Mardi 17 février 2009
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Une opposition est en réalité une position
inverse, opposée à une structure et quant à nos hommes politiques qui sont dans le giron de la politique bureaucratique et administrative, très peu en réalité soutiennent une position inverse à
Denis Sassou Nguesso. Si vous cherchez l'exemple d'une opposition, vous n'avez qu'à lire nos articles. D'aucuns nous trouvent extrêmistes - alors qu'il ne s'agit que d'une détermination inverse
opposée de la même pugnacité que celle de ceux qui détruisent le Congo.
Nombreux se proposent de se présenter à la présidence de la république sans faire la preuve d'une opposition au régime car si vous voulez le pouvoir pour
faire la même chose que le cobra royal, à quoi cela permet-il au peuple congolais d'avancer ?
Il y a deux éléments qui peuvent permettre l'instauration d'une vraie opposition car il ne suffit pas de rechercher une concertation nationale inclusive, d'exiger
une commission électorale indépendante ou de de se retrouver entre candidats supposés pour que cela suffise pour parler d'opposition. Il ne suffit pas seulement de dire que les choses vont
mal ; il faut montrer en quoi son projet politique prendra le contrepied de la politique de Denis Sassou Nguesso pour changer la structuration politique nationale qui est minée, pourrie,
corrompue jusqu'à la moelle pour changer la situation socio-économique car avec une même machine, on obtient les mêmes résultats.
La conférence nationale avait été un succès car les Congolais étaient tous opposés à la personne de Denis Sassou Nguesso et à son régime (ils le sont pourtant
encore plus aujourd'hui) : on a changé l'homme et on a changé la structure mais on n'a pas renouvelé le cheptel politique et on est retombé dans les
contradictions du passé car tout système se construit sur un ancien système qui peut empêcher l'éclosion du nouveau. Cette fois-ci, il faut encore
changer l'homme mais pour cela, il faut aussi changer la structure qui est faite à l'image de l'homme actuel. Dans le projet de Dzon, rien dans ce sens car c'est le seul projet que nous avons
pour le moment. L'homme qui sert une structure n'est rien car vous n'avancerez pas si vous changez l'homme sans changer la
structure.
J'ai déjà évoqué dans un de mes articles les difficultés sur une Commission Electorale Indépendante car qui
nommera ses membres ? Qui définira son fonctionnement ? Si c'est Denis Sassou Nguesso, il peut dire oui et mettre ses pions dans cette fameuse commission et on ne sera pas plus avancé
! C'est plutôt une commission représentant équitablement - partout - sur tout le territoire national tous
les partis et tous les candidats qu'il faut car l'indépendance n'est pas forcément synonyme
d'impartialité. Quant à la Concertation que les candidats appellent de leurs
voeux, il faut encore qu'ils aient des revendications communes et en dehors du recensement de la population et de la concertation, il n'y a pas grand' chose. L'opposition devrait s'entendre d'abord sur une chose : l'alternative au système actuel en ramenant les institutions bafouées de 1992 avec sa Constitution - qui pourrait par la
suite être amendée si nécessaire et si elle peut vaincre les ambitions en les ramenant à une ou deux candidatures qui feraient alliance au deuxième tour, il est presque certain que Denis Sassou
Nguesso serait battu mais l'idéal serait de réduire l'opposition à une candidature comme nous l'avons écrit dans un de nos articles précédents. Denis Sassou Nguesso doit être amené à accepter la
fin de sa parenthèse dictatoriale. On peut l'y contraindre politiquement si toute la nation est unanime et avant même l'élection présidentielle, on résoudrait le problème de l'armée, de la
distribution des pouvoirs et la structure serait à même de permettre le règne de quelqu'un d'autre.
Certes, si l'on prend l'exemple du recensement passé qui n'a pris que deux mois, il est possible de faire un vrai recensement de la population mais là encore,
il faut que les équipes des différents candidats définitifs soient associés car ce n'est pas l'indépendance qui est le problème mais la représentativité pour que chacun se sente vraiment au point
de ce qui se joue car l'enjeu principal ici, c'est la transparence et l'équité.
Un rassemblement des différents candidats à la présidence de la république n'a un sens que
1) s'ils mettent tous sur la table leurs projets pour voir en quoi ils peuvent être factorisés de sorte à réduire le nombre de candidats : si nous avons
tous les mêmes idées, pourquoi avoir deux représentants ? vous suivez ? Il s'agit simplement de s'entendre sur le partage du pouvoir en cas de victoire puisqu'on a le même objectif
;
2) qu'ils soient vraiment opposés au projet et au système Denis Sassou Nguesso et non seulement qu'ils soient candidats parce qu'il leur est possible de
l'être. Dans ce sens, tous ceux qui sont dans le système Sassou seront de fait disqualifiés car on ne peut se prétendre opposant et être encore de mèche avec Sassou ! Un vrai opposant ne
peut appartenir au système qu'il prétend combattre ! C'est un non sens !
Il faut gagner le peuple et le galvaniser par
des conférences, des émissions de télévision en créant s'il le faut des chaînes de télé privées et des radios privées, en faisant du porte à porte, en organisant des contre-manifestations à
chaque fois qu'une association bidon de Sassou fait une manifestation, en poussant le peuple à comprendre l'enjeu véritable de cette élection car ce qui est en cause c'est l'avenir du
pays. Si nous laissons Sassou Nguesso encore sept ans au pouvoir, il n'y aura plus qu'un Congo virtuel car le pays serait totalement à la solde des étrangers. Il faut des stratèges, des
orateurs, des financiers, des réseaux et toutes ces choses pour le moment, c'est Denis Sassou Nguesso qui les a - lui qui confond les caisses de l'Etat et ses propres poches.
Il ne devrait y avoir qu'au plus deux candidats de l'opposition liés par un pacte autour des idéaux de retour à la démocratie. Pour une fois, on devrait
taire les ambitions personnelles pour servir le destin du peuple mais ceux qui se présentent contre Denis Sassou Nguesso - pour la plupart n'inspirent pas confiance car on est presque sûr qu'ils
commettraient les erreurs de Lissouba s'ils venaient à prendre le pouvoir en ne renouvelant pas les hommes et en ne changeant pas en profondeur la structure. Une structure, c'est une
organisation, des institutions et les hommes qui l'animent pour réaliser un certain nombre d'objectifs ; chez Sassou et son clan, c'est la dictature pour le pillage de la nation. Une opposition
devrait donc recycler à l'opposé l'organisation, les hommes et les objectifs en les recentrant sur le bien-être de la nation tout entière et l'idéal de la démocratie.
Sassou Nguesso n'est pas invincible ; il ne profite que de la vénalité de nos pseudos hommes politiques car il a réussi à destructurer la classe politique
congolaise en éliminant tous ceux qui pouvaient lui tenir la dragée haute. Il a fait des petits pour que ceux-ci continuent l'organisation et les objectifs qu'elle sert. On doit donc se
battre pour changer les hommes, les structures et les objectifs de la politique nationale. Pourquoi nos hommes politiques si prompts à définir des combinaisons pour faire le mal ne
peuvent-ils oeuvrer pour une fois pour le bien de tout un pays que Denis Sassou Nguesso assassine ?
Regardez ce qui se passe à Madagascar : un homme, un vrai opposant alliant charisme, éloquence et ambition a mis à mal tout un système et l'on sait qu'il finira par
gagner. Nous ne lisons pas dans les candidats actuels qui sont face à Denis Sassou Nguesso la puissance de leur détermination...
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