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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 10:34
ETAT/FINANCES PUBLIQUES : NOUS ESPERONS QU'IL NE SE POSERA PAS UN PROBLEME DE SALAIRES

Nous aimons notre pays. C'est quelque chose de viscéral, de charnel. Comme un amour filial. Le Congo vit en moi, comme s'il me possédait. Partout, ma carcasse trimbale une portion de ce pays, de cette terre que j'ai bue dans le lait de ma mère. Je me définis comme la terre du Congo devenue vie, une terre debout qui parle. Mon souhait ? Voir et savoir mon peuple heureux. Digne. Hélas, la réalité actuelle de mon pays m'écoeure, m'afflige car je sais que son malheur vient des propres fils du Congo. Ceux qui ont prêté serment de le servir se servent plus de lui et laissent crever le peuple.

Je n'éprouve pas de haine envers ceux qui torturent notre pays, me disant que le pouvoir certainement corrompt ou quelqu'un, quelque chose corrompt le pouvoir mais vu que c'est une chose, c'est plutôt le pouvoir qui est corrompu par l'élite. L'ambition peut expliquer qu'on prenne le pouvoir par la force mais pas le reste. Après tout, même en cas de démocratie, il y a un risque à déléguer le pouvoir collectif à un individu dont le cerveau ne deviendra jamais un cerveau collectif. Les intérêts d'un monarque ne sont pas forcément ceux du peuple. Le phénomène de la délégation de pouvoir qui ne saurait s'animer collectivement est nécessaire mais risqué. Le souverain est humain et y colporte nos vertus et nos faiblesses. Nous ne sommes plus hélas au temps de la maat triomphante où pharaon visait la perfection car il lui fallait maintenir l'ordre cosmique. Certes, le kimuntu n'a pas disparu mais confronté aux intérêts matériels, il a perdu de sa hauteur et de son épaisseur. Voici comment se résume ce monde : après un billet de banque, plus rien. Le quantitatif a pris le pas sur le qualitatif. Même la vie humaine, le précieux des précieux, est quantifiée. L'argent chosifie même la vie. L'idéal humain s'est arrêté devant une sorte de tangente matérielle. On veut toujours plus de zéros après un chiffre et, à ce jeu de la cupidité, il n'y a pas limites. La fortune disent les maîtres du monde est la seule chose qui peut s'accroître indéfiniment. Même la mort ne l'arrête plus puisque les enfants poursuivent la quête sur le chemin de la cupidité. Ainsi va ce monde.

L'Afrique a eu ses heures de gloire quand elle se construisait sans l'aide de personne et à l'abri des appétits du monde. En courant après la domination planétaire, l'Occident a eu ses heures sombres car il s'est construit par le glaive et le sang. Les choses ont bien tourné pour eux, les Occidentaux, qui ont reçu de nous, par KMT, le don de la civilisation. Nous, Africains, n'avons plus que des souvenirs de splendeur humaine, eux la vivent au présent et pas besoin de souvenirs qui ne nourrissent personne pour cela. L'Afrique sombre, coule, entraînée vers les abysses par les fils d'Europe servis par des gouverneurs noirs traîtres à leurs propres causes nationales. Ils ont construit et construisent encore leur grandeur en nous abaissant, en nous écrasant. Il n'y a pour eux de grandeur que dans l'abaissement des autres. Est-ce le prix de la grandeur ? Faille-t-il toujours un sacrifice pour édifier quelque chose de grand ? Que doit-on alors sacrifier pour honorer la dignité ? Notre dignité d'homme que nous bafouons à la face du monde ? On nous mortifie et pendant ce temps, nous nous suicidons. On nous aide même à nous déchirer. Avec le peu d'argent que nous laissent les puissances du monde, nous achetons des armes pour nous entre-canarder. Bref, passons.

