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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 14:08
IL EST TEMPS DE PASSER DE L'OPPOSITION A LA RESISTANCE ET A LA CLANDESTINITE

Toute l'histoire de l'humanité, celle que l'on présente comme moderne et civilisée est une guerre permanente entre la liberté des masses et la domination des puissants. Si on résumait notre monde, on pourrait dire que c'est une histoire de la quête permanente de la liberté du plus grand nombre menacée par la domination de quelques-uns, domination qui sait prendre plusieurs formes : violente et armée, politique, culturelle, religieuse, économique, éducative, technologique, etc. Et à chaque fois, ceux que l'on dominait ou cherchait à dominer devaient trouver la réponse adéquate de résistance. Ceux qui se sont battus pour une juste cause dans le passé ont toujours évalué la nature et les forces de l'adversaire pour ensuite définir la forme que leur lutte allait prendre. Les Français sous l'occupaton sont entrés en résistance car leur armée avait été vaincue par l'armée allemande plus puissante lors de la seconde guerre mondiale. La résistance appelait inévitablement la clandestinité et des actions d'un certain type comme du sabotage. Les Algériens aussi face aux Français, après la défaite de leur mouvement armé, sont entrés en résistance face au colon français. Et on peut multiplier les exemples. Lorsqu'une réponse face à l'oppression ou à la domination ne fonctionne pas, il faut réfléchir et trouver autre chose. A ceux qui doutaient que l'Europe qui n'écoute que ses intérêts allait finir par soutenir Denis Sassou Nguesso, les récents événements sont édifiants : entendre que la Communauté Européenne va venir en aide au Congo, après la Turquie et la Chine, est une reconnaissance tacite de la dictature sassouiste. Il faut donc arrêter d'aller parloter à Bruxelles car cela ne sert strictement à rien. Ceux qui veulent sauver Sassou de la faillite n'ont pas d'état d'âme : ils pensent d'abord à leurs intérêts et non au peuple congolais. C'est ridicule de continuer d'aller caqueter à Bruxelles. L'Occident a conscience que si le Congo se démocratise, toute l'Afrique se démocratisera et la conséquence sera que les pilleurs ne pourront plus librement venir se servir librement chez nous en matières premières. Cela, ils ne le veulent pas ; c'est pourquoi ils soutiennent Denis Sassou Nguesso et vont l'aider à payer ses mercenaires pour continuer à massacrer les Congolais. Il est hors de question pour eux d'arrêter une si belle prédation en symbiose dictature + pilleurs qui dure depuis trente-trois ans...

Au Congo, depuis 1997, nous sommes face à une dictature armée, féroce, à caractère tribal qui tient tous les maillons du pays. C'est une colonisation organisée autour d'une ethnie-Etat jouant à la démocrature, une ethnie-Etat qui possède tous les pouvoirs et, la lutte dans ces conditions, je l'avoue, est bien difficile mais pas forcément perdue d'avance.

Nous avons essayé la politique administrative de la lutte que l'on désigne sous le vocable d'opposition politique pacifique. Denis Sassou Nguesso a été battu dans les urnes le 20 mars 2016 mais monsieur 8 % refuse de s'en aller, ne veut pas quitter le sommet de l'Etat. Pourquoi ? Parce que son pouvoir n'est pas démocratique et ne vient pas des urnes mais de la force, de la violence armée, des armes. N'oublions pas qu'il a pris le pouvoir par le moyen d'un coup d'Etat militaire.  Il n'est donc pas étonnant que la répression armée de sa soldatesque, milice déguisée en armée, soit la seule réponse qu'il manie le mieux.

