier ton incarcération. Ailleurs, on est d'abord convaincu des faits qui justifient ton arrestation avant que la justice soit saisie pour autoriser ton interpellation...

Aucune lumière sur cette affaire pour l’instant. Les accusés Kakom et Ngolali ont déclaré avoir été durement torturés à la DGST (Direction générale de la sécurité du territoire) suite à cette affaire. Kakom ajoute avoir refusé de signer le procès-verbal de la DGST, qui selon lui n’était nullement en rapport avec les faits rapportés. « Un officier de la DGST m a dit : on va te donner un document pour signer. Ils m’ont torturé pour que j’accepte de le signer. 

 

Vous admettrez que des documents  signés sous la torture sont nuls et non avenus. L'utilisation de la torture et de toute forme de contrainte au XXI ème siècle est condamnable - surtout lorsqu'elle est utilisée pour obtenir des aveux forcés.

À cet effet, un officier m’a présenté une somme de 50 millions pour la signature, et promis de me faire voyager. Je lui avais répondu que je ne veux pas m’enrichir en condamnant des innocents. Après avoir décliné l’offre, ils m’ont conduit au cimetière pour m’enterrer vivant. 

C’est ainsi que j’acceptais de négocier dans l’intention de voir les commanditaires de ces actes. Ils ont ensuite fait appel à mes parents et menacé de s’en prendre à eux si je maintenais ma position. Ne sachant quoi faire, j’ai signé ce document, raison pour laquelle, cette version ne coïncide pas avec les faits relatés à ce jour », a fait savoir l’accusé Blood Kakom.

 
Ntsourou ? Connait pas...
Tous ces accusés ont déclaré à la Cour n’avoir eu aucune relation directe avec le colonel Marcel Ntsourou. 

 

Nous n'avons pas arrêté de vous dire que le colonel Marcel Ntsourou n'a rien à voir avec cette affaire. C'est tout simplement un complot ourdi à son encontre par une élite qui veut épurer l'armée de certains cadres tékés gênants avant 2016. Il faut au contraire faire comparaître ceux qui ont entreposé leur nitrate à l'ECRAMU - sans prendre les précautions afférentes à un tel stockage. 

Nous apprenons que le colonel Marcel Ntsourou aurait décidé de ne pas parler au cours de cette inquisition. A moins que ne soit levé le secret défense et que comparaissent aussi Jean Dominique Okemba, Richard Mondjo et Philippe Obara. En effet, pourquoi juste entendre l'ange quand on peut écouter la voix spéciale du conseiller spécial aux basses oeuvres, supérieur hiérarchique du colonel Marcel Ntsourou au Conseil National de Sécurité ?



En outre, les avocats de la défense ont, face aux premières auditions, demandé à la Cour de se transporter sur les lieux pour constater les faits afin d’éclairer la lanterne de la Cour. Ils ont ainsi présenté, deux documents : l’un, comportant l’ordre de mission signé du chef d’état-major général de l’époque, Charles Richard Mondjo, afin que ceux-ci retirent des nitrates au port autonome de Pointe-Noire. Et l’autre : le rapport du Canadien Jacques Landry, spécialisé en détection de mensonge, appelé par la DGST, qui fut retiré du dossier des présumés coupables.

 

Voici le passage qui éclaire sur la responsabilité de Charles Richard Mondjo, chef d'Etat-Major de l'époque promu à un autre poste depuis. Cet homme doit comparaître. Or, il n'est pas parmi les prévenus ! Pourquoi demander les services d'un spécialiste comme le canadien Jacques Landry pour ensuite retirer son rapport ? Il est évident que l'on ne veut pas de la vérité dans cette affaire - surtout quand il incrimine le pouvoir au travers de Sassou et de ses propres. De qui se moque-t-on ?

Il a été également demandé à l’État, et aux sociétés de construction stockant ces Nitrates, de comparaître devant la Cour, le moment venu. Pour les avocats de la défense, l’État doit répondre des actes de ses proposés.
Bilan de ces deux dernières journées : une trentaine de témoins qui se sont présentés à la cour.

Nous concluons que cette inquisition qui nous tient lieu de faux procès est une mascarade dont l'objectif est clair : dédouaner monsieur Denis Sassou Nguesso de ses responsabilités. Le clan a cru que cette affaire aurait été réglé par de l'argent ; on a donc promis 3 millions de francs cfa en urgence aux familles mais cela s'est avéré insuffisant car que peut-on faire au Congo aujourd'hui avec 3 millions de francs cfa ? A quoi correspond cette somme face à l'étendue des pertes (personnes, maisons, biens, voitures, etc.) ?  Il a fallu organiser ce faux procès pour détourner l'attention, la colère, le ressentiment du peuple sur d'autres personnes que Denis Sassou Nguesso. Pas certain que cela fonctionne...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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commentaires

le fils du pays 13/08/2013 11:31


Tous les Congolais savent que Mr Sassou a toujours fonctionne ainsi.Il utilise la ruse pour se dedouaner de ces responsabilites.Il n'a pas accuse les innocents apres avoir assassine son mentor
Ngouabi.Je crois que l'arrivee d'un Jerry Rawlings Congolais ne va plus tarder pour mettre l'ordre au Congo et nous debarrasser de ces ordures.

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