Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 08:53

CONGO_SUITE1N0059.jpg

DISCOURS DU LION DE MAKANDA  A LA CONVENTION DES FORCES DE RUPTURE

 

Je commencerai par saluer naturellement l’assistance qui est venue participer à cette Convention des forces de RUPTURE. Je tiens particulièrement à remercier madame Gertrude Malalou Goma et maître Brice Nzamba pour le travail énorme qu’ils consentent de faire nonobstant leurs préoccupations professionnelles et leur vie familiale.

Je me présente Jean-Pierre IBOUANGA alias LION DE MAKANDA, animateur du site internet http://www.demainlenouveaucongobrazaville.org et président du parti politique panafricain « UPIERAD » pour Union Panafricaine pour l’Indépendance Economique Réelle de l’Afrique dans la Démocratie. Je fais partie de la délégation venue de Lyon avec monsieur Jean-Claude Béri.

Mon texte s’intitule : « PRISE DE CONSCIENCE DES FORCES SOCIOPOLITIQUES ET STRATEGIE DE RUPTURE ».

 

Par prise de conscience, il faut comprendre la fixation mentale d’une idée claire, d’un jugement,  sur une  réalité qui généralement nous dépassait avant que par l’observation, l’intuition ou la réflexion, nous réalisons clairement ce qui semblait ne pas éveiller notre attention. C’est que souvent la réalité nous déborde par sa multi dimensionnalité car nous ne prenons pas la mesure des forces qui nous entourent et qui agissent sur nous soit physiquement, soit psychologiquement, soit les deux : forces visibles ou invisibles, forces physiques, mentales ou psychiques, forces sociales (administratives, politiques, culturelles, juridiques qui ont structuré l'esclavage par le CODE NOIR et la colonisation par le Droit administratif des colonies), forces fiduciaires avec l’argent (ici, nous faisons allusion au franc cfa ou franc des Colonies Françaises d'Afrique qui indique bien que sur le plan monétaire, le Congo végète toujours dans la colonisation - pas que dans ce domaine, d'ailleurs), entre autres.

 

La force est avec nous ou contre nous. Elle exerce une coercition dans le sens de la mouvance ou de l’immobilisme. Tout le progrès l’humanité est venu de la manière dont les hommes ont réussi à juguler certaines forces en prenant conscience de leur existence et de la façon dont elles agissaient sur l’homme et/ou dans l’univers. Nous sommes tous par exemple assujettis à la pesanteur, cette force qui nous colle à la terre-mère et qui fait confondre nos destins avec le sien. Pourtant, l’homme vole grâce à connaissance des lois de l’aérodynamique. C’est dire que si nous avons la volonté de rompre avec les pesanteurs d’une ou plusieurs forces et si nous y mettons la bonne méthode, nous y parvenons à coup sûr.

En ce qui nous concerne, nous Africains en général, Congolais en particulier, les forces qui nous contraignent à ne pas jouir de notre totale liberté et de nos ressources  dans le concert des nations sont les seules dont nous parlerons aujourd'hui. Pour vaincre les forces et les ondes de force qui nous tiennent captifs, nous devons d’abord être dans un certain état d’esprit qui nous concerne tous à titre individuel : il s’agit de notre EGO qui tend à vouloir s’affirmer contre les autres dans une ambition de positionnement hiérarchique. Pourquoi ? Parce que face aux forces qui veulent nous maintenir la tête dans l’eau, nous avons besoin de créer une volonté collective qui dépasse nos volontés individuelles. Vaincre les chaînes qui lient notre liberté et la tiennent en servitude, nous pouvons y parvenir si nous transformons les volontés individuelles en volontés collectives. Tout progrès humain n’a été par ailleurs possible que lorsque les volontés individuelles se sont organisées, se sont disciplinées pour l’atteinte d’un objectif commun en mettant en facteur les cultures, les intelligences, le sang, les forces physiques. Nous ne devons pas nous focaliser sur la différence de nos identités mais plutôt à la ressemblance de notre condition globale de peuples toujours colonisés en dépit de nos fausses indépendances. C’est cela qu’avaient   pères de l’indépendance : ne pas regarder à la différence mais regarder à la similitude de la condition sociale.

