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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:21

Lors de son accession à la souveraineté nationale, le 15 août 1960, la République du Congo avait expérimenté une des composantes de la démocratie qu’est le multipartisme. Mais, très vite, cette expérience tourna court, suite à l’option prise par les politiques de l’époque pour le socialisme. Le corollaire de cette orientation politique fut l’instauration d’un parti unique au Congo.

Les travers et abus du monopartisme dans notre pays sont suffisamment connus pour être rappelés ici. Tout au plus, peut-on relever, de manière indicative, les assassinats et les prisonniers politiques, sans oublier les nombreux exilés, la violation des droits et libertés fondamentaux des citoyens, les détournements massifs et récurrents des deniers publics .Le monopartisme était donc étroitement lié à l’intolérance politique. Aucun développement viable ne pouvait donc être attendu de cette pratique du parti unique dont le rôle dirigeant était consacré par les différentes constitutions de l’époque.

Avec le vent de la démocratie venu des pays de l’Est, et surtout du Discours de la Baule de François Mitterrand, le Congo va s’engager dans la voie de la démocratisation, par la suppression du rôle dirigeant du parti unique et l’instauration du pluripartisme.

L’option pour la démocratie fut clairement prise par le peuple congolais lors de la Conférence nationale souveraine en 1991. Au sortir de cette conférence, le Congo était censé devenir une démocratie. Mais, vingt et un an après, il importe de faire un bilan ou une rétrospective du chemin parcouru. 

On distinguera trois étapes :

1. De la tenue de la Conférence nationale souveraine à la fin de la transition en  1992

Cette période fut caractérisée par la véritable liberté d’expression et de presse ainsi que par le respect des libertés fondamentales des citoyens. Au cours de cette période, on a également noté une véritable liberté de parole au sein du parlement de transition. Les conseillers nationaux de transition apportaient au gouvernement de transition un soutien, non pas aveugle, mais critique. On se souvient encore de la menace de l’adoption d’une motion de censure contre le Gouvernement d’André Milongo si ce dernier ne réduisait pas drastiquement l’effectif de sa dernière équipe gouvernementale. Ce qu’il fit, in extremis, heureusement et sauva son gouvernement.

Mais ce qui demeure le trait le plus caractéristique de cette période est l’organisation, par le gouvernement d’André Milongo -avec des moyens financiers pourtant très modestes- du référendum constitutionnel du 15 mars 1992, des élections législatives, locales et sénatoriales et la présidentielle de la même année. Faut-il encore préciser que ce sont les seules élections libres, régulières et transparentes connues par le Congo jusqu’à ce jour.

André Milongo, candidat à l’élection présidentielle de 1992, réussit à tordre le coup à l’absurdité selon laquelle on n’organise pas les élections pour les perdre. Eliminé dès le premier tour, il s’inclina, en vrai homme d’Etat, devant le verdict des urnes.

Cette première étape de la démocratisation du Congo fut donc satisfaisante au regard des attentes nées de la Conférences nationale souveraine en matière de démocratie.

2. De l’accession au pouvoir de Pascal Lissouba en 1992 à la guerre du 5  juin 1997

Cette seconde période conserve certains acquis de la première transition notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et de presse même si des tentatives de contrôler étroitement les médias d’Etat étaient perceptibles. L’opposition politique s’exprimait -parfois avec virulence contre le pouvoir- librement. Ce qui n’était pas rien. 

Mais la griserie du pouvoir et la tentation de le confisquer ont entraîné des dérives et abus de toutes sortes ayant conduit au désenchantement du peuple congolais et préparé les conditions de la guerre du 5 juin 1997 qui est venue mettre un coup d’arrêt à la poursuite de l’expérience démocratique au Congo.

3. De la fin de la guerre du 5 juin 1997 jusqu’à ce jour

C’est la période qui constitue un véritable bon en arrière et une régression. Certes la Constitution du 20 janvier 2002 existe et toutes les institutions qu’elle a prévues sont bien mises en place. Mais tout cela ne doit pas faire illusion.

Il s’agit, en réalité, d’une démocratie de façade, des simples discours et slogans incantatoires. La Constitution est régulièrement foulée aux pieds par les tenants du pouvoir actuel. Les droits et libertés fondamentaux des individus sont allègrement foulés aux pieds. Les violations récurrentes de la loi fondamentale de l’Etat, qu’on ne compte plus, sont érigées en méthode de gouvernement. 

