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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 10:17
Cher A.G.G.,
c'est avec un plaisir que je lis votre suggestion sur mon article et avec votre permission, je pourrais le publier (je ne la publie pas car je n'en ai pas obtenu permission aussi je ne publie que ma réponse en ne mettant que vos initiales). Si vous le souhaitez, vous pourrez prendre un pseudo mais il est important que les Congolais en prennent connaissance. J'en corrigerai les coquilles sans en toucher le fond car le fond, c'est votre identité et la forme, c'est la règle de syntaxe pour tous. Je dois préciser une idée essentielle : le retour à la Constitution de 1992 n'est pas le retour de Lissouba à la présidence de la république, Lissouba que j'ai critiqué car je suis le premier à reconnaître que ce professeur n'a rien fait de bon pour le pays - excepté d'augmenter les recettes issues du pétrole de 17 à 33%. Simplement, on remet les choses à plat car son mandat était déjà fini quand il a quitté le pouvoir. Il a dû tergiverser pour rester aux affaires et même si je n'approuve pas les méthodes de Sassou, ce dernier avait compris que Lissouba ne voulait pas partir du pouvoir et surtout, il redoutait d'organiser les élections. Cet homme qui n'a même pas construit une petite école ou simplement une case dans son village natal de Tsingidi a fait du mal à la démocratie naissante. Rien ne l'empêchait de dire : " On organise d'abord les élections dans le calme, on bat Sassou une deuxième fois par les urnes puis on passe au procès en appliquant les règles de droit - au lieu de se pointer avec des chars chez monsieur Denis Sassou Nguesso. S'il n'avait pas commis cette erreur, on n'en serait pas là. Cet homme a eu des bons côtés mais ne croyez pas que tous les originaires du NIBOLEK sont totalement d'accord avec lui - moi le premier et je ne l'ai pas suivi à ce titre mais d'abord parce qu'il avait le meilleur projet. Pour l'anecdote, j'avais écrit un article dans la revue "Soleil" du MCDDI sur les conséquences de la démocratie naissante. Vu la tournure des événements qui reproduisaient ma vision, Kolélas avait dépêché des gens pour venir me chercher car il voulait que j'adhère au MCDDI. J'ai demandé à lire son projet. L'ayant trouvé fantaisite avec des notions de Nzambi ya Mpoungou, j'ai préféré adhérer au projet de Lissouba qui était meilleur mais qui n'a pas été appliqué. Il (Lissouba) a fait vivre tant bien que mal la démocratie ; c'est son. On remet tout à plat, et s'il veut revenir, une fois qu'on aura remis en place la Constitution de 1992 qui je le dis en puissance est indépendante des individus qui accèdent au pouvoir car c'est un être moral qui garantit les libertés premières, LISSOUBA PRESENTE SA CANDIDATURE (on sait tous que sa santé ne le permettra pas). En la (Constitution de 1992) mettant entre parenthèses, Sassou a commis un crime institutionnel et il est temps que son pouvoir prenne fin car le destin d'un homme et de son clan ne peut être plus important que celui de tout un pays.
