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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 10:29

Depuis 1960, une constante caractérise la culture politique congolaise : elle est à la fois faite de contestations, de rivalités, d'exclusion sur la base des passions, des valeurs aléatoires de l'ethnie qui reste la base fondamentale de ralliement politique. L'ethnie, champ de privilèges sociaux, est un pendant de la colonisation qui était un espace de privilèges pour le colon français excluant l'autochtone dans l'accès à ses propres richesses. En somme, on a perpétué les valeurs de la société coloniale excluante, divisante, plaçant une minorité au-dessus du tout social qui n'a que des droits primaires au travers de la bureaucratie administrative d'Etat. Ce parralélisme de la société coloniale et de la nation congolaise dite indépendante montre que les schèmes de construction sociale restent ceux de la colonisation qui par ailleurs a institué une économie extravertie tournée vers l'extérieur, vers l'intérêt de la France.

   Ces valeurs charnelles fondées sur les particularismes comme mode de cooptation politique et administrative (une ethnie est la superclasse classe nationale exerçant le pouvoir pour son propre intérêt...) exacerbent les passions qui ont tendance à se reproduire à l'infini,chaque voulant à son tour exclure les autres, ainsi de suite. Or, il n'y a pas un seul Congolais qui ne soit pas membre d'une ethnie ! Et celles-ci ne sont pas prêtes à disparaître ! L'art machiavélique de diviser pour régner est l'antithèse même de la nation qui fait de la totalité sociale le principe cardinal organisationnel, de sorte que chacun, au titre suffisant de membre du tout, a déjà des droits égalitaires fondamentaux aux autres, indépendamment du lieu de naissance, de l'origine ethnique, de la famille, qui sont autant d'aléas de dame nature. Ces différentialités ont des valeurs communes issues des traditions bantoues millénaires, traditions qui plaçaient l'homme au piedestal de l'importance. En effet, il n'y avait aucun bien de prestige supérieur à l'homme dans toutes les communautés traditionnelles bantoues.

   L'on comprend la rupture mentale quand se greffe l'idéologie marchande qui considère que l'homme ne vaut plus pour ce qu'il est mais pour ce qu'il a (le pauvre en dollars ne vaut plus rien alors que rien ne peut être plus grand que sa nature d'être humain ! Vous comprendrez que cette logique tue, fait tuer des petites gens en dollars car quand on quantifie, on fait apparaître de manière quantitative une différence d'importance qui ne se justifie pas dans l'ordre de la nature). Et, à cela s'ajoute, une répartition injuste du revenu national perçu au nom du tout pour la simple satisfaction de quelques appétits goulus agitant les ressemblances ethno-régionales.   Indira Ghandi estimait que la terre avait assez de richesses pour nourrir toute l'humanité mais qu'elle n'en avait pas assez pour satisfaire la gloutonnerie maladive de quelques individus ! A méditer !

    Le Congo comme nation est à faire et reste à faire, tout comme son indépendance politique : et ce faisant, on inoculerait déjà les prémisses d'une démocratie politique au travers d'une justice sociale qui a été réalisée en Europe par une organisation spécifique en l'entreprise capitaliste basée sur les compétences, l'acquisition d'un savoir et non plus simplement par les liens de sang : si le fils du patron ne sait pas créer des logiciels, on ne peut lui donner ce travail au simple titre de fils du patron ! C'est tout bonnement contre productif. Le capitalisme introduit une dimension objective dans l'employabilité des hommes et la démocratie n'est que son mode de régualtion sociale. L'on constatera donc qu'il est possible de faire l'hypothèse selon laquelle la démocratie est fille du capitalisme car la recherche de la performance libérale appelle l'optimisation des facultés humaines qui ne sont plus reconnues comme des privilèges mais des propriétés intrinsèques aux personnes.

   Au Congo-Brazzaville, les événements qui sévissent dans les partis montrent que la boucle des valeurs excluantes persiste et si l'on ne fait rien, rien ne changera car il y aura juste substitution d'un acteur collectif (le groupe au pouvoir = l'ethnie au pouvoir) à un autre, tandis que les mêmes contradictions sociales perdureront.

   L'UPADS a été une manifestation politique accidentelle qui aurait pu entraîner l'amorce d'un mouvement conduisant véritablement à la démocratie sociale car dans le cadre d'un multipartisme, ses objectifs n'étaient la satisfaction d'une ethnie sur les autres. L'UPADS, du nord au sud, est apparu comme un parti non nzabi, un parti national, alors que le PCT qui n'avait d'attrait que son monopartisme, le RDPS, le MCCDI étaient tous des partis à caractère ethnique. Sans le vent de la perestroïka, nous n'aurions jamais entendu parler de démocratie au Congo. (Je pense d'ailleurs qu'il nous faut une autre Conférence Nationale Souveraine, faites circuler l'idée !!).

    Cependant, les forces du statu quo en oeuvre par la personne de Sassou Nguesso sont en train de ramener les choses qui sortaient du cycle corrompu vers ce dernier. Les Nzabis autour de Gamassa (ils oublient que Lissouba n'aurait jamais été élu président du Congo si seuls les Nzabis l'avaient élu), les Bembés autour de Moukouéké (il n'y a qu'à voir son entourage, son secrétariat...), les gens du Niari autour de Paulin Makita font que quel que soit le groupe qui prendra le pouvoir après le congrès du parti, celui-ci retombera dans les vapeurs obscures de la logique du clivage ethnique garantissant une rédistribution asymétrique des richesses nationales pour une ethnie, et, à ce jeu-là, Sassou sera toujours gagnant. Il y  a un pacte ethnique tacite pressenti par ceux qui soutiennent les leaders politiques à ce titre : "notre appartenance commune à l'ethnie X est notre projet. Quand tu deviendras président de la république, tu devras t'en souvenir et donner à l'ethnie ce qu'elle attend de toi". La conséquence en est que le pouvoir n'est plus une affaire d'idées et de projet global national mais d'appartenanc ethnique : il faut coûte que coûte soutenir son leader ethnique sur la simple base de l'ethnie, de la différence ethnique, alors qu'ailleurs, dans les vraies démocraties, ce qui prévaut, ce sont les idées, le projet politique... Jugeons les hommes par les projets qu'ils portent et non parce qu'ils sont de notre ethnie ! On n'est pas maire de Paris parce qu'on est né à Paris...

    Il faut donc réfléchir à la façon de changer cet état de choses injustes par une révolution sociale qui pour une fois placerait des valeurs nationales au-dessus des valeurs ethniques favorables à la poursuite du projet colonial français.

    On ne pense pas avec son coeur sinon Dieu se serait passé de la création du cerveau et nous aurions ressemblé à des hydres monocellulaires ! Sur certains sites, la lutte tribale, les insultes, les états d'âme vont bon train. Cela ne préjuge rien de bon car ceux qui nous dominent ne sont pas nés avec un couteau à la main ; ils ont tout simplement admis que le principe de raison était le principe le plus important et ils l'utilisent à merveille pour que nous restions leurs esclaves pour l'éternité (en effet, seule l'appelation change : esclaves, colonisés, affranchis, néo-colonisés, le rapport à la base est le même : " dominer ces abrutis de nègres qui n'ont pu goûter à la modernité que grâce à nous et continuer à faire que leurs pays, leur continent, leurs richesses ne leur appartiennent toujours pas comme au temps de l'esclavage...")...

Mouvimat IBOUANGA LOUNDOU

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