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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 23:40

 

La dette extérieure, cette épée de Damoclès qui plane au-dessus de toutes les économies – même la plus forte – en l’occurrence l’Amérique ce colosse de fer, aux pieds d’argile. La dette extérieure, le symbole d’une économie qui ne parvient pas à rassembler les sommes nécessaires à son fonctionnement. Et les sommes engagées donnent le tournis et engagent pratiquement toutes les nations à un esclavage sans fin. Si l’on connaît les débiteurs, vous serez surpris de voir que la Chine est le plus grand créancier des Etats-Unis ainsi que l’Arabie Saoudite. La dette dans l’histoire a entraîné des tragédies comme celle qui a causé la disparition des templiers qui furent décimés parce que le roi  Philippe Le Bel ne pouvait pas payer ses créances. La conséquence de cette situation n'est autre que la révolution, l’abolition de la royauté : les survivants templiers avaient juré de vaincre la royauté à la mort de leur grand maître Jacques de Molay. Nous tenons à montrer qu’il s’agit-là d’une question complexe qui revêt plusieurs dimensions :

-          une dimension éthique car emprunter est un acte dans lequel on fait foi de rembourser son débiteur – avec des intérêts qui grossissent au fur et à mesure que les années passent – le créancier qui peut être un Etat, un organisme privé ou une banque ayant fait confiance à son débiteur en lui prêtant une somme qui lui permet de fonctionner ;

-          une dimension politique car la dette engage et est engagée au nom d’une nation – ce qui en aucun cas ne signifie que l’utilisation de l’argent emprunté aura été utilisé pour l’intérêt de tous ;

-          une dimension diplomatique car la dette engage toujours des rapports bilatéraux et/ou multilatéraux – même si elles ont le label de dette privée car les organismes financiers occidentaux ne s’engagent que s’ils sont couverts par les Etats qui les mettent en avant pour ne par trop creuser leurs propres budgets déjà en déséquilibre…

Symbole d’un budget en déséquilibre dans lequel les recettes ne suffisent pas à absorber les dépenses, la dette est une figure de solution qui frappe pratiquement tous les pays du monde à quelques exceptions près.  Pour ne citer qu’un exemple, la dette des Etats-Unis dépasse plus de 10.000 milliards de dollars ; chaque Français a une dette de 15000 euros pour une population de 64 millions d’habitants et rien ne semble arrêter cet engrenage car le budget de la France oblige l’Etat à s’endetter de 60 millions d’euros chaque jour.

On s’étonnera d’abord que des pays aussi riches que les pays africains ne produisent pas de budget en équilibre depuis les indépendances car s’ils arrivaient à un équilibre dans leur budget, ils pourraient alors se poser la question de continuer à payer la dette extérieure ou non. Faute d’un équilibre budgétaire, ils se verraient dans l’obligation de continuer à emprunter. Le service de la dette peut atteindre 30% ou plus.

La complexité est encore plus flagrante avec les pays africains qui pour avoir subi et l’esclavage et le pillage des richesses lors de la colonisation, on pourrait penser que l’argent emprunté venant du pillage du continent, l’Afrique n’a plus rien à payer mais ici, le Club de Paris et de Londres ou le FMI peuvent rétorquer que cette argumentation historique n’a aucune valeur face aux accords financiers bilatéraux ou multilatéraux.  D’autre part, le paiement de ces dettes est sans cesse rééchelonné car les Etats africains asphyxiés demandent souvent à surseoir à son paiement. L’exemple de Mobutu qui refusait de payer sa dette auprès de la Belgique maintes et maintes fois et qui au final finissait par continuer à la payer était anecdotique. De plus cette dette extérieure étatique se transmet d’un Etat à l’autre – même si l’usage de l’argent est totalement un usage privé !

