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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:58

Denis Sassou NGuesso : le hold-up permanent !

Un vieil adage chinois affirme: « Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt... » 

Un adage congolais pourrait dire : « Quand Sassou NGuesso invoque la Constitution, le sage devrait contrôler le tiroir-caisse ! »

Lorsque Denis Sassou NGuesso avait pris le pouvoir en 1979, son seul bien, sa maison de Mpila, était très modeste. Aucun signe extérieur de richesse, aucun luxe apparent qui le distinguait réellement alors de ses compatriotes. Presque un Congolais moyen… !

Nos conditions de vie, celles que nous tous connaissions à l’époque, Marie Louise Abia  les a parfaitement décrites « Quand j’étais enfant, le Congo n’était pas aussi riche qu’il ne l’est aujourd’hui, pourtant : A la maison, j’avais de l’eau courante et de l’électricité en permanence ; Je mangeais au moins trois fois par jour …. Pour me soigner, quand j’étais malade, les services de santé excellaient presque dans la concurrence du genre « à qui mieux-mieux » pour me traiter ;…..des professionnels médicaux se déplaçaient même pour aller me traiter – à titre préventif – à l’école ou dans mon quartier. Pour m’instruire, il y avait l’école, une vraie école avec de vrais pédagogues. »

Aujourd’hui ce n’est qu’un lointain souvenir. Pour la quasi-totalité des Congolais, cela n’existe plus. Près de 75% de la population se situe sous le seuil de pauvreté ;  plus de 45% de la population souffre de malnutrition. Des ONG étrangères tentent, tant bien que mal, de prodiguer quelques soins.

Le clan Sassou Nguesso, lui,  se porte très bien. Merci ! Ces trente dernières années au pouvoir lui ont bien profité.

Des Palais et des Hôtels au Congo, des Palais au Maroc et en Espagne. Des chaînes de télévision, des compagnies aériennes privées, des résidences partout dans le monde : Bahreïn, France, Côte d’Azur, Monaco, Miami, Espagne. Des hôtels particuliers pour les enfants à Paris, à Neuilly. Des intérêts dans  tous les secteurs productifs du pays et particulièrement dans la sous-traitance pétrolière. Le clan rackette, rançonne, dépouille toutes sortes de profits liés à l’extraction pétrolière et à l’exercice du pouvoir. Les paradis fiscaux les plus obscurs abritent leurs butins et les hommes de paille foisonnent pour dissimuler les fruits de leurs larcins. Oyo, trou du cul du Congo d’alors, se donne maintenant des airs de capitale avec son Alima Palace 5 étoiles et son aéroport international privé à Ollombo.

Insolentes fortunes, malhonnêtement acquises d’un côté ; Immense pauvreté et désespoir de l’autre !

Comment expliquer ce bilan tant contrasté ? Un seul mot ; sept lettres ;  quatre consonnes et trois voyelles suffiraient pour y répondre ! P. E. T. R. O. L. E. !

Pétrole ! Cette roche liquide d'origine naturelle,  huile minérale composée d'une multitude de composés organiques, essentiellement des hydrocarbures, piégée depuis la nuit des temps dans des formations géologiques particulières  de notre sous-sol attendait, par son exploitation, pour contribuer au bonheur et au développement de toute une nation ! Marien N’Gouabi, qui préférait la garder pour les générations futures, en est mort assassiné.  Après une trentaine d’années d’un pouvoir totalitaire, on ne peut que constater que seuls les NGUESSO en ont bénéficié !

Depuis le retour sanglant de l’autocrate aux affaires, le pouvoir, avec la complicité faussement passive des opérateurs pétroliers, a farouchement défendu l’opacité de ses conditions d’extraction, d’exploitation, de production et de commercialisation. Kiki 1er en est depuis longtemps le dépositaire incontesté.

Les revenus du Congo par baril, du fait des contrats de partage-production instaurés par Lissouba ont doublé, les quantités produites ont été multipliées par deux, le prix du baril par six au moins à ce-jour (110 $) ; soit un facteur de « 24 »  par rapport aux revenus pétroliers de 1997.

En 2016, grâce aux nouveaux gisements d’ENI et de TOTAL, la production doublera encore (facteur « 48 ») !

Il est possible d’estimer très raisonnablement les revenus pétroliers  durant la période de 1998 à 2013 à 35.000 milliards de FCFA.

A partir de 2016, le Congo produira entre 700 et 800.000 barils par jour. Sur une période de seulement 10 ans, sans tenir compte d’une augmentation de prix certaine due à une demande qui ne manquera pas de se renforcer, plus de 70.000 milliards de FCFA (140 milliards de USD) seront entre les mains des mêmes prédateurs qui veulent à tout prix se maintenir au pouvoir.

La modification de la Constitution n’est rien de plus que l’enjeu d’un gang mafieux qui veut conserver ses avantages. Entouré de nervis et de nantis, un bon millier de privilégiés récompensés par quelques miettes, les pilleurs institutionnels comptent, coûte que coûte et  constitutionnellement, se maintenir à la tête de l’Etat uniquement pour faire perdurer leur emprise crapuleuse. La corruption élevée, maintenue au rang de système de gouvernance, continuera d’acheter les complicités intérieures et extérieures. La population congolaise restera condamnée à la même misère et aux mêmes difficultés !

C’est la raison pour laquelle toute contestation de la modification « annoncée » de la Constitution est sévèrement réprimée. Il n’y a aucune justification politique crédible, aucune avancée palpable de la société congolaise ; l’enrichissement outrancier de quelques-uns n’a nullement empêché que le pays figure quasiment bon dernier dans tous les classements internationaux. De plus, tous les travaux remarquables ou de prestige, presque inutiles, ont été réalisés sur des crédits fournisseurs principalement de la Chine ; le « cash » servant à alimenter les appétits démesurés du Clan et de ses rejetons !

La modification de la Constitution et le maintien de l’autocrate de l’Alima ne sont rien d’autre qu’une garantie de l’immunité des actes criminels passés et à venir  commis ou à commettre par le gang mafieux à la tête de l’Etat congolais !

Le hold-up démarré le 5 février 1979, brièvement interrompu durant quelques années, est depuis permanent. Il n’appartient qu’au Peuple congolais d’y mettre fin et de retrouver son bien ? Un seul mot ; sept lettres ;  quatre consonnes et trois voyelles : P. E. T. R. O. L. E. ! Et accessoirement quelques peccadilles comme forêts et mines.

Le plus tôt sera le mieux !

Rigobert OSSEBI

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Published by Rigobert OSSEBI - dans demain le congo brazzaville
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