Ce monde n'est pas pour moi. J'appartiens à une espèce en voie de disparition. A présent, que les jeunes frères ont entendu le cri que j'ai lancé dans le désert, je n'écris plus beaucoup. Je lis plus. De temps en temps, il faut bien donner un peu d'éclairage car le réveil sera long après sept siècles d'un coma culturel. Elle se dégivre doucement, notre Afrique. Partout, les jeunes se réapproprient leur patrimoine volé. We want back our stolen legacy. Comme une termitière, un jour nous verrons le fruit de ce travail de réveil surgir de dessous terre. Les bourgeons se voient déjà.

Ayant appris que le pays avait du mal à payer les salaires, - ce qui vient encore de m'être confirmé, je n'ai pas eu la force de souhaiter un joyeux noël à notre peuple - déjà que dans le Pool le génocide contre les Bakongo se poursuit et que certains vivent dans les forêts - alors que la pluie bat son plein.

Nous avons des racines chrétiennes qui remontent à 1483. On peut même dire que le christianisme a mieux réussi en Afrique qu'en Occident avec la prolifération des sectes et des églises chrétiennes.  Ce n'est pas négligeable. Qu'importe qu'on dise "joyeux noël" au lieu de "joyeux Jésus" ? Jésus naît, on souhaite la joie à Noël car Noël a bien existé. On aurait pu dire : joyeux Jésus !  Bref, cette fête païenne récupérée est entrée dans les moeurs ; on fait avec. Le Jésus historique selon un auteur juif est né au mois de nissan (avril). C'est le symbole qui compte, dira-t-on. Cependant, il faut de l'argent pour célébrer la naissance du Christ le même jour que la naissance de Mithra et du dieu romain Sol Invictus. Même le peuple le plus meurtri mérite ses heures de réjouissance. Il faut sauver les apparences en y mettant les formes comme dit un ami.

L'impact d'un arrêt de paiement des salaires des fonctionnaires sur le pays serait catastrophique ; aussi, nous ne le souhaitons pas - en dépit du fait que ce régime nous déçoive - déjà que les retraites ont du mal à être payées. Dans un pays où la famille est la plus grande forme d'assistance sociale, chaque fonctionnaire pourvoit au moins à la survie de cinq personnes. Au moins.

Depuis son coup d'Etat en 1997, le grand ndzokou a toujours mis un point d'honneur à payer les salaires. Du moins, jusqu'à présent. Nous souhaitons qu'il s'en tienne à ça. C'est le moins qu'on attende d'une dictature - même la plus impitoyable. Il ne peut pas nous confisquer le pouvoir et nous priver du peu que le peuple gagne en le servant. Le salaire est dû, pas une aumône. Seuls les esclaves travaillent sans attendre de salaire. Cependant, même l'esclave doit manger. Sur plus de 4000 milliards de francs cfa de budget quand tout va bien, on peut bien trouver 400 milliards pour faire fonctionner l'Etat ! Même avec moins de 3000 milliards de francs cfa, il y a encore de la marge. Aussi, quand on apprend que le Congo a lancé un emprunt de 150 milliards de francs cfa sur les marchés obligataires de la CEMAC, on se pose des questions

Nous avons crié depuis un moment à la faillite de notre Etat. Ce que nous ignorions, c'était la gravité de la chose. Trop d'argent publié détourné, gaspillé ! On se permet même une chasse à l'homme qui ne rime à rien pour maquiller un génocide en opération de (in)justice. Que feront nos fonctionnaires s'ils ne sont pas payés ? Continueront-ils travailler - sans recevoir de salaire ? Nous n'en sommes pas encore là. Cependant, à faire le funambule au bord du précipice, on finit par une catastrophe. Sassou, lui, n'aura aucun scrupule à vendre notre pays au plus offrant. D'ailleurs, c'est déjà fait depuis longtemps. Notre présent ne nous appartient déjà plus. N'hypothéquons pas en plus notre avenir. Si on ferme la porte du futur, que nous restera-t-il ? Peut-on laisser l'esclavage éternel à un peuple quand on est un souverain digne de ce nom ?

