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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 10:40

Nous allons analyser l'extrait du discours de Denis Sassou Nguesso devant les membres de la commission AD HOC de la trève sociale (syndicats) dans lequel il parle du cycle de "construction-destruction". Nous allons montrer que dans cette affaire, Sassou est aussi un démagogue qui glisse d'un registre mythologique à l'économie - notamment la comptabilité. Si son discours peut séduire, nous allons prouver qu'il n'est pas cohérent et surtout que l'analogie est mal placée car l'image de la maman est déplacée et n'a pas sa place dans un discours relatif à la construction-destruction car une maman ne détruit pas ses enfants. A présent, voici l'extrait du discours que vous retrouverez après le texte sous la forme d'une vidéo. Au passage, un mot à la journaliste : votre analyse qui incrimine l'incivisme du peuple est insultante car ce n'est pas le peuple qui est le destructeur dans cette théorie.

"

1.Je vais vous faire remarquer que notre pays, depuis l'indépendance même, s'est placé régulièrement dans un cycle de "construction-destruction" - toujours - un cycle permanent de "construction-destruction". Et on se pose toujours la question de savoir où est le progrès. Et quelques démagogues, aujourd'hui, disent que 50 ans après l'indépendance, il n'y a pas eu de progrès dans notre pays. Ca été un cycle de violence et de "construction-destruction".

2.Et à chaque fois que le peuple demande des bienfaits, nous devons toujours nous poser la question de savoir est-ce qu'il est possible de donner ce qu'on n'a pas produit. Si on n'a pas produit, même le manioc, même notre propre maman, si elle n'a pas été à la plantation pour ramener des légumes, est-ce qu'elle peut donner - même à ses propres enfants. Donc on ne pas peut pas donner ce qu'on n'a pas produit. Et lorsqu'on a produit et on a détruit, on ne peut pas demander à bénéficier de ce qui a été détruit. "

Voici l'extrait subdivisé en deux parties qui en fait renvoie à deux sphères différentes. La première est en apparence historique mais en fait, elle plus mythologique qu'autre chose et la deuxième est économique et, d'emblée, nous voyons Sassou confondre "production" et construction pour initier une apparente conclusion cohérente. Construire, je vous le signale tout de suite, n'est pas le synonyme de produire. La construction peut précéder la production et vice-versa. Construire, c'est préparer les édifices sur lesquels la production va s'asseoir et au lieu de détruire, il suffit de ne pas construire pour affaiblir ou stopper la production car rien n'a empêché Sassou depuis treize ans de construire des barrages hydroélectriques, par exemple.

La construction et la destruction sont des thèmes que l'on retrouve dans de nombreux credos religieux et elles renvoient au bien et au mal ou à la vie et à la mort qui se répètent de façon cyclique. Il y a toujours un agent de la construction et un autre pour la destruction et il arrive que les deux soient une seule et même personne. Si Osiris incarne la construction de l'Egypte, Seth, son frère en est le destructeur. Chez les Hindous, on croit que Brahma est le créateur, c'est-à-dire, le constructeur et Shiva le destructeur. Dans la Bible, il y a Dieu le créateur (constructeur) et Satan le destructeur, celui qui a créé un autre système de choses sous le système divin pour le détruire. Dans les mythes, il arrive parfois que le constructeur et le destructeur soit la même personne. En fait, dans ces mythologies, les cycles de la construction et de la destruction sont clairement identifiés.  Dans le cas du Congo, peut-on parler d'une phase cyclique de construction ? Quand a-t-elle commencé et quand a-t-elle pris fin ? Qu'est-ce qui a été construit ? En fait, la notion de cycle, de phases identiques à elles-mêmes qui reviennent toujours, ici n'est pas adaptée car en même temps qu'il y a quelques constructions, il y a aussi destruction et comme le symbole final de la destruction, c'est la mort, on peut dire que Sassou construit Imboulou tout en laissant les Congolais mourir de faim et de maladie faute de travail et d'hôpitaux dignes de ce nom. Dans les faits, il y a eu beaucoup de coups d'Etat qui ne détruisaient en rien la république et même le coup d'Etat de 1997 n'a pas détruit tout le pays puisque la guerre était circonscrite - en dépit de nombreux pillages puisque l'exploitation du pétrole ne s'est pas arrêtée un seul jour. Personne ne peut penser que les événements de 1959 ont détruit le Congo. Il est donc inapproprié de parler de "cycle" - même si certains événements comme les coups d'Etat ont été récurrents : ce n'est que simple de les expliquer par l'absence de la démocratie et rien de plus car le pouvoir est livré à la volonté du plus fort.

