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15 juillet 2006 6 15 /07 /juillet /2006 21:56

  Nous avons analysé la fameuse vidéo de la mise en place de la Commission nationale Ad Hoc et de son président par le professeur Lissouba. C'est en effet, la rare fois où il est possible d'étudier le comportement du professeur président car il n'est certainement pas possible de le voir dans son habitacle du XVII ième arrondissement de Paris où Jocelyne et le reste de la famille filtrent les entrées. Nous sommes arrivés à la conclusion que la succession de Lissouba doit être ouverte car l'homme est bel et bien malade et cela se voit dans son comportement.

   Toute analyse sérieuse suppose une base de critères d'appréciation. Les nôtres sont les suivants :

- la vidéo en elle-même (elle n'est pas fameuse, la qualité du son étant par moment mauvaise. Par ailleurs, les propos en nzabi lui donnent plus une connotation familiale qu'une connotation politique. Or, il s'agit de l'avenir d'un parti !);

- l'environnement (familial et non politique car les instances du parti ne sont pas représentées) ;

- le comportement physique de Lissouba (gestes, mouvements, paroles);

- le comportement mental du professeur Lissouba (tout élément permettant d'apprécier la cohérence de sa pensée);

- sa capacité de décision (à décider par lui-même, en toute liberté pour que ses actes soient valables) ;

- sa capacité de computation (capacité à manier des symboles abstraits, notamment l'écriture);

- son degré de lucidité (s'il perçoit bien les enjeux de ses actes ou s'il ne fait qu'exécuter, alors que lui devrait ordonner et les autres obéir. Or, on ne le voit pas donner un ordre de nature politique...);

- l'univers de ses représentations mentales (son monde mental, son imaginaire pour voir si le système politique y a encore une place);

- la cohérence de ses propos (c'est le meilleur signe de la santé mentale, du moins, le premier niveau d'observation).

   Quelle est notre source pour l'obtention de la vidéo ? Nous l'avons téléchargée sur le site www.upads.org . Il s'agit d'essayer d'être le plus objectif possible, de séparer nos émotions des faits, de se tenir aux données que n'importe qui pourrait vérifier.

1. LA VIDEO EN ELLE-MÊME

  • Elle a une durée de treize minutes que nous avons subdivisée en neuf scènes principales (d'autres découpages sont possibles):
  • Scène 1 : Jocelyne Lissouba faisant signer des documents  : elle y apparaît autoritaire, péremptoire car Lissouba n'a que le choix de la signature ;
  • Scène 2 : Mireille Lissouba faisant à son tour signer des documents (on peut se demander pourquoi l'épouse du président n'a pas fait signer tous les papiers ; peut-être une simple procédure de mise en scène ou faut-il y avoir deux préoccupations différentes présentées au président de l'UPADS). Elle apparaît plus douce, plus tendre avec son  père, alors que les signes de tendresse chez Jocelyne n'apparaîtront que lorsque le professeur aura signé les documents qu'elle lui a présentés ;
  • Scène 3 : Gamassa et Lissouba assis (le premier apparaît sans charisme, comme sans grande énergie, or il en faut pour diriger un parti comme l'UPADS tandis que le second est calme ne disant rien) ;
  • Scène 4 : L'apparition du chat : un autre moment de tendresse comme pour empêcher des propos incohérents (qui ont par ailleurs été coupés à plusieurs endroits);
  • Scène 5 : La poignée de main (elle n'est pas spontanée plutôt prise du côté de Lissouba dans le cadre de l'ambiance familiale  où il faille sourire pour l'ambiance);
  • Scène 6 : Devant la télévision dans cette scène de la vie courante, Lissouba est calme);
  • Scène 7 : Lissouba debout (la preuve qu'il peut marcher tout seul et que sa maladie ne serait pas d'ordre physique);
  • Scène 8 : Dehors (la visite du parc) ;
  • Scène 9 : Apparition du préposé à la sécurité (on se demande où il était tout ce temps...).

  En somme, cette vidéo vise à mettre en scène la légalité de la mise en place de la Commission Nationale Ad Hoc qui préparerait le congrès et son président Pascal Gamassa. On ne peut par contre pas  déduire les faits suivants :

1) que l'idée de la commission soit de Lissouba lui-même (or ça fait une grande différence si elle n'est pas de lui ; on peut véritablement parler de manipulation) ;

2) que les documents aient été rédigés par la main même de Lissouba ;

3) que Lissouba ait perçu toute l'importance de la situation.