Les opposants politiques sont quelquefois persécutés et jetés en prison, les médias d’Etat sont contrôlés par le pouvoir, le culte de la personnalité porté au paroxysme, le népotisme, le manque de légitimité des députés et sénateurs puisqu’ils ne sont pas, dans leur majorité, l’émanation du souverain primaire. Durant ces deux législatures, on assiste à une dépossession démocratique au détriment du peuple dont l’expression dans les urnes est tout simplement ignorée. Le manque de légitimité des représentants du peuple, au sortir des élections, continue à compromettre l’avènement d’une vraie démocratie dans notre pays. Voilà qui doit interpeller le président François Hollande dont la politique africaine fait une place de choix à l’exigence démocratique dans nos dictatures africaines. Il ne devrait plus soutenir, de quelque manière que ce soit, les dictatures francophones d’Afrique dont fait partie le Congo, à cause de la gest ion chaotique et liberticide du pouvoir actuel.

Pendant cette période, toutes les élections organisées par le pouvoir ne sont que des simulacres destinés à permettre au PCT de conserver une majorité godillot dans les deux chambres du Parlement. Les élections législatives de 2012 sont d’ailleurs la preuve éclatante du refus du pouvoir de respecter le vote des citoyens congolais. C’est une évidence que la fraude ou la tricherie aux élections, mais aussi dans nombre d’autres domaines, est la bouée de sauvetage de ce pouvoir honni et illégitime.

Toutes les institutions d’appui à la démocratie sont inféodées au pouvoir en place. La Cour constitutionnelle par exemple, en réalité celle des irrecevabilités, n’a pour rôle que de déclarer juridiquement non fondées toutes les requêtes émanant des candidats n’appartenant pas au pouvoir et d’écarter injustement certains candidats de la compétition électorale.la mise ne scène du contentieux des législatives de 2012 en est la preuve patente. Que dire de la justice dont le rôle n’est plus que permettre au pouvoir de châtier injustement ceux qu’il considère souvent à tort comme constituant une menace pour sa survie.

Le Conseil supérieur de la liberté de communication, en mission commandée du pouvoir, ne conçoit la régulation des médias que par la suspension de parution des journaux critiquant de façon acerbe le pouvoir.

L’intolérance politique et le non respect du droit à la différence sont revenus en force. 

Le droit à la grève, pourtant constitutionnellement garanti aux travailleurs congolais, continue d’être bafoué par le pouvoir, sous le fallacieux prétexte d’une trêve sociale illimitée. Cette prétendue trêve n’est rien d’autre qu’une atteinte intolérable au droit de grève. Il en est de même de la liberté de manifester pacifiquement dont le pouvoir empêche constamment l’exercice sous couleur de préserver la paix sociale et l’ordre public.

Il serait d’ailleurs fastidieux d’énumérer tous les abus et violations des droits des citoyens dont le pouvoir actuel est responsable. Pour résumer cette troisième étape, on dirait simplement qu’elle se caractérise par un multipartisme formel doublé d’un parti unique tout puissant de fait.

Le grave déficit démocratique constaté au Congo devrait préoccuper tous les vrais démocrates et les conduire à mener le combat pour l’instauration d’une véritable démocratie pluraliste et d’un Etat de droit au Congo, car cette intolérable dépossession démocratique du peuple congolais ne saurait s’éterniser.

L’avènement de la démocratisation avait fait naître beaucoup d’espoir auprès des congolais. Ces derniers, en effet, attendaient raisonnablement de la démocratisation qu’elle contribue à mettre fin à tous les travers et abus du monopartisme, pour que le Congo puisse enfin s’engager résolument dans la voie de la véritable démocratie, de la bonne gouvernance et du développement au sens le plus large.

Mais, plus de deux décennies après, eu égard à la manière dont le pouvoir est géré par les gouvernements successifs, en général, et par le pouvoir actuel en particulier, les congolais ont dû déchanter.