Dans l'histoire du Congo, il n'est pas de phase de destruction aussi explicite que le retour de monsieur Sassou au sommet de l'Etat en 1997. C'est lui qui expréssement détruit l'éducation, la santé, l'armée, la poste et les télécommunications, l'énergie, l'eau. Il a tout détruit dans le seul but de privatiser les richesses du Congo. En treize ans, le Congo a connu une véritable récession - alors même que le pays est de plus en plus riche. Un cycle est un permanent va-et-vient. Le Congo détruit plus qu'il ne construit et la destruction est parfois parallèle à la construction. C'est donc erroné d'admettre comme Sassou le fait qu'il existe dans l'histoire du Congo un cycle de construction-destruction. A mon avis, la phase de destruction du Congo a commencé sous Marien Ngouabi et ne s'est plus jamais arrêtée, tout l'héritage de Massambat-Débat ayant été détruit. La destruction est d'abord morale, ensuite matérielle, car l'esprit corrompu perd sa capacité d'autocensure éthique et se livre à une destruction généralisée de la société en la vampirisant. C'est ce qui est arrivé depuis que monsieur Sassou est revenu aux affaires louches de la république. Sassou ayant le règne le plus long est le plus grand destructeur du Congo et ce n'est pas quelques réalisations sporadiques ici ou là qu'il a d'ailleurs du mal à achever qui vont changer quelque chose. Notre université par exemple est devenue la dernière d'Afrique. On peut dons conclure que Denis Sassou Nguesso a détruit le savoir. Les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver une bourse pour étudier à l'étranger. Sassou a déclenché la guerre à Owando pour trouver le prétexte de son coup d'Etat. Aujourd'hui, face à la pression populaire, il se retrouve dans son rôle de prédilection : celui de démagogue.

Dans le point 2 de son discours, Sassou entre dans le domaine de l'économie pour parler de "production". Il glisse de la mythologie à l'économie, notamment, la comptabilité qui estime qu'on ne peut dépenser que ce que l'on a et que l'on ne peut consommer que ce que l'on a produit. Certes, il est vrai qu'il faut produire pour consommer mais je signale que Sassou a coupé tous les arbres fruitiers du Pool en 1998 pour que les habitants puissent mourir de faim. Quand Sassou parle de la maman, il fait une analogie. Que représente le symbole de la maman ? L'Etat ? Le peuple ? Lui-même Sassou ? Vous devez savoir que lorsque Sassou parle, c'est l'Etat-pirate, l'Etat-gangster qui s'exprime et toute image renvoie à ce schème. La caractéristique de notre Etat est le fait qu'il est un Etat rentier : il ne produit pas d'abord directement mais il reçoit de l'argent en louant le pays. Et surtout, l'économie a évolué car la production peut se réduire à la production d'argent et les spéculateurs nous prouvent qu'il n'est pas nécessaire de planter une patate pour avoir de l'argent. Sassou étale son ignorance des lois de l'économie mondiale ou fait exprès de les ignorer, lui qui ne produit pas de pétrole mais reçoit des milliards en le laissant exploiter par TOTAL-ELF-FINA. C'est donc difficile de faire admettre l'idée que l'Etat serait une mère qui n'aurait rien à donner à ses enfants - alors même que le budget du Congo a sensiblement augmenté depuis que Sassou est redevenu le gangster numéro un de la république royale bananière du Congo. Par ailleurs, il vient de bénéficier d'une grosse remise de dette. Son discours est donc totalement démagogique car il compare l'Etat à une maman qui ne saurait faire du mal à ses propres enfants - alors que l'Etat-Sassou n'arrête pas de nuire au peuple en le détruisant à petit feu. Sassou demande d'attendre. Voilà treize ans que le peuple attend. On peut ramener la production par extrapolation - en ce qui concerne un Etat - à des entrées d'argent ; ce qui fait que l'Etat congolais n'a jamais été en panne de production depuis plus de treize ans puisque son budget est en augmentation permanente. On n'a pas détruit l'exploitation du pétrole puisque pendant la guerre cette source principale d'argent (90% des recettes de l'Etat) pour le Congo a continué à fonctionner. Les douanes, le bois, tout fonctionne comme avant et l'administration, il y a belle lurette qu'elle est en place. Combien de temps le peuple congolais privé de sa liberté va encore attendre ? Vous avez compris que ce discours de monsieur Sassou Nguesso est le  plus gros discours idéologique et démagogique qu'il ait produit depuis treize ans car il crée une équivalence idéologique dans un même discours entre construction et production, une production qui n'a jamais été détruite (pétrole, bois, etc) - même au plus fort des événements de 1997. Ce discours signe en fait son incapacité à développer le Congo car SASSOU NE SAIT FAIRE QU'UNE CHOSE : DETRUIRE CE QUI A ETE CONSTRUIT PAR D'AUTRES...


 

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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