Aussi, la réponse à la question les pays africains doivent-ils continuer à payer la dette extérieure ne peut donner lieu à une réponse unilatérale :

-          si nous répondons par « Non, ils ne doivent plus continuer à la payer » - alors, il faut que les pays africains aient des budgets en équilibre et qu’ils puissent être capables de se départir des pays créditeurs tant sur le plan financier que sur le plan économique. Il est clair que ce choix ne sera pas sans conséquence car les mesures de rétorsion sont à craindre : comptes nationaux bloqués, chantage par la monnaie car des pays comme ceux de la zone franc doivent l’équilibre de leur monnaie à sa dépendance à l’euro via le soutien de la France car le franc cfa est une monnaie qui permet à la France de tenir en laisse ses anciennes colonies. Les pays africains brillant par un désordre économique, l’on comprend aisément pourquoi ces mesures ne font pas d’émules sur le terrain africain car les mécanismes d’interdépendances entre les nations et entre les nations et les milieux financiers sont complexes. Cependant, les pays africains peuvent aussi comme le Vénézuela payer totalement leur dette et équilibrer leur budget qui aura une dimension d’investissement plus grande en récupérant la partie de l’argent consacré au service de la dette. Ce paiement de la dette peut être accéléré par des économies substantielles sur le train de vie de l’Etat, par la lutte contre les détournements, etc. Au Congo-Brazzaville, le président Lissouba avait planifié le remboursement total de la dette ; ce qui est encore plus facilement envisageable aujourd’hui avec le prix du baril de pétrole qui frôle les 120 dollars. On peut aussi envisager que la dette étant remboursée plusieurs fois déjà par le jeu des intérêts qui doivent d’abord totalement être remboursés, l’annulation de cette dette extérieure pour permettre aux Etats de retrouver une sorte de zone zéro où tout recommencerait. On comprend aujourd’hui les efforts que le président Sassou Nguesso consent à introduire son riche pays dans le cercle des Pays Pauvres Très Endettés afin de bénéficier d’une réduction de dette ou carrément de son annulation. En tout cas, l’aspect chronique de la dette est choquant et tous les pays devraient avoir comme objectif de l’enrayer totalement.

-          Si on répond par l’affirmative, on devrait donc continuer à rembourser la dette de façon sempiternelle et les créanciers peuvent redouter qu’un jour, les pays africains ne soient plus capables de payer leur dû. Tous les programmes de réajustement sont des échecs et au lieu de chercher à s’endetter ad aeternam, on pourrait favoriser l’investissement qui ferait entrer plus de devises dans les Etats africains qui malgré des taux de croissance qui parfois atteignent les 8 % ne sont toujours pas des pays riches car les fruits de la croissance vont grossir les comptes suisses, entre autres...

Il va arriver un moment où toutes les dettes seront mises à plat car la dette alimente la dette : « tu continues à me soutenir si tu veux que je continue à payer ta dette. » Or, aujourd’hui, avec la crise des subprimes, il pourrait subvenir une catastrophe bancaire inimaginable si tous les pays africains renonçaient à payer leurs dettes. Il faut poser le problème autrement en se demandant : « les pays africains peuvent-ils se passer de dette ? » Et là, on se rend compte que la question peut se résumer en un oui farouche. Des pays comme le Vénézuela n’ont plus de dette extérieure mais pour le cas de l’Afrique cela induit une révolution politique car les dictatures ne font pas bon ménage avec des économies assainies. Il faut donc d’abord une nouvelle politique africaine faite de démocratie, de transparence et d’équité économique pour en arriver là. En fait, le défaut de tous les budgets des Etats africains entre autres est d’avoir des budgets de fonctionnement beaucoup trop élevés par rapport aux budgets d’investissement. Il est possible de réduire l’un pour en augmenter l’autre mais là, il y va des services incompressibles comme l’éducation, la santé, des secteurs vitaux dans les pays industrialisés qui condensent le gros des dépenses. Pour l’Afrique, l’argent est détourné au nom de la grandeur de quelques-uns ; ce qui nous amène à croire qu’en assainissant leurs économies, les pays africains peuvent se passer de dettes dont certaines peuvent être annulées car des puissances comme la France ont transmis en 1960 les dettes des sociétés concessionnaires comme dettes extérieures de ces nouvelles nations à peine balbutiantes qui ont permis de créer le franc lourd en transférant tout l’or des colonies à la banque de France. Il y a des secrets d’Etat qui peuvent réduire les dettes extérieures des pays africains qui font aujourd’hui encore la grandeur des pays développés comme la France...

                                                         Mouvimat Ibouanga Loundou

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Published by Le lion de Makanda mwan Mizumba - dans demain le congo brazzaville
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