En effet, à la véritable démocratie pluraliste qui était attendue, il a été très vite substitué une démocratie en trompe-l’œil ou de façade. Tous les travers et abus du monopartisme sont perpétués par le pouvoir actuel. Ces abus prennent une ampleur d’autant plus inquiétante qu’elle menace de compromettre sérieusement la stabilité et la paix et, ce, en dépit du discours officiel prétendant constamment le contraire. C’est en recourant à la langue de bois que celui qui assume la plus haute charge de l’Etat a récemment prétendu que le Congo est un pays du dialogue permanent. Tous les congolais savent bien pourtant que c’est archifaux. L’arrogance, le mépris des congolais et le refus du dialogue avec tous ceux qui ne pensent pas comme le pouvoir sont des attitudes négatives érigées en politique officielle.

Parmi les travers qui ont compromis la démocratie au Congo, il y a le manichéisme, le sectarisme et l’ostracisme qui font encore s’observer les acteurs politiques en chiens de faïence, comme s’ils étaient des ennemis alors qu’ils ne partagent pas simplement la même vision politique. Ce qui est normal en démocratie.

Par ailleurs, on ne le sait que trop bien, sans une véritable opposition politique forte et organisée, offrant une vraie alternance politique au pouvoir en place, il n’y aura jamais de démocratie digne de ce nom dans notre pays. Conscient de cela, le pouvoir en place s’ingénie à imaginer tous les stratagèmes susceptibles de diviser, miner et affaiblir cette opposition politique. Il faut reconnaître qu’il a bien réussi son coup de diviser une opposition qui donne le désolant spectacle de n’être devenue qu’’une foire d’empoigne sans véritable leadership. En témoigne l’état lamentable dans lequel se trouvent l’UPADS et le MCDDI. Ceux qui se prennent pour des leaders de cette opposition sont devenus des spécialistes de la « politique du ventre » au lieu de s’en tenir à leurs convictions et au combat politique. Ils préfèrent rejoindre la mangeoire trahissant ainsi leurs militants qui avaient placé leur espoir en eux tout en continuant à tenir, officiellement, afin d’amuser la galerie, un pseudo discours d’opposants. C’est la preuve que n’est pas André Milongo qui le veut. Aujourd’hui, pouvoir et opposition, sont des complices objectifs dans cette remise en cause progressive mais inexorable du processus de démocratisation dans notre pays. Une vraie opposition politique reste encore largement à créer, n’en déplaise aux pseudos opposants actuels.

Le bilan du processus de démocratisation au Congo - sans être pessimiste- est on ne peut plus négatif. Il ne serait d’ailleurs pas excessif de dire que le Congo accuse un grave déficit démocratique, par la faute du pouvoir actuel qui ne veut pas se départir de tous les travers et abus du monopartisme, aidé en cela, par une prétendue opposition famélique ayant renoncé au vrai combat politique et préférant vivre à genoux en contrepartie d’humiliants subsides du pouvoir. La kleptocratie est fonctionne toujours à merveille !

L’instauration progressive d’une véritable démocratie pluraliste est donc l’affaire de tous les Congolais qui sont attachés au changement et au progrès. Il est donc nécessaire voire urgent qu’ils s’organisent, réfléchissent et fassent des propositions susceptibles de remettre le processus de démocratisation sur les rails dans l’intérêt supérieur de la République. 

Mais, ne nous y trompons pas, le retour sur le chemin de la démocratie véritable ne sera possible qu’avec une véritable alternance pacifique au pouvoir, en application de l’article 185 alinéa 3 de la constitution du 20 janvier 2002 et, surtout, de l’émergence d’une nouvelle classe politique débarrassée des oripeaux idéologiques et du conservatisme qui constituent autant d’entraves au nécessaire renouvellement de la classe politique dont notre pays a urgemment besoin. 

C’est donc une lutte âpre et de longue haleine qui ne doit pas décourager ceux qui luttent et qui sont attachés au retour de notre pays sur la voie de la véritable démocratie pluraliste, consensuelle et apaisée. Ils doivent, au contraire, puiser dans ces difficultés - liées au conservatisme et à la volonté de confiscation du pouvoir actuel - toute la détermination et toute l’énergie nécessaires pour mener à bien ce qu’il faut bien qualifier de combat politique salvateur dans l’intérêt la République, qui se meurt, dans l’indifférence de ces spécialistes de la politique politicienne qui ont pris en otage le devenir de notre beau pays...


