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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 14:07

Ledger-de-Plaza.jpgSur la toile, on adore le sensationnel, et on en rajoute quand il n’y a pas assez de piquant quitte à perdre son sens cartésien. Et ça plaît au public, des personnes qui se battent, qui se chamaillent, qui se rivalisent. C’est assez spectaculaire et divertissant. Surtout lorsqu’il s’agit – même simplement sous forme de supposition - de chefs d’Etat.

Denis Sassou Nguesso et Idriss Déby ont été invités à la prestation de serment du président Michel Djotodia à Bangui en ce mois d'août 2013. Et il a bien fallu loger ces deux personnalités, une affaire qui relève du protocole présidentiel qui doit s’y prendre à l’avance, pas en simplement deux jours...

Ce qui s’est passé en république centrafricaine à l’hôtel Ledger De Plaza entre le protocole tchadien, le personnel de l’hôtel et le protocole  de la présidence de la république congolaise -  ne relève que de l’incompétence des équipes tchadiennes à réserver en due et bonne forme une suite à leur président dans un timing parfait. Cette affaire aurait pu se jouer à l’identique même si l’occupant de la suite que voulait Idriss Déby était un autre président ou un simple homme d'affaires...

Oui, il y a une lutte de leadership sous-régional  entre Sassou et Déby, nous avons écrit à ce propos mais tout ne doit pas renvoyer à cette lutte de préséance politique, somme toute naturelle entre deux egos surdimensionnés de cette nature. En fait, les deux dictateurs veulent tous deux se montrer incontournables au niveau sous-régional et au niveau continental comme un bon prétexte pour se maintenir au pouvoir dans leurs pays respectifs mais au-delà, entre les deux fils de la veuve, il y a entente sur l’essentiel. Comme lorsqu’il s’est agi d’évincer le président François Bozizé. Beaucoup ignorent que Denis Sassou Nguesso a beaucoup d’affaires au Tchad et Déby a aussi investi au Congo, les dictateurs utilisant désormais la stratégie d’investissements croisés : « Tu investis chez moi, moi, j’investis chez toi car on ne sait jamais ». Kadhafi a laissé d’importantes affaires au Congo - notamment dans le domaine hotelier…

Dans cette histoire, on ne peut pas dire que Denis Sassou Nguesso a fait exprès de convoiter la même suite qu’Idrisse Déby en connaissance de cause. Le code hôtelier s’en tient à la primauté de la réservation et du paiement : le premier qui réserve et qui paye est le premier servi. Il y a d’un côté le Général Léonard Essongo qui s’y prend bien en réservant et en payant une suite présidentielle à son chef d’Etat au Ledger De Plaza et de l’autre, le Général Brahim Séïd Mahamat, chef d’Etat-Major de l’Armée Nationale Tchadienne  qui s’y prend mal et essaie de masquer ses lacunes par la violence verbale auprès du personnel de l’hôtel Ledger de Plaza, cinq étoiles. Dans une ville de Bangui exsangue, Déby et Sassou ont voulu être logés à bonne enseigne et c’est tout à fait normal pour des hommes de leurs rangs. Le reste est une affaire de compétence des équipes protocolaires et sécuritaires. J’y veux pour preuve que l’hôtel n’a pas délogé Denis Sassou Nguesso pour lui préférer Idriss Déby et surtout, le Général Brahim Seïd Mahamat a accepté que l’on loge Déby ailleurs – peut-être une façon de reconnaître qu’il avait tort.

En conclusion, cette affaire d’une chambre pour deux n’a rien d’une affaire d’Etat, Déby et Sassou ayant soutenu la rébellion Séléka. Sinon pourquoi ont-ils été invités à l’investiture du président de transition Michel Djotodia ? N’exagérons que ce qui l’est et mettons toujours l’amplitude au bon niveau et ne crions pas à la crise entre présidents et entre pays quand ce n’est pas le cas. Il est aussi possible que DDP, un groupe opposé à Michel Djotodia ait voulu amplifier l’affaire auprès de la presse pour nuire au nouveau président de transition centrafricain. Une chambre d’hôtel n’est pas un niveau de lecture suffisant de la rivalité qui existe entre Sassou et Déby : il faut la rechercher au niveau des colonies notamment tchadiennes au Congo et surtout au niveau du plus grand impact que Déby a auprès de la France qui a semble-t-il encore son mot à dire pour ce qui est du choix du « gouverneur noir » à la tête des ex-toujours colonies françaises. Néanmoins, le fait que le Général Brahim refuse la suite présidentielle du troisième étage au Ledger De Plaza est un signe que les deux hommes n’ont pas envie de résider dans le même espace, peut-être simplement pour des questions de sécurité…

