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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 12:01

Il apparaît, disparaît, augmente de prix ici et là selon les entrepôts ou les villes. Le ciment est devenu une denrée rare - notamment à Pointe-noire où  les villas se construisent en masse. Il y a vingt ans, le sac de ciment ne dépassait pas 1000 francs cfa et on m'a dit qu'il  valait même 800 francs cfa. De nos jours, dans une ville comme Brazzaville, le sac coûte 5900 francs cfa. Et cela dépend des entrepôts : "vous savez, c'est que le transport de Pointe-Noire à Brazzaville coûte cher, etc." Les vendeurs ne manquent pas d'arguments pour justifier le prix. Les cargos pleins de ciment proviennent généralement de la Chine et accostent au port autonome de Pointe-Noire. Encore faille-t-il  trouver le fameux ciment qui se rarifie trop souvent.  Les tenants du pouvoir construisent beaucoup et leur demande est exorbitante. ; ils ont donc besoin de contrôler le circuit du ciment. Normal que madame Munari ministre du commerce s'arrache les cheveux. C'est que la demande a explosé et les circuits du ciments sont contrôlés par des membres du clan au pouvoir - notamment Wamba Sassou Nguesso qui achète des cargaisons entières pour les revendre plus chères en Angola, par exemple.  Ce n'est pas étonnant que ce monsieur possède de nombreuses villas dans plusieurs villes du Congo - comme les autres membres du clan au pouvoir d'ailleurs. Construire est même devenu pour les nantis la compétition à la mode : il s'agit de savoir qui construira la plus grosse villa, la plus belle, la plus chère, etc. Il n'y a aucune véritable volonté politique de lutter contre la vie chère et cela se ressent au niveau des prix de certains produits de consommation courante. L'Etat a pourtant des contrôleurs ; madame Munari a constaté qu'ils roulaient tous dans des véhicules onéreux tandis que leurs directeurs étaient à pied ! Vous avez compris que les contrôleurs ne contrôlent que la part qui va tomber dans leurs poches. Nous avons dit que madame Munari échouerait dans un de nos articles car elle n'a pas de liberté d'action parce que le clan qui se partage le Congo ne la lui laisse pas. "Un tel est protégé par Ndenguet, un autre par le Général machin, tel autre par Sassou lui-même ou l'un de ses fils, etc"...

Quand vous additionnez le coût du terrain et celui de la construction, vous comprenez qu'il n'est pas facile à un Congolais moyen d'avoir un petit "chez lui". Les terrains sont sous la férocité des propriétaires fonciers  qui en déterminent librement les prix et le ciment, il faut une autorisation spéciale pour en faire le commerce de gros ou de détail.

C'est que le détournement du ciment congolais pour des marchés voisins est intéressant puisqu'il en augmente le prix par la loi de l'offre et de la demande. Madame Munari pourra toujours demander aux acheteurs brazzavillois de ne pas acheter le sac de ciment au-delà de 5900 francs cfa, - ce qui est déjà très cher - mais nous savons tous que c'est le marché qui imposera sa loi car personne ne redoute rien et surtout, la loi ne fixe pas véritablement de prix. Le Congo doit travailler dans le sens de l'autonomie au lieu d'attendre le ciment de mauvaise qualité que nous refile la Chine. Autrefois, la cimenterie de Loutété suffisait à combler les besoins mais la population a augmenté et des cimenteries nouvelles n'ont pas été construites. La dépendance du Congo est grande et ce n'est pas de cette façon que l'on peut favoriser une amélioration signicative du cadre de vie. A ceux qui se rabattent sur la planche, nous savons que construire une maison en planches est horriblement cher dans un pays forestier comme le Congo : quand vous avez une seule planche à 5000 francs cfa, vous vous rendez compte que ce n'est pas non plus facile de construire une maison en planches. On pourrait essayer de généraliser la construction en briques de terre cuite. Les spécialistes savent que ces briques sont très solides - parfois même plus solides que les briques en agglo. Cependant, la mode c'est la construction en ciment - alors que la brique cuite réduit significativement la demande en ciment. De nombreuses grandes villes européennes ont été construites en briques cuites et certains édifices tiennent encore jusqu'à nos jours. D'autre part, la brique en terre cuite a un avantage car elle ne conserve pas autant la chaleur que la brique de sable et de ciment. J'ai toujours pensé que l'Etat congolais pourrait construire des tuileries à Dolisie dont la terre s'y prête à souhait. Evidemment que de telles usines créeraient de l'emploi et on pourrait même exporter la tuile made in Congo dans d'autres pays africains en cas de surplus.

Il est naturel de passer du domaine du ciment à celui du matériau de construction et de celui-ci à l'habitat. En Europe, la construction doit obéir à certaines normes. Au Congo, chacun fait ce qu'il veut ; aussi, trouve-t-on une cabane à côté d'un immeuble en étage. En matière de construction de l'habitat, les villas construites par l'Etat comme les villas de Bacongo coûtent  trop cher : ce n'est pas n'importe quel citoyen qui pourrait s'offrir de tels palaces ! Il faut donc adapter le coût de l'habitat à la cible et peut-être même favoriser la location-vente.

Nous estimons que l'Etat congolais gagnerait en contrôlant tout le processus de construction, des parcelles aux matériaux de construction : l'Etat congolais pourrait par exemple être le seul importateur de ciment avec de grands dépôts dans tout le pays. Sachant que le ciment se vend très bien, il n'y a donc rien à redouter et de la sorte, il pourrait mieux contrôler les prix de la tonne de ciment. Or, comme l'a constaté monsieur Denis Sassou Nguesso lui-même, on est passé du tout étatique au tout privé ; ce qui est un véritable problème. Par ailleurs, de nombreux étrangers exercent même certaines professions au mépris de la loi congolaise.

Le dépérissement du Congo s'explique par le fait que le clan Denis Sassou Nguesso veut contrôler TOUT l'espace économique intérieur avec ses acolytes étrangers, prête-noms ou pas. En effet, les membres du clan Sassou&Nguesso ne sont soumis à aucun contrôle, ne redoutent rien car ils sont au-dessus de la loi ce qui fait que Wamba Denis Sassou Nguesso peut continuer tranquillement à contrôler le marché intérieur du ciment...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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