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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 11:10
cat293.gifLe débat sur la tribalité approche et mon esprit fécond est en ébullition. Je tiens plus que jamais à compléter ma vision du tribalisme qui est un phénomène plus complexe qu'il n'a l'air et qui ne concerne pas que le Congo. Ici, c'est le sociologue qui prend le pas sur tous les autres aspects de mes composantes intellectuelles.
L'enjeu est important : ou le feu ou la paix et la justice sociale. Le débat n'est pas à blâmer. Au contraire. On met le doigt dans la purulence même de l'Afrique et il faut parfois avoir mal pour guérir. Certaines panacées ont une amertume tenace. On se doit de crever l'abcès. Si on le pose mal, au lieu de guérir du tribalisme, on risque de le renforcer et c'est là toute la question.
Dans l'article qui se trouve juste en dessous de celui-ci, j'ai montré qu'il n'y a pas un tribalisme sociétal mais plutôt un tribalisme politique dont l'objectif est simple : conserver le pouvoir en contrôler tous les postes de décision et en transformant les droits publics en privilèges ethniques. J'ai fait de l'ethnologie pour montrer dans l'article précédent pour expliquer les fondements des différentes composantes de nos personnalités auxquelles j'ajoute une personnalité religieuse qui elle n'est pas en cause ici : il n'y a pas de tribalisme religieux au Congo comme au Soudan.
Réfléchissons un peu mais vite. L'essentiel de la cohorte politique congolaise est marié à des femmes du sud. C'est qu'ils adorent les belles carrosseries de nos soeurs, nos hommes politiques et nos cadres du nord. Qu'importe, ils sont patrilinéaires et tendent étrangement vers la polygamie. Quand vient l'heure de faire un choix, on regarde d'abord l'ethnie du père avant celle de la mère. Ceux des enfants ainsi nés qui profitent du système en font profiter, vous vous en doutez, à leurs frères, amis, cousins du sud. C'est logique. Ce qui compte, c'est de garder le pouvoir au nord en plaçant au sommet de l'Etat un homme dont le père est du nord. Il n'y a pas de cloison étanche entre les différentes solidarités de sorte que le tribalisme fricote un peu avec la solidarité nationale, la solidarité clanique, régionale, l'amitié tout court ou la connexion mystico-spirituelle.
Si le tribalisme avait un fondement social, Denis Sassou Nguesso n'aurait pas épousé Antoinette Tchibota qui est Vilie, c'est-à-dire du sud. Dans la société congolaise précoloniale, on était très  regardant à qui on épousait et le lignage avait son mot à dire parce qu'on redoutait que la fille s'éloigne trop de son lignage, de sa famille. N'oubliez pas qu'au sud, ce sont les femmes qui agrandissent les clans et qui font la famille. On fait donc très attention quand elles se marient. Ce n'est plus le cas aujourd'hui :  on aime d'abord puis on cherche à savoir d'où vient notre chérie.  Juste par curiosité. On ne regarde pas si le manioc que l'on mange vient d'Oyo ou de Boko. Non, dans la société, il n'y a pas de tribalisme car un tribalisme social généralement n'existe pas mais crée des classes sociales ethnisées qui affaiblissent le tissu social. Sassou Nguesso s'appuie sur de bonnes amitiés avec des originaires du sud comme Isidore Mvouba, entre autres pour créer l'illusion d'un pouvoir non tribalisé. Et si notre bonhomme était assuré de conserver le pouvoir sans s'appuyer sur les Mbochis, il n'aurait pas recours au tribalisme. D'ailleurs, les Mbochis eux-mêmes subissent la loi de la solidarité restreinte qui veut qu'on soit plus solidaire avec celui qui vous est le plus proche. Entre Mbochis d'Oyo, d'Edou, d'Ollombo et d'ailleurs, on n'est pas toujours en odeur de sainteté. On pratique l'individualisme qui est un tribalisme de degré 1 où l'homme s'occupe d'abord de lui avant de penser aux autres.
Cependant, il y a désormais des mariages "politisés" : on choisit de se lier à des femmes du sud pour créer des alliances politiques ; d'où la polygamie de nos dirigeants politiques. Marien Ngouabi l'aurait conseillé aux siens pour mêler les sangs et échapper à la vindicte sociale si jamais le tribalisme politique tournait mal. Ce n'est pas prouvé et il serait étonnant qu'une telle idéologie soit à la base de la lubricité de ceux qui jouent leur parodie politique depuis plus de douze ans. Cependant, en règle générale, aucune doctrine ne préside à ces aspects comme dans la Bible où les Hébreux sont appelés par "dieu" à ne prendre que des femmes des douze tribus d'Israël pour éviter d'être influencés par d'autres religions. Là, il y a bien tribalisme matrimonial et qui peut croire qu'un Dieu véritable exigerait cela ?
Je pense que le tribalisme persiste parce que le mélange des ethnies ne se fait pas assez vite par les alliances matrimoniales car le mariage peut vaincre le tribalisme. Pour l'anecdote, dans l'affaire de la rébellion des souris de la maison vilie, Sassou a choisi Itoua Poto pour rétablir le calme. Combien savent que ce choix n'est pas hasardeux ? La mère d'Itoua Poto est vilie. Il a dit aux Vilis : "Ma mère est vilie donc je suis aussi des vôtres". Il a pu agir avec une certaine mesure à cause de cela car si Sassou avait envoyé un Mbochi à 100%, les choses auraient pu se transformer en catastrophe sociale.
Si nous voulons vaincre ce problème juste par le jeu social, il suffit que les hommes du nord épousent les femmes du sud et que les hommes du sud épousent des femmes du nord mais c'est une utopie puisqu'on ne contrôle pas les sentiments.
Quant au contexte démographique défavorable au nord, les choses peuvent être dépassées par la justice sociale et par l'émergence d'une véritable politique qui tient compte des projets de société et non plus des identités. Opango battit Youlou mais Youlou prit le pouvoir en lui débauchant un député. Une partie de l'électorat d'Opango était du sud.
C'est une bonne chose que monsieur Denis Sassou Nguesso fasse des routes qui nous permettent d'aller au nord. En connectant le sud et le nord, il favorise un peu plus le mélange social car c'est par la survivance de nos villages que survit aussi l'ethnie or,  si l'ethnie disparaît - et je le souhaite pas - il n'y aurait plus de "tribalisme" puisqu'il n'y aura plus de tribus localisées pour asseoir les dictatures. Cependant, ce n'est pas nécessaire si les hommes politiques sont démocratiquement élus.
Certes, les fruits du tribalisme atteignent le corpus social par le jeu des solidarités grégaires (familles, clans, ethnies, régions,  etc) ; ce qui fait que des individus sont favorisés parce qu'autrement, ils n'avaient aucun mérite mais il faut s'accorder du temps et les choses prendront une autre coloration car ce qui fait les villes, c'est leur capacité à moudre les hommes et les cultures pour générer quelque chose de nouveau, bref, une nouvelle société. Nous finirons par y arriver.

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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