  Il y a cinq acteurs principaux dans cette mise en scène :

1. Lissouba lui-même (la caution juridique pour donner un semblant de légalité à l'événement);

2. Jocelyne Lissouba (nous apparaît comme l'élément déterminant du système familial, en fait, la personne qui exerce véritablement le pouvoir à la tête du parti ; ce qui est dangereusement illégal, dangereux car elle n'est pas Congolaise et pourrait prendre des décisions qui ne sont pas de l'intérêt du Congo, illégal car elle ne fait pas partie des instances dirigeantes du parti);

3. Mireille Lissouba (elle est très proche de son père et sa qualité de première fille est déterminante dans le système familial de prise de décision );

4. Pascal Gamassa (l'héritier du parti qui je le pense recevra ses ordres de Jocelyne Lissouba. Son choix n'est certainement pas le fait du hasard : Jocelyne et Mireille doivent considérer l'homme comme malléable, influençable);

5. Le "journaliste" qui essaie de donner un sens politique à l'événement qui est somme toute d'ordre familial).

 

2. L'ENVIRONNEMENT

  Il est double : d'abord le salon (qui donne une dimension privative à l'événement) du Président puis l'extérieur, une promenade au parc qui a été présentée comme un au revoir de Lissouba au président de la Commission Nationale Ad Hoc, Pascal Gamassa. Il ne met en scène que des membres de la famille de Lissouba ; ce qui se traduit par des mots en nzabi. Ce n'est donc pas un environnement politique car le parti qui ne saurait se réduire à Lissouba n'y est pas présent, notamment le secrétaire général par intérim, entre autres.  L'illégalité de la mise en place de la Commission Nationale Ad Hoc est manifeste et n'est pas statutaire.

    Quant à l'ambiance, elle est quelque peu tendue au début (on ne peut apprécier tout le processus : mise en place de la stratégie, élaboration de documents...) : Jocelyne apparaît autoritaire (retrait du stylo, petite tape de satisfaction) puis se débride un peu quand Lissouba a signé la deuxième salve de documents présentés par Mireille Lissouba. On théâtralise la poignée de main comme pour symboliser un passage de flambeau, une bénédiction. (Par ailleurs, en Nzabi, Gamassa parlera de "moula", bénédiction...).

    La visite au parc nous montre un Lissouba débarrassé du costume, affublé d'un bonnet car en février, il fait un peu frisquet. Pour rehausser la stature du président, on met en scène le garde du corps qu'on n'avait pas aperçu jusque-là (scène 9).

   La vidéo montre au début un Lissouba qui a vieilli et qui semble sous le poids de médicaments. On constatera qu'au parc Monceau, il sera un peu plus alerte.

3. LE COMPORTEMENT PHYSIQUE DE LISSOUBA

 Physiquement, Lissouba tient debout, parle, signe des documents. Nous avons comparé des documents pour voir si sa signature a évolué ; c'est en effet le cas : la signature présente sur les documents mis en ligne par Sassou ( http://www.congo-site.com/pub/fr/index.php?pageid=homecg.html) sur les contrats proft-oil (qui ont par ailleurs été retirés). Lissouba semble maintenant signer son nom, alors que ce n'était pas le cas quand il était président de la République.

   Au parc, on voit un Lissouba qui marche, fait des gestes de la main, même si son allure montre quelque peu des signes de fatigue. Il se pourrait que ses médecins lui aient recommandé une marche quotidienne. Nous n'avons pas noté de signe de tremblotement.

4. LE COMPORTEMENT MENTAL DU PROFESSEUR LISSOUBA

  C'est à ce niveau qu'il faut tirer le plus d'informations : même si un homme est physiquement diminué, si son mental est sain, cela se ressent sur sa prise de décision, sur sa capacité computationnelle, sur la cohérence de son discours.

  Le fait que Jocelyne et Mireille Lissouba indiquent à Lissouba où il doit apposer sa signature montre que l'homme n'a peut-être pas lu les documents qu'on lui a présentés ou qu'il y a une diminution de sa concentration mentale. Le professeur semble présenter comme des moments d'absence. Il est à noter qu'aucune référence aux documents en question, à l'UPADS ou à la politique du Congo n'est faite par le président Lissouba, lui qui adorait les discours.

