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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 12:27

Cher  C. M. L. : « Il est très facile de réaliser l'unité républicaine autour des mêmes droits et des mêmes devoirs mais pour nous, il nous faut d'abord brider la bête ethnique par une alliance qui n'a jamais été faite depuis la création de l'Etat républicain. En France, tous ont droit à la scolarité, à la sécu, à la CAF, à la protection de la patrie quand ils sont à l'étranger, à la solidarité (RSA) à partir d'un âge donné et avant, il y a toutes ces allocations familiales comme l'allocation de rentrée scolaire ou jeune enfant, etc. Ceci permet déjà de donner à l'unité républicaine un sens... Les plus fortunés sont soumis à l'impôt. Chez nous, la république est une arène où des ethnies se battent pour accéder au travers d'un de leur membre à la gestion des ressources communes d'abord à leur profit. Et cela doit changer sinon nous n'accéderons qu'à une démocratie élective au cours de laquelle on élira un président tribalo-régionaliste. Il faudra que des "sages" (je ne fais pas allusion à nos chefs coutumiers corruptibles et corrompus mais à des hommes de grande probité morale) prennent conscience de la nécessité de la création de l'alliance qui transformera toutes les ethnies en une "famille" républicaine. L'unité a une dimension volontariste, mystique, idéaliste (idéal vers lequel on tend). Nous avons une foi religieuse, une foi ethnique mais pas de foi républicaine et cela doit changer. La famille républicaine doit d'abord devenir le nouveau credo avant que ne s'installe une véritable démocratie. »

                                                                     LION DE MAKANDA

 

Ce week-end, j'étais à Paris. De belles rencontres avec des personnalités de la diaspora dont certaines se sont avérées être des hommes de grande  valeur. Après les échanges, j'ai eu la certitude que la marche vers l'unité nationale était une vraie gageure tellement le pays est divisé, des divisions que nous arborons même à l'étranger où les Congolais constituent des microcosmes ethno-régionaux à l'image de ce qu'est devenue la république - alors qu'au pays, nos compatriotes nous exhortent à l'unité. Or, sans unité nationale, même en cas d'élections transparentes, le Congo se retrouvera toujours dans le cas d'une gestion clano-ethnique du pouvoir : c'est le tour des Tékés disaient certains lors d'une réunion houleuse à Paris où les "dzonistes" appelaient à soutenir Mathias Dzon - comme si la république jouait à la ristourne politique.

Dans l'inconscient collectif, c'est comme si personne ne se préoccupait de la démocratie, de la fraternité nationale mais seulement de la chose suivante : il faut qu'un proche ethno-régional accède au pouvoir pour que ses proches puissent bénéficier des privilèges issus de la détention du pouvoir.

Lors du partage de l'Afrique, ce sont les puissances du monde qui se battaient pour posséder des empires - notamment en Afrique. Après les indépendances, tout se passe comme si les ethnies se livraient une guerre tantôt ouverte, tantôt feutrée pour la conquête du pouvoir. De cette logique, mes chers compatriotes, il n'en sortira jamais une véritable démocratie.

Une élection transparente - encore faille-t-il avoir la chance d'en organiser une - n'est pas un gage suffisant qu'il va sortir de ce pouvoir élu démocratiquement une république fonctionnant sur des ressorts démocratiques. Un dictateur peut être élu démocratiquement. Un tribaliste peut se faire élire démocratiquement. N'est-ce pas ce que prétend être Sassou, un dictateur démocratiquement élu au service d'un clan ? Par ailleurs, la seule élection démocratique du Congo qui a vu l'accès du président Pascal Lissouba au pouvoir a été émaillée de tribalisme, un tribalisme qui a atteint son comble sous le régime de Denis Sassou Nguesso aujourd'hui.

