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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:10

drapeaucongoflottant.gifLes Partis et Associations politiques du Congo Brazzaville

Les Organisations de la Société Civile Congolaise

 

 

                                                                                   A

                                            Leurs Excellences Messieurs :

 

                                                    Le Président de l’Assemblée Nationale,

                                                    Le Président du Sénat,

                                                    Le Président de la Cour Constitutionnelle,

                                                    Le Président de la Haute Cour de Justice

 

 

Brazzaville, République Du CONGO

 

 

Objet :   Interpellation

 

Messieurs les Présidents,

 

Nous, signataires de la présente, avons l’insigne honneur de vous faire part des sentiments de profonde préoccupation qui nous animent à l’orée d’une échéance électorale capitale pour notre pays : l’élection présidentielle de juillet 2009.

 

En effet, comme tous les démocrates soucieux de préserver la paix et la sécurité dans le pays, l’harmonie et l’unité nationale, nous manifestons de sérieuses inquiétudes d’une part, sur la légèreté avec laquelle l’Administration prépare unilatéralement cette échéance électorale, et d’autre part, sur les violations permanentes par les pouvoirs publics, des dispositions de la loi fondamentale.

 

Messieurs les Présidents,

 

La Constitution d’un pays, une fois adoptée et promulguée, devient la Loi Fondamentale qui s’impose à tous et plus particulièrement à ceux qui sont censés en être les garants. Elle permet alors aux Institutions de fonctionner, à l’État de réguler, aux Gouvernants de gouverner dans la transparence et pour le bien de tous, et à la société de vivre en harmonie avec l’esprit des règles édictées. La loi fondamentale assure donc l’équilibre d’une nation, garantit la paix et l’unité nationale ; mais s’il s’avère qu’une ou partie de ces règles n’est pas respectée, l’équilibre est alors rompu, et la Nation, ouverte à tous les abus possibles.

 

La Constitution de notre pays, celle du 20 janvier 2002, conçue par les gouvernants actuels, a donc été votée pour préserver la paix compromise par la guerre civile du 05 Juin 1997 et amener le peuple congolais à un mieux-être, au bonheur et à la prospérité.

 

Après sept ans d’existence, force nous a été donnée, hélas, de constater que plusieurs de ses dispositions et non les moindres, ont été soit ignorées sciemment – et nul n’est censé ignorer la loi, soit purement et simplement battues en brèche, pour ne pas dire violées. La gravité de ces violations devrait vous interpeller, vous qui êtes les garants de cette loi fondamentale et qui avez la haute responsabilité d’assurer justement la cohésion nationale, la paix et l’harmonie dans le pays, sérieusement menacées aujourd’hui.      

 

Comme vous le savez,

 

1. Le 14 Août 2002, préalablement à sa prise officielle de fonctions, le Président de la  République , Denis SASSOU NGUESSO, prêtait, devant un parterre de Chefs d’Etat et en votre présence, en qualité de corps constitués, le serment suivant prévu à l’Article 69 de la Constitution du 20 janvier 2002 : "Devant la Nation et le Peuple Congolais seul détenteur de la souveraineté : moi, Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République , je jure solennellement de respecter et de défendre la Constitution et la forme républicaine de l’Etat , de remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation et le Peuple m’ont confiées, de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques, de protéger et de respecter le bien public, de consacrer l’intégralité des ressources naturelles au développement de la Nation ,de garantir la paix et la justice à tous, de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire, la souveraineté et l’indépendance nationales"

 

L’Article 56 de la même Constitution prescrit au Président de la République d’incarner l’unité nationale, de veiller au respect de la Constitution et au fonctionnement régulier des institutions publiques

 

2. En se référant à ces deux dispositions de base précitées, nous relevons ce jour que depuis sa prestation de serment, le Président de la République et l’ensemble de son gouvernement  violent délibérément la constitution, notamment, les Articles 9, 10, 19, 23, 25, 30, 31, 36, 48, 72 ; 73 et 171, parmi tant d’autres.

