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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 12:16

Samedi 22 juillet 2006, au C.C.O, à Villeurbanne, les lyonnais ont été conviés à une réunion organisée par le Conclave, une association loi 1901 permettant au Général Emmanuel Ngouélondélé de porter son message sur la nécessité urgente d'un nouvel ordre national au Congo-Brazzaville. Prévue à 14 heures, la réunion a commencé avec un peu de retard car on attendait les Congolais qui une fois de plus, se sont présentés à la fin ; ce qui ne leur a pas empêché de décocher les flèches critiques à l'égard du Général.

  L'homme est arrivé avec la prestance d'un militaire charismatique ayant occupé la hiérarchie de commandant de l'armée. Il a été étonné que les Congolais de Lyon n'aient pas répondu nombreux à son appel et s'est exclamé :"Dites à ceux qui ne sont pas venus qu'ils ne se plaignent plus ! J'ai laissé ma femme seule pour venir à Lyon et je ne trouve qu'une quinzaine de personnes dans cette salle à moitié vide ! Elle a besoin de moi et j'ai besoin d'elle..."

   On a appris que le général de soixante-neuf désormais à la retraite était en France pour des soins médicaux. Il a nous a appris qu'il avait miraculeusement survécu à un accident de la route. Il a reconnu avoir servi douze ans sous Sassou1 et avoir été chef de camp du Président Marien Ngouabi. Chef d'Etat Major sous lissouba, l'homme n'a pas hésité à démissionner au vu du désordre qui règnait au sommet de l'Etat, outré, entre autres, de voir combien l'on tremblait devant une femme de peu de vertu comme Mounari.

   En substance, son message pourrait se résumer en ceci : "Le Congo se meurt, géré par Sassou et son clan comme une épicérie familiale..." Il fallait que les Congolais se levassent pour enrayer la situation. L'eau qu'il a qualifié de premier médicament que Dieu nous a donné, manque au Congo, alors que l'hydrographie de ce pays est un scandale. Tout comme l'électricité. Le pays semble ne plus être dirigé car l'Etat s'est affaibli, la justice a disparu, les Congolais voyant des étrangers l'emporter dans les tribunaux devant des nationaux en corrompant les juges.

  Il a parlé du Conclave qui n'avait pas pour but d'élire un nouveau pape mais d'oeuvrer à un nouvel ordre national, non pas par les armes car les Congolais ayant voulu de la démocratie devait l'assumer jusqu'au bout. Pour sa part, si le peuple congolais le soutenait, il pourrait avoir un rôle à jouer dans la reconstruction d'un Etat fort, la mise en place d'une justice sociale car le spectacle des "vautours" qui se goinfraient autour du Président Sassou l'écoeurait : en effet, lors de sa traversée du désert, seuls quelques membres de sa famille l'avaient suivi. Aujourd'hui, ceux qui pratiquent la politique du ventre l'entourent et pillent les richesses du peuple congolais. En effet, personne n'est poursuivi pour détournement et tout se passe au su et au vu de tout le monde. Il a décrit le fonctionnement de l'Etat à une certaine époque où les agents de l'Etat étaient bien reçus car les rouages de l'Etat fonctionnaient bien : celui qui allait travailler par exemple à Gamboma était bien reçu car les autorités étaient averties de son arrivée. Aujourd'hui, plus rien de tout ça : les sociétés publiques sont coulées puis bradées à des proches du pouvoir, les appartements de l'Etat sont vendus avec eau et électricité à 2 millions de francs cfa, des petits jeunes roulent dans de grosses voitures, tandis que des ministres ou des officiers font du commerce (alors qu'à son époque, on devait choisir entre l'armée et la politique et certains étaient révoqués de l'armée pour avoir possédé un petit taxi) et les maisons à étages étaient contruites à un rythme effréné. Et on voulait qu'il cautionne ce genre de pratiques ? Le Général répond :"Non ! Ngaï té !"

  Le Général a tenu à dire qu'il n'avait rien contre le Président Sassou Nguesso qu'il avait servi comme responsable de la sécurité car il avait avec lui des liens de famille et qu'il n'était pas nécessaire de téléphoner à ce dernier pour lui parler de la réunion : il suffisait de lui prendre rendez-vous avec ce dernier ; il irait lui dire en face ce qu'il disait maintenant.

