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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 15:04
CONGO/GABON/ELECTION PRESIDENTIELLE : DEUX PAYS, DEUX DICTATURES, DEUX ATTITUDES

L'Afrique s'essaie à la démocratie du maître blanc, une démocratie d'importation que lui conteste la dictature des gouverneurs noirs nostalgiques de l'autorité sans partage du grand méchant colon qui coupait la tête pour un non ou pour un oui, parfois juste par caprice. L'ego s'écroule et régresse par le fait de la peur. Et on s'étonne que l'Hexagone ne dise rien quand Sassou ou Ali tuent. La dictature - comme le pouvoir colonial qu'elle incarne et sert - règne par la peur. En Europe, la démocratie se veut séductrice pour engranger des voix toute peur évacuée, en Afrique, elle dicte la peur aux peuples. Désormais, la férule blanche du colon est tenue par une main noire qui fouette encore plus fort que le Blanc. La dictature prolonge le terrorisme colonial, un terrorisme par procuration. En servant le maître pilleur, le serviteur dictateur se sert au passage. Cette voie blanche sur papier et "noire" en intentions ne réussit pas à tout le monde. Plus le pays est riche et peu peuplé, moins la démocratie est la bienvenue.

Cependant, la peur régresse, perd du terrain. Les peuples africains prennent conscience de leur pouvoir affirmé, écrit, proclamé mais jamais concédé aussi facilement. Nous avons reçu la fin de l'esclavage et de la colonisation sans combattre ; il faut ce coup-ci se battre et montrer ses griffes pour obtenir la vraie liberté, la démocratie car ce qui se donne n'est qu'un leurre. Nous travaillons à exorciser la peur inscrite en lettres de sang sur nos peaux anthracites à coups de fouets. Contre les puissances du monde, la kalach braquée directement sur la volonté, les peuples d'Afrique s'émancipent de la peur qui asservit. Nous finirons par y arriver - d'autant que le partage des idées se fait à la vitesse et à l'étendue des réseaux sociaux.

Il faudra trouver le moyen un jour de transformer les forces publiques en forces qui protègent les peuples et non les dictateurs. En fait, le retard démocratique en Afrique vient de là. Historiquement, nous avons affaire à des peuples jeunes, à des républiques qui balbutient encore leur constitution, à des forces publiques qui se comportent comme des forces mercenaires au service des seuls Etats.

Nous travaillons les esprits au burin et espérons redonner aux Africains leur philosophie première, leur peau identitaire originelle : pour nous, il n'y a rien de plus important que l'homme, le plus grand bien de prestige. Hélas, l'Afrique est aujourd'hui, l'endroit où l'homme a perdu de son lustre d'antan. Nous avons été dévalorisés au point de nous détester nous-mêmes, de croire que nos vies ne comptent pas dans le concert des nations mais il est temps que le Kamite redevienne lui-même en reprenant la place qui était sienne quand sa fille Kemet civilisait le monde : l'être qui aspire  à l'éternité en servant la vie et la création du Créateur, notre ancêtre, notre PERE.

Nous suivons avec beaucoup d'attention la crise électorale au Gabon. En effet, deux hommes se proclament présidents comme lors de la crise ivoirienne. Dans ce texte, nous souhaitons comparer la réaction de trois variables : régime, opposition, peuple dans deux pays frontaliers au déterminisme quasi identique lors d'un même événement, ici, l'élection présidentielle : le Congo et le Gabon. Deux pays qui ont un fond démographique en commun par le partage des frontières (Tékés, Punus, Vilis, Nzébis, etc) deux pays faiblement peuplés mais très riches en ressources naturelles dont le pétrole est la principale, deux pays dont l'Etat est entre les mains d'un étranger (Sassou, le Béninois-Ivoirien et Ali Bongo Ondimba, le Nigérian-Biafrais), deux pays sous dictature familiale qui jouent à la démocratie électorale.

Au Congo, l'opposition sort principalement du PCT et au Gabon du PDG. Au Gabon, une famille est au pouvoir depuis près de 50 ans et au Congo, le PCT cumule presque la même durée, Sassou squattant les hautes sphères de l'Etat depuis plus de quarante ans (1968). nous sommes en présence de deux ex-toujours colonies françaises appartenant à l'ancienne Afrique Equatoriale Française. Des anciennes cartes confondent même le Congo et le Gabon. Il existe même des liens de sang entre la dictature des Bongo et celle de Sassou.