 

Ces articles ont respectivement trait :

 

  • Au respect de la liberté de la personne humaine (Article 9) ;
  • A l’interdiction de la torture (Article 10) ;
  • A la liberté de l’information (Article 19) ;
  • Au droit à l’éducation et à la santé (Articles 23 et 30) ;
  • Au droit syndical (Article 25) ;
  • A la morale et aux valeurs républicaines (Article 31) ;
  • A l’obligation de compensation pour toute pollution ou destruction résultant d’une activité économique (Article 36) ;
  • A l’obligation pour tout citoyen nommé à une haute fonction de déclarer son patrimoine avant la prise et après la cessation de celle-ci (Article 48) ;
  • A l’incompatibilité du mandat présidentiel avec des fonctions au sein d’un parti politique (Article 72) ;
  • A l’obligation du Président de la République d’occuper une résidence officielle (Article 73) ;
  • A la non utilisation de la force publique à des fins politiques et personnelles (Article 171).

Plus précisément :

 

2.1 SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 9

 

L’Article 9 stipule : "La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être arbitrairement accusé, arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’une procédure lui garantissant les droits de la défense. Tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain ou dégradant est interdit"

 

Quoique corroborant les dispositions supranationales édictées par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en ses articles 9 ("Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé") et 11 ("Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie…), dans la pratique, cet Article 9 de la constitution souffre dans son application. En effet, des citoyens sont souvent arrêtés de façon arbitraire, au mépris de toutes procédures légales ; tels les cas de monsieur Jean-Pierre LOKENIA de l’associationMarien NGOUABI et Ethique, enlevé et séquestré arbitrairement pour son activisme politique, et de monsieur Mabio MAVOUNGOU-ZINGA, ancien député et membre du parti politique RDPS, victime d’un enlèvement nocturne suivi de séquestration, à la suite des troubles qui ont émaillé les obsèques de feu Jean-Pierre Thystère TCHYCAYA président dudit parti, pour ne citer que ces deux cas récents parmi tant d’autres.        

 

2.2 SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 10

Cet Article 10  dispose à son alinéa 2: "Tout individu, tout agent de l’Etat, toute autorité publique qui se rendrait coupable d’acte de torture ou de traitement cruel et inhumain, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, est puni conformément à la loi"

 

Pourtant dans les geôles de gendarmerie et des commissariats de police, la torture et les traitements inhumains conduisant parfois à la mort, constituent le vécu quotidien des détenus, ceci, au mépris total des principes édictés par la convention des Nations Unies de 1987 contre la torture qui stipule : "Aucune circonstance exceptionnelle quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture".

 

A titre d’illustration, le Commissariat de Police de Tié-tié II à Pointe Noire a enregistré la mort de treize (13) détenus dans la nuit du 12 au 13 Novembre 2000. Plus récemment, le Commissariat spécial du Port Autonome de Pointe Noire a enregistré la mort de Guy Sylvestre POATY, arrêté et détenu irrégulièrement à la suite des troubles qui ont émaillé les obsèques de feu Jean-Pierre Thystère TCHYCAYA. Dans le premier cas, le Commissaire de police, quoique condamné par la justice pour homicide involontaire le 29 Juillet 2003, sera quelque temps plus tard promu à un grade supérieur. Dans le second cas les conditions de décès sont restées non élucidées, malgré les injonctions des organisations de la société civile.

 

2.3 SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE  19 

Cet Article est libellé ainsi qu’il suit : "Tout citoyen a le droit d’exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, l’écrit, l’image ou tout autre moyen de communication. La liberté de l’information et de la communication est garantie. La censure est prohibée. L’accès aux sources d’information est libre. Tout citoyen a droit à l’information et à la communication. Les activités relatives à ces domaines s’exercent dans le respect de la loi"

 

Dans la pratique cette disposition n’est pas non plus appliquée, au regard :

 

        I.      Des suspensions intempestives de journaux tels TALASSA, EPANZA MAKITA, AMICALE ... ;

     II.      Des arrestations arbitraires de journalistes considérés comme hostiles par le pouvoir ; nous citerons à titre d’exemple, les cas du Directeur du journal TALASSA arrêté pour avoir relevé dans les colonnes de son journal des contres vérités sur  la situation du pays exprimées par le président de la république dans son discours sur l’état de la Nation ; de Christian PERRAIN de la chaîne de télévision privée TELE POUR TOUS arrêté et condamné à Pointe Noire pour avoir diffusé une émission animée par des acteurs politiques de l’Opposition ; de Igor CAMEROON de la chaîne de télévision privée DRTV licencié pour avoir diffusé un reportage sur un ex-Ministre de l’ex-Président Pascal LISSOUBA ;

