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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 16:47

 

 DISCOURS DE MONSIEUR DENIS SASSOU-NGUESSO A L’OCCASION DU SOMMET MONDIAL SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE Rome, 16 – 18 Novembre 2009  (MES REMARQUES SONT EN ROUGE)

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Directeur Général de la FAO,

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs.

Nous voici, une fois de plus, réunis à Rome pour un sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

Ce sommet, en lui-même, témoigne des difficultés qu’éprouve encore la communauté internationale à éradiquer la faim dans le monde et à atteindre le premier objectif de la Déclaration du millénaire pour le Développement.

Il suffit de constater que, de la Conférence de Haut Niveau de l’année dernière à ce jour, le nombre de personnes, victimes de la faim, a augmenté, jusqu’à crever le plafond psychologique du milliard. Désormais, un (1) habitant de la planète sur six (6) souffre de la faim.

C’est bien de faire ce constat généraliste mais il eût été plus utile de dire à cette assemblée de la FAO et de l’ONU combien de Congolais – notamment d’enfants – souffrent et/ou meurent de faim au Congo. Souffrir de la faim et en mourir, nos enfants en font les frais. Dans nos hôpitaux, la malnutrition est en soi une maladie et les enfants du sud-Congo meurent en masse.

 

On peut aussi constater qu’un consensus entre tous les participants à cette conférence avait été établi pour dire, avec Monsieur Jacques DIOUF, Directeur Général de la FAO, que le temps du verbe était passé et qu’était venu celui de l‘action.

Quelle ironie ! Le temps du verbe est passé ? Voilà douze ans que vous êtes revenu vous installer à la dictature suprême et nous, le peuple, nous n'avons eu droit qu'à des discours. Quel est votre bilan en matière d’autonomie alimentaire ? Qu’avez-vous fait pour lutter comme la faim au Congo avant de vous pencher sur la faim dans le monde ? Comme ça, vous seriez capable de trouver des solutions mondiales contre la faim – sans être capable de trouver des solutions à l’échelle réduite de votre petite nation ? Quel génie que ce monsieur Denis Sassou Nguesso !

 

Aujourd’hui, la menace grandissante de la faim nous condamne effectivement à agir de manière plus résolue qu’avant. Parce que face à l’ampleur de la tragédie, notre pire ennemie c’est la résignation.

Non, vous n’êtes pas résigné en ce qui concerne votre pays le Congo mais vous vous enfoutez parce que la faim, vous n’en souffrez pas ainsi que vos proches. La faim, c’est pour les autres, les pauvres, le peuple qui vit avec moins de 500 francs cfa par jour.

 

Mais refuser le fatalisme ne suffit pas pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde. Il faut, en plus, que notre détermination se transforme en une série d’actes concrets, tous aussi cohérents qu’efficaces.

Je vous rappelle que c’est à ça que servent les Etats dans les pays des autres ! Nous au Congo, l’Etat est devenu une société privée comme le Congo tout entier est devenu votre propriété privée parce que vous vous exprimez en disant : « mon pétrole, mon Assemblée Nationale, mon gouvernement, mon sénat, etc. »

 

Oui, des actes concrets pour lutter contre la crise économique et financière car, la baisse des revenus et la perte d’emplois qu’elle génère occasionnent l’érosion du pouvoir d’achat des populations, réduisant ainsi, de manière drastique, leur accès à la nourriture.

Ici, il fallait citer vos actes concrets dans le domaine au lieu de s’ériger en donneur de leçons planétaire. La faim ne vient pas de surgir au XXI ième siècle ; elle a toujours été là et vous êtes aussi là, la tête d’un pays par le biais de la force. Alors, qu’avez-vous fait ?

 

Des actes concrets contre le changement climatique dans la mesure où, en affectant les écosystèmes, le dysfonctionnement écologique anéantit la capacité de l’Homme à produire, et donc à se nourrir.

