STATISTIQUES DNCB
LE MAL DU CONGO,
C'EST DENIS SASSOU NGUESSO, UN HOMME SOUS INFLUENCE, COUPABLE DE HAUTE TRAHISON POUR BRADAGE DES RESSOURCES DU PAYS A DES PUISSANCES ETRANGERES, DETOURNEMENTS, MEURTRES, VIOLATIONS DES
LIBERTES. NOUS N'AVONS PAS LE CHOIX DE COMBATTRE L'INJUSTICE, JUSTE CELUI DES ARMES ET NOUS N'AVONS QUE DES MOTS ET UNE PLUME CONTRE LA PUISSANCE D'UN ETAT CRIMINEL, ILLEGITIME, VASSAL DE LA
FRANCAFRIQUE...




COMMENTAIRE : Il semble que Bruno Ossébi ne soit pas mort pour
rien : à lire le pavé publié par le site de l'Express, les héritiers Bongo (président du Gabon), Sassou Nguesso (président du Congo) ou l'homme aux 112 comptes bancaires,
Obiang de Guinée, ont du souci à se faire : ils auront du mal à jouir de leurs héritages cossus de Biens Mal
Acquis (BMA, une expression qui est entré dans le langage courant). Le scandale qui se perpétuait depuis une quarantaine d'années sans que personne ne vienne fouiner dans les affaires louches de
nos trois républiques commence à éclabousser l'opinion mondiale qui a pris conscience des détournements colossaux que font ces trois présidents entre autres - car les Biya et consorts ne sont pas du reste.
Bongo, Sassou-Nguesso, Obiang: ces trois
chefs d'Etat africains possèdent-ils en France des "biens mal acquis"? Ont-ils détourné des fonds publics pour y acheter propriétés et voitures de luxe? A Paris, la justice doit bientôt se
prononcer sur les suites à donner à la plainte déposée contre le trio. Un dossier explosif pour ces pays pétroliers.
BMA. Trois lettres qui fâchent. BMA pour "Biens mal acquis". La suite est proverbiale - "ne profitent jamais..." - et vise trois dirigeants africains suspectés d'avoir détourné des fonds publics pour acquérir des dizaines de logements et de véhicules de luxe en France: Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale).
L'inventaire des biens en question est si long qu'il ferait pâlir d'envie nombre d'agents immobiliers et de concessionnaires automobiles.
OMAR BONGO
ONDIMBA (Gabon)
Immobilier :
39 propriétés, dont 17 au nom du président lui-même.
Comptes bancaires :
70, dont 11 au nom du président lui-même.
Voitures de luxe :
au moins 9 (montant total : 1 493 444 euros).
La décision ne tardera pas: la juge d'instruction parisienne Françoise Desset se prononcera, début mars, sur les suites à donner à la plainte déposée, à Paris, en décembre 2008, pour "recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicités".
Si la juge estime cette plainte irrecevable, l'affaire entrera dans un tunnel procédural à l'issue incertaine. Si, au contraire, elle la considère comme recevable, ce sera un premier pas - hautement symbolique - vers une enquête approfondie, confiée à un magistrat instructeur, afin de connaître l'origine de l'argent déboursé en France.
Au Gabon comme au Congo-Brazzaville, les deux pays les plus touchés par le soupçon, une telle décision serait perçue comme un geste de défiance. Pour en convaincre Paris, les présidents visés multiplient les avertissements, plus ou moins voilés. Et apprécient sans doute à sa juste valeur la coïncidence d'actualité que constitue
Fort de ces éléments, le parquet demande à l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) d'enquêter. Les policiers dressent la liste des présidents et de leurs proches, recensent les adresses françaises, les comptes bancaires, les voitures, et constituent ainsi un dossier d'une extrême richesse, au propre et au figuré.
Les appartements se comptent par dizaines, dans la capitale, en proche banlieue et dans le Sud. Avec une mention spéciale, toutefois, pour le clan Bongo. En septembre 2007, quand l'OCRGDF fait le bilan de ses recherches, le président gabonais et son entourage arrivent largement en tête, avec 39 propriétés. Trois appartements avenue Foch (XVIe)? Bongo. Un sept-pièces boulevard Lannes (XVIe)? Bongo. 219 mètres carrés rue Laurent-Pichat (XVIe), 284 mètres carrés avenue Rapp (VIIe), 125 mètres carrés et 13 garages à Aix-en-Provence? Bongo, Bongo, Bongo...
Le joyau de l'inventaire: un hôtel particulier de 19 millions d'euros
Le beau-père d'Omar Bongo, le président
congolais Denis Sassou-Nguesso, dispose lui aussi - directement ou par ses proches - de pied-à-terre enviables: un appartement de 10 pièces rue de la Tour (XVIe), un autre de 328 mètres carrés
avenue Niel (XVIIe)... Ou encore, au Vésinet (Yvelines), la villa Suzette, une demeure de 500 mètres carrés.
DENIS
SASSOU-NGUESSO (Congo-Brazzaville)Immobilier :
18 propriétés.
Comptes bancaires :
112.
Voitures de luxe :
au moins un véhicule (172 321 euros).
Si complètes soient-elles, les investigations ne
suffisent pas à convaincre le parquet d'aller plus avant dans les recherches. Le 12 novembre 2007, la plainte est classée sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée". Sous-entendu:
rien ne prouve l'origine frauduleuse de l'argent ayant permis ces dépenses, dont les intéressés eux-mêmes ne font d'ailleurs pas mystère. Les plaignants ont beau assurer que les présidents ne
perçoivent pas des salaires compatibles avec un tel train de vie et que la plupart de leurs proches sont sans profession, le parquet estime, lui, qu'il n'y a pas matière à fouiller.