   III.      Des interdictions injustifiées des meetings organisés par les partis de l’opposition ;

 

  IV.      De l’inaccessibilité aux médias d’État des acteurs politiques de l’opposition.

 

2.4 SUR LA VIOLATION DES ARTICLES 23 & 30

Aux termes de l’Article 23, alinéa 3, il est prescrit : "Le droit à l’éducation est garanti. L’égal accès à l’enseignement et à la formationprofessionnelle est garanti. L’enseignement, dispensé dans les établissements publics, est gratuit… " ; Quant à l’article 30, il édicte : "L’État est garant de la santé publique. Les personnes âgées et les personnes handicapées ont droit à des mesures de protection en rapport avec leurs besoins physiques, moraux ou autres, en vue de leur plein épanouissement".  

 

Or, Il est de notoriété publique qu’au Congo, ni la gratuité de l’enseignement dans les établissements publics, ni les mesures de protection en faveur des personnes âgées et des personnes handicapées ne sont jamais appliquées.

 

Cela est d’autant plus vrai que, malgré les effets d’annonce sur les remboursements des frais scolaires aux parents d’élèves, faits à l’approche des consultations présidentielles soit plus de six ans après la prestation de serment de 2002, nous notons que :

 

  • Dans de nombreux  établissements scolaires du Congo les élèves manquent cruellement de tables et bancs et travaillent à même le sol ;
  • Dans les hôpitaux, comme le CHU de Brazzaville, il manque cruellement les médicaments de base et de nombreux malades sont transportés à dos d’hommes dans les étages, moyennant paiement ;
  • Quant aux handicapés et aux personnes âgées, l’Etat les traitent tous comme des personnes valides.

2.5 SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 25

Selon l’Article 25 : "A l’exception des agents de la force publique, les citoyens congolais jouissent des libertés syndicales et du droit de grève dans les conditions fixées par la loi".

Bien que cet article affirme la liberté syndicale et le droit de grève, le déni de défense des droits syndicaux des travailleurs est devenu une pratique courante puisque les trêves sociales sont tacitement reconduites tous les ans. Ces reconductions sont imposées aux travailleurs par le pouvoir qui en tire profit pour ne pas améliorer leurs conditions de travail.

 

2.6   SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE  31 

Aux termes de cet Article, "L’État a l’obligation d’assister la famille dans sa mission de gardienne de la morale et des valeurs compatibles avec l’ordre républicain.. ".

 

Aujourd’hui, force est de constater que l’Etat ne prend aucune mesure pour assister les familles en cas de besoin. Nous assistons impuissants, au développement de la dépravation des mœurs, sous-tendues par la généralisation des pratiques telles que la fraude et la corruption, dans tous les segments de la société, ainsi que la prostitution des jeunes filles.

 

2.7  SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 36

L’Article 36 stipule à son 2ème et 3ème alinéa : "Toute pollution ou destruction résultant d’une activité économique donne lieu à compensation. La loi détermine la nature des mesures compensatoires et les modalités de leur exécution".

 

Dans le Département du Kouilou par exemple, du fait de l’exploitation on shore et off shore du pétrole, plusieurs communautés villageoises (telles de Djéno, Bondi, Tchicanou, …) se plaignent de ce que leur terres, leur faunes végétales, animales et aquatiques, ainsi que leur santé, se trouvent affectées par la pollution résultant de ces activités.

 

Malgré les multiples interpellations des organisations environnementales de la société civile, jusqu’à ce jour, aucune initiative n’a été prise pour faire appliquer la disposition de la loi fondamentale sus – citée ; et le Gouvernement ne s’est jamais préoccupé des problèmes inhérents à la survie de ces communautés villageoises qui ne disposent plus de terres arables.   

  

 2.8  SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 48 

L’Article 48 édicte ce qui suit : "Tout citoyen, élu ou nommé à une haute fonction publique, est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonctions et à la cessation de celles-ci, conformément à la loi. L’inobservation de cette obligation entraîne la déchéance des fonctions dans les conditions fixées par la loi".

           

Depuis l’entrée en vigueur de la constitution, ni le Chef de l’Etat et tous les Ministres des différents Gouvernements, ni les Élus et Hauts fonctionnaires qui se sont succédés, n’ont jamais déclaré leur patrimoine. Et aucune disposition légale n’a été prise pour faire appliquer cette prescription de la loi fondamentale, alors qu’une proposition de loi initiée à ce sujet par l’Honorable Feu André MILONGO, n’a jamais été soumise en débat jusqu’à ce jour.