Si au Congo, l'élection présidentielle est à deux tours, au Gabon, elle se déroule en un tour. Remarquez qu'au Congo, depuis son retour aux affaires louches de la république royale bananière, en 1997, Denis Sassou Nguesso l'emporte toujours au premier tour lors de scrutins présidentiels. Une différence dans le principe mais une grande ressemblance dans la pratique.

Nous avons travaillé depuis près de vingt ans à libérer la parole, espérant que libérée, la parole libérerait l'action. Il fallait ensemencer les esprits en plantant la liberté. Nous avons choisi internet. Ensemble, nous assistons au réveil démocratique de l'Afrique. Tout n'y est pas encore parfait mais l'expérience remonte juste à la conférence de la Baule. La jeunesse de la démocratie africaine est une excuse recevable. Nous espérons une accélération. Nous avons vu les Ivoiriens résister à la puissance française avant de voir la France imposer son gouverneur noir. Ensuite vint la révolution de Jasmin partie de Tunisie avant de gagner l'Egypte, une révolution qu'on jurait qu'elle ne traverserait pas les Tropiques. Le Burkina Faso a jeté ses hommes intègres dans la rue. Compaoré s'est enfui. La ouagattitude était née après avoir triomphé d'un coup d'Etat fomenté par le Général Diendéré. Les regards se sont désormais tournés vers la riche Afrique centrale où pullulent les dictateurs et les dictatures.

Le Congo est entré dans un bras de fer avec Denis Sassou Nguesso. Certains de ses anciens alliés - de surcroît ministres pour certains - sont devenus des opposants. La politique est devenue un Janus à deux faces opposées le jour mais liées la nuit et par l'histoire et par la politique et par les liens maçonniques. Le peuple s'est réveillé mais les leaders n'ont pas été capables de porter le coup de grâce au régime alors que le pays était vent debout. Les jeunes désoeuvrés, sans autre avenir que la mort à petit feu dans la pauvreté ont répondu présents. Hélas, timorée, l'opposition ne s'est pas vraiment opposée : l'Alima a débordé et inondé la Constitution jusqu'à conserver le pouvoir entre les mains du même clan. L'élection présidentielle du 20 mars a vu la défaite de Denis Sassou Nguesso mais l'homme s'est maintenu au pouvoir en terrorisant le peuple, soudoyant une partie de l'opposition et en embastillant certains opposants trop intransigeants comme Paulin Makaya privé de l'élection présidentielle et le Général Jean Marie Michel Mokoko qui s'était retrouvé au second tour avec Parfait Kolélas. Acculée dans un rôle administratif, l'opposition n'a même pas été capable d'obtenir le recomptage des voix. Les leaders bloqués politiquement, le peuple n'avait plus de meneurs. Cependant, quelque chose avait changé : nous avions proposé de filmer et de photographier le processus électoral du 20 mars 2016 - ce qui permit d'établir aux yeux du monde entier la défaite de Denis Sassou Nguesso. En décapitant le mouvement populaire qui commençait à prendre, Sassou a arrêté net le mouvement démocratique. Cependant, l'expérience congolaise a inspiré nos frères du Gabon aui ont été très vigilants lors de l'élection présidentielle du mois d'août.

Au Gabon, l'opposition sortie du PDG a appliqué ce que nous avions proposé à la notre, à savoir, un candidat unique ; la stratégie qui fut refusée au Congo par l'opposition au prétexte de priver Sassou de voix partout pour mieux servir les ambitions personnelles a fonctionné au Gabon : Ali Bongo Ondimba a été battu pas Jean Ping, un autre baron du régime désormais dissident. Jean Ping n'a pas cédé. Le peuple gabonais est sorti dans la rue, là où le peuple congolais est resté sans réaction - après le hold-up électoral de Sassou. Assemblée nationale brûlée, aéroport de Lambaréné incendié, etc. Ali a appelé les mercenaires à la rescousse. Le chef d'Etat Major a démissionné tout comme le ministre de la justice. L'affaire est désormais entre les mains de la cour constitutionnelle. Il y a eu une fraude flagrante dans le Haut Ogooué. Madame Mbourantso a chaud aux fesses car Ping menace - en cas de parti pris.