Reste que le dossier est là, avec ses factures, ses virements, ses listes d'adresses. Autant d'informations dont la divulgation agace les chefs d'Etat mis en cause. Leur colère est d'autant plus grande que l'adversaire ne s'avoue pas vaincu... Une autre plainte, assortie d'une constitution de partie civile, est déposée le 2 décembre 2008 devant le doyen des juges d'instruction de Paris. Cette fois, seuls trois présidents sont visés: Bongo, Sassou et Obiang (Guinée équatoriale). Ceux sur lesquels il existe le plus d'éléments.
"Notre but n'est pas de stigmatiser l'Afrique mais le rapport est accablant"
Cette plainte émane d'un citoyen gabonais,
Gregory Ngbwa Mintsa, et d'une prestigieuse association de lutte contre la corruption et le blanchiment: Transparency International (TI). En s'associant à ces poursuites, la branche française de
TI leur donne une crédibilité supplémentaire.
La composition de l'organisation laisse en effet peu de doute sur le sérieux de la démarche. Daniel Lebègue, président de TI France, est un ancien président de la Caisse des dépôts et consignations. Parmi les membres de l'association figurent Jean-Claude Paye, ancien secrétaire général de l'OCDE, et Anne-José Fulgéras, ex-chef de la section financière du parquet de Paris.
"Notre but n'est pas de stigmatiser l'Afrique et ses dirigeants, précise Daniel Lebègue à L'Express, mais le rapport est accablant. C'est même exceptionnel, pour un magistrat, d'avoir un dossier aussi précis, complet, exhaustif. La disproportion est telle entre les revenus officiels des uns et des autres et leur patrimoine qu'il y a, à nos yeux, des présomptions fortes et concordantes de détournements de fonds publics. Nous parlons tout de même de biens dont la valeur totale est évaluée à 160 millions d'euros! Et nous savons qu'ils ont d'autres actifs, en Suisse, aux Etats-Unis, peut-être en Espagne."
Les avocats français des "suspects" contestent cette thèse et certaines assertions des plaignants. Ainsi, au nom d'Omar Bongo, Me François Meyer rejette les conclusions de l'enquête préliminaire. Selon lui, son client n'a pas 17 propriétés à son nom, mais cinq, et quatre d'entre elles auraient été acquises entre 1967 et 1974, à une époque où le coût de l'immobilier était "très bas".
Le président congolais monte lui-même au front
"Ce patrimoine est compatible avec ses revenus de président depuis quarante ans, insiste Me Meyer. Des revenus supérieurs aux 15 000 euros mensuels évoqués par certains médias. Rappelons aussi que les chefs d'Etat du monde entier ont à disposition des fonds souverains permettant d'acquérir des biens au nom de leur pays. Quant aux personnes de l'entourage du président, elles travaillent et ont les moyens d'être propriétaires à Paris. A mes yeux, la plainte est vouée à l'échec. Les gens qui la portent le savent, mais cherchent avant tout un écho médiatique. Mon client vit très mal cette affaire absurde. Ses compatriotes aussi. Pour eux, il est logique qu'il dispose de logements à Paris. Il lui faut bien des endroits où se reposer!"
Du côté congolais, c'est le président lui-même, Denis Sassou-Nguesso, qui monte au front pour qualifier de "bourgeois de Neuilly" les dirigeants des ONG Sherpa et TI France: "Si on regarde bien, déclarait-il en décembre, ce sont des descendants de l'esclavagisme et du colonialisme qui veulent se donner bonne conscience en parlant aux Africains, en ayant pitié."
Le cas du dirigeant équato-guinéen Obiang, au pouvoir depuis 1979, est différent. Cet homme de 66 ans, dont le pays produit aussi du pétrole et peut compter sur ses
ressources forestières, n'a, semble-t-il, qu'une ou deux adresses en France. L'OCRGDF a surtout recueilli des éléments sur le parc automobile de son fils aîné, Teodorin: au moins huit véhicules,
d'une valeur totale de 4,2 millions d'euros, achetés en France entre 1998 et 2007.
TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO (Guinée
équatoriale)
Immobilier :
au moins une propriété au nom du président lui-même.
Compte bancaire :
un compte (Barclays), au nom de son fils.
Voitures de luxe :
au moins 8 véhicules détenus par le fils (montant total : 4 213 618 euros).
De fait, ce rapport figure au dossier, mais d'autres sources confirment, sur la base d'informations plus récentes (septembre 2007), les soupçons contre les Obiang, en particulier le fils. Ces sources détaillent les mécanismes financiers qui lui ont permis de transférer des sommes colossales de Guinée équatoriale aux Etats-Unis, en transitant par des banques françaises. Entre avril 2005 et juin 2007, une quinzaine de virements sont ainsi passés par la Banque de France, Fortis France et Natixis. Avec cet argent, le fils Obiang s'est offert une villa à Malibu (35 millions de dollars) et un jet (33,8 millions de dollars).
Dans ce cas, comme dans ceux des dirigeants gabonais et congolais, la justice s'apprête donc à prendre une décision lourde de conséquences politiques. En attendant, la tension monte. A Libreville, le seul plaignant gabonais a été incarcéré pendant deux semaines en janvier. Son avocat français, Me Thierry Lévy, n'a pas pu se rendre sur place, les autorités locales ayant refusé de lui accorder un visa.
En France, aussi, la fièvre gagne. A Orléans, un opposant congolais, dont l'épouse s'était jointe à une plainte précédente, a fait l'objet de menaces. Quant à Me William Bourdon, responsable de Sherpa et défenseur de TI France, il affirme avoir subi des pressions de la part de deux personnes - dont un avocat du barreau de Paris - se présentant comme des émissaires du Gabon.
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