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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 21:38
GABON/CRISE ELECTORALE : C'EST D'ABORD UNE QUESTION DE VERITE ELECTORALE ET NON D'IDENTITE

Depuis la conférence de la Baule, l'Afrique s'essaie à la démocratie électorale, une démocratie d'importation - comme le reste de ses institutions par ailleurs, des institutions qui sont à l'image de celles de l'Occident, dans la mesure où le modèle de la république et de ses institutions nous a été imposé lors de nos pseudo-indépendances par nos colonisateurs. Après tout, pourquoi un modèle qui fonctionnerait bien en Occident ne fonctionnerait-il pas en Afrique ? Ne sommes-nous pas tous des êtres humains ? Cependant, nous constatons des différences : Les Etats africains organisent des élections qui souvent manquent de transparence et de vérité électorale. La transparence, c'est lorsque tout le long du processus électoral (recensement, distribution des cartes, votes, dépouillement), il n'y a pas d'entraves, pas de violation des droits constitutionnels des citoyens, que tous les concurrents peuvent certifier de l'authenticité des résultats. La vérité électorale concerne la conformité entre les résultats proclamés et les votes des électeurs. Si un résultat n'est pas conforme aux contenus des urnes, nous sommes en face d'un mensonge d'Etat, d'un comportement méprisant la volonté populaire. Or, il ne peut y avoir de démocratie sans respect absolu de la volonté du peuple exprimée lors de votes.

Il arrive souvent que le recensement de la population ou le recensement administratif ne soient pas complets par leur couverture et souvent la distribution des cartes d'électeurs pose problème, les gouvernements favorisant les populations qui leur sont favorables et omettant celles dont le vote ne leur est pas garanti. Le vote est souvent l'occasion de fraudes : votes multiples, gonflement d'électeurs, votes d'étrangers n'ayant normalement pas le droit de voter.

Dans de nombreux pays africains, l'état civil manque de rigueur. Au XXI ème siècle, avec l'avènement du numérique, le processus devrait être mieux mieux maîtrisé mais on constate jusqu'à présent que des contrefaçons sont émises pour créer de faux citoyens - en vue d'obtenir un avantage électoral. En Afrique, ceux qui accèdent au sommet de l'Etat ne veulent pas quitter le pouvoir ; ce qui conduit souvent à des processus électoraux faussés volontairement. Les institutions de recours étant tenues par des éminences du système, il est souvent difficile pour l'opposition d'obtenir gain de cause en cas de contestation. Et lorsque le peuple proteste, la force publique prétendument force républicaine se révèle être une force de défense étatique, une force de statu quo - à quelques exceptions près. Voilà les problèmes électoraux qui entravent le bon fonctionnement électoral de l'Afrique et, sans transparence, justice et vérité électorales, il ne peut y avoir d'alternance, donc de démocratie.

Ces derniers jours, nous voyons apparaître des témoignages, des vidéos qui tendent à insinuer qu'Ali Bongo Ondimba est bien le fils de son père et de sa mère. Certains de mes amis vont jusqu'à me reprocher de prendre parti pour Ping - alors que ce n'est pas le cas: je prends le parti du peuple gabonais comme tout bon démocrate. Au Gabon, une élection présidentielle est devenue une affaire d'état civil, une affaire de famille - alors qu'elle ne devrait être qu'une affaire électorale. On objecte que ni Ali, ni Ping ne sont des démocrates - ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque Jean Ping n'a jamais exercé le pouvoir suprême. En fait, notre préoccupation est simple : le respect du vote des électeurs, condition essentielle pour établir une vérité électorale. Le problème n'est pas de savoir si Ali est le fils de Bongo ou non - cette question est dépassée puisqu'il s'est présenté deux fois au scrutin présidentiel gabonais mais s'il a gagné ou perdu l'élection présidentielle du mois d'août 2016 au Gabon et cela importe peu qu'il soit le fils d'Omar Bongo Ondimba ou pas puisqu'il lui suffit d'être Gabonais. Le Gabon n'a pas pour mode de gouvernance la royauté pour que la succession se fasse de père en fils ad vitam aeternam. Nous sommes dans une république et nous pensons que le respect du one man one vote est le b-a, ba de la démocratie électorale.

Nous avons l'impression qu'on élude un problème en se focalisant sur un autre problème garage. Que la maîtresse ou les petits copains de l'école maternelle ou primaire reconnaissent qu'Alain Bongo devenu Ali Bongo était écolier en France avant la guerre du Biafra ou pas, là n'est pas le problème. Nous nous battons pour l'instauration de la démocratie en Afrique, processus qui passe par la vérité électorale. Si Ali Bongo est vainqueur de façon honnête, nous n'aurons aucune raison de ne pas reconnaître sa victoire mais falsifier le taux de participation électoral du Haut Ogooué ne nous paraît pas acceptable pour un démocrate.

Il va bien falloir qu'en Afrique on cesse d'organiser des élections de façade. L'instauration et la consolidation de la démocratie sont à ce prix. L'alternance est à la compétition politique ce que la performance et la compétence sont à la compétition entre entreprises. Si un homme d'Etat ne satisfait pas les inputs du peuple ou de ses électeurs, il sait que ceux-ci pourront le remplacer à l'élection qui devient psychologiquement un facteur d'émulation politique poussant les politiciens à mieux travailler dans l'intérêt du pays. Or, la dictature supprime l'émulation politique, la compétition pour le mieux-faire, le dictateur se maintenant au pouvoir par la force. L'Afrique ne peut progresser si cela ne change pas, déjà qu'il y a ingérence des puissances étrangères dans nos affaires intérieures. Le chemin à parcourir est encore long. Nous ne parviendrons à instaurer et à consolider la démocratie qu'en luttant contre les ennemis de l'intérieur et les ennemis de l'extérieur. Les chefs d'Etat africains doivent apprendre à lâcher prise, à respecter la volonté des peuples. Tel est notre combat. Il y a une vie après la présence de la république.

 

                 LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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NON A L'INQUISITION TRIBALE 19/09/2016 14:23

ARISTIDE MOBEBISSI: ARRÊTE TES CONNERIES ET REVIENT DANS LE RANG DE LA RÉSISTANCE CONTRE SASSOU !
La loi Française sanctionne les menaces de commettre un crime ou un délit contre les personnes, dont la tentative est punissable, de six mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende, lorsqu’elle est soit réitérée, soit matérialisée par un écrit, une image ou un objet. https://www.youtube.com/watch?v=V7oTehPh7k8&feature=share

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