Entre ceux qui ont peur et qui voient Sassou partout dénotant de véritables cas de paranoïa politique et ceux qui estiment que toute organisation ne profitera qu'à quelques individus qui se retrouveront ministres, il y a du boulot tellement la peur et la méfiance vis-à-vis de l'autre règnent.

Depuis l'époque de l'esclavage jusqu'à nos jours, nous n'avons pas encore réalisé l'unité nationale autour d'une alliance de tous les tsis, de toutes les ethnies sanctionnée par l'exercice d'une politique égalitaire de partage et de redistribution équilibrée des ressources de la nation à tous ses enfants. Le problème n'est plus seulement Sassou mais les Congolais eux-mêmes qui ne peuvent pas s'assembler dans une organisation unitaire pour sortir le pays du règne du tribalisme qui sévit depuis plus de cinquante ans. Tenez-vous tranquilles : si nous ne parvenons pas à réaliser la "famille" politique nationale que j'appelle de mes voeux, famille dans laquelle la république sera transformée en un nouveau kanda appelé Congo, nous ne parviendrons à rien car l'élection présidentielle - même démocratique ne fait pas un peuple uni autour des mêmes droits et des mêmes devoirs. Nous ne ferions que reproduire le modèle précédent en se disant : "c'est notre tour" comme si la république jouait à la roulette russe.

Il faut cultiver les valeurs qui incarnent l'unité nationale. Par quel moyen ? Tel est le grand problème. Cependant, on peut regarder comment certaines nations ont procédé : il faut que la variable identité ethnique ne soit pas plus agglomérante, plus grégaire, plus rassemblante que la variable identité nationale. La république ressemble à un gros gibier dont chaque ethnie du Congo réclame le plus gros morceau et se bat pour que celui qui tient le couteau qui dépèce  la dépouille de la bête républicaine soit de son village, de sa famille, de son ethnie, de sa région. Comme chaque Congolais est lié à tous ces paramètres identitaires, il est évident que tant qu'il y aura un os à se mettre sous la dent, la lutte pour être celui qui distribue les ressources va se poursuivre. A moins de faire en sorte que le Congo ne devienne une vraie famille républicaine où l'origine importe peu en face du droit de tous à disposer de ce que la république est redevable à toutes et à tous. De toute façon, l'unité nationale dans sa manifestation la plus basique n'a jamais été la préoccupation de nos gouvernants qui s'emploient d'abord à s'enrichir et à enrichir leurs familles et cela depuis nos pseudo-indépendances. Oui, les dictateurs sont bons pour leurs familles, leur clan et tous ceux qui sont en alliance avec eux dans des organisations de toutes sortes ; vous voyez à quoi je fais allusion.


Une nation doit se comporter comme une famille symbolique dans laquelle le chef de l'Etat se comporte comme un vrai "père" de la nation en veillant à ce que toutes les filles et tous les fils du pays aient les mêmes droits et les mêmes devoirs mais pour en arriver là, il faut des "sages" comme ceux qui ont doté la France de ses institutions essentielles au sortir de la seconde guerre mondiale (Allocations familiales, Aide Personnalisée au Logement, Sécurité Sociale, Agence Nationale pour l'Emploi, le RMI, l'école obligatoire, l'eau, l'électricité, le téléphone fixe pour tous, construction de logements à loyer modéré partout, indépendance énergétique, industrialisation, des universités dans toutes les villes, une agriculture digne de ce nom, une saine gestion de l'environnement, des infrastructures identiques sur toute l'étendue nationale, etc, aujourd'hui les successeurs à ces sages ont ajouté la télé et internet pour tous). Tant que ce n'est pas le cas au Congo, même en cas de démocratie élective, rien ne donnera satisfaction à l'ensemble du peuple. Pour l'exemple, Denis Sassou Nguesso se satisfait de fournir la fibre optique à Oyo tout en s'en foutant royalement que tout le Congo n'en dispose pas. Sans l'édification de la famille-nation, jamais nous ne verrons poindre au Congo des politiques à couverture intégrale s'étendant sur toute l'étendue de notre Congo natal.