La deuxième idée est celle du Conseil National Ethnique. Mon cher Gaétan, l'ethnie est l'épine  de la politique sudsaharienne et pourtant personne n'a pris la peine d'en faire une force politique claire et visible aux revendications bien explicites. A chaque fois qu'un homme arrive au pouvoir, il s'appuie sur son ethnie en général et sur son clan pour règner et faire du tort au peuple. Question : comment faire que l'ethnie soit une richesse et non un facteur d'incohésion ? J'ai pensé à l'intégrer comme une instance politique qui assurerait au Congo une véritable unité nationale car au final, le Congo est un assemblage d'ethnies mises ensemble au départ dans des centres urbains pour l'intérêt du colon français. Avant la colonisation, ces peuplades vivaient en harmonie sans la notion d'un tsi élargi qui n'avait aucune existence internationale. Le Congo tel qu'il existe dans sa robe géographique décousue est une création du partage de l'Afrique entre les puissances occidentales. On n'a d'ailleurs pas tenu compte de l'ethnie sinon la pagaille qu'il y a au Congo-démocratique n'aurait pas lieu. Ce Conseil National est consultatif et veille à ce que tout le Congo, puisque c'est un assemblage ethnique, profite bien des dividendes échues à tous car sauf à nier l'ethnie et à se retrouver face à un NIBOLEK qui est un concept méprisable qui n'aurait pas dû exister en tant qu'idéologie mais rien n'aurait pu empêcher qu'il fut intégré dans mon idée de CNE élargi aux régions, il vaut mieux utiliser ce concept dans le sens d'en faire l'instrument même d'une démocratie originale. Je crois que chaque ethnie est représentée par un espace géographique culturellement bien défini et qui peut mieux développer cet espace qu'un Mbochi, un Kouyou, un Lari ou un Téké, un fils du pays ? En France, n'avez-vous pas en plus de l'Etat représenté par le préfet, un mairie et un Conseil Régional ? Et si le Conseil National Ethnique devenait notre Conseil Régional à nous ? Et si un Mbochi ne développe pas Owando - alors qu'il a été élu par les Mbochis dans la zone culturelle mbochie pour le développement de cet espace culturo-ethnique, comment pourra-t-il avoir un autre mandat ? Or, s'il échoue chez lui, comment pourra-t-il prétendre à être président de la république ? Il ne pourra pas tirer sur les siens car il n'en aura pas le pouvoir. C'est à  une démocratie décentralisée que j'appelle de mes voeux dans le respect de notre culture. Vous me donnez l'occasion d'affiner ma pensée. Je vous conseille de lire l'analyse de la lettre des sages mbochis que j'ai faite ; vous y trouverez la nécessité de ce CNE car les sages Mbochis ne se représentent pas le pouvoir comme un enjeu démocratique : ils revendiquent simplement le droit de jouissance à la manne pétrolière nationale de façon privilégiée comme le fait le clan Sassou. Comment peut-on éviter cela ? Si l'on pose l'hypothèse qu'un Congolais est forcément membre d'une ethnie, ne voyez-vous pas que nous nous retrouverons en boucle face à ce problème ? Comment neutraliser politiquement les ethnies ? Il faut en faire une force politique et la base d'une démocratie décentralisée - en politisant l'ethnie, nous pouvons la contrôler et la canaliser. Si vous représentez les Mbochis au niveau du Conseil Ethnique et que vous avez échoué, vous imaginez la réaction légitime des vôtres ? Au niveau national, les Mbochis ont porté des doléances d'écoles, de routes, d'emplois, etc. Et c'est naturellement un fils du pays qui a reçu le mandat de superviser tout ça et il n'a rien foutu ! Croyez-vous qu'à la prochaine élection, on pourra le réélire ? Sur quelle base (puisque c'est sur la base ethnique qu'on est souvent élu) ? Si chaque ethnie est assurée d'avoir une visibilité politique, l'élection d'un président sur un projet politique devient possible : les ethnies étant assurées de posséder une partie du pouvoir, on peut élire un président sur la base du projet. Notre démocratie doit être repensée et j'ai des idées larges puisque nous ne sommes pas obligés d'avoir une démocratie à la française car elle aura toujours du mal à fonctionner et un jour, les Congolais rédécouvriront mes idées et ils diront cet homme avait raison. Oui à un président national élu sur la base de la Constitution remaniée de 1992 puisqu'à la longue, il faudra rendre le Conseil National Ethnique constitutionnel mais dans l'exécution, son action aura une envergure nationale mais pour s'assurer qu'elle aura des répercussions à tous les niveaux, un CNE le suppléera : Sassou ne développe-t-il Ollombo et Oyo au titre ethnique ? Mais il faut faire les choses sans discriminer les autres ethnies car il est le président de tous, le président de toutes les ethnies et à ce titre, il est punu, vili, téké, etc, en plus d'être mbochi ! Si on y parvient, crée une démocratie originale qui ne tardera pas à être imitée partout. Et les Nzabis ne pourront pas se plaindre car le président leur dira : "C'est un fils nzabi qui n'a rien fait pour les Nzabis alors qu'il a reçu un mandat à la fois national et local pour développer l'espace nzabi ou téké.." On ne doit pas aveuglément imiter les Blancs ; on doit innover, adapter à nos réalités comme l'ont les Japonais qui ont réussi à se développer en intégrant leur fond culturel traditionnel. C'est ce modèle que j'appelle de mes voeux. Et c'est ainsi qu'on aboutira une justice sociale. En France, il y a eu les seigneuries : Bourbons ici, Mérovingiens (ce n'est qu'un exemple), là ; ils ont réussi à ne plus guerroyer en établissant un Etat qui les représentait tous et qui règlait les litiges jusqu'à ce qu'on n'ait plus besoin de cette référence d'origine car le droit a rendu cette référence obsolète.