Dans une vraie démocratie, c'est la joute d'idées qui compte. On y va de son empoignade projet contre projet, les médias pour tous. Les partis battent campagne, le peuple tranche dans une élection et la justice avalise. Là, une organisation de type opposition administrative avec partis et militants fonctionne et apparaît comme la réponse adaptée à l'environnement politico-social. Maintenant, posons-nous la question : l'opposition bureaucratique et administrative au travers des partis ou des organisations politiques est-elle la réponse appropriée ou adéquate en face du système prédateur et fasciste venu du bord de l'Alima ? Si on raisonne un peu, en tenant compte de ce qui se passe sur le terrain, on ne peut aboutir qu'à une seule conclusion : la réponse que nous apportons pour déstabiliser ou évincer Denis Sassou Nguesso et son régime n'est pas la bonne. C'est comme si on disait que les mots peuvent vaincre les armes. Regardez la réaction de la France frappée par un terroriste de Daesh, quelle est-elle ? Elle va aller bombarder de plus bel la Syrie. Elle vaut ce qu'elle vaut mais le gouvernement de France Hollande, entre autres décisions qui vont se prendre, riposte par la force. La terreur appelle la terreur. La force appelle la force. La force ne respecte que la force. Ensuite, on discutera, on négociera et on rebâtira la Syrie. Et ce sont les sociétés françaises qui s'en chargeront...

Au Congo, l'opposition intérieure croit qu'il faille rester dans sa zone de confort administrative pour faire tomber Sassou. Si les mots, les phrases, les discours, les réunions, voire les meetings pouvaient faire tomber Denis Sassou Nguesso, cela se saurait. Il y a longtemps que cela aurait déjà été le cas. Non, l'opposition administrative en forme de partis politiques ne vaut que dans une démocratie, pas dans une dictature armée. Il faut envisager autre chose. Je ne m'étalerai pas ici mais regardez ce que fait Sassou : arrestations arbitraires, bombardements préventifs, marginalisation des non-Mbochis, affaiblissement de la partie de l'armée qui se veut républicaine, corruption des esprits ou assassinats quand c'est nécessaire. Sa réaction face aux revendications justes de notre peuple est la violence armée par le biais de sa milice ethnique. On ne peut pas jouer au démocrate devant un dictateur ; c'est ridicule. C'est comme si deux personnes ne parlaient pas le même langage : il y a d'un côté les mots et de l'autre la kalachnikov et les bombes. D'un côté le droit et la raison, de l'autre la force et la mort.

Madame Munari et le professeur Zacharie Bowao doivent sortir de leurs zones de confort pour entrer en résistance et lorsqu'on entre en résistance, on entre en clandestinité. Plus question de proclamer à hue et à dia ce que l'on va entreprendre. C'est ce que vient de faire Ntumi. le pasteur Ntumi est entré en clandestinité forcée ; il est obligé de reprendre la veste du résistant comme une camisole de force. En politique, c'est toujours l'adversaire qui vous impose la nature de la lutte et si vous n'êtes pas capables de vous hisser sur le même terrain ou sur le même niveau que lui, alors, il est certain de gagner et de toujours régir les rapports à sa guise.

Une bonne résistance se fait dans la clandestinité et non dans son lit avec un verre de chocolat au bec. Il faut lâcher la Primus, la Ngok et la Kronembourg pour entrer en clandestinité et mieux organiser la résistance. Si vous n'êtes pas capables de le faire, alors vous n'êtes pas de vrais hommes politiques. Il est temps de passer d'opposants à résistants. En toute clandestinité...

 

                    LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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commentaires