Centrafrique : Suite présidentielle de Déby, l'incident diplomatique qui a failli dégénérer avec le Congo

Dimanche 18 août. 20h35 heure de Bangui. L'aéroport International de Bangui Mpoko accueille sur son tarmac le gros porteur Hierochine de l'Armée Nationale Tchadienne qui transporte le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby, un véhicule Toyota, une quinzaine de véhicules militaires ainsi que du matériel. Tous les soldats tchadiens de la FOMAC (La Force Multinationale des Etats d'Afrique Centrale) sont mobilisés.

Vendredi 16 août, 48 heures à l'avance. Deux présidents pour une seule suite présidentielle. Rien ne se passe comme prévu à l'hôtel Ledger Plaza de Bangui où devrait être réservée la suite présidentielle qui logera Déby mais également celle du Président congolais qui honore de sa présence.

Le général Brahim Seïd Mahamat, chef d’Etat-Major de l’ANT (Armée Nationale Tchadienne)  -arrivé plusieurs jours à l'avance à Bangui- se rend aux environs de 19 heures au Ledger Plaza. Dans le hall de l'hôtel, de nombreux aller-retour des soldats congolais de la FOMAC, "venus pour prendre des dispositions pratiques par rapport à l’arrivé de leur Président", attirent l'attention du CEMGA tchadien.

Tout d'un coup, le chef d'Etat-Major tchadien, s'exprimant en arabe, demande des explications à son entourage sur la nature de ces soldats ainsi que de leur présence au Plaza hôtel. On lui répond que c'est un détachement du contingent congolais de la FOMAC, également affecté pour préparer l'arrivée de leur président. Côté congolais, le général Essongo qui est le représentant Spécial de Sassou à Bangui a réservé et payé à l'avance la facture de l'hôtel.

Le CEMGA tchadien reste ferme, c'est la suite qui logera Déby. Il retourne au véhicule qui l'escorte "puis revient avec des autocollants qui seront collés tout au long de la marche qui mène à la Suite présidentielle" afin de marquer "le territoire". "Le drapeau tchadien est par la suite brandi dans la chambre". Le Directeur de l'hôtel Plaza intervient pour signifier qu’il est interdit de coller des affiches sur les murs de l’hôtel et informe les Tchadiens qu'une autre suite présidentielle est disponible au troisième étage, s'il la désirent.

Informés, les Congolais se déplacent pour en savoir plus sur cet incident diplomatique qui se produit. "Ça a failli tourner au vinaigre entre les Tchadiens et les Congolais. Le général Essongo qui gérait cette affaire a eu la sagesse de demander aux Congolais de rentrer", précise DDP, un groupe hostile à Djotodia.  En effet, selon DDP, des menaces de mort verbales ont également été proférées côté tchadien lors de l'incident. Essongo appelle aussitôt le président congolais pour lui faire part de l'incident, ce dernier appel Djotodia et lui informe que «si cette histoire n’est pas réglée au plus tard demain-midi, il ne viendra pas »

Samedi 17 août. 8h30. Michel Djotodia débarque au Ledger Plaza et tente de désamorcer la situation en négociant avec le chef d'Etat-Major tchadien. Ce dernier est catégorique. Djotodia propose de loger Déby dans une nouvelle résidence. Le CEMGA, qui, au préalable demande une inspection de la résidence à Ouango finit par accepter.

Du côté de la présidence tchadienne, on note que "la prestation de serment du Président centrafricain de transition s’est déroulée devant un parterre d’invités de marque dans une ambiance des grandes fêtes".

 

Source: http://m.alwihdainfo.com/Centrafrique-Suite-presidentielle-de-Deby-l-incident-diplomatique-qui-a-failli-degenerer-avec-le-Congo_a7977.html?com#comments

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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