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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 22:05
Mon cher E.M., je l'ai aussi entendu.  Même si j'ai trouvé le conférencier Mouanda Nsémi intéressant, je l'ai jugé évasif, généraliste et sans véritable solution - comme s'il oubliait que nous sommes à présent des républiques imbriquées dans une mondialisation et pas tout à fait "décolonisées". Notre premier problème, nous Africains sub-sahariens, c'est l'extraversion culturelle, politique, systémique, identitaire, religieuse : l'esclavage et la colonisation ont installé un complexe d'infériorité que nous ne pouvons vaincre que si nous nous tournons vers CE QUE NOUS SOMMES en réalité. L'avantage de vivre selon sa propre identité, c'est le fait de ne pas se comparer à autrui mais d'accepter et d'assumer sa différence ; l'Occident nous  a refusé le droit à la différence au nom d'une pseudo-civilisation universelle qui voulait nous sortir de la "sauvagerie",  désormais indépendants, nous nous refusons le droit à la différence au nom du complexe d'infériorité. Les problèmes de l'Afrique proviennent en grande partie de ce que nous voulons vivre comme nos anciens maîtres - sans s'y donner vraiment les moyens et sans que notre fond culturel y corresponde vraiment.

Hélas pour Mouanda Nsémi, nous ne sommes plus à l'époque du royaume kongo ou téké ; nous pouvons juste nous en inspirer pour agir de façon éclectique - même si des oripeaux de survivances persistent ici ou là.

Le professeur parle de "provincialisation" - alors que nous n'avons pas de provinces mais des régions et même si on pratiquait une telle politique de "provincialisation" que la corruption morale ambiante qui règne ferait échouer de nombreux projets ; le problème est profond et il faut aller jusqu'à l'os pour y trouver des solutions : pour venir à bout de la médiocrité, ce n'est pas simplement quelques sages qu'il nous faut mais un nouvel état d'esprit collectif. 
La question d'une meilleure rédistribution des richesses ne peut être résolue que par la loi car si on la laisse au bon vouloir du souverain, rien n'y fera : aux Etats-Unis, c'est le Congrès qui décide de la façon dont doit être dépensé le moindre dollar public ; nous en avons eu la preuve récemment quand un désaccord entre républicains et démocrates a paralysé l'Amérique.
Cet homme, cette espèce d'évangéliste évoque le danger d'une scission de l'Afrique mais ne propose pas une solution en matière de redistribution de la richesse nationale qui est la cause qui pourrait nous y plonger. Le choix des hommes est une question si délicate que certaines difficultés ne peuvent être résolue que par la "collégialité", le type de pouvoir individuel ayant péché depuis plus d'un demi-siècle. Les lacunes individuelles peuvent être corrigées collectivement ; l'Afrique ancienne fonctionnait selon les deux modèles mixés, le souverain pouvant faire appel à la communauté pour entendre et choisir la meilleure solution qui sied le mieux à la résolution de certains problèmes de société.
Certains apprécient probablement le fait que ce monsieur Mouanda Nsémi parle d'éclipser la démocratie au bénéfice du choix de son successeur par le souverain présent se fiant à sa connaissance empirique des hommes. Ils oublient  que nous sommes en république et que ce n'est pas si aisé de trouver les "sages" dont notre orateur parle : il faudrait qu'un souverain soit capable de connaître tous ses sujets - ce qui est impossible. Le conférencier semble avoir compris ce que nous avons toujours prôné au travers du retour à notre propre intériorité car l'administration de l'Afrique selon des modèles allogènes ne fonctionne pas : j'ai déjà proposé une solution à ce problème. Le problème ce n'est pas l'intellectuel mais le MODELE ! Mettez tous les génies que vous voulez dans un mauvais modèle que ça ne fonctionnera pas. Certains de nos intellectuels africains étaient parmi les meilleurs dans les écoles et dans les universités occidentales mais plongés dans un modèle qui étouffe leur génie, ils soient broyés, laminés, contaminés culturellement par le système et finissent par se comporter comme les autres...
Qui sommes-nous ? Pouvons-nous y répondre ? Là est le coeur de tout développement sociétal humain. La France se développe sur le modèle de l'identité authentiquement française, ainsi que les Allemands, les Norvégiens ou les Chinois - même si les mêmes ressorts technologiques sont partagés ici et là. Chaque grande nation est arc-boutée sur sa propre culture, sa propre identité - même si l'europe a un fond culturel commun comme tous les Bantous, du Tchad au Cap en passant par le Soudan ont un fond culturel commun. Pour ce qui est de l'homme, nous les Africains, n'étudions pas nos propres cultures à l'école et dans les universités mais préférons étudier celles des autres ! Il faudra changer tout cela avec l'introduction de la culture du kimuntu propre aux Bantous à l'école. Les jeunes Français étudient la culture et la civilisation françaises jusqu'à l'université.
Nous sommes des acculturés ; il nous faut une "réacculturation" comme si on nous réimplantait notre propre culture pour mieux la fixer. L'homme est notre plus grand problème et aucune politique ne peut réussir si on ne prend pas la mesure de l'identité de l'homme que nous voulons construire. L'identité par mimétisme à autrui, notamment au colon français, ne nous a pas réussi depuis 50 ans. Il faut changer de logiciel identitaire et culturel pour réussir un développement original, authentique.
Au Congo, la scission soulève un certain nombre de problèmes que j'ai déjà rélevés mais qui ne sont pas insurmontables : le premier est le fait que la plupart des grandes villes se trouvent au sud, le second est celui de la mixité matrimoniale qui impliquerait que les enfants choisissent une nationalité entre celle du père ou de la mère dans le cas où ils appartiendraient à des régions différentes. On peut facilement mieux réussir la question d'une redistribution harmonieuse des richesses si la volonté politique joue le jeu que la scission du Congo en deux ou plusieurs Etats. Le cas du Soudan est assez particulier à cause de la faible mixité sociale qui existait entre le nord et le sud.
Il y aura toujours des régions plus riches que d'autres ; il suffit de concéder à celles-ci une partie de la richesse adéquate à leur développement mais le vrai problème sera toujours et avant tout le mode de gouvernance. TANT QU'IL NE SERA PAS RESOLU, RIEN NE FONCTIONNERA. SCISSION OU PAS...
Il existe un autre modèle social qui pourrait mieux nous correspondre en tant que Bantous. J'avoue que je ne pas comprends pourquoi la France capitaliste construirait des maisons aux Antillais et que nous ne soyons pas à même de le faire dans nos villages pour que quelques paysans vivent dans des conditions décentes...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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