 

Il ressort de la compréhension de ce texte que la déclaration de son patrimoine est un préalable à l’occupation de toutes les hautes fonctions. Il s’en suit que le Président de la République , son Gouvernement ainsi que tous les élus ou nommés à une haute fonction publique et qui n’ont pas respecté les dispositions de cet article 48 sont atteints par la sanction prévue par ce texte, c’est-à-dire, la déchéanceCe qui veut dire que le Congo notre pays, est depuis fort longtemps dans une situation de non droit.

 

2.9  SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 72

Cet Article précise à son alinéa 2 : "Le mandat de Président de la République est également incompatible avec toute responsabilité au sein d’un parti politique".

 

Cette disposition n’a pas empêché que le Président Denis SASSOU NGUESSO soit resté de janvier 2002 à octobre 2006, Président du Parti Congolais du Travail (PCT). Et aujourd’hui, il est Président de fait du RMP pour être intervenu dans l’avortement du congrès du Parti Congolais du Travail.

 

2 .10  SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 73 

Le 4ème alinéa de l’Article 73 dispose : "Le Président de la République occupe une résidence officielle".

 

Au mépris total de cette prescription de la loi fondamentale, le Président Denis SASSOU NGUESSO occupe depuis sa prise de fonction en 2002, sa résidence privée du quartier Mpila à Brazzaville, équipée et entretenue par l’Etat. Nonobstant, il perçoit un loyer payé par le contribuable congolais. Pendant ce temps, les deux résidences officielles, demeurent inoccupées.

 

2.11  SUR LA VIOLATION DE L’ARTICLE 171

L’Article 171 stipule : "La force publique est apolitique. Elle est soumise aux lois et règlements de la République. Elle est instituée dans l’intérêt général. Nul ne doit l’utiliser à des fins personnelles. La force publique est subordonnée à l’autorité civile. Elle n’agit que dans le cadre des lois et règlements. Les conditions de sa mise en œuvre sont fixées par la loi". Il vous souviendra, Messieurs les Présidents, que lors du conflit politique opposant au sein du Parti Congolais du Travail, le courant dit des Conservateurs (aile Justin LECKOUNDZOU luttant pour la sauvegarde du Parti) à celui des Refondateurs, le Chef d’Etat-major Général des forces Armées Congolaises est intervenu, sommant les Conservateurs de ne plus poursuivre les travaux du congrès qu’ils avaient convoqué. L’immixtion de l’armée dans un conflit interne d’un parti politique traduit une confusion anticonstitutionnelle et prouve clairement que le Chef de l’État continue à diriger le PCT.

 

Plus récemment, le Directeur Général de la Police Nationale a voulu s’ériger en médiateur entre les enseignants et leur Ministre de tutelle.   

 

2.12  SUR LA CRÉATION DU POSTE DE PREMIER MINISTRE

En instituant un régime présidentiel, la constitution du 20 janvier 2002 a rompu avec la tradition. Elle a implicitement, mais nécessairement mis fin à un exécutif à deux têtes.

 

En nommant un Premier Ministre dont la fonction n’est pas prévue par la Constitution, non seulement le Président de la République a délibérément violé la constitution, mais encore, il s’est octroyé le droit de créer des fonctions d’Etat qui ne cadrent pas avec un régime présidentiel.

 

2.13  SUR LE PRINCIPE DE LA RÉPUBLIQUE

L’Article 2 de la Constitution stipule : "Le principe de la République est : Gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple".

 

Or, tout ce qui peut servir le peuple a été oublié, abandonné. Et tout ce qui concourt au bien-être social du peuple ne préoccupe nullement le pouvoir.

 

En effet, en organisant unilatéralement toutes les consultations électorales au mépris du consensus indispensable en vue des scrutins libres et transparents, le pouvoir actuel prive le peuple de son droit souverain de désigner librement ses dirigeants.

 

Messieurs les Présidents,

 

Au regard de ce qui précède et vu la gravité des faits sus - cités, nous, Partis & Associations Politiques du Congo Brazzaville et Organisations de la Société Civile concluons que :

 

a.       Le Président de la République serait logiquement passible de poursuite pour parjure  et haute trahison et que les membres du Gouvernement ainsi que tous les autres élus et hauts fonctionnaires nommés sont atteints de déchéance, conformément à l’article 48 de  la constitution ;

b.      La Constitution n’étant plus respectée par les Gouvernants, elle ne saurait être opposable à tout citoyen Congolais.

