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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 17:25
Mvouba n'est plus premier ministre mais dans l'ordre protocolaire, il reste le premier des ministres. Ce qui n'est pas rien. En effet, très proche de monsieur Denis Sassou Nguesso, cet homme bénéficie de la confiance du président. Il est à la tête du pôle des infrastructures de base. Lui et ses compères qui ont réussi à l'examen imaginaire de l'éthique ont moins de cent jours à présent pour faire leurs preuves. Nous constatons que les langues se délient, que la volonté semble plus farouche et que tous ne jurent, ne crachent plus que par le "Chemin d'Avenir" du reptile (cobra) royal. Cependant, sociologiquement, lorsque nous séparons les intentions des faits et lorsque nous analysons ces derniers, nous découvrons une réalité nationale sinistre - sans lois, sans juge véritable, somme toute, une jungle sociale où rien ne fonctionne normalement. Et tous tempestent, écrivent à la presse qu'ils vont changer les choses, que cette fois-ci les fraudeurs seront punis, etc.
Nous avons par exemple appris qu'Emile Ouosso, ministre de l'équipement et des travaux publics entend mettre de l'ordre dans le secteur des travaux publics (La Semaine Africaine n° 2942). Ca, c'est l'intention. Le fait, c'est l'existence du désordre avoué dans le secteur de l'équipement et des travaux publics. Je vous donne cette méthode d'appréciation pour vous permettre de repérer des faits dans le discours politique qui semble souvent fait de généralités. Pour citer Ouosso, in texto, voilà ce qu'il dit :

«Il est temps que nous mettions de l’ordre dans le secteur des travaux publics. Les entreprises qui prennent de l’argent de l’Etat pour ne rien faire, seront punies. La feuille de route du président de la République pour les cent jours du gouvernement est un repère fondamental. L’Etat dépense beaucoup d’argent pour la construction et l’entretien des routes, mais les entreprises chargées d’exécuter lesdits travaux sont incapables, par manque d’engins adéquats. Maintenant que la lettre de cadrage du président de la République Denis Sassou Nguesso, en matière des travaux publics est claire, plus personne ne pourra s’aventurier (ndr : c'est un néologisme de Ouosso)».

Ce discours nous apprend que l'Etat congolais attribue des marchés publics sans au préalable vérifier si une société dispose des moyens de les exécuter ! Le désordre est, selon Ouosso, au sein même du ministère - à lire sa première phrase ! C'est une conséquence logique des propos de monsieur Ouosso. Que c'est grave ! Bref, on avoue avoir gaspillé l'argent du contribuable et puis un bon matin, on prétend devenir méchant - alors qu'on a été gentil, aveugle par cécité volontaire (madesso y a bana ou l'haricot des enfants) depuis des lustres. Ca me donne envie d'être sceptique. On a comme l'impression que le laxisme était un mot d'ordre de l'ancien mandat de monsieur Denis Sassou Nguesso qui brusquement découvre les vertus de l'éthique en politique, la rigueur, etc. Comment peut-on donner de l'argent public à un opérateur économique sans au préalable vérifier qu'il possède les moyens d'exécuter le contrat ? C'est comme un chef d'entreprise qui engage une personne à un poste technique pointu sans vérifier qu'il dispose des compétences nécessaires. A qui la faute ? Voilà les problèmes qui minent le Congo et il y a trop longtemps que ça dure ; il faut en finir mais comment ?

Quand Emile Ouosso déclare : . «Les entreprises qui ne se conformeraient pas aux lois et règlements de la République, se verront retirer les marchés et conduites devant les tribunaux, pour escroquerie», nous comprenons que jusque-là, personne - dans son ministère ne prenait la peine de retirer les marchés à ces opérateurs véreux et qu'ils n'étaient pas poursuivis en justice !

On comprend qu'il faut commencer par moraliser la justice, à la rendre forte et indépendante vis-à-vis des hommes politiques et des militaires qui sont de mèche avec les hommes d'affaires. Chacun d'eux est dans un ou plusieurs réseaux qui lui garantissent l'impunité. Tous les ministres dans leurs constats atterrisent devant la case "JUSTICE" et celle-ci est une justice sous influence. Vous arrêtez une personne aujourd'hui, demain, elle est libre comme une hirondelle dans le ciel d'Oyo. C'est le défaut d'avoir bloqué des entrepreneurs non liés à la classe politique par des tracasseries administratives de toutes sortes et d'avoir favorisé le clan présidentiel. Tout ce beau monde nage et surnage dans l'impunité la plus totale. Ils prennent l'argent de l'Etat, beaucoup d'argent, sans prendre la peine d'exécuter le moindre travail. Ouosso devrait commencer par examiner tous les contrats actifs et éliminer les hommes d'affaires véreux. Or, ces propos traduisent une intention claire : ceux qui ont les marchés et qui ne font rien ou n'ont rien fait, on les laisse tranquilles ; on commence un nouveau cycle ! C'est de la défection et il est à redouter que lui ne fera pas mieux que son prédécesseur parce qu'il n'en a pas les moyens, la justice étant corrompue, une justice qui fait honte au peuple congolais...

Ah, j'allais oublier, monsieur le ministre Emile Ouosso, j'ai une petite proposition à vous faire : pourquoi ne pas rétablir la société du Bâtiment et des Travaux Publics nationale ? Là au moins, vous vous passeriez des opérateurs véreux et surtout, il y en a marre d'enrichir les Chinois et la famille présidentielle ! On  peut la faire fonctionner comme une entreprise privée en utilisant les bénéfices au profit de la construction de nouvelles routes ou de leur entretien... Cependant, vous savez qui a détruit ladite société pour favoriser des entreprises véreuses. La famille présidentielle regorge de nombreuses sociétés de construction comme CSN CONSTRUCT de la fille du président Claudia Lemboumba Sassou Nguesso. Comment ferez-vous pour traduire les parents du président en justice si la justice est sous leur influence ? Et toc ! Voilà, je vous laisse monsieur le ministre à votre verre de Champagne au citron. Ne vous en faites pas ; cent jours, ça ne suffira pas. Votre maître Denis Sassou Nguesso en est conscient. Quand on bousille un pays en douze ans, soit 4380 jours et ce n'est pas en 100 jours qu'on peut réparer les dégâts !

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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