mwangou 19/07/2016 08:00

Bjour LDM! Si ce point de vue pouvait enfin faire mouche, ça serait un pas de plus dans la bonne direction. Il y a bien longtemps que nous tentons de faire comprendre aux lecteurs surtout à l'étranger, que sassou nguesso ne sera jamais un démocrate et que par conséquent, il est inutile et contreproductif de vouloir parler droit avec lui, de vouloir parler démocratie avec lui, lui étant la violence par excellence.
Nous n'avons cessé de dire par ailleurs que la jeunesse congolaise est en partie foutue, gagnée qu'elle est par le virus de la vie facile, et donc corruptible à volonté... Cela se voit aujourd'hui encore dans la rue: ce sont des jeunes corrompus qui ont été intégrés dans la police et qui montrent beaucoup de zèle dans leur mission d'intimidation. Oui, ce sont surtout les jeunes qui remplissent les bars pour faire campagne sur la bière et non en politique.
la clandestinité! ici dans le village, elle est difficile à mener car l'appât du gain facile a inoculé la suspicion et donc la crainte de l'autre...il y a trop d'agents dormants de la sécurité d'Etat...
Il y a bien longtemps que je tente d'informer sur la vie quotidienne au royaume de sassou nguesso, souvent on me comprend mal....Il ne s'agit pas de crier à la volonté de la jeunesse pour avoir une jeunesse patriote... N'ayant jamais été éduquée, cette jeunesse a été conditionnée par ce qui s'est présenté à elle: la délation récompensée, rémunérée.
Il faut malgré tout y aller; on ne peut plus laisser ce tyran faire son lit...mais il ne faut pas nier la réalité...Mokoko en fait l'amère expérience.,

MOSSINGUE 19/07/2016 05:51

Il semble que le réalisme et l'action valent mieux que certains discours creux et pompeux de certaines personnes, qui ne pensent qu'à discourir vaguement et éternellement.
Il ne faut pas s'attarder sur ceux qui trahissent la cause pour des intérêts personnels.
J'approuve votre position et décision honorable.
Cordialement.
JDDM

Robert Ndouba Mavoungou 29/07/2016 11:09

Congo-Brazza : la note dégradée en catégorie « risque exceptionnellement élevé »
29 juillet 2016 à 09h56
Par Joël Té-Léssia
@ralphlessia

L'agence de notation Fitch a brutalement abaissé la note de crédit de la République du Congo, basculée dans la catégorie des obligations comportant un "risque de crédit exceptionnellement élevé". Explications.
Dans un communiqué publié dans la soirée du jeudi 28 juillet, à la clôture des marchés financiers européens, l’agence de notation Fitch a abaissé de plusieurs crans la note souveraine de long terme du Congo-Brazzaville sur ses obligations en monnaie étrangère et locale.
Risque élevé
La note du pays est passée de « B », dans la catégorie des obligations dites « hautement spéculatives », à « C », une catégorie située plusieurs échelons en-dessous et réservée aux obligations comportant un « risque de crédit exceptionnellement élevé ».
Cette décision intervient après que Brazzaville a raté un paiement le 30 juin dernier sur le principal et l’intérêt de son eurobond de 478 millions de dollars émis en 2007, dans le cadre de la restructuration de sa dette commerciale vis-à-vis du Club de Londres (créanciers privés du pays).
Cet emprunt a une maturité de 22 ans – il arrive à échéance en juin 2029 – et comporte un taux de 2,5 % à 4 % par an au cours des dix premières années, puis de 6 % après la dixième année.
Les raisons pour lesquelles le paiement attendu n’a pas été effectué sont pour l’instant inconnues.
Période de grâce
Brazzaville dispose d’une période de grâce de 30 jours – qui s’achève donc le samedi 30 juillet – pour procéder à ce paiement. Sans quoi, la note du pays sera dégradée en catégorie « D », celle des pays en défaut de paiement.
La décision de l’agence britannique intervient en rupture du calendrier d’évaluation de la note du pays. La prochaine revue de la notation du Congo-Brazzaville était prévue en septembre prochain

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  • : JOURNAL D'ACTUALITES ANIME PAR LE LION DE MAKANDA. SITE WEB DES DEMOCRATES CONGOLAIS COMBATTANT LA DICTATURE SASSOU NGUESSO
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  • : Journal d'actualités sur le Congo-Brazzaville administré par le LION DE MAKANDA (LDM) pour les démocrates patriotes du Congo-Brazzaville œuvrant pour le retour de la démocratie perdue en 1997. Nous nous battons par amour avec les mots comme armes et le Web comme fusil.
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