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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /Nov /2007 22:16
1059452868-n-djamena-assure-que-la-force-europeenne-n-est-pas.jpg Quand Nicolas Sarkozy se rend un dimanche au Tchad, précisément à Ndjaména et qu'il revient avec des journalistes français détenus, un dimanche, jour où les juges tchadiens sont censés ne pas travailler, et lui Sarkozy le sait, le monde entier voit un chef d'Etat étranger en imposer à un autre chef d'Etat, Idriss Déby Etno, président du Tchad, qui force sa justice à faire une manoeuvre politicienne. Françafrique oblige. C'est une petite victoire du maître sur l'esclave, sur le serviteur : il vient, il dit, Déby s'exécute ! Où est la souveraineté tchadienne dans cette histoire ? Sarkozy était sûr de son fait sinon il ne se serait pas déplacé ! Il savait pourtant que les journalistes et autres innocents allaient être libérés. il a fallu qu'il montre que le Tchad est toujours dans l'esprit esclavagiste de la Françafrique une ex-toujours colonie française. Pour preuve, la base militaire française qui existe toujours au Tchad pour une raison inconnue. D'ailleurs, les Français ne manquent pas de dire qu'ils ont  mis Idriss Déby en place. Il leur est donc redevable  de sa félicité présidentielle. Les choses auraient pu s'arrêter là si ce n'est que Sarkozy a affirmé qu'il allait retourner au Tchad chercher les autres. Voilà une petite phrase qui ne tient pas compte de la souveraineté d'un pays, une expression qui a l'air de nous dire entre deux mots qu'il a déjà l'assentiment d'Idriss Déby qui a déjà fait une extorsion à sa propre justice : tout se passe comme dans un scénario qu'il aurait déjà écrit d'avance, les choses n'attendant que le temps de se décanter.
Nous avons entendu  la réaction du ministre de l'intérieur tchadien qui a affirmé que ce n'était pas Sarkozy qui décide mais nous n'avons pas entendu le point de vue de l'esclave de Sarkozy, Idriss Déby, car au final, c'est lui qui aura le dernier mot et qui décidera du sort des Français. Sarkozy aurait-il tenu de tels propos face aux Etats-Unis ? A l'Angleterre ? Là, il sait qu'il a les cartes en main : il pourrait simplement exercer un chantage sur le président tchadien au cas où la corruption et le relationnel ne marcheraient pas. Certes le peuple tchadien sera une fois encore humilié mais qu'importe ? Ca ne sera pas la première ou la dernière fois ! Idriss Déby a-t-il le pouvoir de dire non à Sarkozy si ce dernier revenait à Ndjaména chercher les siens ? Sur le papier, oui mais dans la structuration des forces et le jeu vertical de la Françafrique, non ! Le président hyperactif ne pouvait lancer une telle assertion s'il n'était pas sur de son fait. D'où la question : "Le Tchad est-il vraiment un pays souverain ? Que veut dire souveraineté quand un chef d'Etat d'une ancienne colonie vient vous dicter sa loi ? Sarkozy méprise les Noirs ; il l'a prouvé par son discours au Sénégal ou il a estimé que les nègres n'étaient pas entrés dans l'histoire.
Les Français prétextent d'un accord judiciaire qui pourtant ne prévoit pas l'extradition et, d'ailleurs, la justice française n'est même pas encore entrée en contact avec la justice tchadienne. Voilà, on vous met en place des dictateurs ; on sait d'avance que votre justice ne vaut rien et qu'on ne prendra même pas la peine de dialoguer avec vous !  C'est donc si déshonorant d'être jugés en Afrique pour des Français ? Eh bien, oui ! L'esclave qui juge le maître et qui commettrait l'outrage de le condamner, c'est inadmissible,  c'est inacceptable quelles que soient les fautes et les crimes du maître  (ce n'est pas moi qui le dit mais Nicolas Sarkozy !) ! C'est le symbole qui est mauvais pour la blancheur que les nègres condamnent leurs maîtres. Tout le reste n'est que verbiage ; c'est dans le subconscient du Français, du Blanc  qu'il faut pénétrer pour comprendre les propos de Sarkozy car il a bien dit que quelles que soient les fautes commises, les Français doivent rentrer à la maison. Cela voudrait-il dire qu'il est prêt à renverser Déby si celui-ci lui tenait tête ? Pour l'instant, dans la sphère de la Françafrique, seul Bagbo, le président de la Côte d'Ivoire, a tenu tête à la France et j'ai pu voir sur des pancartes : "La Côte d'Ivoire n'est pas le Congo" comme pour dire que chez Sassou, dans notre Congo natal, les Français ont encore tous les droits. En tout cas, Sassou Nguesso n'aurait même pas arrêté les Français à l'aéroport si l'affaire s'était déroulée au Congo. Dans cette histoire que l'on a tort de ne regarder que sur le point judiciaire, devant nos yeux se joue un rapport de force qui nous montre combien le regard du colon sur le colonisé n'a pas changé car le colon descend de l'esclavagiste et face à l'inférieur, à celui que l'on a fait, à qui on donné une indépendance factice, celui qu'on a tiré de la nudité, on a du mal à s'exécuter. Aussi, verra-t-on rarement des nègres occuper des postes de direction pour donner des ordres aux Blancs en France, le pays où l'intégration est en fait désintégration. Vous vous demandez encore pourquoi tout le cabinet de Rachida Dati a démissionné ? Vous avez tout compris. Les préjugés qui ont perduré pendant des siècles, qui ont même été admis par l'église, ont la dent dure et même si le maître a tort, même s'il tue l'esclave, il n'a pas tort et doit rentrer à la maison - comme un innocent ! Le rapt d'enfant est-il non condamnable en France ? Alors, pourquoi le serait-il au Tchad ? En quoi la justice française ferait plus justice que la tchadienne ? Quand on humilie un Noir, ce sont tous les noirs qu'on humilie... Tout est dans la tête, dans les représentations qui ne veulent pas mourir et il faut dire que le complexe d'infériorité a longtemps maintenu le Blanc dans de tels préjugés mais les choses sont en train de changer. Hélas, pas assez vite à mon goût. De toute façon, le maître a deux arguments de poids qui ont été inventés pour contenir l'esclave dans l'obéissance : l'argent (la force psychique qui détermine toute l'existence humaine) et la force militaire susceptible de détruire toute volonté contraire. Le monde dans lequel nous vivons, mes frères, est un condensé de forces, un jeu d'influences hiérarchisées et celui qui tient la force fait la raison du monde : c'est en fait lui, le Dieu de ce monde...
Par Le lion de Makanda mwan Mizumba - Publié dans : Actualités internationales
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