 

Au surplus, cette violation permanente de la constitution par les Gouvernants peut engendrer, susciter et légitimer à juste titre chez le citoyen, le sentiment de désobéissance civique. A ce sujet, il est loisible de rappeler ici une des dispositions de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique du 4 juillet 1776 : « Quand, par une longue suite d’abus et d’usurpations, le Gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

 

Par ailleurs, à propos de la préparation unilatérale de l’élection présidentielle, vous n’êtes pas sans savoir que les législatives et les locales ont connu non seulement des dysfonctionnements relevés par tous, mais aussi des taux d’abstentions records qui illustrent le manque d’intérêt que le peuple congolais manifeste à l’égard de ces échéances.

 

C’est pour cela que les Partis & Associations politiques ainsi que les Organisations de la société civile signataires, qui n’ont cessé de réclamer une concertation de tous les acteurs politiques, se sont réjouis de ce que, à la faveur de la dernière séance des questions orales avec débats le 10 novembre 2008 au Palais du Parlement, le Premier Ministre Isidore MVOUBA ait annoncé au nom du Chef de l’État Denis SSASSOU NGUESSO, la tenue sous peu à Brazzaville, d’un dialogue politique qui mettrait autour d’une même table les leaders des partis du pouvoir et ceux de l’opposition, afin de baliser la voix qui les conduira à l’organisation des élections consensuelles et apaisées en juillet 2009.

 

Nous avons accueilli très favorablement cette information parce que :

 

              I.       En démocratie, un tel dialogue est nécessaire et indispensable entre tous les fils et filles de notre pays ;

 

           II.       Notre passé récent nous y invite ;

 

       III.       L’immense majorité de notre peuple, dont les conditions de vie ne cessent de se dégrader au jour le jour, commençait à voir s’évanouir l’espoir de sortie de crise qu’il avait placé dans cette échéance électorale ;

 

        IV.      Le Président Denis SASOU NGUESSO, candidat à sa propre succession ne devrait lui- même pas se retrouver dans une situation ambiguë d’être à la fois joueur et arbitre ; cela ne garantirait pas l’équité, la loyauté et l’égalité de chance de tous les potentiels candidats à cette importante échéance. Et justement sur ce point précis, il vous souviendra qu’à l’époque où il était dans l’opposition, le PrésidentSASSOU NGUESSO, non seulement cosigna le Mémorandum de mars 1997 et l’Engagement  Solennel du 31 mai 1997 en présence de Mr Frederico MAYOR, alors Directeur de l’UNESCO, mais adressa également une correspondance revendicative aux PrésidentsJacques CHIRAC et Bill CLINTON par laquelle il les suppliait d’user de leur poids politique et moral pour amener le Gouvernement d’alors à mettre en place une commission électorale indépendante  consensuelle, qui assurerait des scrutins libres et transparents. 

 

Malheureusement nous constatons, dans les mêmes temps avec regrets, le lancement unilatéral par le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation , de l’opération de révision extraordinaire des listes électorales en vue du scrutin de juillet 2009, et avons suivi avec stupéfaction par voie de presse, les déclarations des Ministres chargés de l’Administration du Territoire et de la communication qui contredisent l’annonce faite par le Premier Ministre.

 

En ce qui nous concerne, nous réitérons une fois de plus nos vœux de voir cette concertation se tenir, car nous croyons que seule l’approche du dialogue permettrait non seulement de consolider les efforts de paix déjà entrepris, mais recréerait également un climat de confiance entre les différents acteurs de notre pays.

 

Dans l’acceptation de cette approche, nous souhaitons à cette occasion, dans un esprit d’apaisement, que dans l’agenda de la Concertation, une place soit réservée entre autres points :

 

  • au débat sur les violations constitutionnelles, afin que de nouvelles dispositions non discriminatoires soient définies de manière consensuelle en vue des prochaines élections présidentielles ;
  • à la situation dans le Département du Pool ;
  • à l’accessibilité équitable des acteurs politiques du pouvoir et de l’opposition, aux médias d’État ; 
  • à la mise en place d’une Commission Nationale Électorale Indépendante consensuelle qui doit superviser toutes les opérations électorales, y compris le recensement administratif devant aboutir à l’élaboration des listes électorales ; et de ce fait, qu’il soit arrêté sans délais, les opérations actuelles de révision des listes électorales entreprises dans un élan de fuite en avant et unilatéralement par le Gouvernement ;
  • à la publication immédiate des résultats du recensement général de la population et de l’habitation effectué en 2007 ; ceci pour permettre la cohérence entre ces résultats et ceux du futur recensement administratif. 

