Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 10:00

CONGO_SUITE1N0059.jpgDans les pays où la raison guide les hommes, un individu qui aspire à incarner le premier des citoyens d'un pays est mû par la volonté d'instiller une amélioration dans les conditions globales de ses concitoyens. Il y va souvent d'une compétition saine où les projets que porte chacun des prétendants entrent en lice et le pays subdivisé en autant de voix que d'individus ayant la majorité civile choisit celui des projets qu'il pense pouvoir le mieux convenir à la situation, au contexte actuel du pays. Mais passons. Revenons à des terres plus sauvages où le mode de gouvernance est indécis. Imaginons le scénario où le peuple n'a rien à dire dans l'accès à la magistrature suprême. De tels modes de gouvernance existent ; la royauté ou la dictature en sont de parfaites illustrations. Et il est même possible d'envisager des combinaisons diverses entre ces modes comme par exemple en Angleterre où la royauté se combine harmonieusement avec la démocratie - même si d'aucuns estiment que la royauté est anachronique où en Afrique où la dictature élective avec un soupçon de royauté fait son apparition : dictature parce que le pouvoir se concentre entre les mains d'un individu qui comme Denis Sassou Nguesso fait souvent son intrusion dans la sphère politique de façon violente. Elective parce que de pseudos élections sont désormais organisées ; ce qui élimine au moins en partie le recours violent à l'accession à  la qualité de Chef d'Etat. Royauté (ou pouvoir héréditaire au sein d'une même famille en lignée directe de père en fils, d'ascendant à descendant) parce que les fils succèdent désormais aux pères comme en RDC, au Togo, au Gabon. On prévoit des scénarios identiques en Guinée Equatoriale, au Congo, en Lybie, en Egypte, etc.

Soit. Ne peut-on pas imaginer qu'un dictateur développe son pays par amour de celui-ci ? Le niveau de vie de l'Irak sous Saddam Hussein, avant embargo et avant la destruction du pays par les Américains, était très élevé. Dubaï n'est pas une démocratie que je sache puisque son développement n'est que le produit de l'ambition d'un Emir, d'un homme. On voit le niveau de vie de la Lybie - même le Maroc où les Congolais vont se faire soigner ont des infrastructures qui ne s'expliquent que par la volonté d'un individu. On en vient à se demander : nonobstant la réalité de la dictature, ne peut-on pas envisager qu'un dictateur développe son pays ? Il possède idylliquement la totalité du pouvoir ; à tous les niveaux, on est prêt à lui obéir au doigt et à l'oeil, il possède le pouvoir d'engranger de l'argent par endettement au nom du pays. Alors, qu'est-ce qui rend impossible qu'il se soucie du bien-être, du mieux-être de tous ses concitoyens ? La Chine n'est pas démocratique que je sache mais le niveau de vie des Chinois a beaucoup progressé au point où la Chine est l'un des principaux bailleurs de fonds des Etats-Unis d'Amérique.

Denis Sassou Nguesso a changé de Constitution parce qu'il voulait un régime présidentiel fort sans premier ministre. Qu'a-t-il fait de ce pouvoir fort ? De ce régime présidentiel ? Idéalement, cet homme bénéficie de revenus pétroliers excédentaires. Comme on ne peut envisager le développement d'un pays sans capitaux, l'argent est au rendez-vous, de sorte qu'en 2009, il y a eu 1360 milliards de francs cfa d'excédents bancaires sur les comptes du Congo à la BEAC. Comme si un bonheur, n'arrive pas tout seul, voilà que monsieur Denis Sassou Nguesso bénéficie d'une réduction conséquente de la dette nationale en inscrivant le Congo parmi les PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Dans ces conditions, qu'est-ce qui empêche le développement du pays ? A ce que l'on dit, même devant la présidence de la république à Mpila, il y a de la saleté et quand il pleut, la route est impraticable.

On peut faire plusieurs hypothèses. La première : Denis Sassou Nguesso est incapable de développer le pays. Il n'en possède pas les capacités intellectuelles, physiques, mentales, il n'en a point la volanté, etc. Cependant, cette hypothèse est difficile à soutenir car il dispose du pouvoir et peut pallier son incapacité en choisissant les hommes nécessaires à l'accomplissement de différents objectifs au sein du pays ou hors du pays. Lui ne fait que diriger, ordonner, choisir les hommes, les projets et même-là, il a des conseillers pour pallier à son hypothétique incompétence. En économie, par exemple, on compte le professeur Louis Bakabadio, docteur d'Etat en économie comme l'un de ses conseillers. En fait, Denis Sassou Nguesso, tout dictateur qu'il est, pour peu qu'il manifeste la volonté de changer quelque chose, le pays s'oriente dans le sens de la satisfaction de son désir : il a les femmes qu'il veut, il a transformé Oyo un village de pêcheurs en ville. Donc, cette hypothèse ne tient pas et on ne peut la retenir. Denis Sassou Nguesso possède la capacité juridique, financière de développer le pays, pour peu qu'il la manifeste.