 

Il faut arrêter de parler d’écosystèmes, monsieur Sassou, parce que vous laissez des étrangers, notamment vos amis chinois venir détruire nos forêts. Vous n’êtes pas crédible et vous le savez bien ! Arrêtez d’abord le massacre de nos forêts et on vous donnera un peu de crédit. On devrait protéger les forêts du monde entier car si rien n’y fait, d’ici la fin de ce siècle, le bassin de l’Amazone ou du Congo seront totalement dévastés et le dysfonctionnement climatique ne pourra que s’accroître. Alors, il faut arrêter de discourir et agir et pour l’instant, monsieur Sassou Nguesso, vous brillez plus par votre insouciance que par autre chose.

Des actes concrets visant à instaurer un juste équilibre entre la sécurité alimentaire et la sécurité énergétique ; entre la production des cultures vivrières et celle des cultures de rente, notamment les cultures destinées aux biocarburants.

Cultures destinées aux biocarburants ? Vous allez les imposer aux Congolais ? Déjà que nous produisons du pétrole qui ne nous profite pas, voilà que vous envisagez prendre nos terres arables pour les octroyer aux étrangers qui les exploiteraient pour la production du biocarburant ? Non, ça serait criminel de faire cela, monsieur Sassou. J’espère qu’on ne vous laissera pas faire !

 

Des actes concrets, enfin, contre les subventions agricoles excessives accordées par les pays industrialisés à leurs agriculteurs, étranglant, de ce fait, l’agriculture des pays en développement.

Qu’est-ce qui vous empêche de subventionner votre agriculture au lieu de reprocher aux pays industrialisés de le faire ? Un petit milliard de francs cfa pour commencer pour faire l’affaire au lieu de dépenser l’argent dans des projets infructueux et honorifiques !

 

Mesdames et Messieurs,

L’initiative de l’organisation de ce sommet par Monsieur le Directeur Général Jacques DIOUF et la FAO mérite donc d’être saluée. Au nom du Congo, je les en remercie et les félicite chaleureusement, au moins pour les deux raisons suivantes :

Premièrement : l’échec des politiques alimentaires incombe à l’Homme et il appartient à l’Homme de relever le défi de la sécurité alimentaire.

Nul besoin de dissimuler son échec en matière d’agriculture sous le concept global d’Homme, monsieur Sassou Nguesso ! Vous avez échoué en matière de sécurité alimentaire et votre échec n’est pas celui de Nicolas Sarkozy par exemple ou du roi d’Espagne qui eux donnent à manger à leurs peuples !

 

Deuxièmement : la communauté internationale a les moyens de sortir la planète de la crise alimentaire.

Ici, il faut que ce monsieur comprenne que la communauté internationale est un ensemble de pays et chacun se bat d’abord pour subvenir à ses propres besoins alimentaires. C’est en cas de surplus qu’on pense aux autres.

Le devoir moral qui nous incombe, en tant que dirigeants du monde, nous soumet à l’obligation d’assurer le droit à l’alimentation de nos Peuples.

J’aimerais bien savoir ce que fait monsieur Denis Sassou Nguesso pour assurer le droit à l’alimentation, je dis bien le « droit » selon ses propres mots, du peuple congolais. Aujourd’hui, la faim est telle que les enfants mendient dans la rue pour survivre – alors que nous avons des terres riches où l’on peut pousser n’importe quoi mais qu’au final, le Congo importe sa tomate de la RDC. Nous avons des côtes poissonneuses, des forêts giboyeuses, des fleuves et nous ne pouvons même pas nourrir moins de trois millions de Congolais ?

 

C’est ainsi que, pour marquer son époque, ce sommet doit explorer la voie de la concertation sur l’efficacité des politiques alimentaires.