   Le Congo, a-t-il dit, et nous le savons tous, est un pays immensément riche : bois (il ne comprend pas comment dans un pays producteur de bois, les élèves peuvent suivre les cours assis par terre), pétrole, etc. Si le pays avait été bien géré, on aurait pu utiliser l'argent du pétrole aux investissements économiques. Il a critiqué le projet de l'aéroport d'Olombo, projet qui initialement prévu pour 35 milliards de francs cfa avait déjà dépassé les 100 milliards, des sommes qui auraient pu servir à la construction de deux usines et donner du travail aux Congolais.

   Eu égard à ce constat aberrant, il a écrit à Sassou et a été surpris de voir que sa lettre était sur internet avant d'avoir été lue par le Président Sassou Nguesso. Peut-on encore parler d'Etat dans ces conditions ? " A notre époque, on allait tout faire pour savoir qui avait fait ça..." Il a proposé dans sa lettre deux portes de sortie au Président Sassou Nguesso : ou bien la démission pour aller "boukouter" en paix ce que lui et sa famille avaient amassé, ou bien des élections anticipées. L'entourage du pouvoir s'est dit :"Mais que veut le Général Ngouélondélé ? Il veut embêter Sassou ? " En effet, une petite recherche sur internet montre que de nombreuses voix essaient de défendre l'indéfendable, en prétendant que Sassou a une tâche difficile. Tout de même, il a bien un budget de plus de 1000 milliards de francs cfa  là où Youlou n'avait que 5 milliards !

   Sassou ayant été élu à plus de 80 % des suffrages à la Présidence de la République (plus parce que les Congolais ne voulaient pas d'une autre guerre qu'autre chose : de toute façon, Sassou avait déjà le pouvoir et n'aurait pas pu le lâcher après tant de morts !) n'honorait pas son pays car il n'y avait plus d'Etat et les richesses du pays étaient dilapidées, pillées, détournées sans que personne ne dise mot. Par ailleurs, l'argent détourné, une fois le pouvoir perdu, les banques qui savent que c'est de l'argent volé, ne le rendent pas ! Il a créé le Conclave pour se donner un espace de prédication, un cadre de parole et d'échanges.

  Il a dit que ceux qui avaient quelque chose à lui reprocher n'avaient qu'à le faire. Il vivait de sa pension qui n'atteignait pas le million de francs cfa, dont celle de juin n'était pas encore payée, possédait un appartement loué par un expatrié ; ce qui lui permettait de voyager à l'étranger, notamment en France où il avait deux enfants.

   Parlant de Kolélas, il a dit qu'on l'avait vu esquisser des pas de danse mbochie tout en donnant des billets de 5000 francs cfa aux danseurs. Où avait-il eu cet argent, lui qui venait d'enterrer sa femme ? Pour le Général, l'argent du Congo a un propriétaire :"le peuple congolais" ; or, cet argent est utilisé pour corrompre ce même peuple et celui-ci l'accepte ! Qu'est-ce qui empêchait quelqu'un de prendre l'argent et de ne pas voter Sassou par exemple ? Rien ! Il n'y avait plus d'éthique, de morale dans la conduite des affaires de l'Etat et plus personne ne redoutait de détourner le dénier public tellement règne l'impunité. En effet, comment expliquer l'enrichissement soudain de fils de paysans  à coût de milliards dans leurs comptes à l'étranger ? Tandis qu'il s'émouvait de voir que les fils du Congo, les vrais propriétaires de la richesse, mourir de faim, il a conseillé au Président Sassou de s'en aller en paix avant que cette affaire ne dégénère.

  Quant à l'assistance, il a déploré que tant de gens instruits, docteurs, ingénieurs, entre autres, contraints à faire des petits boulots en France, alors qu'ils auraient mieux à faire chez eux, au Congo !