                                                           LOMBISSA TERENCE

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Published by Bilan du processus de démocratisation en République du Congo LOMBISSA TERENCE Bilan du processus de démocratisation en République du Congo Lors de son accession à la souveraineté nationale, le 15 août 1960, la République du Congo avait expérimenté une des composantes de la démocratie qu’est le multipartisme. Mais, très vite, cette expérience tourna court, suite à l’option prise par les politiques de l’époque pour le socialisme. Le corollaire de cette orientation politique fut l’instauration d’un parti unique au Congo. Les travers et abus du monopartisme dans notre pays sont suffisamment connus pour être rappelés ici. Tout au plus, peut-on relever, de manière indicative, les assassinats et les prisonniers politiques, sans oublier les nombreux exilés, la violation des droits et libertés fondamentaux des citoyens, les détournements massifs et récurrents des deniers publics .Le monopartisme était donc étroitement lié à l’intolérance politique. Aucun développement viable ne pouvait donc être attendu de cette pratique du parti unique dont le rôle dirigeant était consacré par les différentes constitutions de l’époque. Avec le vent de la démocratie venu des pays de l’Est, et surtout du Discours de la Baule de François Mitterrand, le Congo va s’engager dans la voie de la démocratisation, par la suppression du rôle dirigeant du parti unique et l’instauration du pluripartisme. L’option pour la démocratie fut clairement prise par le peuple congolais lors de la Conférence nationale souveraine en 1991. Au sortir de cette conférence, le Congo était censé devenir une démocratie. Mais, vingt et un an après, il importe de faire un bilan ou une rétrospective du chemin parcouru. On distinguera trois étapes : 1. De la tenue de la Conférence nationale souveraine à la fin de la transition en 1992. Cette période fut caractérisée par la véritable liberté d’expression et de presse ainsi que par le respect des libertés fondamentales des citoyens. Au cours de cette période, on a également noté une véritable liberté de parole au sein du parlement de transition. ,Les conseillers nationaux de transition apportaient au gouvernement de transition un soutien, non pas aveugle, mais critique. On se souvient encore de la menace de l’adoption d’une motion de censure contre le Gouvernement d’André Milongo si ce dernier ne réduisait pas drastiquement l’effectif de sa dernière équipe gouvernementale. Ce qu’il fit, in extremis, heureusement et sauva son gouvernement. Mais ce qui demeure le trait le plus caractéristique de cette période est l’organisation, par le gouvernement d’André Milongo -avec des moyens financiers pourtant très modestes- du référendum constitutionnel du 15 mars 1992, des élections législatives, locales et sénatoriales et la présidentielle de la même année. Faut-il encore préciser que ce sont les seules élections libres, régulières et transparentes connues par le Congo jusqu’à ce jour. André Milongo, candidat à l’élection présidentielle de 1992, réussi à tordre le coup à l’absurdité selon laquelle on n’organise pas les élections pour les perdre. Eliminé dès le premier tour, il s’inclina, en vrai homme d’Etat, devant le verdict des urnes. Cette première étape de la démocratisation du Congo fut donc satisfaisante au regard des attentes nées de la Conférences nationale souveraine en matière de démocratie. 2. De l’accession au pouvoir de Pascal Lissouba en 1992 à la guerre du 5 juin 1997. Cette seconde période conserve certains acquis de la première transition notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et de presse même si des tentatives de contrôler étroitement les médias d’Etat étaient perceptibles. L’opposition politique s’exprimait -parfois avec virulence contre le pouvoir- librement. Ce qui n’était pas rien. Mais la griserie du pouvoir et la tentation de le confisquer ont entraîné des dérives et abus de toutes sortes ayant conduit au désenchantement du peuple congolais et préparé les conditions de la guerre du 5 juin 1997 qui est venue mettre un coup d’arrêt à la poursuite de l’expérience démocratique au Congo. 