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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:34

De tout temps, la question du passage du pouvoir d'un individu à un autre, d'un groupe à un autre, se fait soit de façon violente, soit de façon pacifique, dans le consensus collectif ou non - notamment depuis la merveilleuse invention de la démocratie. Dans le cas de la jeunesse histoire de l'Afrique moderne, l'alternance a été plus souvent très violente parce que de nombreuses ambitions voulaient absolument s'exprimer au détriment de la volonté des peuples. Il ne faut pas croire que l'Afrique seule est l'apanage de la violence dans la transmission du pouvoir politique. Il vous suffira de lire l'histoire de la Rome antique, de la Grèce ou de l'Europe d'il y a quelques siècles pour vous rendre compte qu'avant que la démocratie ne s'impose comme mode de transmission apaisée du pouvoir, il y avait une brutalité physique qui travaillait jusqu'à imposer une volonté souveraine au sommet du pouvoir.

En ce moment, l'actualité africaine est dominée par l'épineuse question de l'alternance politique en Côte d'Ivoire où deux individus réclament la légitimité de l'exercice du pouvoir. Il se peut que le processus qui doit déboucher à l'alternance ou à la continuité se déroule dans le calme mais il arrive souvent que la violence survienne à la fin lorsque l'un ou l'autre candidat proteste les résultats issus des urnes. La Côte d'Ivoire depuis la mort d'Houphouët a du mal à connaître une alternance politique pacifique. Tout se passe toujours avec opposition des volontés ou une violence armée. Comment réussir une alternance apaisée en Afrique ? L'observation montre que l'Afrique a semblé plus paisible lorsqu'elle était sous l'emprise de dictatures implacables et intraitables. Depuis qu'elle semble avoir choisi l'expression des urnes, les émotions se sont réveillées plus intransigeantes, plus violentes, plus meurtrières comme si la "démocratie" n'était qu'une autre dictature par la voie des urnes qui finissait parfois par générer de la violence physique.

Un peuple doit toujours avoir un souverain et un gouvernement. Dans le mode de gouvernance démocratique, normalement, les individus ne sauraient rester ad aeternam sur le fauteuil présidentiel. Au bout de de deux ou quelques mandats, ils doivent laisser la place à d'autres pour éviter la sclérose politique. En Afrique, les gouvernants ont du mal à tolérer l'alternance. Ausssi, assiste-t-on à des modifications de Constitution pour qu'il n'y ait plus ni limite des mandats, ni limite de l'âge ; ce qui fait que l'Afrique est le continent où un grabataire qui ne sait même plus comment il s'appelle peut se maintenir au pouvoir parce qu'il a le soutien de l'armée ou des puissances occidentales.

On doit donc se demander pourquoi est-il si difficile de quitter le pouvoir en Afrique - sans qu'il soit plus facile de le quitter ailleurs.  Nous notons la fragilité des systèmes pour la plupart extravertis comme c'est le cas de sociétés post-coloniales, nous notons aussi une personnalité africaine plus émotive, plus accrochée au prestige  obtenu grâce à l'exercice du pouvoir. Il y a tout de même quelques exceptions comme Senghor ou Mandela qui ont assumé l'alternance dans la paix mais l'alternance lorsqu'elle survient de façon consensuelle ne dure pas - comme si la royauté était le mode de gouvernance que rechercherait inconsciemment les hommes politiques africains. La mort du souverain comme mode d'alternance, pourquoi pas ? Encore faille-t-il que le souverain donne satisfaction au peuple mais en Afrique, c'est rarement le cas et les nations africaines sont pour la plupart des républiques. La république ne fonctionne pas comme le Vatican en matière de pouvoir où l'on doit attendre la mort du pape pour en nommer un autre - même s'il nous montre le spectacle affligeant d'un Jean Paul II malade devant toutes les télévisions du monde.

Certains disent que si les souverains africains s'accorchent au pouvoir, c'est pour des raisons financières - alors même qu'ils sont immensément riches de l'argent subtilisé aux Trésors Publics et qu'il conviendrait pour eux d'accepter l'alternance pour jouir tranquillement de leur pécule mal acquis. Il doit y avoir autre chose que l'argent et qu'y a-t-il de plus stimulant que le pognon si ce n'est la gloire ? Or, il n'existe plus aucune école de sagesse qui permettrait à nos souverains de dominer le flux de grandeur qu'il ressente et qui dépasse leur petite personne. L'exercice du pouvoir ressemble à une solitude absolue au sommet de l'Etat et tout cette gloire que vous ne pouvez partager avec personne doit vous ruiner l'esprit jusqu'à créer une situation de dépendance. Dépendance à  l'argent facile, dépendance à l'impunité, dépendance aux honneurs, dépendance à l'obéissance absolue qu'on vous doit,  etc. Si ce système ne nous apporte que souffrances et mort, il faut repenser le mode de gouvernance et envisager un pouvoir exercé collectivement avec un président de la république exerçant une fonction honorifique sans véritable pouvoir que la représentation symbolique de la république ou de la nation. Utopie ? Non ! Les Spartiates avaient deux souverains pour éviter par exemple qu'un seul individu ait trop de pouvoir pour ensuite se comporter en dictateur. C'est qu'en Afrique, on accepte mal le partage du pouvoir et sa collectivatisation. Cependant, centralisation ne veut pas dire totale concentration.

On voit ici poindre l'inconvénient de modes de gouvernance copiés ici ou là sans que l'on ait pris le temps de la réflexion pour envisager les conséquences de tel ou tel mode de gouvernance. L'ouverture au monde si elle est nécessaire ne doit pas signifier totale absence d'originalité et l'Afrique doit se ressaisir si elle ne veut pas tomber dans un infantilisme politique définitif. Si la dictature et la démocratie ne nous réussissent pas, que nous reste-t-il comme mode de gouvernance sinon un retour à l'harmonie primitive du kimuntu ?

A l'époque des anciens régnait le consensus car les décisions inspirées par le kimuntu privilégiaient l'intérêt de tous. A l'heure des privilèges facilement distribués comme un billet de banque, nous avons assassiné notre véritable moi originel pour devenir des hybrides humains aisément corrompus parce qu'ils nous ont fait croire que leur logique était la meilleure mais regardez donc les fruits de celle-ci : ruine des peuples, planéticide, esclavage généralisé où même les Etats sont dans les fers.

C'est par nos différences qu'on règne sur nous. Il est temps de transformer les différences en FORCE MENTALE COLLECTIVE...

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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