  Il a parlé d'une forme de démocratie qui existait dans nos traditions quand les anciens se réunissaient et délibéraient ensemble pour le bien de tous. C'est une idée que nous avons aussi car la gestion des ocntentieux dans la tradition avait ceci de fantastique qu'elle résolvait les litiges et ne s'arrêtaient pas là, allant jusqu'à raccommoder le lien social endommagé. La chose collective était respectée et préservée. Nous aurions pu puiser dans nos propres traditions pour créer une démocratie qui aurait eu en plus notre atavique sagesse africaine...

  Il y a eu ensuite la séance de questions. Certains ont marqué leur étonnement vu les accointances du Général avec Sassou : son fils, Hugues est maire de Brazzaville et a pris femme dans la famille Sassou tandis qu'Edgar Nguesso est marié à sa fille. J.M.M. s'est même demandé si ce n'était pas Sassou qui l'envoyait... A cela il a rétorqué que ses enfants étaient libres de faire ce qu'ils voulaient et que les unions en questions étaient scellées avant que Sassou ne devienne Président. D'autres ont affirmé que les problèmes d'eau et d'électricité, entre autres n'étaient pas nouveaux et qu'ils existaient déjà en son temps. Le Général Ngouélondélé a affirmé que les choses ne sont pas comparables car il y a une différence dans la fréquence des coupures et quand l'eau arrive dans le robinet, elle n'est même plus potable. Quelqu'un s'est demandé comment la paix était possible au Congo, alors qu'on ne savait même pas où était enterré le Président Massambat Débat et que lui qui était à la sécurité pouvait-il ignorer ce qui se passait ? Le Général Ngouélondélé a évoqué son passage à la Conférence Nationale dont les résolutions n'ont pas été respectées et a admis que le Président Massamba Débat devait avoir une vraie tombe même si le plus grand stade de Brazzaville porte son nom...

  Il y a ceux qui ont parlé de projet et lui a répondu que les projets, on pouvait en rédiger de très beaux mais souvent, ils restaient lettre morte. Sassou n'avait-il pas sa "Nouvelle Espérance ?" Lui, au contraire pense que l'eau est en soi un projet car donner de l'eau potable à tous les congolais est déjà un grand projet ; ce qui par ailleurs existait à une époque sous forme de fontaines publiques jusqu'à la SNDE vienne vendre l'eau.

   A la question :"Si vous devenez président de la République, jugerez-vous Sassou ?", le général n'a pas directement répondu mais a évoqué ce que Rawlings avait fait au Ghana...

  A l'heure où le Congo se cherche un champion comme à l'époque médiévale pour battre Sassou, le courage de l'homme doit être souligné car rien ne l'oblige à s'insurger contre ceux qui détruisent notre pays.Il peut se contenter de continuer à vivre sa vie paisiblement jusqu'à ce que Dieu le rappelle à lui. L'homme dit que s'il voulait être ministre, il aurait pu le devenir mais que cela ne l'intéresse pas. Il y a comme un cri du coeur de cet homme qui connaît si bien les rouages et les tentations du pouvoir auxquelles il dit ne pas avoir cédé (il a dit qu'il avait eu l'occasion de faire un coup d'Etat mais ne l'avait pas fait).

  Sa démarche est éminemment politique et comme Sassou ne peut démissionner ou organiser des élections anticipées, il ne lui reste plus qu'à se présenter contre Sassou aux élections présidentielles. Il faut qu'il aille jusqu'au bout de sa démarche ! Peut-être est-il celui qui peut nous débarrasser de la vermine Sassou à l'heure où Kolélas lui mange dans la main et où Lissouba n'est plus que l'ombre de lui-même. Seulement, il a 69 ans et en 2009, il aura plus de soixante-dix ans. Or, Sassou, voulant écarter certains adversaires, a limité l'âge de la candidature aux élections présidentielles à moins de 70 ans ! Ce qu'on ne voit nulle part ailleurs. Mais bon, tout est possible...

Nous lui avons dit cette phrase en hébreu : "HaShem yiré Lalevav" (Dieu regarde le coeur). Il y a dans cet homme l'amour de la terre du Congo plus que chez beaucoup de politiques de profession ; ce qu'il n'a pas l'intention de devenir, car lui a été un militaire de carrière, une longue carrière de quarante-un ans... 

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