3. De la fin de la guerre du 5 juin 1997 jusqu’à ce jour. C’est la période qui constitue un véritable bon en arrière et une régression. Certes la Constitution du 20 janvier 2002 existe et toutes les institutions qu’elle a prévues sont bien mises en place. Mais tout cela ne doit pas faire illusion. Il s’agit, en réalité, d’une démocratie de façade, des simples discours et slogans incantatoires. La Constitution est régulièrement foulée aux pieds par les tenants du pouvoir actuel. Les droits et libertés fondamentaux des individus sont allègrement foulés aux pieds. Les violations récurrentes de la loi fondamentale de l’Etat, qu’on ne compte plus, sont érigées en méthode de gouvernement. Les opposants politiques sont quelquefois persécutés et jetés en prison, les médias d’Etat sont contrôlés par le pouvoir, le culte de la personnalité porté au paroxysme, le népotisme, le manque de légitimité des députés et sénateurs puisqu’ils ne sont pas, dans leur majorité, l’émanation du souverain primaire. Durant ces deux législatures, on assiste à une dépossession démocratique au détriment du peuple dont l’expression dans les urnes est tout simplement ignorée. Le manque de légitimité des représentants du peuple, au sortir des élections, continue à compromettre l’avènement d’une vraie démocratie dans notre pays. Voilà qui doit interpeller le président François Hollande dont la politique africaine fait une place de choix à l’exigence démocratique dans nos dictatures africaines. Il ne devrait plus soutenir, de quelque manière que ce soit, les dictatures francophones d’Afrique dont fait partie le Congo, à cause de la gest ion chaotique et liberticide du pouvoir actuel. Pendant cette période, toutes les élections organisées par le pouvoir ne sont que des simulacres destinés à permettre au PCT de conserver une majorité godillot dans les deux chambres du Parlement. Les élections législatives de 2012 sont d’ailleurs la preuve éclatante du refus du pouvoir de respecter le vote des citoyens congolais. C’est une évidence que la fraude ou la tricherie aux élections, mais aussi dans nombre d’autres domaines, est la bouée de sauvetage de ce pouvoir honni et illégitime. Toutes les institutions d’appui à la démocratie sont inféodées au pouvoir en place. La Cour constitutionnelle par exemple, en réalité celle des irrecevabilités, n’a pour rôle que de déclarer juridiquement non fondées toutes les requêtes émanant des candidats n’appartenant pas au pouvoir et d’écarter injustement certains candidats de la compétition électorale.la mise ne scène du contentieux des législatives de 2012 en est la preuve patente. Que dire de la justice dont le rôle n’est plus que permettre au pouvoir de châtier injustement ceux qu’il considère souvent à tort comme constituant une menace pour sa survie. Le Conseil supérieur de la liberté de communication, en mission commandée du pouvoir, ne conçoit la régulation des médias que par la suspension de parution des journaux critiquant de façon acerbe le pouvoir. L’intolérance politique et le non respect du droit à la différence sont revenus en force. Le droit à la grève, pourtant constitutionnellement garanti aux travailleurs congolais, continue d’être bafoué par le pouvoir, sous le fallacieux prétexte d’une trêve sociale illimitée. Cette prétendue trêve n’est rien d’autre qu’une atteinte intolérable au droit de grève. Il en est de même de la liberté de manifester pacifiquement dont le pouvoir empêche constamment l’exercice sous couleur de préserver la paix sociale et l’ordre public. Il serait d’ailleurs fastidieux d’énumérer tous les abus et violations des droits des citoyens dont le pouvoir actuel est responsable. Pour résumer cette troisième étape, on dirait simplement qu’elle se caractérise par un multipartisme formel doublé d’un parti unique tout puissant de fait. Le grave déficit démocratique constaté au Congo devrait préoccuper tous les vrais démocrates et les conduire à mener le combat pour l’instauration d’une véritable démocratie pluraliste et d’un Etat de droit au Congo, car cette intolérable dépossession démocratique du peuple congolais ne saurait s’éterniser. L’avènement de la démocratisation avait fait naître beaucoup d’espoir auprès des congolais. Ces derniers, en effet, attendaient raisonnablement de la démocratisation qu’elle contribue à mettre fin à tous les travers et abus du monopartisme, pour que le Congo puisse enfin s’engager résolument dans la voie de la véritable démocratie, de la bonne gouvernance et du développement au sens le plus large. Mais, plus de deux décennies après, eu égard à la manière dont le pouvoir est géré par les gouvernements successifs, en général, et par le pouvoir actuel en particulier, les congolais ont dû déchanter. En effet, à la véritable démocratie pluraliste qui était attendue, il a été très