Deuxième hypothèse : Denis Sassou Nguesso ne peut pas développer le pays. Les freins ne peuvent être que de deux ordres : extérieurs ou intérieurs. Rappelons pour ceux qui veulent bien le croire que le Congo est sur le papier un pays indépendant ; ce qui fait que sa politique intérieure et extérieure ne dépend que de lui. Quand Denis Sassou Nguesso veut mettre des éléphants blancs dans les carrefours du pays, il ne demande pas l'autorisation de la France, quand il veut s'offrir une villa en France, il ne demande pas l'autorisation de la France ou d'un quelconque pays. S'il a quelques freins, c'est certainement dans le choix de ses partenaires économiques. Nous savons tous que le marché pétrolier congolais est envisagé comme une chasse gardée de la France qui négocie les contrats au rabais mais pour le reste, la France n'empêche pas Denis Sassou Nguesso de construire des écoles, des hôpitaux, d'enrayer le chômage des jeunes, de construire une ou des universités, des instituts techniques, etc. Nous savons que rien n'empêche monsieur Denis Sassou Nguesso de faire jouer la concurrence pour diversifier les partenaires économiques extérieurs : il travaille bien avec les Chinois quand ça lui arrange ! Il reste les freins intérieurs. Là, rappelons à ceux qui l'auraient oublié que Denis Sassou Nguesso est un dictateur qui a tous les pouvoirs (exécutif, législatif, militaire, administratif) ; il peut donc aisément se débarrasser de toute entrave intérieure, s'il en est. Il faut tout simplement noter une difficulté : le fait que toute l'élite au sommet du pouvoir appartienne à son clan (au sens élargi :  ethnie, lignages+familles+alliances+amis+réseaux comme la franc-maçonnerie, etc) ; ce qui diminue sa capacité à sanctionner, à contrôler, à évaluer.

Il reste la seule hypothèse qui peut justifier de l'état actuel du pays : Denis Sassou Nguesso ne veut pas développer le pays - notamment le sud du pays afin d'éviter qu'un "mukongo" (terme générique pour désigner les ressortissants du sud) revienne un jour au pouvoir. Cependant, c'est tout le pays qui en pâtit parce que même le nord n'est pas aussi développé qu'on le croit. Nous avions par exemple une société de voirie qui couvrait tout le pays, des Travaux Publics qui s'occupaient des routes, une poste publique, une université qui recevait même des étudiants étrangers. Toutes les infrastructures ont été détruites ou laissées à l'abandon et l'homme qui a tous les pouvoirs ne fait rien pour remettre au moins le pays au niveau où il était précédemment. Sassou a aussi détruit la superstructure sociale en plaçant les membres de son clan à tous les niveaux ; ce qui fait que la compétence n'est plus le critère de sélection, la bêtise est érigée en mode de gouvernement, ce qui entraîne un recul général du pays.

La question qu'il faut se poser est la suivante : pourquoi Denis Sassou Nguesso ne veut pas développer le pays ? La raison en est simple :  il sait que le développement du pays risque d'amener forcément la démocratie et des adversaires politiques dignes de ce nom qui risquent d'émerger par leurs compétences, leurs capacités, leur génie. Il est un constat simple : tous les pays pauvres où une classe (ethnie, clan) possède le pouvoir en privant tout le reste de tous ses droits, il est possible de conserver le pouvoir entre les mains de celle-ci pendant des siècles. La seule possibilité d'un changement ne peut provenir que par la force ou par des volontés extérieures. Or, le clan Sassou tient l'armée. Sassou entretient encore une milice de trois mille hommes à Tsambitso. Aujourd'hui, seuls les jeunes nordistes ont la possibilité d'étudier à l'étranger - alors qu'avant, tous les fils du Congo avaient la possibilité de sortir du pays pour étudier à l'étranger.  Au final, nous nous dirigeons vers une ethnie-classe qui occupera tous les niveaux de la superstructure du pays et il deviendra très difficile de restaurer la démocratie. A moins que la France ne s'en mêle. Or, tant que la France y trouve son compte, elle n'est pas très regardante en ce qui concerne les modes de gouvernance de ses ex-toujours colonies. Denis Sassou Nguesso peut donc continuer allègrement le processus de privatisation de tout le pays qui aboutit inéluctablement à un pouvoir de classe et d'ailleurs, même dans les pays dits démocratiques qui sont très enclins à la propriété privée, les élites appartiennent aux mêmes familles. C'est une autre histoire que l'on ne peut comprendre que par des lectures et par des recherches pointues sur les généalogies européennes qui dévoilent que tous les gouvernants de l'Europe sont des parents. Si une telle chose est possible au sein d'une démocratie, imaginez la chose dans une dictature et nous y sommes parce que les fils succèdent aux pères ; ce qui est démocratique si les élections sont transparentes et honnêtes mais nous savons vous et moi ce qu'il en est exactement...

 

                                           LION DE MAKANDA


Partager cet article

Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
  • JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
  • : Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
  • Contact

STATISTIQUES

 

D.N.C.B. : PLUS DE 15.000.000 DE PAGES LUES ***, PLUS DE 10.000.000 VISITEURS DE UNIQUES, *** PLUS DE 3000 ARTICLES, *** 517 ABONNES A LA NEWSLETTER, *** PLUS DE 2500 COMMENTAIRES... 

Recherche

MESSAGE&RADIO&TV DU JOUR

LDM_SWING.gif

                                               

VIDEO DU JOUR

 

 



Articles Récents

IMAGES

SassouKadhafi.jpgBonobo-copie-1.jpgBedieOuattara.jpg4lions-drinking.jpgBernard-Kouchner-Nicolas-Sarkozy-Mouammar-Kadhafi-1.jpgchemindefer-1-.jpgbrazza_la_poubelle.jpgChristel-Sassou.JPGchiracsassou3.jpgedouoyo1.jpglisb1-1.jpgbrazza-la-poubelle-1.jpgplissouba3.jpgdebrazza.jpg