Se discipliner, mettre l’idéal, l’objectif au-dessus de nos personnes, travailler avec désintéressement, sans relâche, en ordre telle une armée, voilà une méthode qui assurément finit par payer. Après le départ des colons de l’Afrique, la force militaire était la plus apte à prendre le pouvoir non pas parce qu’elle possédait la capacité à tuer mais parce que l’armée est un corps qui répond comme une seule personne dans l’atteinte et la conservation d’un objectif. Tout est transcendé chez les soldats – même la peur de mourir et dans la mesure où les égos se taisent dans l’accomplissement d’un œuvre commune, l’armée parvient souvent à ses fins. Les civils ont du mal à s’organiser de la sorte, à taire leurs égos jusqu’à l’atteinte d’un objectif.

Il s’agit de rompre avec l’attitude qui dessert nos peuples parce que nous ne leur envoyons pas un message de cohésion et d’organisation outillées pour la reconquête de la liberté confisquée.

Nous avons subi et nous subissons encore l’impact de plusieurs forces venues de l’extérieur pour nous asservir. Ces forces ont trouvé des peuples peu  enclins à la guerre car ils n’avaient nul besoin de vivre aux  dépens des autres et  qui n’avaient pas développé des armes sophistiquées pour tuer, des peuplades éparses vivant plus ou moins en autarcie. Ils en ont d’abord fait des esclaves, avant de les regrouper de force et de les asservir sur place, en les dépouillant de leur liberté à s’administrer et de jouir des richesses de leur sous-sol. Ces forces étaient physiques, armées, juridiques qui ont mis en place une administration coloniale extravertie totalement tournée vers la satisfaction des intérêts occidentaux, culturelle avec l’école qui permettait d’apprendre la langue du maître afin de rendre ses ordres compréhensibles, religieuse avec l’avènement du christianisme ou de l’islam venus supplanter nos croyances et détruire notre âme, une arme monétaire avec l’argent dont le but était d’arrimer nos économies à la société marchande pour créer une dépendance aux produits manufacturés pour bon nombre superfétatoires.

Quand vint une prise de conscience de l’ignominie de cette situation, les puissances occidentales rusèrent en nous donnant des indépendances illusoires en mettant sur des trônes vassaux nos propres frères et nous croyons que la force qui nous oppressent c’est notre frère – alors que c’est toujours la France pour ce qui est du Congo qui tire les ficelles et qui exploite l’essentiel de nos richesses. Nous sommes tenus pas la monnaie et nos dirigeants font allégeance pour régner sur une nation d’esclaves et prendre les miettes qui reviennent à nos républiques virtuelles, à nos nations fictives, à nos ex-toujours colonies françaises pour un sentiment de puissance matérielle. Qui peut croire que nous sommes indépendants quand notre destin est scellé ailleurs, nos richesses ne profitant pas à notre peuple et que nous sommes tenus par les chaînes du franc cfa ? Toutes nos transactions financières nationales passent par la France qui en prélève 50% sans justification. Vous n’avez qu’à lire les textes que l’on trouve sur le site de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale).

Après cinquante ans de pseudo-indépendance, il est plus que temps de se dire que nous pouvons utiliser les armes juridiques contre notre oppresseur pour recouvrer totalement notre liberté en faisant front contre ceux qui représente le colon de l’intérieur. Pour cela, il faut construire un nouveau Congo dans la rupture avec l’ordre ancien en prenant conscience de toutes les forces qui nous entravent car les chaînes ont quitté nos pieds et nos mains pour enchaîner nos volontés et si nous parvenons à construire une volonté collective de rupture et que nous œuvrons patiemment dans ce but, sans nul doute, nous parviendrons à libérer notre mental, notre pays, notre peuple.

Le système des forces qui nous paralysent est de nature psychique : le colon a empêché aux ethnies venues de divers TSIS grossir les villes de devenir un vrai peuple en encourageant les dictatures et l’ethnicisation sociale ; la réponse doit être de la même nature ; elle doit être psychique par une volonté collective farouche, déterminée et implacable. Nous devons muscler nos esprits  dans la résistance et susciter une nouvelle génération d’hommes politiques aptes à parler  et à défendre l’intérêt du Congo et de l’Afrique tout entière en prônant l’indépendance réelle économique car l’indépendance politique sans indépendance économique n’ait rien et surtout, il nous faut instaurer une justice sociale qui rendra tout recours aux privilèges ethniques inutile.

Les pères de l’indépendance avaient clairement identifié les forces contre lesquelles ils se battaient. Cependant, leur méconnaissance du système qui les transcendait au niveau international ne leur a pas permis de comprendre que le complot ourdi contre nos peuples au nom de la race, au nom de la supériorité de l’outil, courait toujours.