vite substitué une démocratie en trompe-l’œil ou de façade. Tous les travers et abus du monopartisme sont perpétués par le pouvoir actuel. Ces abus prennent une ampleur d’autant plus inquiétante qu’elle menace de compromettre sérieusement la stabilité et la paix et, ce, en dépit du discours officiel prétendant constamment le contraire. C’est en recourant à la langue de bois que celui qui assume la plus haute charge de l’Etat a récemment prétendu que le Congo est un pays du dialogue permanent. Tous les congolais savent bien pourtant que c’est archifaux. L’arrogance, le mépris des congolais et le refus du dialogue avec tous ceux qui ne pensent pas comme le pouvoir sont des attitudes négatives érigées en politique officielle. Parmi les travers qui ont compromis la démocratie au Congo, il y a le manichéisme, le sectarisme et l’ostracisme qui font encore s’observer les acteurs politiques en chiens de faïence, comme s’ils étaient des ennemis alors qu’ils ne partagent pas simplement la même vision politique. Ce qui est normal en démocratie. Par ailleurs, on ne le sait que trop bien, sans une véritable opposition politique forte et organisée, offrant une vraie alternance politique au pouvoir en place, il n’y aura jamais de démocratie digne de ce nom dans notre pays. Conscient de cela, le pouvoir en place s’ingénie à imaginer tous les stratagèmes susceptibles de diviser, miner et affaiblir cette opposition politique. Il faut reconnaître qu’il a bien réussi son coup de diviser une opposition qui donne le désolant spectacle de n’être devenue qu’’une foire d’empoigne sans véritable leadership. En témoigne l’état lamentable dans lequel se trouvent l’UPADS et le MCDDI. Ceux qui se prennent pour des leaders de cette opposition sont devenus des spécialistes de la « politique du ventre » au lieu de s’en tenir à leurs convictions et au combat politique. Ils préfèrent rejoindre la mangeoire trahissant ainsi leurs militants qui avaient placé leur espoir en eux tout en continuant à te nir, officiellement, afin d’amuser la galerie, un pseudo discours d’opposants. C’est la preuve que n’est pas André Milongo qui le veut. Aujourd’hui, pouvoir et opposition, sont des complices objectifs dans cette remise en cause progressive mais inexorable du processus de démocratisation dans notre pays. Une vraie opposition politique reste encore largement à créer, n’en déplaise aux pseudos opposants actuels. Le bilan du processus de démocratisation au Congo -sans être pessimiste- est on ne peut plus négatif. Il ne serait d’ailleurs pas excessif de dire que le Congo accuse un grave déficit démocratique, par la faute du pouvoir actuel qui ne veut pas se départir de tous les travers et abus du monopartisme, aidé en cela, par une prétendue opposition famélique ayant renoncé au vrai combat politique et préférant vivre à genoux en contrepartie d’humiliants subsides du pouvoir. La kleptocratie est fonctionne toujours à merveille ! L’instauration progressive d’une véritable démocratie pluraliste est donc l’affaire de tous les congolais qui sont attachés au changement et au progrès. Il est donc nécessaire voire urgent qu’ils s’organisent, réfléchissent et fassent des propositions susceptibles de remettre le processus de démocratisation sur les rails dans l’intérêt supérieur de la République. Mais, ne nous y trompons pas, le retour sur le chemin de la démocratie véritable ne sera possible qu’avec une véritable alternance pacifique au pouvoir, en application de l’article 185 alinéa 3 de la constitution du 20 janvier 2002 et, surtout, de l’émergence d’une nouvelle classe politique débarrassée des oripeaux idéologiques et du conservatisme qui constituent autant d’entraves au nécessaire renouvellement de la classe politique dont notre pays a urgemment besoin. C’est donc une lutte âpre et de longue haleine qui ne doit pas décourager ceux qui luttent et qui sont attachés au retour de notre pays sur la voie de la véritable démocratie pluraliste, consensuelle et apaisée. Ils doivent, au contraire, puiser dans ces difficultés- liées au conservatisme et à la volonté de confiscation du pouvoir actuel- toute la détermination et toute l’énergie nécessaires pour mener à bien ce qu’il faut bien qualifier de combat politique salvateur dans l’intérêt la République, qui se meurt, dans l’indifférence de ces spécialistes de la politique politicienne qui ont pris en otages le devenir de notre beau pays.. TERENCE LOMBISSA. - dans demain le congo brazzaville
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