Mardi 3 février 2009
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13:39
Le dernier mail que j'ai reçu
de Bruno Ossébi date du 11 janvier 2009. Quelques jours plus tard, j'apprenais l'incendie criminel dont il avait été victime et dans lequel il avait perdu sa compagne et ses deux filles de 10 et
8 ans. Patrick Eric Mampouya dans un mail vient de m'apprendre son décès dans la nuit du dimanche au lundi à 01 heure 30. De nationalité française, Bruno aurait pu venir se faire soigner en
France ; l'Ambassadeur de France a jugé son état non préoccupant. Au fond de moi, je redoutais son hospitalisation à l'hôpital militaire car le bourreau de Brazzaville en la personne du Cobra
Royal de pouvoir porter le dernier coup pour éviter qu'il parle. Dimanche, il a demandé un blackberry pour pouvoir se connecter sur internet : il est probable que nous aurions pu connaître toute
la vérité sur ce crime sordide.
La cyberpresse perd une de ses plumes qui défendait les intérêts du peuple congolais. Vous devez savoir que Sassou Nguesso a décidé d'investir des millions d'euros
sur le web afin de contrebalancer sa mauvaise image. En assassinant Bruno Ossébi, il nous montre qu'il est prêt à tout et n'hésitera pas à nous faire taire s'il le faut. Ossébi était du genre
ironique et moins virulent que le Lion de Makanda et par son patronyme, vous avez compris qu'il était du nord-Congo mais Sassou n'a que faire de votre origine ethnique si vous le combattez, si
vous mettez des bâtons dans ses roues. Nous allons continuer le combat de Bruno Ossébi - même si de nombreuses pistes ont été perdues dans l'incendie de sa maison.
La France si encline à aller au devant de ses citoyens en danger n'a rien fait pour mettre ce citoyen métis à l'abri car dimanche, son état était satisfaisant. J'ai
manqué l'occcasion de le rencontrer en août 2008 et je sais désormais que je ne le verrai plus jamais. Il est assez curieux que le site de Mwinda dont Bruno Ossébi était le correspondant ait pu
croire que l'incendie de sa maison ait été un fait accidentel.
Quant à ceux qui me confondent avec un haineux, je leur dis : "La haine n'est pas dans mon coeur mais au sommet de la république bananière du Congo". Et moi, le
Lion de Makanda, qui risque sa vie comme l'a fait Bruno Ossébi car le pouvoir de Brazzaville me connaît et sait où j'habite mais je n'ai pas peur car le Lion n'a pas peur de mourir ; je sais que
mon combat sera poursuivi comme je vais poursuivre celui de Bruno Ossébi qui était plus axé sur les institutions internationales. Je vais m'y mettre dès aujourd'hui.
Nous demandons au gouvernement français d'enquêter sur la mort de Bruno Ossébi car le pouvoir va se dépêcher de le mettre en bière pour éviter toute autopsie. Il
faut enquêter sur l'incendie de sa maison et sur les causes réelles de sa mort. Il ne doit pas y avoir des citoyens français de seconde zone car le principe de l'égalité inscrit dans la devise
serait un vain mot...
Il est mort en vie propitiatoire donnée pour la cause du Congo ; il est mort pour nous - comme de nombreux autres. Cependant, que le pouvoir inique de Brazzaville
ne s'y trompe pas : nous aurons sa peau car nous sommes le peuple congolais et aucune dictature ne peut survivre à un peuple déterminé.Bruno voulait qu'à mon prochain voyage que je lui apporte de
la charcuterie ; il me suffisait de l'avertir une semaine à l'avance. J'ai perdu un ami, un frère ; le Congo a perdu un de ses fils les plus vertueux ; la cyberpresse a perdu un membre éminent.
Sassou Nguesso, tu ne gagneras pas la cyberguerre car nous sommes partout, nous sommes déterminés. Ce n'est pas une question d'argent mais une question de volonté...
Par Le lion de Makanda mwan Mizumba
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Publié dans : demain le congo brazzaville
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