Nous avons décidé de tracer une ligne de démarcation entre l’ordre ancien, moribond et l’ordre nouveau qui va naître du combat de RUPTURE. Cette ligne consiste en l’absence de toute compromission avec les tenants de l’esclavage du noir par le noir. Nous sommes pour une véritable indépendance en disposant nous-mêmes de nos ressources, de notre destinée pour établir une répartition équitable entre toutes les filles et fils du CONGO. Un pays aussi riche que le Congo, s’il jouissait de toutes ses richesses dans leur plénitude a largement de quoi subvenir aux besoins de quatre petits millions de personnes. De nombreux pays comme le Venezuela, la Bolivie, l’Algérie pour son gaz, la Lybie jouissent librement des ressources de leurs sous-sols. Le Congo peut en faire autant.

A la puissance occidentale, continentale, lUPIERAD (Union Panafricaine pour l'Indépendance Economique Réelle de l'Afrique dans la Démocratie) pense que l’on peut opposer une autre puissance continentale : les Etats-Unis d’Afrique (EUA) en créant un marché africain, une monnaie africaine et faire en sorte que ce qui n’est pas possible à l’échelle d’une nation le soit à l’échelle d’un continent. On peut imaginer des satellites africains pour la science, l’éducation ou les médias, etc.

Il faut commencer par faire des ethnies, des tribus, des clans, une véritable nation en activant une sorte de démocratie adaptée à notre identité profonde, notre "kimuntu" ou "bomoto", de sorte que le sentiment d’appartenance nationale devienne plus important que le sentiment d’appartenance ethnique par la justice sociale qui est à la fois méritocratie et solidarité à l’égard des plus faibles. Si la nation nous garantit des droits à tous en révoquant leur transformation en privilèges par l’ethnie, on peut être sûr qu’être Congolais prendra tout son sens et on n’élira plus  ou ne soutiendra personne parce qu’il est de son ethnie ou de sa région. Le projet politique prendra tout son sens car pour l'instant, seule l'identité ethno-régionale tient lieu de projet pour nos politiques. Une nouvelle vision politique éclot en ce moment même qui s’inscrit dans une lecture nouvelle de la façon de juguler les forces qui nous contrôlent – parce que rien n’est impossible à une conscience collective qui se confond avec une volonté collective qui vise avant tout à triompher d’un ordre ancien qui prolonge d’une certaine façon la colonisation car nous avons connu la colonisation de toutes les ethnies du Congo par l’ethnie française, nous connaissons aujourd’hui  un schéma identique qui veut qu’une ethnie autochtone règne sur les autres en s’appropriant toutes les miettes dévolues au peuple et en se maintenant au pouvoir par un pacte subtil avec le colon qui n’a pas cessé d’exercer sa puissance tutélaire sur un pays qui fait le lit de sa richesse.

La rupture est inscrite quelque part en nous et nous savons qu’il nous faut d’abord vaincre les démons de l’intérieur avant de vaincre les ennemis de l’extérieur. L’ennemi du Congo, c’est d’abord nous-mêmes, ce sont les Congolais. Un peuple divisé qui peine à faire l’union ne peut en aucun cas solder son passif colonial. Nous avons une mission difficile mais il nous faut pour notre survie nationale construire un autre avenir qui regarde le peuple congolais en face et pour construire un nouvel avenir, il nous faut commencer par modifier le présent.

 

Je vous remercie.

 

 

Partager cet article

Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
  • JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
  • : Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
  • Contact

STATISTIQUES

 

D.N.C.B. : PLUS DE 15.000.000 DE PAGES LUES ***, PLUS DE 10.000.000 VISITEURS DE UNIQUES, *** PLUS DE 3000 ARTICLES, *** 517 ABONNES A LA NEWSLETTER, *** PLUS DE 2500 COMMENTAIRES... 

Recherche

MESSAGE&RADIO&TV DU JOUR

LDM_SWING.gif

                                               

VIDEO DU JOUR

 

 



Articles Récents

IMAGES

SassouKadhafi.jpgBonobo-copie-1.jpgBedieOuattara.jpg4lions-drinking.jpgBernard-Kouchner-Nicolas-Sarkozy-Mouammar-Kadhafi-1.jpgchemindefer-1-.jpgbrazza_la_poubelle.jpgChristel-Sassou.JPGchiracsassou3.jpgedouoyo1.jpglisb1-1.jpgbrazza-la-poubelle-1.jpgplissouba3.jpgdebrazza.jpg