A ce propos, deux pistes me paraissent fécondes :

Il y a d’abord la concrétisation des investissements agricoles. Dans cette perspective, je propose que les efforts nationaux, en la matière, soient complétés par la définition et la mise en œuvre d’un Plan d’urgence au bénéfice des pays en situation de déficit vivrier. Je pense particulièrement à l’Afrique parce qu’elle présente la vulnérabilité comparée la plus forte, mais aussi et surtout parce qu’elle connaîtra, en 2025, la croissance démographique la plus explosive après l’Asie.

Ce Plan d’urgence pourrait être financé par les contributions annoncées à la Conférence de Haut Niveau de 2008 et les produits des initiatives des financements innovants qui sont mises en étude à plusieurs niveaux et l’engagement des 20 milliards de dollars pris par le sommet du G8 de l’Aquila de juillet 2009.

 

« Plan d’urgence » ! Vous voyez ? Monsieur Denis Sassou Nguesso est incapable par lui-même de mener un projet à bien sans mendier, sans demander que la communauté internationale vole à son secours. On attend de recevoir de l’argent alors Qu’il suffirait d’un investissement peu onéreux pour résoudre les problèmes alimentaires du Congo. Si nous avons un ministère de l’agriculture, ce n’est pas pour qu’il ne serve à rien ! Sassou donne l’impression aux Occidentaux que l’Afrique ne peut rien sans eux – alors que nous étions des nations florissantes avant l’arrivée des Blancs sinon comment comprendre que l’esclavage ait porté sur quatre siècles ? Le Congo était un pays à l’agriculture florissante avant la découverte du pétrole qu’on ne mange pas et dont les pétrocfas ne profitent même pas à tous. Il faut une nouvelle politique économique qui mette en premier ordre d’importance l’agriculture, l’élévage, la pêche et la pisciculture. Si le pétrole ne profite qu’à une caste, l’agriculture saura nourrir nos compatriotes.

 

 

Il y a ensuite la possibilité de faire des Sommets Mondiaux sur la Sécurité Alimentaire des tribunes d’évaluation de ce Plan d’urgence qui gagnera à se doter des critères de performance aussi bien physiques que financiers.

Pendant que les Congolais meurent de faim, monsieur Sassou réclame des Sommets ! Est-ce que les Congolais mangent vos discours ? Nous en avons assez de sommets qui ne servent qu’à parloter – alors que vous l’avez bien dit que l’urgence est dans l’action !  Des sommets pourquoi ? Pour constater que d’un milliard d’affamés, on est passé à deux ? C’est ça l’intérêt de vos sommets ?

 

Une telle approche permettra à la communauté internationale de faire la politique des résultats plutôt que celle des moyens. La sécurité alimentaire deviendra de ce fait un débat de stratégie collective et un engagement solidaire à la fois pour les générations actuelles et les générations futures.

Il ne faut pas rêver ou faire semblant de rêver : jusqu’à présent dans le monde, il n’y a jamais eu de politique agricole mondiale. C’est toujours chaque nation pour sa tronche. Les  Américains soutiennent les agriculteurs américains et l’Europe en fait autant. Rien ne nous empêche de subventionner notre agriculture ou de la soutenir. Après tout, ce n’est pas en Europe ou aux Etats-Unis qu’on meurt le plus de faim mais en Afrique.

 

Mesdames et Messieurs,

Le défi de l’alimentation de la planète n’a de chance d’être relevé que si les politiques nationales de sécurité alimentaire que nous conduisons mettent en perspective la transformation de nos agricultures en systèmes efficaces de production de nourriture.

« Systèmes efficaces de production de nourriture », les Européens l’ont déjà fait et il suffit de copier ce qui se fait de bon ailleurs. Et on ne doit importer que de bonnes méthodes et non celles qui ajoutent à la pollution des sols ou aux changements climatiques.

 

Ma conviction est que les changements indispensables dans nos agricultures passent par la réforme des exploitations, des terroirs et de la gestion des filières de création de valeur ajoutée. Il s’agit là, ni plus ni moins, de la nécessité d’une vision de l’avenir de ces agricultures qui permet de conjuguer structuration, innovation et pragmatisme.