Un autre point que vous avez soulevé : les cases à côté des villas à Oyo ou Ollombo, par exemple. Justement, c'est pour cela que dans mon analyse de la lettre des sages mbochis, je suis si inquiet car ils demandent à Sassou de ne pas se représenter mais d'appuyer l'élection d'un autre Mbochi. N'ont-ils pas peur qu'il se comporte à nouveau comme Sassou ? Comment éviter cette donnée équivoque ? Nous devons poser le problème ethnique sur la table et le regarder en face car je suis certainement le premier à mettre sur la table cette question épineuse qui pourrit la vie de l'Afrique Noire.
Enfin sur l'idée de mettre les femmes en avant : je la trouve géniale et on va la creuser car les femmes feraient tomber Sassou à coup sûr plus vite que les hommes : une marche de protestation des femmes est beaucoup plus puissante que celle des hommes mais celle des enfants encore plus. On pourrait même mettre les enfants dans la rue avec des assiettes vides pour symboliser la faim et Sassou ne pourra pas tirer sur les enfants ; son pouvoir ne survivrait pas une semaine... A Sohéto, ce sont les jeunes qui protestaient contre le système d'éducation qui leur imposait l'afrikaneer qui a été à l'origine de la chute de l'Apartheid en Afrique du sud. Tous ces jeunes écoliers qui ont eu la force de braver le pouvoir. Or, le sentiment en arrivant au Congo était de voir une grande distance entre le peuple et le pouvoir comme si le pouvoir était une société privée, comme s'il était indépendant du peuple !     J'écris et j'écris encore, porté par une force inconnue, cet amour de cette terre que j'ai tant aimée et que je n'ai pas reconnue quand je suis revenu en août après 18 ans. UN JOUR, VOUS VERREZ, MON POINT DE VUE SUR UNE DEMOCRATIE QUI FAIT LA PLACE A L'ETHNIE SERA MIS SUR LA TABLE. MEME LES COLONS FRANCAIS N'AURAIENT PAS PU REUSSIR LA COLONISATION SANS TENIR COMPTE DE CETTE DONNEE ETHNIQUE. ILS N'ONT PAS TOUT DESTRUCTURE.
Mon article n'a pas un caractère ethnique car je ne défends pas une ethnie sur une autre. Le caractère ethnique, vous l'avez constaté, est toujours discriminatoire vis-à-vis des autres ethnies ; c'est un peu comme le racisme dans lequel une race s'estime supérieure à d'autres. Il s'agit tout simplement, pour la première fois, de toucher et de parler de ce qui nous tue et nous empêche d'avancer. Un proverbe de chez nous dit : "Si tu as une épine qui t'empêche d'avancer, trouve-la d'abord, ensuite ôte-la et enfin tu pourras marcher..." Dans mon article précédent qui est juste en dessous de celui-ci, je ne privilégie pas mon ethnie d'origine sur une autre. Au contraire, j'imagine un mécanisme qui intègre l'ethnie dans une formule démocratique originale et je ne mets ici qu'une partie de mes idées et je n'en dirais pas plus car on peut parvenir à la démocratie en jugulant la seule force qui lui fait obstacle : l'ethnie. Sur quelle base Sassou recrute ses ministres, ses militaires, ses conseillers ou nomme les dirigeants du pays ? Imaginez cette base obsolète, on tombe dans la démocratie... Dans mon analyse, je vous défie de me dire que c'est le cas.

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Published by Le lion de Makanda mwan Mizumba - dans demain le congo brazzaville
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