Si les choses restent en l'état, nous ne voyons pas comment le Congo deviendra un Etat de droit puisque ses enfants refusent de se regrouper autour de l'union sacrée qui sanctifie une nation quand elle se transforme en une sorte de famille républicaine qui n'a plus rien à redouter de n'importe quel de ses fils qui parviendrait au sommet du pouvoir. Avant que la république ne soit constitutionnellement établie sur du papier, il faut d'abord qu'elle ait le temps de s'établir dans les consciences. Or, tout le long de notre histoire, nous n'en avons jamais pris le temps. A l'indépendance, c'est se substituer au pouvoir colonial qui est apparu comme l'enjeu essentiel et non la construction d'une vraie nation, chaque groupe ethno-régional poussant l'un de ses enfants à s'emparer du pouvoir pour bénéficier des privilèges du pouvoir. Quel dommage !

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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commentaires

mwangou 05/02/2014 07:25


Bjour LDM! Ce problème a miné l'exitence nationale. Sur la diaspora, moi je n'y crois pas; comme je ne crois pas aux compétences de tous ordres des gens qui vivent à l'étranger. Les congolais
sont ethnisés depuis la colonisation et les alphabétisés n'ont jamais été et ne sont pas capables de se dépasser sur ce point. En sautant des moments qui ne sont pas moins ethnisés, le problème
Lissouba, docteur et professeur qui accède au pouvoir par voie démocratique et après la CNS, est qu'il a donné la preuve que l'ethnisation était plus fort que tout dans ce pays. et pour reprendre
ta formule, "Pascal LISSOUBA est le vrai tort de ce pays" bien au-dessus de "Denis SASSOU NGUESSO est le mal de ce pays". car un docteur est d'office un intellectuel, car pour accéder au titre de
docteur, il faut mener une intense activité intellectuelle; alors que Sassou Nguesso, instituteur dans le cadre congolais, il a fallu qu'il fasse preuve seulement d'une capacité forte à
l'alphabétisation. Docteur, on a de fortes capacités à s'extirper de éthau ethnique; institutteur, c'est plus difficile, on est trop dans la société d'origine. Lissouba a montré que l'ethnie
s'imposait encore avec force dans la personnalité jusqu'à écraser l'éducation scolaire. Voilà pourquoi tant de docteurs croupissent dans la corruption pour entretenir l'ethnisation qui est le
gage de leur existence sociale. Alors, la diaspora??????????c'est par euphémisme qu'on utilise ce concept sur les congolais du fait qu'ils sont à l'étranger. 


Si tu étais au Congo, actuellement, tu aurais constaté qu'on n'a pas non plus de foi religieuse surtout pas chrétienne...le fait que les églises et autres parodies de l'exhibition de la
chrétienté, arborent des signes ostentatoires de la foi, indiquent plutôt les vrais besoins des gens: la richesse, le pouvoir sur les autres, la jouissance. et là-dessus, nous sommes devenus sans
pitié, lorsqu'on croise une force d'opposition:j'ai toujours émis le regret que les congolais Mbochi, chrétiens, n'aient jamais eu le courage chrétien de demander pardon publiquement, autour
d'une célébration religieuse, pour l'assassinat politico-ethnique du cardinal Biayenda, alors qu'ils savent fort bien les raisons de cet assassinat. L'ethnie, c'est plus fort que tout.

Le Lion de Makanda (LDM) 05/02/2014 17:54



Bonjour, mon frère. J'ai la faiblesse de dire tout haut que tu as diablement raison. Notre pays dérive depuis plus de cinquante ans et il faudra un vrai miracle pour qu'un timonier de génie le
conduise à bon port. Si tu savais combien je regrette d'avoir la lucidité de trop comprendre ce qui se passe dans notre pays ! Parfois l'ignorance est un luxe pour la paix de l'esprit...



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