Même la puissante Rome est passée. Rien ne demeure éternel. Ndzokou pé a kuéyaka. Le gigantisme ne nous préserve pas des chutes. La question de la fin de ce système machiavélique ne se pose pas : il passera. La question est : dans quel état nous laisseront-ils le pays ? Question ruine financière du pays, Sassou n'est pas seul autour de la dépouille Congo. Il y a auprès de lui plus crapules, plus cupides parce que plus intelligents. Il gère les choses du haut de son éléphantissime trône et ne voit pas toujours ce qui se passe en bas - même si nous savons qu'il peut se donner tout le loisir du contrôle s'il le veut. Il y a le poids de l'âge et l'usure du pouvoir. Ils sont déjà victimes de leurs excès. La chute n'est plus très loin. Nous sommes des termites. Nous rongeons l'édifice de l'intérieur et toute chute politique est d'abord une chute psychologique. La faillite précipitera le plongeon. Mû par le phénomène d'entropie, le temps finit par détruire tout édifice matériel.

 

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

 

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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commentaires

mwangou 28/12/2016 17:40

Bjour LDM! je n'avais pas fini mon propos ce matin, car parti en catastrophe... et en rapport avec votre précision, je dirais que justement, le problème, avec ce qui se passe au Congo, c'est de pouvoir l'expliquer à des gens qui ne sont pas sur place. vous dites,"Normalement, tous les fonctionnaires doivent être payés à la même date"; c'est le problème: il y a un "normalement" pour le Congo et un "normalement" pour le reste du monde. Le fait que je venais d'avancer ne concerne pas une quelconque "logistique"... c'est bien cela la spécificité du système sassou nguesso. d'ailleurs, on le voit avec le fameux emprunt qui vient d'être lancé par ce régime, qui, il y a peu encore, était le pourvoyeur de fonds à gauche, à droite... comment comprendre que ce pays se retrouve aussitôt dans des problèmes financiers? ... je vous apprend que au mois de janvier, promesse de sassou nguesso, les salaires de la fonction publique vont augmenter; le point indiciaire passera de 200 actuellement à 300. le point indiciaire se multiplie par l'indice de chacun des fonctionnaires pour avoir le salaire: si mon indice est de 530, pour avoir le salaire de base, actuellement, on multiplie 200 * 530 = 106.000 frs. donc à partir de janvier, ce salaire sera de 159000 frs... comment va faire ce gouvernement? .. Pour revenir au normalement, valable ailleurs qu'au Congo, on fait sa prévision notamment côté faisabilité, avant d'annoncer une telle promesse... Mais au Congo, on peut respecter cette promesse en réinstaurant le fameux "avancement sans effets financiers", vous savez ce que ça veut dire... Il n'y a que sassou nguesso pour faire vivre de telles expériences...Il n'y a pas de problème de logistique au niveau des banques; il n'y a que des problèmes de propagande au niveau du pouvoir qui nous font vivre de telles expériences...
Normalement, un président n' a aucune raison de mentir sur une visite d'Etat dans un autre pays; et pourtant, le plus normalement du pct, le président du Congo s'est même laisser aller dans le faux, en truquant une photo, pour donner l'illusion de sa réussite au niveau international... Normalement, la fraude est telle que des têtes autour du président doivent tomber... et pourtant, il y a à parier que rien de tout cela n'arrivera...

mwangou 28/12/2016 09:42

Bjour LDM! Ce souhait, votre souhait est noble, comme votre combat. Mais la réalité du fait d'une certaine pratique politique est autre. Les salaires souffrent déjà, depuis quelques temps, de la régularité.. Oui, quand on apprend qu'on a payé, en fait ce ne sont que quelques métiers de la fonction publique qui sont payés, mais plus, certaines banques peuvent payér et pas d'autres... En fait, c'est difficile à expliquer, ce système de paie... Il arrive bien souvent que les salariés à l'intérieur ne soient payés que plusieurs jours après ceux de Brazzaville...

Le Lion de Makanda (LDM) 28/12/2016 12:29

Grand-frère, pour l'intérieur du pays, c'est une question de logistique : l'Etat doit s'y prendre plus tôt. Normalement, tous les fonctionnaires doivent être payés à la même date...

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