   A la fin de la signature des documents que lui présente sa femme apparaît la première incohérence quand il dit à Jocelyne :"Quand tu vas sortir..." On ne comprend pas le sens de ses paroles. Au début de la scène 7, apparaît ce qu'on pourrait peut-être classer comme une autre incohérence quand il parle de la tour Eiffel ; pour plus d'analyse, il eût fallu que le caméraman nous montrât ce qu'il désignait par "tour Eiffel" pour qu'on donne une véritable appréciation. Pour poursuivre dans le sens des incohérences, on peut rapporter dans la scène 6 (devant la télévision), le cas où  Lissouba dit voir quatre personnes alors que l'acteur (ou l'actrice) en verrait trois (hélas, on ne voit pas ce à quoi il fait allusion). Au parc, il fera une référence à Tsingidi, son village natal. Nous passons sur l'allusion à "l'ensemble des gens" que Gamassa a rebaptisé "touristes" qui prendraient leur douche au parc selon le professeur...

  En comparant ses propos avec ceux qu'il avait faits lors des émissions sur le Congo qui furent diffusées sur la Cinq (ARTE), on notera une régression mentale qui ne peut s'expliquer par l'âge mais plutôt par le fait de la maladie ou des effets secondaires des traitements qui lui sont administrés. Il faut un repère de normalité pour juger d'un glissement mental. Cette émission montre un Lissouba qui défend ses positions, argumente, parle de la politique du Congo, de la gestion du pays dans une logique de guerre, etc. On notera par ailleurs que le fameux "journaliste" que le président appellera au parc "fiston" n'interviewe pas le président...

5. SA CAPACITE DE DECISION

  Lissouba dans  la vidéo ne décide pas tout seul : Jocelyne et Mireille Lissouba lui disent quoi faire et où le faire. Dans des circonstances notmales, il n'aurait pas besoin de leur aide ; ce qui traduit un affaiblissement de la capacité à prendre des décisions. Nous en déduisons que Lissouba ne peut plus être à la tête du parti qu'il a créé néanmoins, nous désapprouvons comme de nombreux Congolais le comportement de Gamassa et de la famille Lissouba. Quoi qu'il en soit, Gamassa aura tout le mal du monde à s'imposer à la tête de l'UPADS où la guerre pour le contrôle du parti fait rage. Ce parti renferme tant de fortes personnalités qu'il ne lui sera pas facile de s'imposer sans un réseau de soutien fort.

6. SA CAPACITE DE COMPUTATION

  Nous émettons l'hypothèse que le professeur Lissouba n'a plus la capacité de computation qu'il possédait avant sa maladie ; nous le repérons à partir de la mutation de sa signature et de son écriture granuleuse semblable à celle d'un enfant. Nous estimons que Lissouba n'est pas l'auteur de documents qu'on lui a demandé de signer. En confondant les nombres (il voit 4 là il y a 3), Lissouba montre qu'il connaît bel et bien une régression computationnelle, un autre élément qui doit pousser les cadres de l'UPADS à aller au congrès et à doter le parti d'institutions indiscutables.

7. SON DEGRE DE LUCIDITE

  Si la famille (la femme et la fille Lissouba) ont tenu à remettre le pouvoir du parti à Pascal Gamassa, il faut y voir un aveu de la perte de lucidité (certainement pas totale) du professeur Lissouba. L'épouse Lissouba ayant apparu plus autoritaire que la fille, on pourrait penser que c'est en fait elle qui tient l'UPADS en lieu et place de son époux. Et on peut se demander où elle conduirait le Congo si Lissouba était encore au pouvoir !

8. L'UNIVERS DE SES REPRESENTATIONS MENTALES

 

   Sur une vidéo de treize minutes, il est difficile de tirer quelque enseignement rigoureux mais il nous semble que la politique a été réfoulée de son univers mental car il n'en parle même pas. On notera juste une phrase : "Ils viennent ici, je les ai vus, entendus, je dis bravo, etc." qu'on peut renvoyer à un discours généraliste et non politique.

9. LA COHERENCE DE SES PROPOS

  Son français parlé est correct ; seul fluctue le mouvement de sa pensée qui passe d'une signature de documents à des éléments flous ou du parc à Tsingidi. Il a  conscience de sa maladie puisqu'il affirme : " ...pour l'instant, ça va." Cependant, il n'y a aucun discours soutenu ou d'une abstraction élevée.

 

   Nous affirmons apprécier l'homme et nous déplorons qu'il soit tombé malade alors que son parti aurait pu encore profiter de lui. Il faut se résoudre à penser désormais l'UPADS sans Lissouba à sa tête car l'homme n'est plus que l'ombre de lui-même. Ce qui nous a amené à ne considérer comme viable que les décisions qu'il avait prises quand il était encore sain d'esprit. Pour le reste, allons au Congrès du parti et dotons l'UPADS d'institutions légitimes et durables.

 

L'hôtel particulier du professeur Lissouba, à Paris.

Ceux qui veulent la vidéo peuvent nous en faire la demande...

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