Que pouvons-nous déduire de ces deux expériences ? Certes, l'expérience congolaise avec une partie du peuple qui sort de sa léthargie a inspiré le cas gabonais en matière de vigilance électorale mais le contexte global politique dans les deux pays est différent du fait que la dichotomie nord-sud ou clivage du pays en deux camps ethno-régionaux n'est pas aussi manifeste au Gabon où la force publique n'est pas ethnisée comme au Congo. Jean Ping a explosé le rassemblement autour d'Ali, là où le Général Jean Marie Michel Mokoko n'a pas réussi à retourner l'armée : ils appartiennent au même clan, Ping ayant épousé Pascaline Bongo avec laquelle il a deux enfants - ce qui a annulé le phénomène de rejet de l'opposant Ping qui a même surfé sur l'impopularité de son adversaire, lui qui dit : "Moi au moins, je suis né au Gabon.." Ping a réussi à créer un consensus autour de sa personne au point de rallier les deux autres candidats sérieux de l'opposition, là où les Congolais n'ont pas pu se regrouper autour du Général Mokoko ou de Guy Brice Parfait Kolélas. Jean Ping a bénéficié du soutien de l'ensemble du pays - là où le nord est resté attaché à Sassou au Congo, d'autant qu'avec près de trente ans dans les rouages du système, il a su se construire un important réseau. En somme,  l'unité républicaine est plus forte au Gabon. La détermination populaire aussi. Ali pèche certainement en durée au pouvoir : sept ans ne peuvent pas être comparés à trente-trois ans mais il peut tout autant s'appuyer sur la force de l'Etat. Ali ne peut se permettre de mettre Ping aux arrêts sous un prétexte fallacieux qui risquerait de mettre le feu aux poudres, d'embraser le pays. Avec une élection à un tour, celui qui a eu la majorité des voix est le nouveau président de la république. La balle est entre les mains de la cour constitutionnelle du Gabon, des mains féminines appelées Mbourantso. Celle qui a veillé sur le pouvoir de feu Omar Bongo pendant quarante-deux ans est aussi la mère de ses enfants. Elle doit trancher entre le fils adoptif de feu son "mari" et son ex-beau-fils. Va-t-elle désavouer Ali ou décevoir Ping ? Au moins, elle aura à se prononcer. Elle a le choix entre le mensonge et la vérité. En dictature, nous le savons tous, on n'aime pas beaucoup la vérité qui ne sert pas la conservation du pouvoir.

En tout cas, ce qui tranche avec l'attitude de l'opposition congolaise, c'est la posture de Ping qui ne se laisse pas faire et qui est décidé à ne pas se laisser voler sa victoire -ce qui fait toute la différence. Au Congo, Parfait Kolélas arrivé potentiellement premier reconnaît la victoire d'un tricheur quand le Général Mokoko préfère se faire arrêter. Si la démocratie n'est pas servie par des hommes politiques qui ne veulent ou ne peuvent pas la défendre, c'est qu'ils ne méritent pas le pouvoir. Sassou aurait dit : "Le Congo appartient à tous mais le pouvoir est à moi..." Il est temps qu'apparaisse un Congolais qui aime le pouvoir plus que Sassou ne l'idolâtre pour oser lui tenir tête, voire le virer du sommet de l'Etat. Si un cabri chassait Sassou du pouvoir, nous applaudirions le cabri.

Au Gabon, nous avons l'impression que Ping n'est pas Maboundou. Normal : il y a du chinois en lui et en Chine, on ne lâche pas le pouvoir qu'on a légalement gagné parce que dans un Chinois, il y a du chien et un vrai chien ne cède pas son os à un autre - sans le défendre jusqu'au bout de la canine...

 

               LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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commentaires

DAVID 15/09/2016 03:34

"Désormais, la férule blanche du colon est tenue par une main noire qui fouette encore plus fort que le Blanc."

Je me suis arrêté de lire net, au point (.)
Je crois que la spécialité des mentalités congolaises est souvent qu'elles se plaisent de sous-estimer les souffrances des autres. Comment aurait réagi mon bien aimé Grand Père en lisant ses lignes qui montrent toujours notre legèrté pour écrire, puisque ce qui compte pour nous, ce n'est pas le "ressenti" du lecteur. Ce qui compte c'est de démontrer combien nous sommes intelligent parce que nous écrivons bien, très bien la langue de notre maître.

Parler de vos coups de fouets a vous, mais veuillez respecter les personnes qui apprecient de vous lire. Ce, respecter les tortures, les bastonades, les humiliations que les parents des autres ont subi des colons blancs français.
Congratulations pour vous qui venez d'un passé parental sans fouet français.
Mais haine pour la france remonte avant ma naissance et elle ne retombera jamais, meme apres ma mort, jusqu'a ce qu'elle soit banie du Congo.

