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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 22:44
CONGO/ELECTION PRESIDENTIELLE : ON JUGERA LES CANDIDATS A LEURS PROJETS ET NON A LEUR IDENTITE

A l'heure où nous prenons connaissance de la démission de l'officier Général Jean Marie Mokoko de son poste de conseiller auprès de Denis Sassou Nguesso par une lettre qu'il a écrite et signée, les candidats annoncés à l'élection présidentielle fourbissent leurs armes, Parfait Kolélas ayant même déjà fait la démonstration de sa popularité à Brazzaville. Les autres candidats ne tarderont pas à l'imiter. Le Général Jean Marie Mokoko ne démissionne pas de son poste de conseiller du diable pour rien : il pourrait franchir le rubicon qui permet de passer de l'armée à la politique pure. Certains se plaisent déjà à critiquer son entrée tardive dans le tatami électoral - alors que sur le strict plan des délais, rien n'est encore perdu. Cependant, autant vite se déclarer candidat et permettre à ses supporters de battre campagne pour lui, les autres constituant déjà leurs équipes de campagne. Un petit conseil au Général  Jean Marie Mokoko : on ne doit pas trop faire saliver un peuple qui meurt de faim, au risque de le blaser - ce qui donnerait raison à ses détracteurs qui lui reprochent son silence. Le Général Jean Marie Mokoko dispose de la faculté de la parole. Pourquoi donc diable d'autres bouches parleraient à sa place comme si la sienne était frappée de mutisme ? Qu'il se présente à l'élection présidentielle ou reste dans sa caserne. De toute façon, dans les pays démocratiques, les soldats restent à leur place : celle de gardiens et de défenseurs du peuple et des acquis républicains....

Par delà les polémiques liées à la légalité ou non de cette élection, la stratégie d'essayer de battre Denis Sassou Nguesso par les urnes est celle qui semble la moins larmoyante et la moins sanglante car autrement on verse dans l'insurrection ou la guerre civile si ce n'est la rébellion armée.

Si on présage que Denis Sassou Nguesso est déjà vainqueur à l'élection présidentielle et qu'y participer, c'est juste l'accompagner, on remet en cause le principe même de l'élection dont les résultats ne peuvent être connus d'avance - surtout si les conditions d'une élection transparente, plurielle et démocratique sont réunies. Les anti-élection présidentielle arguent qu'accompagner Sassou à l'élection présidentielle le légitime car tout est fait pour qu'il gagne et surtout, à quoi cela aura-t-il servi de contester le changement illégal de constitution si c'est pour participer à l'élection présidentielle ? Or, le résultat d'une élection ne peut pas être connu à l'avance si on ne joue pas le boycott qui est pour Sassou une simple "abstention" - à moins de se dire que si les votants ne sont que les participants de Denis Sassou Nguesso, il est alors tout à fait prévisible qu'il gagne et qu'il gagne au premier tour. Le boycott produirait alors les mêmes résultats que par le passé. Or, si le peuple se mobilise pour s'inscrire sur les listes électorales et si la pression fait en sorte que tous y soient inscrits, alors rien ne garantit la victoire de monsieur Denis Sassou Nguesso. En Côte-d'Ivoire, on a vu Laurent Bagbo contester des résultats électoraux jusqu'à accéder au pouvoir car il avait gagné l'élection présidentielle.

Ceux qui soutiennent la candidature du Général Jean Marie Mokoko le font au moins à trois titres :

1) ethno-régional, dans le fait que c'est un fils du coin, un nordiste, espérant que seul un autre nordiste peut remplacer le nordiste Denis Sassou Nguesso pour éviter que l'armée nordiste ne fasse un coup d'Etat si un non nordiste accédait au pouvoir. Au nord, nous n'avons pour l'instant enregistré que la candidature de Denis Sassou Nguesso et d'André Okombi Salissa - même si celle de ce dernier est moins inscrite dans ce registre que celle du GRAND NDZOKOU. Nous souhaitons aussi que le philosophe Zacharie Bowao soit candidat pour casser l'électorat de Denis Sassou Nguesso au nord de la république ;

2) parce que c'est un militaire qui aurait les ressources pour s'opposer à un autre militaire. Il pourrait, s'il était floué, entraîner une partie de l'armée avec lui et se donner les moyens de tenir tête à l'autre Général candidat. Ceux-là parient sur une division de l'armée qui la paralyserait la rendant du coup inopérante - parce que les forces se neutraliseraient pour éviter de se combattre. Hélas, ceci n'est qu'une hypothèse ;

3) l'homme est connu pour avoir joué un rôle important en 1992 - lors de la conférence nationale et lors de l'élection présidentielle qui s'en suivit, passant ainsi pour un défenseur de la démocratie, des valeurs républicaines et du peuple. Encore faille-t-il qu'il se présente à l'élection présidentielle. C'est ce qui justifie que de nombreux Congolais de tous les points cardinaux l'incitent à se présenter contre Denis Sassou Nguesso - estimant en secret qu'en sa qualité de militaire à l'autorité reconnue, il saura éviter au pays le chaos promis si Denis Sassou Nguesso perdait le pouvoir.

Pour notre part, nous attendons de lire et de comparer les programmes des uns et des autres avant de nous prononcer, l'identité des candidats ou leur simple curriculum ne constituant pour nous un projet de société. Nous jugerons les candidats non pas sur la base d'une quelconque proximité ethnique mais sur leur programme, sur leur projet de société. Tout projet qui n'inclura pas le fait de reconsidérer la fausse constitution de Denis Sassou Nguesso sera pour nous nul et non avenu. Certes, on voit mal un chef d'Etat autre que Sassou abroger la constitution qui le hisserait au sommet de l'Etat car cela reviendrait à nier l'autorité constitutionnelle que celle-ci lui donne - quoi qu'on en dise mais il reste la possibilité de modifier de fond en comble la fausse constitution de Denis Sassou Nguesso. Gagner l'élection présidentielle et modifier de fond en comble la fausse Constitution pour en faire une vraie. Voilà ce qui est possible - pour ne pas être obligé d'organiser d'emblée une autre élection présidentielle. Il est possible aussi qu'une personne autre que denis Sassou Nguesso, si elle est élue à la présidence de la république, décide d'en appeler au peuple au cours d'un référendum en négociant la possibilité de conduire une transition démocratique qui lui permettrait de nettoyer le pays des miasmes du régime PCT. Quoi qu'il en soit, après Sassou, le pays ne fera pas l'économie d'une remise en question intégrale. Nous espérons que cela surviendra bien vite. Très vite...

 

LION DE MAKANDA, MWAN MINDZUMB', MBUTA MUNTU

 

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Published by Le Lion de Makanda (LDM) - dans demain le congo brazzaville
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