Structuration pour favoriser l’autonomie des producteurs et de leurs organisations professionnelles dans les choix de production.

Innovation pour adapter la donne de la modernisation de la production aux exigences des marchés locaux.

Pragmatisme pour privilégier la satisfaction des besoins fondamentaux en produits vivriers dans le contexte du développement des marchés régionaux.

J’aimerais bien voir que nous aussi exportions quelques produits vivriers parce que nous en avons assez pour nous-mêmes. Mais on peut toujours rêver.

 

C’est cette vision que mon pays essaie de concrétiser à travers le projet « Nouveaux villages Agricoles », qui a le triple avantage de prendre une promesse pour la valorisation durable du capital naturel, d’autonomiser les acteurs de la chaîne de valeur agricole et de créer des opportunités réelles de développement des gains de productivité.

Pas si vite ! Nous attendons de voir ce que ce projet va donner car vous êtes abonné à l’échec, monsieur Sassou, qu’on redoute que ne parliez trop vite ! Déjà qu’on ignore ce qui sera produit dans ces fameux « villages » agricoles, si la production sera destinée au Congo ou à l’étranger… Encore qu’elle ne suffira pas pour que le Congo atteigne l’autosuffisance alimentaire.

 

Ma conviction est aussi que les transformations transitoires dans nos agricultures constituent une étape qui permet à la fois de tenir compte des limites des systèmes dominants de production de nourriture et de donner une direction pour les réformes structurelles indispensables.

C’est aussi l’occasion, pour moi, de revenir sur une proposition que j’ai faite, il y a un peu plus d’un an déjà à la tribune de la Conférence de Haut Niveau. Cette proposition consistait à inviter les investisseurs et les bailleurs de fonds à s’intéresser à l’exploitation des importantes réserves des potasses du Congo.

Il faut que le Congo passe d’un Etat-rentier à un Etat-Acteur qui agit lui-même au lieu de compter sur des investisseurs et des bailleurs de fonds qui ne recherchent que le profit et non le bien-être des peuples. Dès que l’on découvre quelque chose, on appelle les vautours à venir se servir les premiers. Etrange comportement d’un Etat qui se dit souverain !

 

J’annonce ici ; solennellement, que le processus de mise en valeur de ces réserves a commencé avec la pose de la première pierre, en octobre dernier, du lancement du projet industriel. Le Congo recherche toujours les partenariats actifs pour le financement et l’exploitation de cet intrant déterminant pour le succès des stratégies de rendements des sols. Il est évident que pour faire une bonne agriculture, il faut d’abord une bonne terre.

Avec vous, monsieur Sassou, le Congo ne peut pas mener un projet tout seul : il faut toujours que vous invitiez des étrangers à venir nous dépouiller de nos richesses. Je vous signale que les mines de potasse ont été exploitées par le passé sans que cela ne profite à l’agriculture congolaise.

 

Telle est la contribution de mon pays à ce Sommet qui se tient au moment à la gouvernance mondiale va entrer dans une profonde mutation, au cours de laquelle le défi de la nourriture risque d’être de plus en plus contraignant avec les tendances actuelles de la démographie, de l’urbanisme, du SIDA, de la pollution et de la pauvreté.

On ne peut pas espérer que le monde changera si nous ne changeons pas nous-mêmes. C’est cet espoir d’un monde qui a aussi la nourriture en partage que ce sommet doit consacrer.

Quel aveu ! Il a le mérite d’être clair. Comme vous nous avez démontré que vous ne changerez pas parce qu’en 25 ans de règne, nous sommes certains qu’il n’y a plus aucun espoir, on peut conclure que sous votre dictature, en matière alimentaire, entre autres, rien ne changera au Congo-Brazzaville !

 

 

Je vous remercie.

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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