Le Lion de Makanda (LDM) 15/09/2016 15:21

Cher David, que nos pseudo-indépendances ne nous fassent pas perdre le fil de l'histoire et le sens de la réalité. La puissance des uns ne persiste que par une privation des droits des autres et cela n'a pas vraiment changé. Nous vivons dans un monde de pouvoir : pouvoir politique, pouvoir financier, pouvoir religieux, pouvoir technologique, pouvoir culturel, pouvoir racial, etc, et tous ces pouvoirs sont liés. Et qui dit pouvoir suppose un pôle qui exerce l'autorité et un autre qui obéit, qui subit le diktat des puissants. L'autorité, toute autorité est en soi violence, violence psychologique et /ou physique, contrainte, coercition prétendue légitime ou non. Peu importe que l'autorité soit imposée par la force ou donnée par les peuples eux-mêmes qui choisissent leurs maîtres. Cependant, les luttes entre les classes supérieures et inférieures ont conduit en Occident à un certain équilibre appelé "démocratie". L'ensemble du peuple ne peut exercer le pouvoir qu'il détient ; il est donc obligé de l'aliéner en le cédant à des délégués qui peuvent parfois agir contre les intérêts du peuple - pour le profit des puissants. Nous le voyons en œuvre en France et ailleurs dans le monde. Cependant, ce système permet une meilleure prise en charge des droits et des devoirs de l'ensemble de la société. Une démocratie défend mieux les intérêts d'une nation - quoi qu'on lui reproche. L'Afrique s'essaie à la démocratie d'importation ; elle balbutie le droit mais elle avance tant bien que mal. Cependant, elle avancerait bien plus vite si elle avait une meilleure lecture des rapports de force qui nous tiennent captifs.

La démocratie - qui a supplanté la royauté dans laquelle le monarque avait tous les pouvoirs et le peuple aucun - est un système qui répartit le pouvoir politique entre le sommet et la base, de sorte qu'il soit en apparence l'affaire de tout le peuple qui voit ses droits augmenter et ceux de l'Etat diminuer parce qu'il est censé agir pour l'intérêt du peuple, de la nation. Si toutes les nations de la terre devenaient démocratiques, cela poserait un problème dans la mesure où les peuples dominés défendraient mieux leurs intérêts. Le pillage systématique des ressources africaines deviendrait plus difficile. Pour les puissances du monde, la démocratie n'est pas souhaitable partout, surtout pas là où se trouve les ressources essentielles de la planète. Qui a intérêt à ce que l'Afrique ne soit pas démocratique ? D'abord les puissances du monde qui nous ont asservis et colonisés - ensuite leurs gouverneurs noirs qui ne veulent pas perdre leur position. Entre la dictature blanche du dehors qui veut piller nos ressources et celle de l'intérieur, il y a connivence, complicité, conspiration. C'est la dictature du dehors plus puissante qui arme celle du dedans. Si la dictature du dedans n'exerçait pas la violence, elle viendrait directement de la dictature du dehors. Nous l'avons vu à l’œuvre en Irak, en Côte-d'Ivoire, en Lybie et nous la voyons en œuvre en Syrie où les puissances du monde Russie, USA, France, détruisent allègrement un pays pour maintenir leur domination. Ne pas voir la main blanche qui se cache derrière le gant noir en Afrique est une grave cécité, une sorte de suicide intellectuel. Toute la puissance blanche s'est construite sur la domination blanche et ça continue. La violence que nous subissons des dictateurs africains est une violence par procuration. Si nous leur empêchons de prendre notre pétrole, ils viendront personnellement nous faire subir les pires atrocités. C'est aussi cela la Françafrique. Cependant, c'est plus commode de laisser les gouverneurs noirs exercer la violence à la place des puissances du monde.

Parlons de la violence du Noir sur le Noir sur ordre blanc ou pour garantir les intérêts des puissances du monde - ce qui est exactement la même chose. A l'époque nos ancêtres, bien avant celle de nos grands-pères, avant la domination de l'étranger sur nos chairs et nos esprits, les fils de Kama n'exerçaient pas la violence les uns sur les autres, surtout pas au sein d'un même peuple. Nul fils de Kam n'asservissait son frère pour tirer profit de son travail ou pour lui voler sa terre. Ce sujet est important et il me faut faire œuvre de pédagogie lorsqu'il y a incompréhension. Je vais d'abord lever l'équivoque lorsque vous écrivez :

"Je crois que la spécialité des mentalités congolaises est souvent qu'elles se plaisent de sous-estimer les souffrances des autres. Comment aurait réagi mon bien aimé Grand Père en lisant ses lignes qui montrent toujours notre légèreté pour écrire, puisque ce qui compte pour nous, ce n'est pas le "ressenti" du lecteur. "