Dans le cas contraire, si le Président SASSOU NGUESSO s’obstinait, malgré les nombreuses sollicitations des Partis & Associations politiques ainsi que de la société civile au consensus, à organiser une fois de plus de façon unilatérale, des élections non transparentes, à l’instar des législatives et des locales, nous dégageons notre responsabilité historique sur la dégradation prévisible du climat social dans notre pays et sur les conséquences de cette stratégie de la politique d’intimidation, de fuite en avant et de la terre brûlée, pratiquées par le Président de la République.    

 

Aussi, soucieux de la nécessité de sortir rapidement de cette impasse dans laquelle se trouve englouti notre pays, vous demandons-nous avec diligence :

 

          I.      d’intercéder auprès du Président Denis SASSOU NGUESSO, afin qu’il engage sans délais, avec toutes les forces vives de la nation congolaise, le dialogue annoncé par le Premier Ministre en son nom ;

 

      II.      d’intercéder auprès de la Communauté Internationale , afin qu’elle soutienne la présente démarche en usant de tout leur poids politique et moral pour amener le Gouvernement de Brazzaville à ne plus empêcher la mise en place d’un cadre et d’un calendrier électoraux adéquats et acceptables par tous.

 

Dans l’espoir que le Congo notre pays, grâce à la bonne volonté de tous, pourra être bientôt réconcilié avec lui-même, nous vous prions de croire, Excellences, à l’expression de notre haute considération.

 

 

                                               Fait à Brazzaville, le 5 janvier 2009 

 

LES SIGNATAIRES :

 

Pour les Partis et Associations politiques :

 

Parti pour l’Alternance Démocratique (P.A.D) : Emmanuel NGOUELONDELE-MONGO

Convergence Citoyenne : Bonaventure MBAYA

Congrès du Peuple : Marcel GUITOUKOULOU / P.O. Eugène DIKAMONA

CDRC : Daniel NKOUTA

Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS) : Emmanuel BOUNGOUANZA

Parti Social - Démocrate Congolais (PSDC) : Clément MIERASSA

 

Pour les Organisations de la Société Civile  :

 

Collectif des Originaires du Kouilou (COK) : Aimée MAMBOU GNALI

Mouvement pour la Culture Citoyenne (MCC) : Anthyme BAYIMINA

Les Amis du Congo Brazza : Patrick Éric MAMPOUYA

 

 

AMPLIATAIRES :

 

1.      Président Denis SASSOU NGUESSO, République du Congo-Brazzaville

2.      Président Omar BONGO ONDIMBA, de la République  Gabonaise

3.      Président José Eduardo DOS SANTOS, de la République Populaire d’Angola

4.      Président Kgalema MOTLANTHE, de la République de Sud-Africaine

5.      Président  Abdoulaye WADE, de la République du Sénégal

6.      Président Mouammar KADHAFI, de la Jamahiriya Arabe Libyenne et Socialiste

7.      Président Blaise COMPAORE, de la République du Burkina Faso

8.      Président Jakaya KIKWETE, de la République Unie de Tanzanie et Président  en exercice de l’Union Africaine

9.      Monsieur Jean PING, Président de la Commission de l’Union Africaine

10.  Monsieur Ban KI-MOON, Secrétaire Général de l’ONU

11.  Président Nicolas SARKOZY, de la République Française

12.  Président Georges W. BUSH, des Etats-Unis d’Amérique 

13.  Monsieur José Manuel BAROSO, Président de la Commission de l’Union Européenne

14.  Sa Sainteté  Le Pape BENOIT XVI, Chef de l’Église Catholique Romaine

15.  Madame Angela MERKEL, Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne

16.  Monsieur Gordon Brown, Premier Ministre de la Grande Bretagne

          17.The Carter Center (Fondation Jimmy CARTER), USA

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Published by Le lion de Makanda mwan Mizumba - dans demain le congo brazzaville
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