Sous-estimer la souffrance des autres ? Il est question dans mes textes de ma propre souffrance qui s'additionne à celle de mon peuple et de toute l'Afrique. Déverser de l'acide par hélicoptère sur les Gabonais m'a écœuré et la violence subie par les Gabonais me concerne à plus d'un titre car les membres du clan Makanda et ceux du clan Mindzumba y vivent. Les Gabonais sont nos frères et on ne saurait rester indifférent à ce qui leur arrive. Ecrire avec légèreté ? Jamais ! Je pèse et soupèse mes mots. Si votre grand-père qui a certainement connu la colonisation revenait dans notre pays, il serait choqué de voir les fils du Congo en massacrer d'autres pour la défense des intérêts des puissances du monde. Et quand il verrait que le fouet est à présent remplacé par la kalachnikov, il serait probablement anéanti.

Reprenons cette phrase que vous avez extraite de mon article :

"Désormais, la férule blanche du colon est tenue par une main noire qui fouette encore plus fort que le Blanc".

David, c'est une image. L'allusion au fouet est emblématique de la violence car déjà à l'époque de la colonisation, le Noir fouettait déjà le Noir sur ordre du Blanc quand le colon ne tenait pas lui-même le fouet. Ce fut aussi le cas aux Antilles. Ce n'est qu'une image pour montrer combien la même violence s'exerce de façon plus brutale par nos propres frères. Cependant, il faut y lire un lien entre l'esprit colonial et l'esprit dictatorial. Les indépendances sont une sorte de gestion par procuration, le gouverneur blanc ayant été remplacé par le gouverneur noir. Le colon a-t-il pris par exemple des hélicoptères pour aller bombarder le Pool ? C'était juste une image pour montrer que les gouverneurs noirs exercent une violence plus sauvage par procuration, dans la mesure où la colonisation, sous une autre forme, se poursuit. Le coup de fouet symbolise la torture. Cette image a été pensée pour créer un électrochoc. Restons lucides. Il faut juste que nos compatriotes comprennent la logique profonde du monde dans lequel ils vivent. Regardons l'affaire des massacrés du Beach, une violence de masse, un crime contre l'humanité : c'est une cruauté qui dépasse les massacres coloniaux car ici, les victimes ne se défendent même pas. Nous avons subi une violence sans pareille de la part du colon car ces êtres venus d'ailleurs voulaient nous dominer, inspirer la pire des peurs pour tétaniser nos ancêtres mais lorsqu'on analyse la violence du Noir sur le Noir, elle me paraît plus barbare. Ai-je besoin de prouver que cette violence se fait sous procuration ? L'Occident ne soutient-il pas Sassou qui se rendra à l'ONU ?
Il faut qu'une nouvelle conscience naisse dans nos esprits. Ce que traduit ma phrase, c'est une vérité cachée. Les Français ont tiré sur les Ivoiriens quand le travail ne pouvait pas être fait procuration. Qui se cache derrière Boko Haram en l'armant ? Des hélicoptères de puissances du monde bourrés d'armes ont été saisis par les Tchadiens et les Camerounais. En RDC, à Béni, des soldats de la MONUSCO ont été arrêtés avec des cargaisons de machettes qu'ils livraient aux Rwandais.

David, vous avez l'habitude de bien me lire dans le contexte. Si la barbarie existe en Afrique, c'est parce que les gouverneurs noirs l'exercent au nom du colon qui les arment comme ils armaient les nègres qui allaient capturer leurs semblables pour les expédier en servitude au-delà des mers. Oui, la férocité blanche à notre égard continue, à la seule différence qu'elle s'exerce au travers des mains noires qui garantissent les intérêts blancs comme je l'ai prouvé à l'assemblée nationale française en brandissant une lettre confidentielle de Denis Sassou Nguesso à l'ambassadeur de France au Congo, monsieur André. La conspiration blanche qui subjugue les Africains ne saurait se prolonger si ceux qui nous haïssent en nous reléguant au rang de déchet, de dégénérescence de l'humanité ne bénéficient pas de complicité intérieure. Cela pour dire que notre combat est double : contre l'ennemi extérieur et contre le complice intérieur. Oui, choquons en rappelant le passé de cette férocité blanche qui se prolonge au travers de mains noires qui "fouettent" plus fort que le colon. C'est une image. Je signe et je persiste que les dictatures africaines sont une violence par procuration qui prolonge les violence esclavagiste et coloniale. En pire.

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